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Rory

Le paradoxe du voyageur écologiste… mais carniste

By 20 juillet 2016 Végane en voyage
voyageur écologiste mais carniste

Voilà un moment que ce sujet me gratouille. Ca m’est d’abord venu en lisant des articles sur le « voyage responsable » ou sur « voyager écolo », puis par la suite en remarquant l’apparition d’un collectif de bloggeurs « éco-green ». L’initiative est louable, je n’ai aucun souci avec cela et j’apprécie d’ailleurs beaucoup les blogs qui se sont engagés dans ce projet.

Mais ce sont les recommandations que je trouve trop, comment dire… légère ? Et surtout ce qui m’a sauté aux yeux, c’est que nul part il n’est évoqué que la consommation de viande est extrêmement polluante et devrait donc à ce titre être évoquée dans ce genre d’articles « conseils pour voyager écolo ».

Ce que je reproche à ces articles, c’est leur écologisme « mou » à la Nicolas Hulot, du type « fermez le robinet quand vous vous brossez les dents », version voyage.

(edit 22/02/2017) AVANT-PROPOS

Je n’écris pas cet article dans le but de démonter ni les articles ni le collectif, que je trouve très bien comme dit plus haut mais plutôt pour ouvrir une réflexion qui m’est relativement récente. Je ne pense pas détenir la réponse ultime, mon article a été parfois reçu comme étant moralisateur et ce n’est pas le propos, je m’en désole. Pour moi le véritable progrès écologique passera d’abord par la législation quand bien même les mesures individuelles sont louables mais pas suffisantes pour avoir un impact réel. L’idée ici c’est apporter d’autres éléments informatifs, pas un guide de vie détenant la vérité ultime.

 

Les conseils que l’on trouve partout pour être un voyageur « écolo » / « responsable » etc. :

  • Les transports.
    Eviter l’avion, pendre les transports en commun, faire du stop.
    Ici il s’agit de réduire ses émissions personnelles de GES (Gaz à effet de serre)
  • Respecter l’environnement.
    Des conseils qui vont de
    – « ne pas jeter ses mégots de cigarette sur la plage » à « ne pas courir sur les dunes »,
    – « éviter les fuites d’huiles si vous faites du bateau »,
    – « ne pas cueillir les fleurs »,
    – ne pas faire sa vaisselle avec du la Rainette pas écolo dans un ruisseau,
    – utiliser des « shampoings sans phosphates » (encore faut il en trouver sur place),
    – ne pas « jouer au golf dans le désert », etc. etc.
  • Respecter la faune et la flore :
    – ne pas toucher les bébés animaux trop trop mignon (par contre tu peux bouffer de l’agneau à pâques no soucy), #DissonanceCognitive
    – ne pas nourrir les poissons (par contre tu peux les bouffer, no soucis on va te pas gâcher tes vacances au bord de la mer quand même),
    – ne pas ramener d’animaux protégés chez toi (par contre je peux ramener ce singe non protégé chez moi ? Ou comment ça se passe ?)
  • Autres :
    – ne pas gaspiller la nourriture,
    – limiter les déchets plastiques (en Asie ça devient vite compliqué !),
    – on utilise des palmes courtes (merci Biba !),
    – on ne donne pas des billets de 100 balles au gamins qui mendient même s’ils vous font les yeux du chat de Shrek,
    – on ne paparazzi pas les gens sous prétexte qu’ils ont un fasciés original par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir à la maison,
    – on choisi un tour opérateur certifié (Yes),
    – on découvre sa propre région/pays (Yes)

 

Constat écologique (dégâts causés par les humains)

Comme nous le savons, notre planète ne va pas bien, moi perso j’entends ça depuis que je suis gamine. Et après avoir un peu vu le monde de mes yeux et un nombre incalculable de documentaires sur l’écologie, je suis plus prête à croire les scientifiques que des hurluberlus type Donald Trump qui crient à la théorie du complot concernant le réchauffement climatique.

continent plastiqueSource: meetingurself.com, « la fin des sacs plastiques en Europe« 

à lire également : « le septième continent de plastique : ces tourbillons de déchets dans les océans« , 09/05/2012, lemonde.fr

Il y a un « septième continent » de plastique, les pécheurs continuent de vider les océans à grand coup de filets géants raclant le sol (il y aura bientôt plus de plastique que de poisson dans la mer, classe), la pollution de la terre, la faim dans le monde, les multinationales qui détruisent à grande échelle sans que les états ne bougent le petit doigt, la déforestation, … euh wait.

 

Des causes de la déforestation

Arrêtons nous un instant sur le sujet de la déforestation, tiens. Mais quelles sont les principales causes de la déforestation Jamie ?

Je sais qu’à Bornéo en Indonésie ce sont les plantations de palmiers à palme que j’avais survolées horrifiée lors de ma visite de cette île qui sont majoritairement responsables de la déforestation. Tuerie en masse de la forêt et de ses habitants que les industriels s’enrichissent en fabricant des produits alimentaires transformés et des gâteaux bio à l’huile de palme moins chers et « de meilleure consistance ».deforestation borneo voyageur écologistePhotographies personnelles, vol de Pontianak à Pangkalan Bun sur l’île de Bornéo en 2013

Au Cambodge et autres pays d’Asie du sud-est, j’ai parcouru les routes en Bécane, re-horrifiée par la destruction de la forêt et de la vie pour que des grands groupes (coucou Bolloré) s’en mettent plein les fouilles en exploitants les locaux dans des plantations d’hévéa (caoutchoucs) et autres arbres. Des arbres alignés à l’infini dans des plantations dont la plus grande fait à peu près la taille du département de Seine-Saint-Denis. (La plantation de Chup à côté de Kampong Chap où nous somme passés fait 22 000 hectares, soit 220 km2 contre 236 km2 pour la Seine-Saint-Denis, soit une plantation qui fait 2 fois la superficie de Paris !)

