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Rory

Nager avec les baleines aux Tonga : guide éthique

By 21 décembre 2017 Océanie, Tonga, Végane en voyage
nager avec les baleines tonga ethique

Nager avec les baleines.

C’est un rêve que je portais en moi et pensait irréalisable, de l’ordre de l’imaginaire.

C’est en Australie, seulement quelques jours après avoir atterri en juin 2016 que j’ai vu mes premières baleines à bosses. On pouvait facilement les observer depuis la terre, à Ballina ou Byron Bay où nous vivions à ce moment là. Chacune de leurs apparitions lointaines nous scotchait. On pouvait passer un temps inouï à les observer, leurs souffles, le claquement de leurs nageoires ou leurs sauts spectaculaires hors de l’eau.

Plus tôt dans ma vie j’avais été énormément touchée par le film Maori « the whale rider » (« Paï : l’élue d’un peuple nouveau » en français) une sorte de conte des temps modernes et avais toujours dans un coin de la tête le rêve de côtoyer ce majestueux mammifère marin dans son environnement naturel.

Et puis, j’ai appris qu’il était possible de nager avec les baleines dans ce pays du pacifique qui ne m’évoquait pas grand chose de plus qu’un nom : les Tonga.

Après nos quatre mois en Nouvelle-Zélande et une erreur faite dans la prolongation de nos visas qui nous poussait dehors un peu plus tôt que prévu, c’était décidé : nous allions revoir les baleines… au Royaume de Tonga!

Le roi des Tonga a interdit la pêche à la baleine en 1978, après qu’une pêche intensive mondiale ait fait chuter drastiquement le nombre d’individus (il restait environ 10% du nombre originel de ces grandes cétacées dans les eaux tongiennes).
Les baleines à bosses ont un caractère très curieux et allaient facilement au contact des bateaux ce qui en fait des proies faciles. Le gouvernement tongien délivre des licences d’observation et nage avec les baleines afin de développer l’écotourisme depuis 1993.
J’ai un peu hésité avant de publier cet article car une augmentation du tourisme sur l’activité whale watching est un facteur menaçant les bonnes pratiques. Mais j’ai décidé de faire confiance à mes lecteurs qui, armés de bon sens et de mes conseils sauront faire la part des choses pour rencontrer ces magnifiques créatures dans le respect, en choisissant leurs opérateurs de façon responsable et éclairée.

 

Index

De quelle baleine parle t-on ici?

La baleine présente dans les eaux chaudes des Tonga de juin à mi-octobre est la baleine à bosse.

Baleine à bosse, Megaptera novaeangliae. (https://www.britannica.com/animal/humpback-whale, Encyclopédie Britanica, téléchargé le 1 novembre 2017)

Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) mesure entre 13 à 14 mètres de long et pèsent dans les 25 tonnes. Que cela soit dans l’hémisphère nord ou sud, elles migrent des eaux froides du nord de la planète ou de l’Antarctique où elles se nourrissent vers les zones tropicales et chaudes où elles s’accouplent ou mettent bas… parcourant jusqu’à plus de 25 000 km par an c’est la recordwoman des baleines ! On reconnait celle de l’hémisphère sur à leur ventre blanc comparé à celle de l’hémisphère nord qui sont toutes noires. Ce sont des animaux très curieux qui vont volontiers voir ce qu’il se passe et rencontrent les bateaux, ce qui a cause leur perte lorsqu’elles sont chassées (malgré les interdictions les japonais continuent de tuer des baleines).

Migrations des baleines à bosse entre leurs zones de nourrissage et leurs zones de reproduction (https://www.britannica.com/animal/humpback-whale, Encyclopédie Britanica, téléchargé le 1 novembre 2017)

Les baleines et les hommes, ce que la science nous dit…

La baleine moderne à très peu de chances de n’être jamais exposée à la présence humaine. Lors de ses migrations entre Antarctique et Tonga ou Australie, ou entre arctique et Mexique, elle va forcément croiser des bateaux, ressent les vibrations des moteurs sous l’eau. De nombreuses études existent sur les perturbations sonores causées par l’homme et leurs impacts sur les mammifères marins, mais peu sur l’impact des rencontres hommes/baleines. Il est évidemment important que ces interaction qui ont lieu dans le cadre d’une activité touristique et non scientifique soient encadrées et surveillées afin de ne pas déranger les individus observés et leurs comportements.
Je cite ce papier (que je traduis de l’anglais) « Les effets de l’interaction humaine pour une gestion réussie d’une zone de reproduction des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) à Turk et Caicos (mer des Caraïbes) » :

« Il est important de mesurer les stratégies d’évitement localement et être capable d’estimer le cout énergétique et la sensibilité des baleines. Les paires mère-baleineau sont le groupe rencontré le plus facilement car ils bougent plus lentement et sont donc plus faciles à trouver. Ils sont clairement les plus vulnérables aux effets des dérangements causés par les humains à cause des énormes besoins énergétiques du baleineau. En 2006, plus de 9 800 whale watchers ont visité les Tonga avec la possibilité de nager avec une baleine à bosse (…)

Ces recherches suggèrent toutes qu’il y a un besoin de mesures de précaution ainsi que de stratégies de gestion pratique pour minimiser les impacts négatifs que pourraient avoir le tourisme basé sur les cétacés tout en faisant la promotion de conservation future des animaux sur leur zone de reproduction. La International Whaling Commission (52eme rendez-vous, juin 2000) a commenté que les programme de nage avec les baleines peuvent être considérés comme hautement envahissants et devraient être surveillés quand à leurs impacts. »

Cette même commission a également émis des guidelines pour les pratiques de nage avec les baleines que je détaillerai plus tard dans mon article.

Une étude sur les interactions baleines à bosses/bateaux au large de l’Australie arrive à cette observation : certains individus vont éviter les bateaux de whales watching mais certains vont au contraire chercher l’interaction et se rapprocher des bateaux et nager autour. (« Behavioral responses of humpback whales (Megaptera novaeangliae) to whale-watching vessels on the southeastern coast of Australia« , Kasey A. Stamation, David B. Croft, Peter D. Shaughnessy, Kelly A. Waples, Sue V. Briggs, 27 august 2009)

Il ne s’agit pas de tirer de conclusions, je n’ai pas lu toutes les études possibles et inimaginables, mais il s’agit de s’informer et de prendre des décisions en bonne âme et conscience. Militant pour les droits des animaux et végane j’essaye d’agir au mieux et d’éviter les paradoxes. Il ne s’agit pas d’être parfait mais au moins d’être informé sur les conséquences de ses actes et agir de la façon la plus éthique possible !

Mes expériences de rencontres avec les baleines

Mon premier contact avec les baleines fut sur la côte est Australienne durant l’été 2016 (l’hiver là-bas, donc). Je les ai observées, chaque jour où j’allais sur la côte : sauter hors de l’eau, claquer les nageoires ou la queue, ou tout simplement apercevoir leur souffle au dessus de la surface de l’eau. Des observations depuis la terre, toujours lointaines mais toujours émouvantes et intenses pour moi.

Un an après (septembre 2017), l’occasion se présente de me rendre aux Tonga durant la saison des baleines et de pouvoir les observer depuis les îles/ferry… mais aussi de nager avec elles. Ce que j’ai fait à deux occasions, dans deux archipels différents.

La première fois était à ‘Eua, la splendide île sauvage occupée seulement par quelques villages, non loin de l’île principale de Tongatapu. Deux opérateurs locaux sont licenciés : Kiko avec le Hideway Resort ainsi que Deep Blue Diving avec le Ovava Tree Lodge. Donc seulement deux bateaux pratiquent cette activité au large d’une île de 87 km2. Et il y a ÉNORMÉMENT de baleines à bosse, mâles, femelles et jeunes qui évoluent dans les eaux profondes entre ‘Eua et Tongatapu.

Nous avons choisi de faire cette session avec Kiko, réputé pour sa connaissance de l’approche des baleines. Il fait ce métier depuis quinze ans. Il était accompagné de Martha, la guide dans l’eau, qui recevait cette semaine là, sa famille du Chili, présente également sur le bateau. C’était l’une de ses dernières sorties après plusieurs saisons passées à travailler comme guide pour nager avec les baleines aux Tonga. Martha nous a donné les consignes sur la sécurité et le comportement à adopter alors que nous enfilons nos combinaisons (wetsuit) sur le bateau, puis nous avons ouvert grand les yeux pour apercevoir des souffles de baleines et ainsi se rapprocher d’elles.

Après plusieurs tentatives manquées, la première moitié de notre équipée glisse à l’eau avec trois baleines puis remonte avec le sourire jusqu’aux oreilles !

Durant toute la matinée nous irons à l’eau un grand nombre de fois, rencontrant beaucoup d’adultes différents.

Ce qui nous a marqué c’est d’abord la taille des baleines, c’est vraiment très intimidant au début. Il suffisait de se mettre à l’eau ce jour là et nous voyons passer des groupes d’adultes sous nous, tu tournes la tête tu en as trois autres qui te passent à côté tout en chantant. Intense, plein de vie!

Un mélange d’excitation, de fascination et d’adrénaline. La vision sous marine avec le masque + l’étrangeté d’être dans le grand bleu où il n’y a aucun repère physique, la perception des distances est très étrange… et les baleines qui bougent de façon très lente se déplacent pourtant à bonne vitesse et on a parfois l’impression qu’elles nous foncent dessus!

Que ce soit dans l’eau ou depuis le bateau où nous avons eu le droit à des spectacle d’exhibition de bidon ou de claquage de nageoires, ou encore des petits sauts comme des dauphins. C’était la saison des amours il n’y avait pas photo 😉

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En tous cas cela nous aura laissé un souvenir impérissable.

OMG! Sorry for the bad filming the beardy cameraman got a bit afraid haha 😂🐳🐋

Une publication partagée par RORY (Travels Anywhere) (@roryofroom) le

La seconde fois, j’y suis allée sans le Barbu. J’ai accompagné quatre de mes compagnons d’aventures avec lesquels nous campions sur l’Île de Uoleva, dans l’archipel d’Ha’apaï. Nous l’avons fait avec la fille de Taïana au resort Taïana’s place, qui a la licence pour opérer une activité de nage avec les baleines et qui a sept ans d’expérience. Nous sommes partis sur un petit bateau tongien et rebelote: wetsuit et instructions très complètes.

Cette fois, l’activité des baleines est moins frénétique, nous faisons des rencontres très calmes, paisibles et longues. Chacune de ces rencontres était avec une mère et son baleineau. La première, avec un baleineau très jeune et joueur. Nous resterons quasiment une heure dans l’eau avant qu’ils ne s’éloignent de nous.

La seconde rencontre nous offrira des interactions extraordinaires. Les deux baleines restent avec nous vraiment longtemps. La mère plonge puis reviens là où nous sommes. Le petit, qui doit respirer plus fréquemment, fait des navettes entre sa mère et nous qui flottons à la surface. Il est très joueur, parfois un peu trop et nous devons faire attention à bien l’éviter. J’ai eu quelques moments avec lui où nous nagions ensemble côte à côte avant qu’il ne se remette à tournoyer et faire des acrobaties sous marines !

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A un certain moment, probablement au bout d’une heure, la mère commence à allaiter mini baleine et nous leur laissons leur intimité. Nous retournons au bateau, qui se maintenait à distance de nous, ne rallumant le moteur que lorsque nous étions éloignés. Certains de mes camarades placé vers l’arrière de la mère avant que nous partions ont vu du lait de baleine, un liquide verdâtre extrêmement gras apparemment !

Après notre pause déjeuner sur le bateau, nos deux compères aquatiques sont toujours juste à côté. Nous retournons donc les rejoindre pour une dernière nage et finissons encore par rester une heure à l’eau avec eux… Cette fois ils sont plus proches de récifs de coraux et l’eau est peu profonde, nous voyons même le fond! Nous prenons alors toute la dimension et la magnificence de ces superbes créatures.