En ce qui concerne la plus grande et plus célèbre forêt du monde, l’Amazonie, quelles sont les causes de sa destruction galopante ? Ca m’étonnerait que ça soit pour faire des meubles de terrasse en bois exotique, non ?

Eh bien non : 91% de sa destruction est due à l’agriculture et en particulier l’élevage. (source: Steinfeld et al., 2006. FAO, Rome 2006)

figures déforestationDivers graphiques de sources différentes venant illustrer les causes de la déforestation en Amazonie

 

Si l’on voit mal des vaches brouter à côté du fleuve Amazone, c’est pourtant la création d’espaces pour cultiver du soja et en faire des tourteaux (nourriture à destination du « bétail » ainsi que la création d’espace de pâture qui sont les principales causes de la destruction de la forêt amazonienne. Environ la moitié du « bétail » français est nourri aux tourteaux de soja importés d’Amérique latine (on rajoute encore du transport, pas très green tout ça).

Image de déforestation au Brésil

Donc on massacre l’Amazonie à grands coups d’engins géants (coucou Avatar) pour nourrir des animaux classifiés par l’Homme tout puissant comme « bétail ». Puis de dézinguer ledit « bétail » pour le plaisir égoïste d’une partie des humain au détriment d’autres humains (la faim dans le monde tout ça).

Là vous vous dites elle déraille carrément la pauvre ! Mais réfléchissons un instant : si tout l’espace agricole actuel était utilisé pour produire de la nourriture DIRECTEMENT à destination des humain et non de la nourriture destiné à du bétail qui sera ensuite tué pour que certaines parties de son corps soient consommée. Le rapport se situe à 10 à 15kg d’aliments pour 1kg de viande de bœuf par exemple.

Moi perso avec 10 à 15kg d’aliments je peux me nourrir un bon moment !

Source : association PETA

De plus, la production de ces aliments à destination des animaux d’élevage contribue à la pollution des sols. Et ce via l’utilisation massive de pesticides, c’est à dire produits chimiques destinés à tuer herbes, insectes et autres formes de vies présentes sur et dans le sol. Déjà que post-déforestation niveau destruction de la vie (arbres, plantes, mammifères, oiseaux, insectes, reptiles etc.) il y avait du niveau.

 

Schéma : Émissions de gaz à effet de serre issues de l’élevage. Contribution respective de chaque étape du processuspollution élevage voyageur écologiste véganeSource : Elevage et Climat : Comprendre le problème, évaluer les solutions », Rapport scientifique de l’Association végétarienne de France

 

Et évidemment, l’élevage, cela a une emprunte carbone monstre. Il y a le transport :

  • des matières premières – nourriture des animaux d’élevage, souvent importée car moins chère,
  • des animaux jusqu’à leur destination finale, les usines à tuer des vaches, cochonous, lapinous, poulettes, agneaux trop mignons, chevaux de courses non performants et autre animaux classifiés « d’élevages »,
  • des morceaux d’animaux morts (ou « viande ») vers le vendeur du produit fini aka un morceau de viande monnayé.

 

Gaz à effets de serre, avion et viande

L’élevage serait responsable de l’émission de 18 à 51% (selon les études) des GAZ à EFFET DE SERRE globale causée par les activités humaines.

émission gaz effet de serre globale élévage voyageur écologiste

 

Ceux-là même (les gaz à effet de serre) que l’on veut réduire en ne prenant pas l’avion pour voyager par exemple.

Les gaz à effets de serres causés par les activités humaines venant des transports GLOBAUX en comparaison s’élèvent à 14%. (ça comprend donc les avions)

Source : EPA (Environmental Protection Agency) Global Greenhouse Gas Emissions DataSource : EPA (Environmental Protection Agency) Global Greenhouse Gas Emissions Data

Il y a donc là, selon mon interprétation, un sacré paradoxe.

Je vais encore rappeler quelques chiffres (je n’invente rien, je n’ai pas autant d’imagination) :

  • 70% de la surface agricole terrestre est utilisée pour la production d’aliments destinés aux animaux d’élevage (qui sont par la suite consommés par certains humains)
  • 1/3 de la récolte mondiale de céréales mondiale est destiné à l’alimentation des animaux d’élevage

Voici donc pourquoi je reste étonnée du fait que dans les article types « recommandations » d’articles de presse ou de blogs axé écolo/green, la consommation de produits d’origines animales ne soit pas déconseillée car

  • cela n’est pas éthique d’exploiter des animaux non humains et de décider de leur vie et mort à leur place
  • ce n’est pas éthique de priver une partie de la population mondiale de nourriture en préférant nourrir du bétail pour son plaisir gustatif plutôt que d’utiliser cette nourriture à destination d’autres humains.
  • ET c’est l’une des causes majeures de pollution de notre planète (gaz à effets de serre -CO2 et méthane-, pollution des sols, transports)

 

Il y a un an moi même je n’étais même pas au courant de tout cela. Le nez dans l’guidon, je regardais des documentaires etc, j’ai été élevée avec l’idée de préserver l’environnement, de « sauver la planète » tout en mangeant des steaks-purée et me rendant à l’école gratuite et obligatoire.

 

Mais désormais l’information est disponible, des études sont là, des bouches se délient, des articles s’écrivent sur internet et dans les journaux, les reportages commencent à gagner les écrans cathodiques, entres deux pubs jambon Herta et chaussée aux Moines.

Je recommande également encore et toujours l’excellent documentaire « cowspiracy » sur les impacts de l’élevage et de la consommation de produits animaux et ses solutions.