Alors que nous amorçons notre retour vers la côte, le petit nous offre un saut d’au revoir, le corps totalement hors de l’eau… suivi par sa mère ! Quel spectacle ! Mais ils ne s’arrêtent pas là et nous suivent pendant de longues minutes tout en sautant hors de l’eau. L’émotion me submerge et je dois avouer que des larmes de joie coulaient le long de mes joues…

(La vidéo a été prise par Allan, notre comparse australien. Mention spéciale à ses commentaires et nos rires)
Vraiment une expérience de vie que je ne suis pas prête d’oublier.

Et ma vidéo de la nage… à regarder en plein écran!

Mais venons en à vous !

Mes conseils pour nager avec les baleines aux Tonga de façon éthique

Voici ce que je vous recommande, au regard de mes expériences personnelles, que les lectures d’études sur les baleines, la chartes de la International Whaling Commission (IWC qui a depuis 1966 pour objectif de faire de la recherche sur les cétacés dans un but de protection, des menaces sur les habitats aux filets étrangleurs, etc.), la charte du World Cetacean Alliance ainsi que ma rencontre avec Lorenzo Fiori qui étudie les interactions des baleines avec les humains lors des activités de whale watching à Vava’u dans le cadre de sa thèse pendant trois années de suite. (Ce qui s’applique à Vava’u ne s’applique pas forcément aux autres archipel, s’agissant d’un cas particulier où de trop nombreux opérateurs se partagent le marché). Il m’a appris de nouvelles choses sur les baleines à bosse et d’autres fascinantes connaissances sur la vie marine (je ne savais pas qu’il y a des baleines dans la mer méditerranée!). Ce que je publie ici est mon avis et n’engage que moi!

– vous n’êtes pas obligés de nager avec les baleines !

Vous pouvez très bien les observer depuis un bateau (nous en avons vu énormément depuis le ferry lent entre Tongatapu et ‘Eua) et également depuis la terre. A ‘Eua en pleine saison nous voyons des baleines depuis la plage tous les jours régulièrement, parfois très près des terres car après le récif rocheux l’eau est tout de suite profonde.

Mais il est vrai que vous n’aurez pas la même intensité. Rencontrer une baleine, c’est rencontrer une personne, et c’est réciproque pour elle. Croiser le regard de l’un de nos grands cousins aquatiques est une expérience bouleversante et inoubliable.

– préférer le faire depuis des petites îles où il n’y a pas trop d’opérateurs.

Sur l’archipel de Vava’u, il y a plus de 19 opérateurs, chacun d’eux étant autorisés à posséder deux bateaux. J’ai eu des retours de clients m’expliquant que ceux-ci se « relaient » parfois lorsqu’ils trouvent une baleine en se contactant par radio et en faisant passer leurs groupes les uns après les autres. Pas très paisible et respectueux de l’animal !

Depuis Tongatapu, j’ai également eu des retours de sorties en très gros groupes (jusqu’à 15 à 20 personnes).

Sur les petites îles où il y a peu d’opérateurs, vous sortirez en petit groupe (max 5 personnes) et ne serez pas « poussifs » sur les baleines. De toutes façons si elles ne sont pas enclines à voir nos têtes d’humains, elles plongent et donnent deux coups de queue et se tirent ailleurs !

Je vous conseille l’île d’Eua non loin de Tongapatu (l’île de la capitale) où deux opérateurs locaux se partagent le large : Kiko avec Hideaway resort et Deep Blue Dive de Ovava tree lodge. Ils connaissent et respectent les baleines.

De même sur Uoleva dans l’archipel de Ha’Apai où il y a un petit nombre d’opérateurs et où les baleines sont visibles depuis la terre donc moins de temps passé à se déplacer en bâteau.

Il y a également Whales Discoveries qui est situé au sud de Ha’Apai dans un coin encore plus isolé et ils se targuent de faire du responsible whale watching.

– nager avec un opérateur local expérimenté et licencié.

La licence stipule que lorsque le bateau s’approche des baleines il doit aller à faible allure puis couper le moteur. Le bateau ne doit pas venir sur les baleines de face ni essayer de les doubler pour s’en rapprocher mais toujours venir par les côtés. On ne chasse pas les baleines, on ne sépare pas un pod mais  on se rapproche d’elle et les laissons venir… Ou non (des fois elles s’en vont).

On n’approche pas les baleines avec des jet-ski, on ne plonge pas avec des bouteilles (à cause des bulles), ce qui est accepté est la nage avec masque et tuba.

Lorsque le bateau est proche des baleines, le moteur coupé, on attend l’observation du guide et son go. Les baleines doivent être les décisionnaires de la rencontre. Le guide saura interpréter les comportements des mammifères marins et dire si oui ou non on peut les rejoindre à l’eau.

Lorsque vous allez à l’eau, il ne faut pas sauter mais se laisser glisser du bateau les palmes en premier et surtout on ouvre les yeux (et les oreilles !). Il est de mise de nager grouper et toujours proche de son guide, qui aura établi les signaux de communication au préalable. Autre chose : il faut bouger lentement, ne pas paniquer, respirer calmement et ne pas crier! Le guide indiquera lorsqu’il est temps de retourner sur le bateau : on a plus la même sensation du temps lorsque l’on est dans l’eau avec les baleines !

– gardez vos distances

nager avec les baleines tonga ethiqueEntre 5 à 10 mètres… voir plus si vous êtes un peu effrayé, il y a de quoi les premières fois! N’essayez pas de toucher les baleines. Si une baleine vous touche c’est qu’elle l’aura voulu, elles sont en contrôle de leur corps et leur espace. Les baleineaux un peu moins. Méfiez vous tout de même. Si vous embêtez la baleine elle peut donner un coup de queue et cela peut-être très dangereux, il y a déjà eu des accidents à Vava’u. Mais si vous respectez les distances (ce sont des animaux sauvages!) vous pouvez avoir de merveilleuses interactions. Le respect est la clé! Vous n’iriez pas essayer de caresser un buffle dans une réserve en Afrique.

– nager avec une mère et son petit ou pas?

Il n’y a pas de réponse absolue des scientifiques sur ce sujet. Certains recommandent de ne pas nager du tout ni venir déranger des baleines en présence du baleineau. Aux Tonga peu d’opérateurs respectent cette règle. Mais certains sont extrêmement respectueux dans l’interaction. Je n’ai pas trouvé d’étude observant le comportement des baleineaux ayant rencontré des humains à plusieurs reprise dans leur jeunesse.

– à quel prix ?

Le coût d’une sortie en whale watching-swimming était en septembre 2017 d’environ 200 TOP (80€) à ‘Eua, 250 TOP (92€) à Nuku’alofa, entre 250 TOP (92€) et 400 NZ$ (230€) à Ha’apai et 400 TOP (150€) à Vava’u.

 

Je conclus mon article là-dessus, encore une fois, il s’agit d’une expérience incroyable dans une vie, le tout est de savoir prendre le temps et les informations afin qu’elle se fasse dans le respect de l’animal. Il faut rester ouvert d’esprit, lire ce que les scientifiques ont à dire sur la question et se faire sa propre opinion.

Une telle expérience ouvre parfois les yeux à certain sur l’importance du respect des océans, donc pourquoi pas s’engager auprès des associations qui se battent pour sa sauvegarde (Sea Sheperd, Bloom, American Cetacean Society, Whale and Dolphin Conservation, etc…).

 

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Wilderness et fougères arborescentes

By 2 novembre 2017 Australie, Daily Life, Océanie

Cette dernière année, vivant dans ces îles du bout du monde duquel je viens, je me suis découvert enfant sauvage. Isolée de la vie que j’avais déroulée des milliers de kilomètres de là, et des amitiés que j’avais noué, ainsi que du stress de « oh ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu(e), faut qu’on se voie! », je me suis terrée dans le moment présent, mais sans jamais m’enraciner.
C’est mon bonheur et une des causes de mon mal.
Moi qui pensais surtout à l’Australie comme à un pays de blancs riches (ce qu’elle est aussi en partie), je n’imaginais pas à quel point sa nature sauvage allait me bouleverser.
Déjà, la troisième fois que je suis entrée au Vietnam (que j’adore) lors de notre voyage en deux roues, j’ai été étouffé par la densité de l’homme, exploitant chaque centimètre carré de la terre inlassablement, l’aspergeant abondamment de produits chimiques. Le Laos et la Cambodge m’ont laissé le coeur lourd avec des visions de déforestation et de plantation d’arbres monotones en monoculture.
J’ai adoré l’Asie du sud-est pour sa culture, le mode de vie et les gens mais j’étais en manque de nature, cruellement.

Je n’ai pas encore connu l’Australie « remote » du fin fond de l’Outback (et en tant que végane je n’ai pas trop envie de m’aventurer dans ce monde de cattle stations aussi vastes que des pays d’Europe sur fond de rodéo et d’hélicoptères), mais j’ai touché des yeux la Tasmanie sauvage.
Et en 11 mois où j’ai eu la chance de vivre sur cette terre, je me suis habituée à la faible densité de population et ce que ça implique : beaucoup d’espaces où il n’y a « rien ». Et ça fait du bien.

Et puis il y a eu la Tasmanie, terre bien plus petite, oui, mais très peu peuplée. Et dont 20% du territoire est un espace sauvage préservé et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Bien sur, il y a encore des problèmes et certains humains essayent de faire toujours plus d’argent, de rogner la forêt pour y couper les arbres, mais les écologistes se battent bien. Et gagnent des combats.

Wilderness, premier choc

Bref, je me suis habitée. Rouler une heure sans traverser un village, avec quelques fermes mais rien d’extensif, traverser des montagnes sur des « highway » qui sont en fait des chemins de graviers, c’était mon pain quotidien. Les maisons autosuffisantes avec panneaux solaire et récupération d’eau de pluie, c’était ma normalité. Boire l’eau d’un lac sans craindre l’intoxication, camper ça et là et cuisiner sur un feu de bois, mon régime.

Et puis en mars, mon grand-père, vieillesse faisant, est décédé. Ce fut un choc pour moi dont j’ai toujours du mal à me remettre, encore aujourd’hui. Quelques heures après la nouvelle, informations prises, fuseaux horaires domptés, me voici à traverser le ciel en 4 avions, et presque deux ans plus tard, poser le pied sur ma terre natale très déboussolée.

Nous traversons les campagnes jusqu’au village de mon grand-père, non loin des usines Peugeot où il a toujours travaillé. Je suis euphorique, puis triste, puis responsable.

Je me sens écrasée par le poids des normes, des traditions, par les maisons suréquipées aux larges murs. Les villages tristement gris dans la fin d’hiver franc-comtois un peu trop tiède. Je me sens comme l’adulte qui redécouvre la maison de son enfance des années plus tard et la trouve bien plus petite que dans ses souvenirs.

Heureuse en même temps de pouvoir passer un peu de temps avec ma famille, mais soulagée de savoir que je ne vais pas rester longtemps là. La France est si dense. Moi qui était heureuse en ville et naviguais dans les foules compactes de gare du nord me découvre agoraphobe. Je m’étonne de tout, comme en voyage dans le pays qui m’a vu grandir.

Puis l’épuisant ballet aérien reprend, quatre avions et 34 heures plus tard me revoici sur l’ile de Tasman. J’y retrouve mon Barbu, ma voiture, mes amis locaux, cette lumière, cette nature, ce calme.

Wilderness, second choc

Un jour, nous n’avons plus grand chose à faire en Australie, nous voici en Nouvelle-Zélande, où j’ai donné rendez-vous à ma mère pour son premier voyage « overseas » en 11 ans. C’était également censé être des retrouvailles après nos deux ans de voyage, mais la vie en a décidé autrement et je l’avais revu un peu plus tôt que prévu (cf paragraphe précédent).