J’espère donc que désormais lorsque l’on se revendique voyageur responsable/ équitable/ green/ écolo/ placez-un-mot-clé-ici/, on préconise de ne pas consommer de viande autres produits d’origine animale qui sont finalement plus nocifs pour l’environnement et l’éthique que bien d’autres causes polluantes tels les transports.

Attention je ne dis pas non plus que pour être un voyageur écologiste, adopter une alimentation végétalienne est la solution ultime et qu’on peut par la suite faire du snorkeling à Bali avec des palmes longues et casser plein de coraux, se laver les cheveux avec son shampoing aux phosphates sous une cascade avant de faire un bon dodo dans son hôtel 5 étoiles qui lave trop de serviettes. Et bien sur quitter l’île en avion parce que bon je veux bien être green mais je n’ai pas 6 mois de congés donc je ne vais pas faire Marseille-Dempasar en bateau-stop, hein.

Valorisons un voyage plus « propre » ! Moins de pollution, moins de cruauté envers les animaux non-humains et les autres humains. Du voyage « cruelty-free », pour mettre une jolie étiquette.

Evidemment on peut également aller plus loin sur le plan éthique en informant sur l’inutilité des zoos et autres lieux de détentions d’animaux tels que les cirques, aquariums, parcs nautiques type Marineland qui prétextent des visées éducatives (lucratives), de divertissement (lucratives) ou encore de conservation de l’espèce (si on commençait par ne plus détruire leurs espaces naturels ?!).

On peut également recommander de ne pas se rendre dans ce genre de lieux, ni payer des activités types ballade à dos d’animaux sauvages genre éléphant, ou non sauvage genre âne en agonie, chameau maltraité, cheval rachitique tirant une charrette, etc.

 

Il est évident et prouvé scientifiquement que la consommation de viande et autres produits d’origine animale nuisent à l’environnement de façon très prononcée (plus que le secteur des transports). Alors pourquoi ignorer ce fait lors de l’écriture de recommandations dites écologiques ?

Etiez-vous déjà au courant de ce paradoxe ?

 


Sources :

  • « Elevage et Climat : Comprendre le problème, évaluer les solutions », Rapport scientifique de l’Association végétarienne de France, octobre 2015
    http://www.academia.edu/26740982/Elevage_et_Climat_Comprendre_le_probl%C3%A8me_%C3%A9valuer_les_solutions
  • « Sources of Greenhouse Gas Emissions », EPA (United State Environment Protection Agency),
    https://www3.epa.gov/climatechange/ghgemissions/global.html
  • « Les animaux d’élevage français gavés de soja OGM importé », novembre 2012, magazine l’Expension
    http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-animaux-d-elevage-francais-gaves-de-soja-ogm-importe_1383879.html
  • « Viandes: un arrière-goût de déforestation », octobre 2012, rapport du WWF
    http://www.wwf.fr/vous_informer/rapports_pdf_a_telecharger/forets/?1201/viande-soja-dforestation

 

Plus dans le thème du voyage :

  • je vous recommande le récit d’un voyage « écologique et sans argent » de la Haye aux Pays-Bas jusqu’au Mexique… voyageurs végétariens puis végétaliens bien sur dans un soucis de cohérence écologique 🙂

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Badrinath en argentique : regard sur les sommets himalayens

By 18 juillet 2016 Asie, Inde du nord, Photographie argentique

Je reste marquée par ma visite de Badrinath, village indien sacré situé sur un plateau à 3 500 d’altitude entourés de sommets himalayens, et à deux pas du Tibet interdit. Je partage aujourd’hui avec vous mes photos de Badrinath en argentique. J’ai capturé cette lumière, ces roches et cette immensité avec un plaisir infini… et du film Kodak Portra, l’un de mes favoris.

Si vous souhaitez (re)lire mon parcours pour arriver jusqu’à Badrinath depuis le sud de l’état de l’Uttarakhand en Inde du nord, c’est par ici.

Si vous voulez vous rincer l’œil sur des montagnes (ben quoi ?), restez-là et déroulez gaiement ! Je sais qu’il y a « trop » de photos mais à mes yeux c’est tellement splendide.

Jour 1 – arrivée en fin de journée à Badrinath

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La rivière, le pont, le village et le fameux temple.Badrinath argentique-6Détail de la rivière, sous les sources d’eau chaudeBadrinath argentique-3

Le temple, bannières au ventBadrinath argentique-4

Jour 2 – randonnée jusqu’au dernier village avant la frontière Tibétaine et une cascade sacrée

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Quittant Badrinath à piedsBadrinath argentique-8

Badrinath argentique-9 « Last indian village »…  le sens le la formule !Badrinath argentique-10

Dans les rues de ManasBadrinath argentique-15

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Badrinath argentique-14La vendeuse de pull-over

Potager montagnard

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Un homme spirituel indien (les deux photos sont prises par mon Barbu) et la Rainbow waterfallBadrinath argentique-21

Badrinath argentique-20Badrinath argentique-19 Badrinath argentique-22Nos yeux rêveurs se perdent dans cette eau d’un bleu glacier…

Et la grimpette commence sur un chemin de pierre, travail gargantuesque si proche des sommets.Badrinath argentique-23

Vent, soleil et lumière enchanteresse sur les glaciers et pentes herbeuses

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Cascade de glaceBadrinath argentique-26

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La cascade Vasudhara qui chute de 122 m.

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Au pied de la cascade, une nouvelle vallée s’ouvre sous nos yeux ébahis.

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Chapeau pointu turlututu

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Jour 3 – Montagne de Shiva et ballet aérien

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Ici les randonneurs ne portent pas de gore texBadrinath argentique-43

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Coucou toi !Badrinath argentique-45

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Avant de repartir, dernière visite au temple coloréBadrinath argentique-48

J’espère que ça vous a plu. En attendant, vive le grain, la chimie c41, aimez-vous les uns les autres et bonnes vacances !