Alors nous jouons le jeu, on achète une voiture, on fait un peu le tour de l’île du nord et trouvons un woofing dans un farmlet. Mais la colle ne prend pas. Effectivement il a quelques coins « beaux » de ci de là, comme des parcs dans un océan de béton, il s’agit là de petits patchs de parc nationaux ou régionaux dans des océans de pâtures à vaches sans forêts ou d’exploitations forestières privées qui occupent des collines entières. Et quand le coiffeur fut venu, la coupe est rase, laissant une vision apocalyptique de montagnes nues jonchées de restes de forêt broyées. Morbide.

Et ces pâtures infinies, omniprésentes, l’herbe verte fluo importée et les millions de vaches aux pis gonflés, pourtant sans progéniture à nourrir. La nausée devant cet exposition sans fin d’exploitation des vaches qui n’ont jamais demandé à naitre ni à se faire exploiter chaque jour de leur vie. Une vie programmée par l’homme, certains ne semblent pas pouvoir se sevrer. Les uns de lait maternel ne leur étant pas destiné, les autres de revenus confortables reposant sur l’exploitation de non-humains.

Notre malaise est profond.

Guérison

Les fougères arborescentes, mes guérisseuses.
Si certaines personnes sont inspirées et nourries par des marches infinies sur la plage, mon carburant, c’est la forêt. Et pas n’importe laquelle. Les forêts tempérées humides ou forêts tempérées ombrophiles sont mes lieux de choix. Je suis tombée en amour de ces forêts lors de mes pérégrinations dans les « cold rainforest » en Tasmanie et dans le nord de la Nouvelle-Zélande (enfin ce qu’il en reste).

La richesse et la diversité de la flore que l’on y trouve : arbres, mousses, fougères, champignons, hummus, bactéries, parasites ainsi que les matières, odeurs, couleurs et lumières que l’on trouve dans ces forêts sont des miraculeuses sources d’inspiration et de bien être pour moi.
Il y a tant à découvrir et à apprendre de ces écosystèmes. Si l’un des modèles fondamentaux de la permaculture est la forêt c’est bien car il y a tant à y apprendre.

Montagnes millénaires, ces génératrices d’humilité
Et puis, une autre chose qui m’avait manqué et ce depuis bien des années : les montagnes. Lieux hostiles et irrésistibles pour l’humain. Aimants dangereux et splendides. Rien de mieux pour moi que de m’en approcher et les admirer en hiver, sous leur manteau blanc. Si attirantes et photogéniques… mais on ne s’y enfonce pas à cette saison sans une radio, une pelle à avalanches, une paire de crampons et un guide expérimenté.
Mes expériences de montagnarde remontent surtout à la première partie de mon enfance dans les Pyrénées. Plus récemment, un volcan en Indonésie, des cols à 3 500m au Kirhizstan et un sommet tasmanien en solo. Bien moins que je le souhaiterais mais toujours des expériences inoubliables.

Sauvageonne

Le mal est fait. Comment puis-je désormais trouver de la saveur à la vie citadine alors que rien de m’enthousiasme plus que d’apercevoir un oiseau lors d’une randonnée dans la nature ?

Mes prochaines destinations s’annoncent également sauvages et reculés, bien que loin des montagnes et des rainforests. Je vous invite à m’y rejoindre, il vous suffira d’atterrir quelque part dans le pacifique sud. Après, on avisera!

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Mes aventurières préférées en vidéo

By 22 juin 2017 Inspiration

J’en parle souvent mais mes premières inspirations de voyage, ce sont les aventuriers et aventurières, les explorateurs et les exploratrices. Si le Truman Show et la fameuse phrase « mais Truman il n’y a plus rien à explorer sur terre » a mis fin à mes aspirations de carrière enfantines, j’ai par la suite pris inspiration des exploratrices. Et oui, je trouve cela vraiment important d’avoir des références d’inspirations correspondant à son genre. Ou du moins pour lesquelles le genre n’est pas un élément déterminant. Par exemple, si un enfant veut devenir secrétaire, qu’il soit fille ou garçon, il doit pouvoir trouver des références non excluantes. Donc pour moi, il est important que les exploratrices femmes soient plus représentées et mises en avant, pour inspirer et ouvrir des possibilités, tout comme je trouve important de rééquilibrer les écrits des femmes au même niveau que celui-des hommes. C’est une envie de représentation qui rejoint celle que Diglee a illustré sur le nombre de livres écrits par des femmes présentés au bac littéraire, ou encore le documentaire sur les YouTubeuses féminines, et les problématiques auxquelles elles font face (liées à leur genre).

Enfin bref, tout ça pour vous présenter cette petite liste que je vous ai concoctés :

Anne-Marie Schwarzenbach, Suissesse rebelle

Issue d’une famille de riches industriels suisses, cette militante antifasciste était journaliste, photographe et aventurière, notamment connue pour son voyage jusqu’à Kaboul en voiture en compagnie de Ella Maillart. Ce documentaire revient sur la vie, les voyages et les drames de la vie d’Anne-Marie, qui était également homosexuelle et dépendante à l’opium, ce qui à l’époque n’est pas une mince affaire. C’est une personnalité que j’admire vraiment.

Marianne North, la botaniste passionnée

J’adore les plantes, et cette exploratrice tenace a parcouru le monde seule pour peindre des plantes inconnues, jusque dans les endroits les plus isolés… Ses peintures sont sublime, elle a un talent fou. Fille d’une bonne famille, elle n’a pas suivi la voie toute tracée de « faire un bon marriage, des enfants, ne pas faire de vagues etc. », mais elle commence ses voyages avec son père en 1865. D’abord vers la Syrie et les bords du Nil, puis en Sicile avant de rejoindre le continent américain.

Elle écumera le Canada, les Etats-Unis, la Jamaïque, passera un an au Brésil puis en 1875 elle commence un périple de deux ans autour du monde où elle peindra les plantes de Californie, du Japon, de Borneo, Java and Ceylan (Sri Lanka). Elle passera un an en Inde, puis se rendra en Australie sur le conseil de Charles Darwin (rien que ça). Ses autres voyages seront en Afrique du sud, aux Seychelles et au Chili… mais voyez plutôt :

Laura Dekker, qui a navigué en solitaire autour du monde à seulement 14 ans

Moi qui ait pour projet d’apprendre la voile et traverser le Pacifique afin de rejoindre les îles marquises dont je rêve depuis mon enfance, quelle meilleure inspiration qu’une fille… de 14 ans qui a navigué autour du monde à 14 ans? Elle est née et a grandi sur et au milieu des voiliers et n’a pu résister à l’appel des océans. J’aime beaucoup sa détermination, son humour et le fait qu’elle soit parfois grumpy et rude dans le film, bref, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds! Mais de son voyage, c’est encore elle qui en parle le mieux.

Vous pouvez voir le film « Maidentrip » en intégralité (passionnant) sur NETFLIX. Elle continue désormais de sillonner les océans…

 

Je rajouterais peut-être de nouvelles inspiratrices à cette liste, où peut-être connaissez-vous des personnalités extraordinaires dont les aventures sont contées?

En tous cas je vous souhaite bon visionnage si cela vous intéresse.

 

Image de couverture : Anne-Marie Schwarzenbach par la photographe allemande Marianne Breslauer

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Mes six incontournables en Tasmanie

By 7 mai 2017 Océanie
Tasmanie

…. c’est difficile de choisir! Nous sommes restés, comme beaucoup d’Australiens du mainland et de voyageurs avant nous, « coincés » en Tasmanie, et ce pendant quasiment six mois !

« C’est donc vrai ce qu’ils disent! »

Lorsque nous évoquions notre projet de Tasmanie aux australiens rencontrés sur le mainland il prenaient cet air ravi et penseur. C’était soit « j’ai toujours rêvé de m’y rendre » ou alors « c’est le plus bel endroit d’Australie ».

Auparavant j’étais une « noob »* de l’Australie ! Mes connaissances liées à la Tasmanie se résumaient à: « le tigre de Tasmanie » et le vieux film rigolo « Young Einstein ». Le film raconte la jeunesse fictive d’Einstein qui aurait grandi en Tasmanie et aurait découvert la formule qui fait mousser la bière… Mais  bien sûr! E=mc2 !

(*Je n’y connaissais rien)

En gros la Tasmanie pour moi c’était ça:

Mais lorsque j’y ai posé le pied et commencé à en explorer les recoins, je peux définitivement dire qu’il s’agit de l’un de mes endroits préférés d’Australie. (Bien que je n’ai pas vraiment visité TOUTE l’Australie, bien loin de là). Et finalement, l’un de mes endroits préférés tout court !

Et on ne va pas se mentir, les drôles d’animaux que l’on peut croiser sur ces terres y sont pour quelque chose de son charme particulier. Voici quelques unes des créatures de Tasmanie : ornithorynques, diables de Tasmanie, Dasyurus (spotted quoll), Echidna, pademelons (petits wallabies), wombats, variétés d’oppossums et j’en passe!

De gauche à droite : ornithorynque (CC), diable de Tasmanie (CC), dasyurus (CC) et echidna (CC)

De gauche à droite : pademelon (CC), wombat (CC), brushtail possum (CC) et pygmy possum (CC)

Ma liste d’incontournables en Tasmanie :

Cette liste de recommandation m’est bien sûr personnelle en tant qu’amoureuse de la nature et amatrice de bons produits. Ce n’est pas la liste que l’on trouve partout : le top 10 des choses à faire en Tasmanie, mais de ce que moi j’ai préféré! L’idée de cet article étant de vous faire découvrir un peu cet endroit si isolé et loin de tout. J’ai aussi vécu quelque mois à et aux alentours d’Hobart mais je ferai un article spécial pour cette ville que j’adore je pense !

  1. Maria Island, l’île à la beauté sauvage… et aux animaux
  2. La Tasmanian Wilderness World Heritage Area
  3. Mont Field, ses alentours et les arbres géants dans la vallée du Styx
  4. Les plages paradisiaques de Bay of Fire et Wineglass Bay
  5. Zigzaguer sur l’une des routes du vin
  6. Découvrir les bières artisanales locales

1. Maria Island, l’île à la beauté sauvage… et aux animaux !

Si j’ai été séduite par la Tasmanie de par sa nature préservée par de nombreux parcs naturels, la quintessence du sujet est peut-être représentée par Maria Island. C’est une île/parc naturel proche de la côte Est de Tasmanie. On y accède en tant que piéton ou cycliste avec sa tente, pas de voiture sur l’île! Il y a plein de randonnées à faire dont deux sommets, ainsi que des marches plus accessibles. L’île est certes très visitée par les familles et touristes de passage, mais cela n’entache rien à l’expérience. Et c’est peut-être votre meilleure chance pour rencontrer un diable de Tasmanie et des wombats !

La randonnée vers les sommets « Bishop & Clerc »

 

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2. La Tasmanian Wilderness World Heritage Area

Cette zone protégée immense qui couvre quasiment tout le quart sud-ouest de l’île est l’une des dernières véritables zones sauvages sur la terre, préservée de l’empreinte de l’homme. Cette zone protégée couvre 20% de la surface de l’île. Elle s’étend au nord de Cradle Mountain jusqu’aux côtes sud donnant sur l’océan Antarctique. Ici, pas d’exploitations forestières, pas de routes. Pour y accéder, c’est à pied avec un sac à dos!

Il est également possible de s’y rendre en bateau, en longeant les côtes, ou si vous avez les moyens, en petit avion pour survoler ses splendides panoramas.

De mon côté, j’ai pu y mettre le pied notamment en grimpant le Mount Eliza ce qui m’a permis d’avoir une vue panoramique sur le lac Pedder.

Si vous avez du matériel de marche et que vous êtes accompagnés, je vous recommande de poursuivre après le Mount Eliza et de poursuivre sur le circuit « Mount Anne » sur trois jours.

Je n’ai pas non plus eu l’opportunité de le faire, mais une amie américaine vivant en Tasmanie m’a soufflé que la marche vers Frenchmans Cap était l’une de celles qu’elle avait préférée, en terme de variété de paysages et de nature sauvage.

Il faut trois à quatre jours pour parcourir les 46 km. Il y a deux points de camping avec des huttes sur le chemin.

Tasmanie

A gauche le lac Pedder, à droite le mont Anne

Tasmanie

Vues pendant la randonnée de Mont Eliza

Camping au bord du lac Pedder

Hiking Mount Eliza : 11 km, 936m de dénivelée.

La hutte avant le sommet de mont Eliza, un drôle de champignon, et vue durant la randonnée

Au sommet!

Southern Cape

Une autre marche vous permettant de vous enfoncer dans la « Tasmanian wilderness« , c’est Southern Cape: une demi-journée suffit pour vous retrouver au point le plus au sud de l’Australie, face à l’océan antarctique qui se déchaine sous vos yeux. Il est également possible de continuer ce sentier en s’engageant dans la rando « South Coast Track » d’environ 8 jours et d’où l’on repart… en avion! (ou alors il faut avoir suffisamment de provisions pour continuer à pieds. Il est également possible de se faire livrer des provision par avion à Melaleuca). Enfin bref une sacrée expédition! La marche de Coockle Creek jusqu’au Southern Cape est déjà très satisfaisante. Elle dure environ 5 heures aller-retour.


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3. Mont Field, ses alentours et les arbres géants dans la vallée du Styx

Le parc national de Mount Field est à environ une heure de route de Hobart, la capitale Tasmane. C’est l’un des préférés des gens du coin. Pas étonnant : des coins de fraîche rainforest aux paysages sub-alpins en passant par les arbres gigantesques du Styx sauvés par les environnementalistes, c’est un splendide écrin de nature.

Mount field

Il y a nombre de marches à faire à Mont Field comme les superbes Russell Falls à seulement 20mn. Mais également des plus longues et ardues menant sur les hauteurs de Mount Field et ses multitudes de lacs !

Tasmanie Mont Field

Marches courtes aux alentours de Junee cave

Imaginez que vous marchez sous un toit de fougères arborescentes surmontées d’eucalyptus regnans pouvant atteindre les 80-90m de hauteur. (Les plus grands arbres du monde avec les sequoias). Vous vous promenez, à la recherche d’une cascade ou d’une grotte, le long d’un ruisseau translucide, vous observez de jeunes truites…

Les Eucalyptus géants de la Styx valley

Ce sont un groupe de « tree huggers » comme on les appelle ici (câlineurs d’arbres) qui ont oeuvré à la préservation de cette vallée, sa biodiversité unique et ses arbres géants. Il y a une multitude de petites marches à faire, notamment celle qui mène au Gandalf Staff, la plateforme sur un eucalyptus de 84 mètres de haut sur laquelle les protecteurs de l’environnement ont campé pendant cinq mois afin de sauver ses arbres des tronçonneuses de l’industrie forestière qui faisait pression !

Aujourd’hui, le lieu est serein, mais la piste qui y mène en voiture traverse des paysages dévastés par les coupes de bois intégrales des exploitations forestières laissant la forêt rase, comme une menace qui souligne l’importance de la protection des lieux sauvages.

Tasmanie rainforest
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4. Les plages paradisiaques de Bay of Fire et Wineglass Bay

Ouh yeah. La température de l’eau ne sera bien sûr pas aussi haute que sur la côte Est du mainland, mais tellement turquoise et claire ! Impossible de résister à une baignade sur l’une des plages de sable blanc et rochers décorés de lichens orange et vert. Bien sûr, cela reste sauvage, il est possible de se trouver sa petite plage rien que pour soi. Dois-je en dire plus ?

Tasmanie Bay of fires

Il y a plein de points de camping gratuits le long de la Bay of Fire. Si vous voulez vraiment vous la jouer à la Robinson Crusoe: enfilez vos « hiking boots », prenez une tente et des provisions et vous voici partis pour camper sur la splendide plage de Wineglass Bay. Si vous en avez l’occasion allez également faire un tour à Hazard Beach, un peu moins visitée mais tout aussi superbe!

Tasmanie wineglass bay

Wineglass Bay sur la gauche et on aperçoit Hazard beach sur la droite

Vues à différentes heures de la journée depuis le point « camping autorisé » sur Wineglass Bay

Nouvel an au paradis!

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5. Zigzaguer sur l’une des routes du vin

Les Pinots Noirs, Rieslings et Chardonnays tasmaniens sont chers pour une raison : ce sont d’extraordinaires vins. La majeure partie du temps, les vignobles de l’île sont des petites affaires familiales avec une production limitée. Mais pas besoin d’être plein aux as pour apprécier le bon vin ! De nombreuses possibilités de dégustations existent. Il y a quatre options de « Wine trails » :

  • la Tamar Valley au nord vers Launceston,
  • la côte est,
  • le nord-ouest,
  • la région du sud.

Je ne vais vous parler que de la dernière car c’est la seule que nous avons faite, et en particulier, la Coal Valley.

Mes coups de coeur ont été

  • Pooley Wine près de Richmond (Coal Valley): très chic, une ancienne demeure en pierres à l’entrée de Richmond, cette maison a été primée à de nombreuses reprises pour son Riesling, très frais et vert (rien à voir avec le breuvage moelleux que je détestais) et ses Pinots Noirs réserve. L’accueil est sympathique et l’expérience formidable.
  • Puddleduck Vineyard (Coal Valley) : un vignoble familial très accueillant, avec sa grande mare à canard entourée des vignes, et une formule qui permet d’emmener son pique nique tout en dégustant leurs vins au bord de l’eau! Leur pétillant (type champagne) m’a enchantée.
  • Domain A (Coal Valley) : ce qui m’a attiré là-bas c’est d’abord un équivalent du Pouilly Fumé à tomber par terre (le Lady A fumé blanc). Le vignoble a une position unique sur un des coins qui lui permet les plus longs ensoleillements d’Australie, le tout dans un climat frais sur un terroir de dolérite datant du jurassique. Un must.
  • HomeHill Wineyard : l’occasion de gouter d’excellent Pinots Noirs âgés, qui seraient hors de prix pour moi à la bouteille dans un cadre très agréable (à faire aussi dans le village, aller acheter un pain à la Summer Kitchen Organic Bakery, délicieux!).
  • Hartzview Vineyard : charmante propriété où l’on peut visiter les huttes dans lesquelles vivaient les cueilleurs de fruits le siècle dernier, et goûter des « ports » (type Porto) et liqueurs de fruits à la façon « crème de cassis » de Dijon… des délices sucrés qui changent un peu, et quelques vins intéressants également!

Tasmanie vin

Dans la plupart des établissement vous pouvez faire une dégustation de vin.

  • De 2 à 5$ par personne, vous aurez une palette de 5 à 7 vins différents à goûter.
  • Pour 10$-17$ vous pourrez goûter soit un peu plus, soit des vins plus chers (réserve, etc).

Bien sûr, faites attention sur la route entre les dégustations. Les vins tasmaniens ont des teneurs en alcool assez élevées. Si vous ne souhaitez pas conduire (ce que je recommande) vous pouvez organiser une tournée des vignobles avec un mini-bus.
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6. Découvrir les bières artisanales locales…

De plus en plus de brasseries artisanales ouvrent leurs portes sur les terres Tasmanes. Ces passionnés « craft » des bières de folie! Il y a désormais un « beer trail » en parallèle du « Wine trail ». Bien sûr j’ai mes petites favorites.

Autour de Hobart je vous recommande Last Rites (à Cambridge), Devils Brewery (à Margate), sinon au nord je suis fan de Van Dieman et Morisson à Launceston (<3 <3). Dans le nord on peut découvrir Seven Sheds à Raiton et Little Rivers à Scottsdale (pas mes favorites). Tout un programme!
(Toutes ces bières sont vegan friendly, excepté une référence de Seven Sheds avec du miel)

Au menu: des IPA, des stouts brunes au goût caféiné, des irlandaises, des rousses, mais en général du très très houblonné : dans le coin de New-Norfolk (au sud) il y a plein d’immenses piquets étranges le long des routes… ce sont des champs de houblons!

Aux bières il faut ajouter bien évidemment le cidre. N’oublions pas que la Tasmanie a très longtemps été un fournisseur mondial de pommes. Pour moi l’incontournable à visiter, c’est l’apple shed de Willie Smith qui fait du cidre bio à tomber par terre! L’apple shed est un lieu super sympa pour se détendre, parfois ils organisent des concerts. On peut visiter gratuitement un mini-musée sur l’histoire de la famille de Willie Smith, des débuts d’exportateur de pommes jusqu’à la production de cidre.

Ils ont une super variété de pommiers dans le jardin, super intéressant aussi. Je suis repartie avec des pommes dans les poches, les saveurs n’ont rien à voir avec celles des pommes normalisées que l’on nous refourgue tristement de nos jours ! Cela m’a rappelé mon pépé, qui est décédé lors de mon séjour en Tasmanie, et qui était un passionné de pommes, de boutures et faisait son propre cidre. Comme une visite hommage, en quelque sorte.


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J’espère que mes incontournables Tasmans vous auront plu autant qu’à moi! Me voilà bien triste de quitter mon île chérie après six mois. Six mois à vivre au gré de la météo, des envies et des rencontres… Je suis désormais excitée par notre nouvelle aventure qui commence la semaine prochaine!

 

Vous pouvez poursuivre le voyage en vidéo, direction YouTube :

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Et moi alors, suis-je vraiment une voyageuse écolo?

By 25 février 2017 Daily Life, Végane en voyage, Volontariat, Voyage

Mon article « Le paradoxe du voyageur écolo… mais carniste »  a récemment fait quelques vagues sur un groupe facebook où quelques commentaires agressifs m’ont réveillée de ma torpeur bloguesque… Beaucoup de gens me trouvaient moralisatrice. Ce qui arrive souvent lorsque l’on touche à un sujet aussi émotionnel que celui de l’alimentation, même si le propos était plutôt celui de l’information sur un impact écologique souvent oublié! Mais cette agitation m’a un peu fait bouillonner… puis réfléchir!

Mon meilleur avocat a finalement été ma soeur dont je me permets de recopier le commentaire :

« C’est marrant, dès qu’on parle du rapport à l’alimentation les esprits s’échauffent. Perso de ce que j’ai compris de l’article c’est que l’auteure dénonce l’absence d’information à propos de l’impact écologique de l’industrie animale sur les blogs voyages prônant le respect de l’environnement. Elle blâme l’information non relayée et non le lecteur carniste. Je vois plus une personne affectée personnellement par les questions environnementales au détriment de l’objectivité que quelqu’un de moralisateur et egocentré. Le sujet est source de débat, c’est bien la preuve d’un problème sous jacent.« .

Après deux jours à cogiter, voici que je vous ponds cet article, non pour me justifier de quoi que ce soit (même si c’est un peu ce que je fais au final, non?), mais plutôt dans un soucis de partager mon mode de vie actuel. C’est donc un article qui est plutôt personnel/mode de vie que « carnet de voyage »… même si je vis en voyage!

Pas mal de gens ont dans les commentaires relevé que le voyage était par essence pas « écolo » car, par définition, se déplacer par plaisir et non par nécessité c’était polluant etc… Si au début j’ai trouvé cette réflexion un peu ridicule « à ce moment là, on ne fait plus rien, hein »… cela m’a quand même remué les méninges.