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Devenir végane en voyageant (Why not coconut ?)

By 12 juin 2016 Végane en voyage

Attention article fleuve ! (et pas sur le Mekong, cette fois). J’ai eu envie d’écrire de plus en plus sur mon expérience en tant que végane en voyageant. On pourrait s’en fiche comme de l’an 40, oh, la meuf change un truc dans son alimentation et sa consommation et en fait tout un patakès. Mais pour moi c’est un sujet important qui m’est venu via l’information, et si je me suis fait discrète au début, j’ai désormais à cœur de partager cela.

J’ai commencé par à écrire sur ce sujet en parlant de nourriture parce que l’amour, l’air et l’eau fraiche c’est bien beau mais il faut bien s’alimenter. Et quand on arrive dans un pays étranger parfois on peut être un peu désemparé lorsqu’on ne mange pas comme la majorité de la population.

J’ai conscience que cet article est un peu décousu, il s’agit d’abord du fruit de mes réflexions et expériences, que j’ai envie de partager et communiquer. Je ne prétends en rien être parfaite.

OK, encore une végane, mais pourquoi cette idée saugrenue, c’est la mode ou quoi ?

Cela fait donc un bon moment que je suis passée de flexitarienne bobo parisienne à voyageuse végane aux fringues pleins de trous.

Avant de partir de Paris (aout 2015), j’achetais mes légumes et fruits à la Ruche qui dit oui, mon fromage à la fromagerie, et je me faisais des sandwiches végétaliens au boulot en tartinant du faux-mage type ail et fines herbes dans une baguette et en garnissant tout cela de plein de bonnes choses ou encore en m’achetant de délicieuses salades libanaises, loin de la salade « poulet-mayo-salade » à 8€ de Cyril Lignac (et vive les tickets resto hein).

J’avais décidé de consommer le moins de viande possible je pense en grande partie suite à ce documentaire d’arte sur les pesticides (« pesticides, L’équation sans solution « ) qui n’avait fait que confirmer ce que je pensais déjà sur le sujet, et les images des porcelets déformés m’avait vraiment marquées. C’est vraiment un documentaire indispensable je vous recommande vraiment son visionnage !

Puis en mars 2015, toujours sur arte « voyage au bout de la viande » notamment sur l’élevage de cochons en France, le « derrière Herta, Fleury Michon et Cie » et leurs publicités avec des enfants contents dedans qui croquent à pleine dents des tranches de jambon (sans pain en plus !). (En parlant de pub, n’hésitez pas à aller faire un tour sur l’excellente page Facebook « je suis une pub spéciste »).

Et puis aussi, je fréquentais beaucoup ma chère copine A. avec qui j’allais régulièrement m’occuper de mon grand poney (1m75 tout de même) en demi-pension. Et celle-ci étant végane et ayant une langue, nous parlions, beaucoup. Et il se trouve que j’étais en général bien d’accord et souvent déjà au courant des choses dont elle me parlait à propos du véganisme. Et c’est lors de mon voyage au long cours que je suis vraiment devenue végane.

(Pour les connaisseurs ou les titilleurs qui auraient envie de jouer à la « vegan police », il se trouve que nous passions plus de temps à nous occuper des canassons en question qu’à leur grimper dessus. L’un étant naviculaire et l’autre arthritique nos visites consistaient aux soins, à de copieuses gratouilles, des balades en main pour brouter car l’herbe est toujours plus verte chez les voisins et assez rarement des balades courtes au pas sur leurs dos. Les deux chevaux vivaient à ce moment là dans un grand pré avec abri dans le même troupeau, et étaient pieds nus –ça veut dire sans fers-, l’un en parage naturel)

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Donc pourquoi :

d’abord pour l’éthique et les animaux

en particulier ceux classés « bétail », que l’on a modelé à notre gout et exploité depuis des siècles avant de les massacrer après une vie de souffrance pour les bouffer. Alors que l’on peut très bien se nourrir de végétaux (sauf si on habite sur la banquise) (et encore les boites de conserves ça existe).

Et parce qui a dit que l’homme était some how SUPERIEUR aux animaux ? Déjà « l’Homme » vit avec l’idée qu’il est supérieur à la Femme, l’Homme blanc occidental qu’il est supérieur au reste du monde, donc les animaux ? Bah oui ça va de soi, ce sont des sous-tout, en plus contrairement aux anciens esclaves, ils ne nous ressemblent pas et ne parlent pas. Alors OSEF.

Si vous trouvez cela absurde, l’anti-spécisme, tout comme l’anti-rascisme et l’anti-machisme (ou féminisme) existent.

Plus sérieusement, en termes d’éthique, je vous invite à lire les articles suivants, qui m’ont beaucoup inspirée (tirés des cahiers antispécistes):

Vous pouvez les télécharger en PDF pour plus de confort de lecture, moi je les lisais sur mon smartphone dans les transports en voyage. Il y a encore plus de ressources gratuites si vous souhaitez aller plus loin : tous les numéros des cahiers antispécistes depuis 1991.

Illustration par Insolente veggie

ensuite pour les autres êtres humains

qui ne peuvent manger à leur faim (Antigone xxi explique cela bien). Je ne vais donc pas écrire un pavé dessus.

pour la planète

qui est abimée à grand feu par les industries et autres activités humaines significatives.