Et j’ai réalisé qu’au cours du voyage, mon approche a évolué.

J’ai toujours aspiré à faire de cette épopée une découverte et un temps nous permettant de réfléchir, de découvrir d’autres cultures, de magnifiques paysages et animaux… et aussi des modes de vie plus respectueux de l’environnement et proches de la terre, notamment via des principes de permaculture appliqués par les familles chez lesquelles nous faisons régulièrement du volontariat.

Notre situation actuelle de voyageurs

Pour faire le point. Cela fait désormais un an et demi que l’on est partis, s’il fallait compter… D’abord du stop en Asie Centrale, puis des transports en commun, de la marche et du volontariat en Inde et au Népal, puis quelques mois en Asie du sud-est dont un road-trip en scooter.

Cela fait huit mois que nous sommes en Australie. Ce grand continent sur lequel on avait pas du tout prévu de passer nous aura enfin fait ralentir. Du « slow travel »? Je ne sais pas trop. En huit mois nous avons passé en gros quatre mois dans la zone de Byron Bay, un mois de « road-trip » jusqu’en Tasmanie et trois mois sur cette ile, dont un mois et demi dans des familles en volontariat. Plus quelques voyages d’environ une semaine chacun dans notre voiture convertible en lit sur l’île tasmane. J’ai d’ailleurs posté une vidéo sur ces road-trip si ça vous intéresse plus que mes élucubrations! 😉

 

Notre woofing dans une vallée reculée de Tasmanie

Au niveau du travail rémunéré en monnaie sonnante et trébuchante (il faut bien gagner sa croute, un peu), j’ai trouvé un peu au pied levé un job dans un verger de cerises sur la magnifique Bruny Island. La saison était catastrophique et on était tous payés au rendement… mais nous rencontrons un super groupe de français, belge, italien et une américaine avec lesquels nous campons dans une « rest area ». On a une routine rigolote, tous les matins : caravane de voitures jusqu’au ferry que l’on prend gratuitement en tant que piétons, puis le bus nous attend sur l’île pour nous emmener à la plantation. Comme à l’usine! Je gagne à peine 700$ en 8 jours, maigre consolation quand le prix de l’essence ne redescend toujours pas (environ 80$ le plein). « On n’est pas cher payés, mais qu’est-ce qu’on se marre ! »

Et depuis, nous sommes en woofing à côté de la capitale Tasmane… et je cherche à nouveau du travail pour financer la suite de nos aventures. Peu de déplacements, donc.

Yep

Une publication partagée par RORY (Travels Anywhere) (@roryofroom) le

Suis-je une voyageuse écolo ?

Pour en revenir aux questionnements posés en début d’article je me suis interrogée sur mes pratiques de voyage qui pouvaient faire de moi une voyageuse plus écologiste et moins « consommatrice ». J’aime bien l’expression « consommateur de paysage », c’est un peu ce que l’on fait lors de road-trips! Je suis certainement un peu des deux, mais je trouve intéressant de prendre un peu de recul et me poser des questions. Même si pour moi, de longue date, les véritables progrès écologiques se feront par des changements de société et de législation et non par les comportements individuels (stigmatisés d’ailleurs). Je dois nuancer et reconnaitre malgré tout que l’un ne va pas sans l’autre…

Quels gestes je fais au quotidien?

J’ai un peu listé mes gestes « quotidiens » liés à mon mode de vie actuel. C’est marrant de faire des listes des fois, allez avouez vous aussi vous aimez bien!

Alimentation

  • Je consomme au maximum local, par exemple les légumes dans des petits magasins/marché et veille à ce que la provenance soit locale et bien sûr de saison. En grande surface je vais acheter des produits venant autant que possible d’Australie (ce pays produit tellement de choses, dont le meilleur beurre de cacahuètes ever), et si possible non transformés.
  • Je ne mange toujours pas de viande ni autres produits animaux, d’abord pour des raisons éthiques (#antispécisme) mais aussi écologiques (cf article)
  • Dès que possible, nous cuisinons au feu de bois lorsque l’on campe (dans les lieux où c’est autorisé, on ne plaisante pas avec les feux de forêt en Tasmanie) et ainsi éviter d’utiliser le « gas stove » et ses bouteilles jetables. A savoir pour les prochains (nous on a découvert ça que récemment #boulets) : en Australie on peut acheter des petites bouteilles de gaz rechargeables pour le camping avec un bruleur, un peu plus lourd mais si vous voyagez en voiture/van c’est quand même mieux que les cartouches qui vont à la poubelle.

Transports

  • J’essaie de limiter un maximum les aller-retour en voiture, et, dès que je le peux, je prends des passagers (même si lorsque notre voiture est installée en mode « nuit », il est très galère de caser des gens). Mais l’Australie reste tout de même un pays de voiture. Je n’ai pas encore sauté le pas de voyager en vélo ou à pieds, un jour peut-être! Mes démarches évoluent.
  • Je fais du « slow travel » : plutôt que de faire trois fois le tour de l’Australie, je m’implante plus durablement dans des coins, en travaillant et/ou faisant du woofing/house sitting.
  • En 2016 j’ai pris un avion pour faire Inde-Thailande car je souhaitais passer la frontière Inde-Myanmar a pied mais celle-ci a fermé pour les étrangers pile une semaine avant ma date de passage prévue. Et il a bien fallu que je m’extracte de l’Inde alors que mon visa expirait! Puis j’ai pris un avion Vietnam-Australie mi-2016.
  • En 2017 nous souhaitons également éviter un maximum l’avion. Nous avons pour projet d’essayer de rejoindre la Nouvelle-Zélande en voilier… mais si nous échouons, ça sera par les voies aériennes que nous nous y rendrons bien sûr (je ne suis pas si bonne nageuse 😉 ). Et pour la suite, pareil : nous tenterons le voilier selon les opportunités et saisons, et sinon nous nous rabattrons sur un avion si nous sommes vraiment coincés par des visas.

Logement

  • Lorsque je dors dans la voiture ou dans la tente : pas de chauffage, mais plein de couvertures!
  • Lorsque nous dormons en woofing : en général les habitations sont des constructions écologiques au possible, et c’est intéressant de voir ce qu’ont fabriqué les gens pour s’intégrer à leur environnement. En Tasmanie (et en Australie d’ailleurs) dans les coins reculés quasiment tout le monde a des panneaux solaires, récolte l’eau de pluie/des ruisseaux pour boire, la vaisselle etc, des toilettes sèches dont le compost sert au jardin ainsi que des douches au chauffage solaire (super efficace!). Les maisons sont souvent « passives » et bien isolées, chauffées en complément au bois l’hiver.

Hygiène (même si pour moi cela a peu d’impact global sur la planète, je le répète)

  • Je me lave peu : une à deux fois par semaine environ, et avec du savon solide, local, éthique et tout le tralala. En road-trip on se trempe dans la mer et les rivières et parfois il y a des douches (chaudes) gratuites (<3 Australie).
    Du coup je n’ai pas besoin de m’hydrater car ma peau est moins agressée et je ne me sens pas « sale » pour autant (malgré le fait que je fasse souvent du travail physique). Je lave mes cheveux aussi au savon à la noix de coco, et ils ne me dérangent pas alors qu’à Paris ils étaient toujours gras au bout de deux jours.
  • J’utilise peu de « produits de beauté« . Après des années j’ai fini par trouver le combo parfait pour ma peau mixte : protection du soleil  (crème solaire, chapeau et manches longues, comme les bébés) et huile de jojoba qui est bien plus efficace que n’importe quelle crème que j’ai pu avoir. J’avais vu un jour une vidéo marrante sur la ressemblance cellulaire de cette huile avec le sébum produit par la peau et le fonctionnement du derme et depuis je ne jure que par cela. Lorsque j’en rachète (tous les 6 mois environ) je privilégie le local et le cruelty free.
    Et du dentifrice, puis c’est tout! J’ai aussi fait l’acquisition d’une brosse à dent en bois hahaha !! (La « environmental toothbrush » australienne, trouvée en magasin bio, lien non sponsorisé, of course).

Habillement

  • Quasiment tous mes vêtements sont « recyclés », c’est à dire de seconde main. En arrivant en Australie en hiver nous avons dû nous équiper, nous nous sommes donc rués sur les « second-hand shops » tels que Vinnies (l’équivalent de notre Emmaus français) et autres. Bravo l’Autralie pour cette culture du second hand (et vive les vide-grenier en France!). Nous avons également trouvé des vêtements laissés par des backpackers dans une auberge de jeunesse à Brisbane, dont mon jean de travail que j’ai bien « rentabilisé ». Le dernier vêtement neuf que j’ai acheté ce sont peut-être des chaussettes en vrac… ou encore une robe d’une créatrice locale en Thailande. Je suis loin de soutenir les grands groupes industriels de mode. Il est bien sur hors de question pour moi d’acheter des vêtements neufs contenant de la laine/ du cuir, mais il peut m’arriver d’acheter des produits « de seconde main » en contenant. Comme par exemple une paire de Vans superbes, modèle vintage avec peut-être un peu de cuir (mais même pas sûr) tout à fait à ma taille dans un « Opportunity shop » au fin fond de la Tasmanie pour… 5$. La non-accro au shopping que je suis n’a pourtant pas pu résister.

Dans cette société de data, quantifions! Mon empreinte écologique.

Par curiosité j’ai aussi eu l’idée de calculer mon empreinte écologique sur plusieurs outils* pour croiser les sources. Les résultat sont quantifiables en nombre de planètes qu’il faudrait pour soutenir mon mode de vie si tout le monde vivait comme moi. J’ai répondu de la façon la plus proche et honnête possible. Je me suis dit que cela pouvait être intéressant pour compléter l’article.

Les résultats sont entre 1.1 à 1.7 planètes*, ce qui est beaucoup moins que  lorsque je vivais en appartement à Paris et avais une alimentation non végéta*ienne .Mon résultat pour mon mode de vie alors était de 2,3 planètes environ, et pourtant je n’avais pas de voiture et recyclais abondamment. La moyenne mondiale est de 1.6. Pas si mal pour une « occidentale ».

Il faut aussi noter que l’alimentation est un facteur présent dans tous les tests.

 

Je ne sais pas si ces questionnements peuvent vous intéresser où vous touchent un peu, mais j’avais envie de les partager et d’avoir votre avis sur la question, mes chers lecteurs (qui que vous soyez 😉 )

 

La bise des buissons connectés en wifi.

 

*Outils utilisés : e-graine (résultat 1.1), le calculateur d’empreinte du WWF (résulat 1.7), celui du Global Footprint Network (résultat 1.7).

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Le Rory’s guide pour manger végétalien en Asie du sud-est

By 25 novembre 2016 Asie, Laos, Myanmar, Thaïlande, Végane en voyage, Vietnam

Comme on m’a posé parfois la question sur la facilité ou difficulté de manger végétalien en Asie du sud-est, je me suis dis que là c’était le moment de l’écrire, cet article. En ce moment j’ai du courant électrique car je fais du house-sitting, une clé 4G avec des gigas australiens qui coûtent une fortune, du temps libre… donc plus d’excuse!

Mise en bouche, attention ça fait saliver car OUI c’est possible de se nourrir de façon végétalienne lors d’un voyage en Asie du sud-est, et en plus on se régale, il y a plein de choses succulentes (même s’il y a des fois où vous mangerez du riz blanc aux légumes).

Dans cet article je traite donc de la Birmanie (en vitesse car je n’y suis restée qu’une semaine dans le sud), la Thailande, le Laos, le Vietnam ainsi que le Cambodge. Je n’écris pas sur la Malaisie étant donné que pour l’instant je n’en ai visité que l’aéroport, ni de l’Indonésie car mon séjour là bas commence à remonter et je mangeait encore tout et n’importe quoi à l’époque.