Oui ce n’est pas en coupant ton robinet pendant que tu te brosses les dents que tu sauveras la planète, sorry Nicolas Hulot et ton « écologisme mou », va falloir militer avec des vraies solutions maintenant. J’ai emprunté cette expression au journaliste Aymeric Caron, qui dit sur l’écologie « molle » de Nicolas Hulot : « Cette approche est vouée à l’échec en ce qu’elle accompagne le système libéral dominant qui est ultra-productiviste et, en tous points, opposé à l’écologie. Je suis convaincu que l’écologie ne peut être que de gauche, c’est-à-dire interroger profondément les bases de notre civilisation » et « Il (Nicolas Hulot) propose d’atténuer les conséquences les plus graves générées par le système, plutôt que de le reconstruire entièrement: essayons de polluer un peu moins, de prendre davantage le train, de ne pas trop exploiter les ressources naturelles… C’est l’écologie de la «bonne volonté».« 

Et ça je suis bien d’accord. Le reste de l’interview sur le Nouvel Obs.

L’élevage d’animaux pour la viande produit 18% des gaz à effet de serre et est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie (ces chiffres viennent du FAO et de l’ONU).

Le documentaire Cowspiracy, une recherche des causes du réchauffement climatique retrace cela très bien : http://watchdocumentaries.com/cowspiracy-the-sustainability-secret/

Ainsi que cet autre article de Antigone XXI

et en dernier, pour la santé

la consommation de viande et produits laitiers n’apporte rien à la santé, on peut vivre très bien, être sportif-ou pas- en étant végétalien, et les protéines végétales suffisent et on en trouve dans une grande variété d’aliments. (Pourquoi cette obsession ? Alors qu’en général les occidentaux consomment plus de protéines que nécessaire…).

Vous pouvez consulter le guide du végétarien débutant (et végétalien) de l’Association Végétarienne de France qui explique comment avoir une alimentation équilibrée (sachant qu’en tant qu’omni je n’avais pas forcément une alimentation « équilibrée » à base de je mange des sandwiches le midi au boulot et des tartines de fromage le soir…)

Sinon c’est cadeau, cette vidéo sur la nutrition qui dure 25 mn « Manger des produits animaux, une nécessité ? » où l’expert Docteur Bernard-Pellet (qui est médecin, a un diplôme en nutrition et en sciences, et s’est spécialisé dans la nutrition végétarienne et végétalienne en étudiant les 3 000 études scientifiques publiées sur le sujet) répond point par point aux interrogations.

Mais revenons au voyage.

 

Avant de partir

Avant de partir, j’avais donc eu un déclic et je ne mangeais quasiment plus de viande… mais encore du fromage, notamment lors de mon passage de deux semaines chez ma chère Moman qui cuisine très bien et qui a toujours des blocs de Comté et de Morbier dans le frigo ainsi que des pots de Cancoillote. Et oui, en Franche-Comté, c’est un peu comme cela chez tout le monde ! Les produits proviennent directement de la fromagerie du village qui récolte le lait des fermes aux alentours, fabrique et vend le fromage après affinage dans une cave. Leur prix est compétitif et tout le monde se complait à dire que le comté de sa fromagerie est meilleur que celui du village d’à côté, et les vision de vaches montbéliardes paissant dans les verdoyantes prairies franc-comtoise est plus que courante.

végane en voyageant

Oui il ne s’agit pas ic des vaches « à lait » montbéliardes mais des vaches « à viande », les voisines de ma mère.

 

(attention, pavé sur le lait)

 

Prérequis : pour qu’un mammifère femelle donne du lait, elle doit donner naissance à un petit.

Mais on ne voit jamais les vaches et veaux dans le même pré, pourtant, si elles ont les mamelles si gonflées et qu’elles donnent du lait, c’est pour leur progéniture normalement ? Pas pour des grands gaillards sevrés, non ?

L’être humain est le seul mammifère qui consomme du lait après sevrage… et d’une autre espèce que la sienne qui plus-est (il est également le seul mammifère connu à faire cela, sauf dans des cas rares d’adoptions inter-espèces…. mais je n’ai jamais vu une vache adopter un bébé humain).

Le lait maternel sert à la croissance du petit de la mère, il est adapté à sa propre espèce et n’est pas nécessaire à la vie de l’adulte. Contrairement aux croyances, il n’apporte pas de calcium « indispensable ». En fait le calcium peut-être apporté par des végétaux, et sa fixation est améliorée par l’exposition au soleil (vitamine D) et l’exercice physique. Pas le lait d’une autre espèce. D’ailleurs il a été démontré que le principal responsable des problèmes osseux type ostéoporose était la forte consommation de produits d’origine animale, dont le lait.

Les études scientifiques ont montré que la consommation de lait n’était pas indispensable ni spécialement bonne pour la santé. Cet article paru sur lemonde.fr est une bonne source d’information sur ces questions.

Les recommandations du « Plan National Nutrition santé » (PNNS) de l’état français lancé en 2001 continuer de recommander la consommation quotidienne de produits laitiers alors que cela est contredit par la littérature médicale internationale. On se doute un peu qu’ils ont été conseillés par les lobbies du lait, financés par les grands industriels du secteurs pour défendre leurs intérêts financiers. Je vous indique deux articles sur le sujet « Enquête sur les cartels du lait » paru en février 2016 ainsi qu’un article de blog sur « les biais du PNNS ».

Vous savez ceux qui vous ont mis le slogan dans la tête via leur pub télé atroce à base de vache géante en train d’éjaculer du lait sur des squelettes en 3D qui courent dans les champs (POURQUOI ?).

Et oui, quand il y a de l’argent (facile) sous le tapis. Oui, il est « facile » d’exploiter des êtres vivants pour leur voler leur lait, après tout les vaches ne crient que trois jours quand on leur arrache leur petit, puis finissent par se résigner des inséminations forcées annuelles, grossesses puis traites bi-hebdomadaires avant de se faire réformer, doux terme qui signifie devoir monter dans un camion avec ses congénères, toutes aussi ravies les unes que les autres pour se retrouver dans les murs sereins d’un abattoir où leur vie d’esclave de l’homme d’achèvera. Ah les vaches, qu’elles sont mignonnes !

Et le métier d’agriculteur, c’est tellement valorisant de nos jours. Produire à perte, tout ça.

Ah mais suis-je bête, ils ne sont pas si heureux que ça les éleveurs, sinon la 3ème cause de mortalité de la profession ne serait pas le suicide (autre article). Si? (C’est peut-être un raccourci, mais ça vaut le coup d’y penser).

C’est dommage qu’à l’école on ne leur enseigne pas la permaculture et on ne les conseille pas de lancer des petites exploitations comme des micro-fermes bien plus rentables que leurs gigantesques fermes criblées de dettes et subventionnées par des fonds publics. :/

Revenons en aux vaches des prés franc-comtois. Parfois il y a des champs de génisses (vaches adolescentes femelles) mais pas de mâles. Oùkisont ?

Ah oui, les veaux mâles, ils sont dans les niches ! Dans lesquelles il passeront les 8 premières semaines de leur vie , sans leur maman (sympa ta crèche) et seront abattus avant leurs deux ans (une vache vit normalement entre 15 à 20 ans)… Ils sont alors alimentés de lait entier pour les chanceux sinon c’est lait en poudre pauvre en fer afin qu’ils soient volontairement anémiés. Je suis bien au courant pour avoir nourri les veaux au bib’ après l’école lorsque j’étais à l’école primaire, dans la ferme en bas de chez moi. Bah oui, ils étaient « trop mignons » les petits veaux. J’ai même assisté à une naissance une fois, avec les crochets pour tirer ce n’était pas très délicat.

Et pourquoi qu’on les anémie les veaux ? Et bien parce que le consommateur aime bien la viande blanche. Souvent elle est conseillée dans les régimes, et puis avec l’OMS qui a déclaré que la viande rouge peut-être cancérigène du coup elle est moins recommandée. Mais faut bien vendre son bifsteak, hein ? $$$

 

La transition

Pour moi, ça s’est fait lors du voyage, après le Kirghzistan/Tadjikistan (sinon je n’aurais vraiment pas eu grand chose à manger là-bas, j’en parle dans cet article du « régime Kirghize ». #Koumys).

Arrivée à New-Delhi en Inde, fini les potages avec de la viande qui flotte dedans que je refilait au Barbu.

En Inde il est extrêmement simple de manger végétarien (en plus c’est délicieux mais vraiment beaucoup) car la majorité de la population est hindou (même si certains hindous en consomment parfois de temps à autre mais après ils vont au temple se faire pardonner par leur dieu préféré – ah les religions…), mais il y a aussi les Jains qui eux sont « pure veg » ça veut dire qu’ils ne consomment pas non plus d’œuf (mais parfois du lait quand même parce que la vache sacrée tout ça-vache pas si sacrée que ça car l’Inde est devenu l’un des premiers exportateur de viande bovine). Donc au final, être végétalien là bas ce n’est pas si simple que l’on croit, mais quand même énormément plus facile qu’au Kirghizistan. Je parle de mon expérience de mangeuse végétalienne en Inde dans cet article.

Pour revenir à la « transition » donc, il n’y en a pas eu. J’ai simplement arrêté de consommer viande, produits laitiers et œufs.

 

Aujourd’hui

Aujourd’hui, plus de 9 mois après les pays en « stan » donc, je me porte très bien, la viande et le fromage ne me manquent pas le moins du monde (Ok il m’arrive de penser à ma réaction devant un bout de morbier parfois, ah drogue caséine, quand tu nous tiens).

Mais par contre, comme je ne suis pas en France et qu’il n’y a pas de magasins spécialisés au Laos-Cambodge, je consommais un peu d’œuf* de temps à autre, car je ne peux pas me supplémentaire en vitamine B12, la seule carence qui puisse être apportée spécifiquement par un régime végétalien (pour le reste, les carences c’est comme les omnivores, il peut en avoir dans le cas d’une alimentation non équilibrée ou d’une maladie). En France il existe des boissons végétales (amande, noisette, soja etc) et autrs aliments transformés enrichis en B12 ou alors des compléments alimentaires sous forme de gélules. Je ne suis pas parvenue à en trouver au Laos et Cambodge, je vais donc essayer à Ho Chi Minh Ville, deuxième ville vietnamienne. Il y a des magasins bio là bas ou peut être en pharmacie, les infrastructures médicales y sont meilleures.

Apprendre à cuisiner végane en voyageant

Un point que j’aimerai soulever, maintenant que j’ai repris une vie un peu moins « nomade » (je squatte l’appartement de potes à HCMC depuis deux semaines) et que j’ai une cuisine sous la main, je me rends compte de la richesse d’inspirations cuisine que le voyage m’a apporté. De base, je n’aime pas trop faire à manger car j’ai toujours peur de rater. OK je faisais des pâtes bolognaise maison pour 6 quand j’étais jeune et je suis la pro des soupes aux légumes l’hiver parce que j’aime bien jouer avec le mixeur plongeur mais ça s’arrête là.

Mais lors de mon volontariat en Inde du Nord, Deepu nous faisait tellement bien à manger tous les jours, de la nourriture végétalienne avec une diversité et une facilité déconcertante que j’en ai pris de la graine.

Lors de mon volontariat au Népal dans une ferme de permaculture, si en arrivant je grommelais à Etienne « il me foutrons pas en cuisine sous prétexte que je suis une gonzesse ya pas moyen, moi je veux piocher! »…. et bien très vite quand il y a besoin d’un coup de main, et bien on le donne. Je me suis retrouvée à éplucher de l’ail pour 15 personnes pendant des heures, puis à faire des chili-galic paste, puis des pates cumin-gingembre, puis à popoter des curries… j’ai beaucoup appris. De la simplicité, des épices, des légumes frais du jardin en grande diversité et selon  la saison et roulez jeunesse !