Manger végétalien au Myanmar (Birmanie)

Keskondit ?

« Thatalo » / « tètèlo » (écrit à la prononciation, hein) ce qui signifie un repas « sans vie », c’est à dire un repas qui a été préparé sans causer la mort d’animaux. La Birmanie est un pays majoritairement Bouddhiste (ils ont même des extrémistes bouddhistes, chacun sa plaie) mais au moins cela a pour avantage que les notions de végétarisme ne sont pas inconnues à la plupart des gens. Même si la plupart, étant pauvre, mange ce qu’il a à se mettre sous la dent, et parfois ce sont des pattes de poules dans du gras.

Keskonmange alors ?

Eh bien n’y étant resté qu’une micro-semaine pour cause de on-a-besoin-de-glander-sur-une-île-après-des-mois-de-coins-paumés-d’Inde-du-nord-est, j’y ai surtout mangé ce que les gens me servaient de « thatalo » dans des étals de rues. Ce n’était pas la meilleure bouffe du monde mais c’était correct !

Mais sinon beaucoup de soupes (au tofu, aux légumes, des bouillons, etc), des salades (au chou, aux algues, aux tomates, aux feuilles de thé fermentées, aux beans…) mais aussi des plats plus basiques tels que des nouilles ou du riz sauté aux légumes (et plein d’ail), du riz avec des légumes épicés, de la nourriture indienne… et bien sur, des fruits exotiques que l’on peut acheter sur place dans les marchés. Moi j’adore les mini bananes perso.

Manger végétalien en Thaïlande

Alors là on y est restés un mois et demi et j’en attendais beaucoup de la nourriture thaï car on entend souvent qu’il s’agit d’une des meilleures gastronomie du monde… et pour ce qui est de manger végétalien, je n’ai pas été déçue ! J’ai enfin pu renouer avec mon amour inconditionnel des champignons gluants, et m’émerveiller des gouts et textures en mangeant pour la première fois de la « mock meat » (fausse viande bluffante fabriquée à base de soja, wheat, et autres).

Keskondit ?

En thaï passé le « Savadeeee kaaaaap ! » (bonjour) c’est vite compliqué. Ils parlent bien anglais donc on peut énumérer les ingrédients indésirables (ou les mimer lorsque l’interlocuteur ne parle pas anglais). Nous, cela nous a suffi mais si vraiment vous voulez vous essayer de parler Thaï :

  • « Jey » serait la transcription (venant du chinois) de végétalien signifiant « nourriture excluant les ingrédients d’origine animale ». Cela orienterait vers les plats avec des champignons, du tofu, de la « fausse viande » et des aliments type seitan. Je n’ai aucune idée de comment cela se prononce mais selon moi ça rejoint un peu le « chay » du Vietnam. Selon des sources en ligne, en général les gens ne comprennent pas.
  • « Mang-sow-ee-rat » ça veut dire sans viande mais ça inclut les œufs et le lait. (bonne chance avec la prononciation)

(Source de ces traductions).

Selon moi une bonne idée serait d’arriver à se faire écrire en alphabet Thaï ces deux mots pour faire une petite aide pour chercher de la street-food ou commander dans un restaurant. Ou des cartes avec les animaux dessinés et barrés, comme le font TATUP!

Mais selon moi dire « vegetarian » (tout le monde connaît) et « no oyster sauce » (très répandue), no egg, no milk, cela suffit en général !

Keskonmange alors ?

Alors là, plein de choses. Des fameux curries verts, rouges, massamam, des légumes à la citronelle et noix de cajou, des salades de papaye verte (sans sauce poisson qui pue comme au Laos #YES), des stir fry de toutes sortes, des rouleaux de printemps, des pad thai, plein de fausses viandes bluffantes, des pousses de bambou, des tas de déclinaisons de noodle soup, du riz gluant à la coco avec de la mangue… il y a du choix !

A Bangkok comme à Chang Mai qui sont deux grandes villes de Thailande, on trouve pléthores de restaurants végéta*iens ou tout simplement des offres vg dans les restaurants plus tradi… et même en dehors des grandes villes, avec l’appli ou la page web de Happy Cow c’est super facile de trouver des resto végétaliens ou avec options végétaliennes.

Et pareil, plein de fruits exotiques ! Je vous conseille de gouter le durian même si ça dégage une forte odeur (eh on aimait bien le vieux camembert à une époque, non ?) franchement ça coute une blinde mais j’adore. A tester aussi, les glaces à la noix de coco, faite au lait de coco et servie dans une noix de coco avec des morceaux râpés dedans. Sur une plage paradisiaque avec un coucher de soleil ou dans une rue animée de Bangkok c’est plutôt pas mal. Le sorbet au durian aussi j’avais adoré (mais il faut aimer le durian). Les brioches fourrées au redbean (haricot rouge) aussi c’est super. On en trouve au SevenEleven (gros choc occidental après l’Inde : des supermarchés !) ainsi que des briques de lait de soja, certaines au chocolat ou au thé macha mais attention certaines marques incluent du lait de vache dans le lait de soja car nos chers industriels essayent de developper le marché du lait en Asie (qui est traditionnellement très peu consommé), donc checkez bien les ingrédients (je sais c’est fou).

Le mieux c’est de laisser parler des photos pour moi.

Mes coups de coeurs intersidéraux

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Spécialité du nord de la Thailande le Khao Soithailande-vegetalien-17-sur-18

Oui ces choses  au bord oranges sont des champignons, et les boulettes aussithailande-vegetalien-16-sur-18

Un plat aux champignons à Chiang Mai (juste le paradis pour moi) et à droite un autre exquis Khao Soi!

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De la « mock meat » de poisson, des petits shitake et des aubergines vertes, des grosses nouilles gluantes sautées aux légumes

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Délices sur notre île

Chez mon amie Gisèle à Pai

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Je ne suis pas très sucré mais…

Même après minuit on trouve de quoi se sustenter à Chiang Mai auprès des vendeurs ambulants dans la rue (et c’est délicieux, bien sur!)

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Manger végétalien au Laos

Pour moi, le Laos rime avec noodle soup. Bon phonétiquement ça ne fonctionne pas vraiment mais gustativement c’est ça. Matin, midi et soir, peu importe, au moins une par jour sinon ça n’allait pas. Le choix dans les cantines des petits bleds n’étant pas exhaustif (et les Laotiens en mangent tout le temps), souvent c’est noodle soup ou nouilles/riz frit avec des légumes. Mais il y a aussi quelques surprises…

Keskondit ?

« Bo Saï Sin » ça veut dire « sans viande ». Après pour les œufs débrouillez vous ! Le Barbu mime très bien la poule qui pond des œufs et le « non » après, je vous laisse imaginer. En général les laotien(ne)s vous trainent dans la cuisine pour vous montrer les ingrédients et vous dites oui ou non, et c’est super. Vous pouvez aussi apprendre le laotien c’est plutôt facile apparement. Il suffirait d’apprendre les mots et de les coller les uns aux autres : notre copain Romano s’y est mis et en quelques semaines et il discutait avec toutes les mamies du coin du coup.

Keskonmange alors ?

Ben des noodles soup. Du « sticky rice » dans leurs petits paniers en bambou ou directement cuit dans un bambou. Et si vous trouvez du vegetable laap jetez vous dessus c’est incroyablement bon. Et des Banh Mi, ces sandwiches baguettes, on peut en demander juste aux légumes des fois ça bon mais rien à voir avec la masteurisation du Banh Mi des vietnamiens.

On a fait une leçon de noodle soup dans notre vidéo « VLOG » au Laos, c’est à 04:40 mn pour être initié à cet art par nos soins…

Manger végétalien au Vietnam

Mon coup de cœur culinaire le plus inattendu : si j’en attendais beaucoup de la Thaïlande en matière culinaire, au Vietnam je pensais qu’ils n’avaient que des plats à base de viande et peut être des Banh Mi. GROSSIERE ERREUR. On n’est pas restés deux mois là-bas juste pour regarder le riz pousser.

Keskondit ?

Le mot magique à retenir ici, c’est « chay » ça veut dire végétarien/vegan en gros… et si vous n’arrivez jamais à le prononcer correctement (du nord au sud les intonations/prononciations varient) vous pouvez toujours écrire le mot et le montrer. Car oui, les vietnamiens utilisent le même alphabet que nous et c’est bien pratique. Du coup dès que je voyais « Chay » écrit quelque part sur un panneau je stoppais le scooter pour aller me goinfrer.

Keskonmange alors ?

Les vietnamiens ont des restaurants végétariens un peu dans toutes les villes (même petites) qui font des plats incroyablement savoureux souvent à base de fausse viande, de pâté végan, de champignons, de bouillons, des nouilles, de brochettes, d’herbes fraiches odorantes… D’ailleurs mon Barbu à qui cela arrivait de manger encore un peu de viande/poisson à l’occasion (en général quand il mange avec d’autres personnes que moi) a reconnu qu’effectivement c’était même meilleur que les plats à base de viande.

Ici aussi, foncez sur Happy Cow pour trouver les meilleures adresses de Chay, souvent les bouy bouy sont bien meilleurs et moins chers que les « vrais » restaurants. Et sinon si vous n’avez pas trop le choix vous pouvez toujours vous rendre dans un restau lambda et en demandant du Chay ils vous serviront toujours des trucs bons (évitez les resto de barbecue quand même).

Une dame fabrique du tofuvietnam-vegetalien-7-sur-30

Une autre le transporteProcessed with VSCO with k2 preset

Quelques uns de mes coups de coeur en restaurants « chay »vietnam-vegetalien-16-sur-30 vietnam-vegetalien-18-sur-30

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Et ici coup de coeur des plus simples dans un restaurant trouvé au hasard dans un bled : la découverte du tofu-tomate, un délice du nord!vietnam-vegetalien-12-sur-30

Il n’y a pas à dire, on se régale! (avec notre pote Nico, expat à HCMC)

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Ceci m’a inspiré quelques essais « maison » lorsqu’on habitait à Ho Chi Minh pendant un mois

Manger végétalien au Cambodge

Le Cambodge niveau Oh-my-god-c’est-délicieux… ça nous a tout les deux déçus : plus cher que les voisins pour une qualité moindre (ils sont du genre à vous servir des nouilles déshydratées en sachets avec 3 bouts de carotte et un truc vert) MAIS il y a eu quelques bonnes surprises.

Keskondit ?

Comme en Thaïlande, dans les coins touristiques « vegetarian, no fish sauce, no egg etc » cela suffit. Pour les coins paumés nous avons appliqué notre technique du mime en cuisine et cela a très bien fonctionné.

Keskonmange alors ?

Sur la route surtout du riz avec des légumes… mais une fois en ville il y avait pas mal d’offres, et au Cambodge beaucoup de nourriture « internationale » aussi.

A Siem Reap on est restés à suer pas mal de temps (saison sèche oblige) et ma cantine c’était le « Little cafe » qui a pleins de plats végétaliens ainsi que le resto du milieu en face. Mention spéciale au mushroom amok avec du riz ainsi qu’aux smoothies. Le amok c’est un plat traditionel Khmer qui est délicieux et que l’on peut parfois trouver en version végétalienne. Perso mon highight bouffe au Cambodge c’était une pizza dans un resto italien à Sianoukhville avec des CAPRES et de L’HUILE D’OLIVE. J’avoue.

Et VeganFoodQuest a aussi listé plein de délices en termes de streetfood végane.

Pour les photos je n’ai que cette image « post vegan burger » à Kampot haha

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Bon voyage, et bon appétit n’hésitez pas à baver/me poser des questions/apporter des compléments d’informations en commentaire !