Et en goutant la cuisine asiatique, observant les différents ingrédients sur les marchés et me régalant, j’ai appris un peu sur le tas les rudiments de la cuisine vietnamienne, et thaïe.

Donc du coup, en partant de toutes ces nouvelles bases, des ingrédients que je peux trouver ici, au Vietnam et l’aide de quelques recettes trouvées sur internet que je mixe à ma sauce… je cuisine ! Et j’aime bien (enfin j’aime surtout bien manger, faut pas pousser mémé dans les orties hein).

Je me rends compte à quel point la cuisine et la gastronomie française sont si peu adaptées à une alimentation végétale (et vla du beurre, de la barbaque etc.) (à part les poireaux vinaigrette peut-être ?), et si peu équilibrée au niveau de la santé comparé à ce que l’on peut trouver en Asie, où c’est beaucoup plus axé sur la verdure (même si ici ils adooorent la viande, les petites saucisses, les barbecue de rue, etc).

Et étant lié au fait que la culture prédominante en Asie soit bouddhiste, le végétarisme/lisme est beaucoup mieux accepté et compris ici, il y a des resto végétariens/liens au Vietnam (Chay) dans toutes les villes et des options végé dans les menus.

Quelques exemples de ce que j’ai bricolé ces derniers temps :

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Ne pas financer des activités touristiques impliquant les animaux

Une autre prise de conscience qui vient avec le véganisme est celle de l’exploitation des animaux, sous toutes ses formes. Donc on n’achète plus de cuir ni fourrure (si vous souhaitez vous renseigner, l’association Peta est une bonne source)… mais on ne participe pas non plus à l’exploitation des animaux dans un but touristique. Surtout si l’on voyage dans des pays « exotiques ».

J’évite donc des activités telles que les balades en éléphant (systématiquement maltraités pour être dressés), le fameux « temple des tigres » où ceux-ci sont drogués et où les moines font du trafic d’animaux sauvages (il a été fermé il y a quelques jours en juin 2016 hurra !), ne pas visiter de zoo (j’ai un article à venir là-dessus), et également éviter les ballades à cheval ou en âne, surtout si vous voyez que l’état des animaux est déplorable (je pense notamment aux ânes en Grèce à Santorin ou des calèches avec des chevaux rachitiques et blessés attelés en Inde). Par contre partir observer des animaux sauvages dans des réserves naturelles, ça oui ! Ou pourquoi pas aller dans des refuges qui sauvent et réhabilitent des éléphants jadis captifs et exploités, pourquoi pas !
(Et oui je suis montée à cheval au Kirghizistan, si vous souhaitez en discuter n’hésitez pas).

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Des rangers à dos d’éléphant au parc naturel de Bardia au Népal

 

N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cet article, comme vous avez pu le constater si vous êtes curieux, cela fait quelques temps que l’onglet « végane en voyage » est venu se greffer sur mon site, avec pour le moment des articles sur « manger végane en Inde » et « manger végane à Hanoi ». Je compté écrire un article sur manger végane en Asie du Sud-Est prochainement avec quelques astuces !

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Sud du Myanmar : Myeik le repaire des pirates !

By 9 juin 2016 Carnets de Voyage, Myanmar

Le sud de la Birmanie est encore peu développé touristiquement. Bande verticale de terre collée à la Thaïlande, elle fait face à la mer d’Andaman. Dernier bastion avant les terres thaïlandaises, la cité de Myeik aussi appelée Mergui a jadis a appartenu au Royaume de Siam (Thailande actuelle) et était un port important et haut lieu de contrebande depuis le XVIIIe siècle. Si c’est aujourd’hui un port de pèche et une ville tranquille, les pirates sévissaient autrefois dans l’archipel d’îles paradisiaques situés en mer d’Andaman juste en face de la ville.

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De nos jours, l’économie s’articule entre la pêche, les plantations de noix de coco, de caoutchouc (mais aussi de palmiers à palme tout au sud proche de la frontière avec la Thaïlande), des usines de pâte de crevette (ce truc qui a une odeur immonde, oui oui), de fermes à perles d’huîtres et plus étrange de la collecte de nids d’oiseaux mangeables. Oui c’est très étrange, d’ailleurs vous auriez vu ma tête la première fois que j’ai vue une boisson à base de « edible bird nest » au supermarché ! Bref, l’économie locale se base pas mal sur l’exploitation des animaux comme vous pouvez le constater, donc même si c’est chouette et hors des sentiers battus, peut-être qu’un peu de tourisme (responsable on s’entend) ne ferai pas de mal à l’économie locale ! (si ça peut les occuper à autre chose qu’à tuer des poissons ou enquiquiner des oiseaux).

Coupé du monde par le régime militaire birman depuis 1940, cet archipel somptueux ne s’est ouvert au tourisme qu’en 1997 et il reste encore difficile d’accès si l’on a pas un porte monnaie bien garni. Pourquoi ? En partie car les bateaux qui veulent transporter des étranger à des fins touristiques doivent s’acquitter de lourdes taxes du gouvernement directement dans le port. Pour l’instant il n’y a pas de logement touristique sur les îles à part un seul hôtel de luxe, donc on peut y faire des « day tour » en bateau en partant de Myeik.

Nous y sommes arrivés à la suite d’une nuit de bus depuis Dawei, où nous étions partis à la découverte des plages sauvages aux environs. Arrivés au parking, un coup de taxi-scooter pour le « White Pearl Guesthouse » (rien que le nom ça fait pirate des Caraïbes :D), très bien situé non loin du front de mer et d’une pagode.