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Autostop et paysages splendides hors des sentiers battus en nord-Laos

By 5 novembre 2016 Carnets de Voyage, Laos
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Après notre périple glacial en bateau sur le Mékong depuis la frontière thaïlandaise et notre première session d’auto-stop laotienne, nous venons donc d’arriver à Oudomxay (ou Muang Xay), la ville « chinoisée » au « centre-nord » du Laos (dans un pays tout vertical les notions de nord et sud ont beaucoup de nuances !).

Oudomxay, Disneyland chinois.

Avant de vous conter nos péripéties, je vous introduit quelques éléments de contexte.

Le nord du Laos souffre d’une main mise des chinois sur les terres locales. Les entrepreneurs chinois se voient offrir une somme conséquente d’argent (100 000$) pour aller coloniser économiquement le Laos et n’ont le droit de retourner en Chine qu’après un nombre minimum d’années, et bien sur « successful ». Le gouvernement Laotien, très corrompu, offre ses marchés publics sur un plateau aux entreprises chinoises, lorsque ce n’est pas les chinois qui construisent des immenses complexes hôteliers 5 étoiles dans ce pays si pauvre. Je suis peut-être mauvaise langue mais j’ai étudié l’intelligence économique et le lobbying et ce qui se passe dans ce pays échappe totalement aux habitants (un peu comme partout me direz vous, XXIe siècle, les entreprises dominent le monde).

Là où cela pose des problèmes éthiques et juridiques, c’est d’abord la concurrence économique déloyale aux laotiens, mais aussi l’empoisonnement des habitants avec l’utilisation massive des pesticides non contrôlés (dans les plantations de bananes et d’hévéas par exemple) ou encore la zone aux droits spécifiques aménagée pour les chinois au nord-ouest du Laos. C’est là que passe l’autoroute de la Thaïlande vers la Chine. A cet endroit (Boten Golden City), trafic illégal d’animaux sauvages ainsi que d’arbres exotiques abattus illégalement est monnaie courante. Ne parlons pas des personnes disparues suites à des dettes de casino dans cet étrange ville. Evidemment, toutes ces activités se font au déni total de l’environnement, et les entreprises chinoises rasent sans merci forêts (et la faune qui y vit) pour planter des hévéas par exemple… les beaux paysages sauvages du Laos ont peut-être leurs jours comptés et finiront peut-être par ressembler au triste nord du Cambodge, totalement déforesté et planté d’hévéas…

Pour aller plus loin vous pouvez lire cet article datant de 2009 mais décrivant bien la situation : Laos. Renforcement spectaculaire de la présence chinoise et le grand format de Libération sur le sujet : «Le gouvernement a vendu le nord du Laos à la Chine».

 

Bon mon moment informatif est terminé, passons aux choses non sérieuses.

Nous voici donc, deux frais voyageurs fraîchement débarqués à Oudomxay, après une journée de stop où l’on s’est vus offrir pitance et alcool local. Oudom-quoi ? C’est une petite ville réputée pour y abriter de nombreux commerces et constructions chinoises.

On saute de l’arrière du pick-up, on remercie la famille qui nous a déposé en stop, et… on a faim. Seulement voilà, on ne sait pas trop quoi manger. Ca sera noodle soup!

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Laos Party

Le lendemain est consacré à se reposer et faire un tour dans la ville, on n’est pas déçus !

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oudomxay city oudomxay city

Le « palace » chinois

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En fin de journée, alors que j’ermite dans la chambre et ne suis pas très encline à quitter ce lit confortable, mon Barbu part à la quête de nourriture. Les heures passent et il ne revient pas. Je commence à me demander ce qu’il fabrique, et avoir faim également.

Finalement le voici qui revient, gai comme un pinson : il s’est fait inviter à la fin d’une fête de laotiens à deux pâtés de maison. « Il y a plein de nourriture qui reste, j’ai joué à la pétanque avec les vieux ils m’ont démonté et il y a un groupe de jeunes filles qui n’arrête pas de me remplir mon verre de Beer Lao. Viens, on va manger ! ». N’étant pas une pique assiette dans l’âme (enfin si l’on oublie le temps où je squattais les vernissages pour me nourrir) j’y vais mi-en trainant les pieds « mais ça ne se fait pas, non ? », mi-intriguée par le tableau que vient de me dresser mon Barbu.

Nous y voilà donc, une sorte de préau en bois ouvert au vent, avec un plancher en bois brut jonché (mais VRAIMENT jonché) de bouteilles vides, et d’assiettes avec quelques chiens qui se régalent des restes. Sur les tables : des restes, des bouteilles… et à une table, le fameux groupe de nanas qui me sautent dessus et m’assoient à la table, apportent des plats du frigo, me servent un verre : c’est un kidnapping dinatoire… et alcoolisé !

Personnellement j’adore la bière, mais les laotiens la consomment cul-sec avec des glaçons… ce qui n’est pas mauvais mais le problème étant la quantité : il est très courant que dans les bistros de village, les gens ont une caisse de bières (bouteilles de 75cl) au pied de leur table, et un seau à glaçon au milieu. Kampai!

Donc avec mes nouvelles copines, je ripaille ma soupe de légumes, mange le riz gluant avec les doigts en le trempant dans les sauces des ‘stir fry’ de plein de plats, picore des haricots et… bois un paquet de bières cul sec.

Evidemment, on ne parle pas laotien, et elles ne gobent pas un mot d’anglais, donc on apprend des mots, on mime, on se marre, on trinque et finalement les heures défilent. Un groupe de mec nous rejoint, l’un parle 3 mots d’anglais, on trinque, on est tous supercopains venez on prend des photos et on va danser !

Nous voilà donc avec notre bande de jeunes laotiens entrainés à la discothèque locale (de la petite ville d’Oudomxay au nord du Laos, je rappelle) et la fête continue. On se quitte plus tard après s’être vraiment beaucoup trop marrés, à grands signes « au revoir » déchirants sous les éclairages publics d’Oudomxay. Quelques chiens agars nous passant dans les jambes, et nous allons nous coucher.

On va où maintenant ?

Grande question existentielle à laquelle j’ai en général toujours une réponse (vu que je suis la carte vivante de ce voyage)… mais là, j’avoue que je ne sais pas trop. Je ne vois pas trop ce que l’on irait faire à Luang Namtha par exemple, village connu pour accueillir des touristes avides de trek dans les montagnes au nord-est. Nous avions un plan volontariat là-bas mais il est tombé à l’eau, et l’idée de faire un trek organisé avec une bande de Quechua* ne nous réjouit pas franchement. Sinon il y a le nord-est, apparemment assez sauvage mais bon en stop vu la fréquentation des routes c’est un coup à mourir déshydraté/d’ennui au bord de la route.

Et on n’a plus envie de prendre des bus, on a pris trop de bus, marre des bus. Moi j’ai mon envie de road-trip en moto qui commence à me travailler sérieusement, le début des négociations avec le Barbu récalcitrant commence et c’est là dessus que nous partons –en stop- pour Muang La, un village un peu plus au nord où d’après Travel Wiki il y aurait deux auberges et pas grand chose à faire. Let’s go !

Le tranquille village de Muang La

Et bien effectivement, c’est super joli, et effectivement, il n’y a pas grand chose à faire. C’est un peu comme si vous alliez en stop dans un de mes bleds d’enfance (big up Belleherbe) et que vous vous retrouviez au monument aux morts un dimanche. Il n’y a pas un chien, même pas une mamie en train de jardiner. Mais c’est joli, donc on se ballade dans les environs. On regarde les gosses jouer à des drôles de jeux à l’école. Sur le chemin du retour une pause beer Lao au bistro s’impose. Celui-ci est une simple terrasse en planches posée au dessus d’un champs de riz qui n’a pas été travaillé depuis un bout de temps et où broute nonchalamment un buffle. La vie est tranquille ici.
(Il y a aussi un lodge de luxe implanté ici par un français, ça a l’air cool mais bon ça coute 200$ la nuit).

Retour à la case Oudomxay et changement de cap

C’est bien joli tout ça mais après deux jours (j’avais la flemme**) on se décide à aller au Village de Muang Ngoy. C’est un village au bord de la rivière Ou, et ça l’air mag-nifique. Branle bas de combat, autostop, 3 pick-up pour couvrir 20 bornes dont un avec un chargement de bois (avec nous dans la remorque) en cours de route, une incompréhension, la fin de la route à pied avec nos sac, qui, malgré un allègement en Inde sont toujours aussi louuuurds. 4km à pieds (chargés comme des baudets) ça use les souliers. Une âme charitable nous épargne la fin du trajet et nous dépose en centre ville, et hop, re-bonjour Oudomxay ! Noodle soup ? Et autobus. L’équation : cagnard, difficultés d’autostop, route ultralongue avec aucun bled sur la carte aura eu raison de nous : nous prenons le BUS.

Et on a bien fait : 4 heures de route sur les crêtes avec quelques maisons par-ci par là, quasiment pas de voiture croisée. Heureusement que l’on n’a pas tenté le stop (on n’avait plus de tente à ce moment là). On se fait déposer à l’intersection au village de Pak Mong et… on fait du stop ! Et oui on n’est pas arrivés, on veut aller à Nong Khiaw où nous pourrons prendre un bateau pour nous rendre au village de Muang Ngoy.laos-nong-khiaw-1

On achète quelques gâteaux et on se galère pour le stop pendant un moment (toujours avec le sourire, cela va de soi)… mais peu de circulation. Et lorsqu’un pick up s’arrête, il a déjà deux auto-stoppeurs dans la remorque. C’est bien notre veine, de la concurrence ! Mais ce gentil couple de polonais nous fait une place dans la microscopique remorque et le pick up repart avec quatre blancs juchés sur leur tas de backpacks. On discute un peu avec les polonais qui sont en voyage de noces avec leur tente et leur petit budget, c’est marrant. Ce sont les premiers touristes que l’on rencontre depuis que l’on a quitté l’autoroute du ferry.

On se fait déposer en ville et voilà notre équipée de quatre part à la recherche de lits pour la nuit, et tout est complet ou trop cher ! C’est qu’il y a foule ici, comparé aux bleds paumés où l’on s’est retrouvés. Malgré tout on trouve une petite auberge en marge du centre ville où une mamie récalcitrante accepte de nous loger. Elle nous donne des chambres glaciales dans la vieille maison en travaux au fond de la cour pour un prix cassé. Il est plus facile de négocier des prix bas lorsque l’on est polonais, grec, slovène… ou que l’on vient d’un de ces pays d’Europe où les niveau de salaires sont moins élevés qu’en France et un peu connus dans le monde pour cela. (Un smic polonais c’est 400€/ mois pour info)(donc c’est bien normal)(arrêtez de vous plaindre).

laos-nong-khiaw-4 Le charme de Nong Khiawlaos-nong-khiaw-3

Le lendemain on retrouve par hasard notre pote français Romano rencontré sur le ferry, les polonais partent escalader le point de vue local et nous on discute avec des voyageurs en moto (négociation avec le barbu qui va bon train). La nature environnante est splendide, cela fait plaisir.

On se renseigne pour les tickets de ferry, et le lendemain nous prendrons l’un de ces petits bateaux de bois pour un trajet sur la rivière Nam Ou que l’on n’est pas près d’oublier…

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*référence à Décathlon (que j’adore aussi au passage), pas aux indiens d’Amérique du sud
** c’est ça qui est beau dans un voyage sans autres contraintes de dates que celles imposées par les visas : on a le droit d’avoir la flemme.

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Le Kirghizstan en argentique

By 4 octobre 2016 Carnets de Voyage, Kirghizistan, Photographie argentique

Et si on repartait en voyage? Suite à l’article sur mes photos du Tadjikistan en argentique, voici une sélection de photos du Kirghizstan. Je n’en suis pas entièrement satisfaite, en partie pour les mêmes raisons qu’invoquées dans l’article sur le Tadjikistan. C’est-à-dire : le rond noir causé par mon objectif non-adapté omniprésent, les poussières sur les scans, les couleurs du développement effectué à New-Dehli en Inde… (dans un laboratoire pourtant sensé être reconnu et très pro). Mais je vous les présente quand même, ce pays est tellement sublime, je pense que cela vaut quand même le petit coup d’oeil !

Les sommets blancs, les lacs, les chevaux, l’espace.

Je ne sais plus où c’est !
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Au bord du lac Issy KulKirghizistan argentique-10

Le lac aux eaux translucides de Sary Chelek

Le village Arkit au pied du lac Sary ChelekKirghizistan argentique-14

Des cavaliers sur la route du lacKirghizistan argentique-15Le lac apparait !Capture d’écran 2016-03-14 à 19.11.48

Baignade rafraîchissanteKirghizistan argentique-17

Kirghizistan argentique-16L’article sur le lac Sary Chelek et ses eaux cristallines… ici !

Nuit dans une turbaza quasi abandonnée

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Randonnée à cheval jusqu’au lac d’altitude Kol Ukok

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L’ascensionKirghizistan argentique-2

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ça y est on voit le lac !Kirghizistan argentique-1

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L’article sur notre récit de la randonnée à cheval jusqu’au lac

Randonnée au lac Song Kol

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Kirghizistan argentique-23L’article en intégralité ici

En route pour le Tadjikistan

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Et voilà c’est déjà fini pour les photos. Il y en a peut-être encore quelques unes non scannées chez mon ami Polonais, mais nous verrons cela le jour où je reviens en Europe… En attendant j’espère que cette petite sélection vous aura plu !

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Rory en Australie #jeRaconteMaVie

By 24 septembre 2016 Carnets de Voyage, Daily Life, Océanie

Les jours s’écoulent, j’inonde instagram et twitter mais je n’ai pas vraiment raconté comment ce-fait-ce que nous nous soyons retrouvés en Australie, c’est donc l’occasion de faire un point sur notre « voyage au long cours ».

Le 5 aout, cela faisait un an que nous étions partis, notre voyage ayant pris une tournure que nous espérions : nous devons bien l’avouer maintenant qu’on est totalement à l’autre bout du monde, non, jamais nous n’avions prévu de rentrer au bout d’un an… ou au bout d’une durée quelconque. Nous sommes enfin libérés de notre vie en société et de nos obligations (loyer & travail en priorité) et je dois l’avouer (car c’est on dirait qu’en France on a pas trop le droit de crier cela sur les toits) : nous sommes heureux. Après notre road-trip Bécane et Pétrolette, à scooter à travers 3 pays d’Asie du Sud-Est, nous avons eu le luxe de pouvoir vivre un mois en appartement à Ho Chi Minh chez un copain. Un lit, une douche, du wi-fi pour s’organiser et binge watcher des séries TV (The Leftovers notamment, je recommande !), nos scooters pour vadrouiller en ville et tester tous les resto végétariens… et puis préparer la suite.

C’est la mousson. #rain #rainseason #rainyseason #hochiminhcity #hcmc #vietnam #asia #southeastasia #travel

Une vidéo publiée par RORY (Travels Anywhere) (@roryofroom) le

 

Le Vietnam, et après ?

On fait quoi après l’Asie ? Au début on pensait aller aux Philippines ou en Indonésie (c’est encore en Asie nunuche) mais bof, pas trop motivés. Et puis on a rencontré quelques personnes sur la route qui nous ont parlé de l’aspect lucratif de l’Australie (oui on ne fait pas que dépenser tous ses sous là-bas, on peut aussi travailler !) qui permettait au backpacker fauché de se refaire une santé financière afin de continuer ses pérégrinations.

A là base moi j’étais surtout attirée par la Nouvelle-Zélande et ses paysages sauvages, MAIS (attention faut suivre) la rencontre du boyfriend australien de notre amie Allemande avec qui nous avons voyagé au Cambodge a un peu tout changé ! Et oui il nous offrait de nous prêter son appartement en Australie pendant qu’il travaillerait dans les mines à l’autre bout du pays, ce qui me permettrais, armée d’un Working Holliday visa (visa Vacances-Travail) de trouver un job et remettre des sous de côté afin de pouvoir nous assurer un futur dans notre vie nomade.

Et nous voici à Ho Chi Minh, donc, à faire les demandes de visa, aller à l’hôpital vérifier qu’on est bien portant (les Australiens ne veulent pas de gens malades sur leur grande île), trouver des billets d’avion et enfin… vendre nos scooters bien aimés !

Ma bécane appartient désormais à une expat espagnole qui ne savait pas conduire et l’essai fut épique : elle a failli foncer dans un mur et se gaméler. Je lui ai donc fait jurer d’apprendre à conduire le week-end suivant avec des amis dans son quartier avant de s’aventurer dans le trafic sauvage d’Ho Chi Minh avec une Bécane qui pèse 100kg.

Pour la Pétrolette du Barbu ça a pris plus de temps… si des locaux n’arrêtaient pas d’essayer de lui négocier pour des prix un peu trop serrés (mais ils étaient intéressés, c’est le principal), c’est finalement un Belge flamant qui avait revendu sa moto Honda Win –trop de problèmes mécaniques- pour enfourcher la petite Pétrolette… il paraît qu’ils sont allés jusqu’en Thaïlande tous les deux !

 

« G’Day mate ! »

Le 20 juin et deux avions plus tard, nous passons de l’Asie à l’Océanie et atterrissons à Sydney en plein hiver australien – ça caille mais le ciel est, comme l’océan, d’un bleu éclatant et nous nous faisons accueillir par un agent des douanes barbu et notre premier « G’Day mate ».

sydneyBleu « Sydney en hiver »…

On ne le sait pas encore, mais on va adorer l’Australie, pour laquelle on n’était pas enthousiastes au premier abord. C’est remplis d’idées préconçues du genre : c’est surfait, c’est trop cher, c’est rempli de backpackers français et de surfeurs blonds peroxydés, tout le monde le fait… que l’on pose le pied dans le pays.

Trois mois plus tard, on est fan de chez archifan, et plus heureux que jamais ! La nature ne cesse de nous surprendre et nous émerveiller. Même si les terres sont très exploitées par l’agriculture, la nature est quand même partout, que ce soit dans les parcs naturels hyper nombreux jusque dans les villes où l’on croise multitude d’oiseaux. Lorsque l’on arrive à Ballina, là où l’on nous prête l’appartement, on se fait accueillir par la vue des baleines qui font leur migration que l’on peut observer depuis les côtes, bientôt suivie de celles de dauphins dans la rivière, pélicans, perroquets colorés de toutes sortes, chants de Magpie tous les jours… il n’y a pas à dire, c’est dépaysant. Le tout dans un pays très occidental mais où l’on accueille avec le sourire « how are you mate ? » même à la caisse du Aldi, où les gens ont beau rouler dans des 4×4 énormes ils mangent local et bio et où l’on trouve des options végéta*iennes partout !

Le premier mois est passé entre découverte des us et coutumes locales si l’on peut dire, et ce grâce à notre couple d’amis qui nous a fait la surprise d’être à l’appartement (ils étaient censés aller en Europe après leur voyage en Asie mais fauchés, il sont retournés en Australie). J’ai pu me familiariser avec la conduite à gauche grâce à « Burito » la petite voiture de notre copain Dan, on a passé des journées entières à chercher du boulot à la bibliothèque car on avait pas le wifi à l’appart, aller à la plage, faire les courses, découvrir les alentours…

ballina-1Une des plages de notre petite ville, bon point pour l’observation des baleines

byron-bayUn coucher de soleil sur les montagnes dans la baie de Byronballina-8Avis de tempêteballina-7

ballina-6Drôle de météo à Ballinaballina-5Coucher de soleil sur la Richmond river à Ballinaballina-4

ballina-2Les minion falls ! (un nom pareil ça ne s’invente pas)

Après avoir passé un diplôme me permettant de servir de l’alcool dans l’état du New South Wales, j’ai décroché un job comme bar girl dans un gros festival de musique, Splendour in the Grass, non loin de Byron Bay. Ca jette dans le bain direct, de se retrouver en rush de 7 à 11h par jour derrière un bar à servir la jeunesse Australienne « intoxicated » mais pas trop (bein oui il y a des règles comme je l’ai appris dans mon petit diplôme). Il y a des accents, des gens rigolos, des looks improbables mais bon globalement rien de très original, mais une super équipe au bar, bonne ambiance et lieu de travail, et l’apothéose du truc, c’est que j’ai réussi à voir la fin du concert des Strokes, un de mes groupes préféré depuis que j’ai 11 ans, premier album CD acheté de ma vie (à Londres en plus).

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Le dernier jour où j’ai bossé 11h d’affilée j’ai été envoyée en renfort sur un deuxième bar avec une carte trois fois plus longue que celle de mon bar initial… et après un temps d’adaptation j’ai fini par comprendre ce qu’étais un « Bundaberg » ou leur marque de cidre, à faire plein de cocktails en un temps record… et c’était cool. Si un jour quelqu’un m’avait dit que je ferai bargirl et que j’aimerai bien ça je lui aurai bien rigolé au nez. Après je ne me vois pas bosser non plus dans un bar dans un bled au fin fond du bush, l’ambiance festival et le rush constant ont rendu la chose intéressante je pense ! Et puis on y a retrouvé notre copain Pierrick, avec qui on avait voyagé en Thaïlande, et ça, c’est cool aussi.

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Bye bye Bécane, salut Mémère #passionVéhiculesCouleurBordeaux

Et puis on a acheté notre voiture. Comme finalement nos amis étaient là pour rester, que l’on ne trouvait pas de job dans le coin on s’est dit qu’on allait partir à la recherche d’un job en ferme, et pour cela il faut un véhicule. Achetée par un couple de backpacker italo-anglais à une grand-mère un peu plus au sud de l’état, notre nouveau véhicule, un break Holden de 1993 a très vite eu un nom tout trouvé « Mémère » ! Mais notre mamie en a sous le capot (un V6 – 3,7L tout de même, eh oui on est en Australie) et équipée de technologie de pointe des années 90 (elle a un régulateur de vitesse qu’on a baptisé « Bender », le robot de Futurama) elle nous permet de faire des économies d’essence. C’est donc ce gros break avec matelas et matos de camping qui est désormais notre maison, et c’est super chouette.

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Pour l’instant tout roule, on a juste eu une grosse frayeur le jour où une durite s’est détachée du radiateur et tout le liquide de refroidissement s’est barré… on s’est donc retrouvé avec le moteur fumant (nous « yaaaa l’feuuuuu !!!! ») à balancer notre bidon de 10L d’eau dessus pour le refroidir, craignant fort pour le joint de culasse –head gasket en anglais pour votre culture personnelle. Heureusement notre copain australien, qui était mécano avant est venu à la rescousse et depuis la dame est bien hydratée du radiateur. Moi au final je suis super contente de continuer mon apprentissage en mécanique après le scooter et les réparations de Pétrolette je passe au niveau supérieur !

Et puis après un tour d’une dizaine de jour dans le Queensland, de Brisbane où l’on a retrouvé encore une fois Pierrick en passant par plusieurs coins pour trouver du boulot – un contractor véreux qui nous laisse tomber pour du pruning de vignes puis un « presque » aux mandarines dans la charmante bourgade de Gayndah, finalement le Barbu me trouve du boulot… à Byron Bay ! En une journée, nous parcourons les 650 km retour à la case départ et me voilà dans les pêches et les nectarines. Cela fait plus d’un mois que nous y sommes, entre ferme, wallabies et Kookabaras avec pour programme les jours de repos : plages vierges avec dauphins surfeurs de vagues, on est loin d’être malheureux.

peach-1Un bébé pêche peach-11Une nectarinepeach-10Un collègue de boulotpeach-9