On se joins à plusieurs voyageurs de notre guesthouse pour aller déjeuner et boire une bière : il y a une espagnole, une suisse allemande, deux suisses romans, deux autres français. Et comme l’union fait la force, Nora, l’espagnole qui est à Myeik depuis quelques jours et a donc des contacts birman, essaye désespérément d’organiser un « day trip » en bateau sur les îles qui ne coûte pas un bras… c’est notre aubaine on saute donc sur l’occasion !

En fin d’après-midi, nous décidons d’aller faire un tour le long du front de mer, et chercher un supermarché pour m’acheter un parapluie, arme ultime ici contre le soleil !

Le front de mer, de jourMyanmar birmanie Myeik

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Et on a le droit à un coucher de soleil mémorable sur les îles de l’archipel !

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Suite à ce spectacle, on va se régaler de bon plats dans les stands de rue avec les tables et chaises en plastique, le long du port. Pour moi qui suis végane, en Birmanie il y a un mot magique : « thatalo » ! Cela veut dire en gros que aucune vie n’a été ôtée pour préparer ce plat, donc sans viande, ni poisson.

Le matin, on se lève à l’aurore (hohoho) pour prendre le bateau avec notre équipée !

Myanmar birmanie-26 Myeik se réveilleMyanmar birmanie-27

Il y en a pour qui c’est dur…Myanmar birmanie-25 Souquez les artémuses, il faut sortir du port !Myanmar birmanie-23 Les magnifiques bateaux de pêcheursMyanmar birmanie-24

à bord de notre bateau bleu le soleil tape sur le pont il est temps de se protégerMyanmar birmanie-22

Le cuisinier s’active en basMyanmar birmanie-20 En haut, ça se (dé)hydrate !Myanmar birmanie-12

Myanmar birmanie-13Ou pique un petit sommeMyanmar birmanie-14

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Myanmar birmanie-16 Variations de bleuMyanmar birmanie-18

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Myanmar birmanie-3On jette l’ancre !Myanmar birmanie-4 Photos gopro de Chile, l’une des passagèresMyanmar birmanie-8

C’est parti, on nage jusqu’à l’îleMyanmar birmanie-6

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Des plages paradisiaquesFB_IMG_1460597505122

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La joyeuse équipée !FB_IMG_1460597511735

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Une petite criqueMyanmar birmanie-5

Et c’est déjà l’heure de retourner au portMyanmar birmanie-2 Sous les nuagesMyanmar birmanie-1

Un peu avant d’accoster, notre équipage birman nous en fait une belle : toute la journée on a rassemblé les déchets dans des gros sacs plastiques, et le soir, alors qu’on range le bateau, un birman prend les sacs plastiques et commence à les balancer par dessus bord dans la mer ! On s’exclame et essayons de lui expliquer qu’il ne faut pas faire ça, qu’en plus d’être nuisible pour l’environnement (ça apparemment il n’est pas sensibilisé) c’est aussi nuisible pour le tourisme, qu’il essaye lui même de développer…

Notre découverte de l’archipel s’achève, nous n’auront fait qu’un petit saut au Myanmar, néanmoins très prometteur, il me tarde de pouvoir retourner dans ce chouette pays ! On embarque dans un bus de nuit direction l’extrême pointe sud du pays afin de passer la frontière côté Thai à Ranong…. pour retrouver nos copains sur l’île de Koh Phayam. On aura eu la chance de se voir accorder un visa de 30 jours au lieu des 15 habituels au frontières terrestres thaïlandaises, une aubaine pour nous !

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Argentique : ballade dans la vallée du Dessoubre

By 2 juin 2016 France, Photographie argentique

Rembobinage ! On fait une pause sur les carnets de route de Bécane et Pétrolette, et revenons dans le temps, il y a 10 mois précisément, juste avant notre départ. J’ai bien sur réservé du temps auprès de ma smalla dans le cocon franc-comtois de ma mère. Et lors d’une ballade à pieds dans la vallée du Dessoubre, une jolie rivière locale, j’ai emmené avec mon mon télémétrique Ricoh. 10 mois plus tard, donc, joli voyage qu’à fait cette pellicule puis-ce que c’est au Vietnam qu’elle a été développée !

En images, c’est parti pour la ballade.

avant de partir, un portrait de la glorieuse jardinière et de ses deux énormes courgettes !dessoubre argentique-1 Mes deux coéquipiersdessoubre argentique-2En route mauvaise super troupe !dessoubre argentique-3

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dessoubre argentique-5 Un fameux clochers comtois se cache dans cette verduredessoubre argentique-7

Et voilà, la jolie rivière Dessoubre. Pas compliqué, il suffisait de descendre (le concept même d’une vallée :D)

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Mais il est d »jà l’heure de remonter, ça va tirer dans les mollets…dessoubre argentique-13

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En bonus, notre plouf dans la rivière:

Plouf ! Le tarzan comtois. #dessoubre #franchecomté #doubs

Une vidéo publiée par RORYYYY (@roryofroom) le

Infos pratiques :

La vallée du Dessoubre s’étend sur 33 km, véritable havre de calme et de verdure, elle est propice pour faire des ballades pédestres ou équestres, pêcher, se baigner dans la rivière en été…
La rivière prend sa source au Cirque de Consolation. Là on peut visiter l’ancien séminaire et marcher jusqu’à la cascade mais aussi s’élancer du haut du cirque en tyrolienne sur 500 m de longueur (et 135m de hauteur) !

Le long de la rivière dans la vallée vous pouvez partir à la découverte des jolis villages de Rosureux ou encore Vauclotte, et suivre la rivière sur ses 33 km jusqu’à Saint-Hippolyte où elle se jette dans le Doubs ou prendre de la hauteur sur la vallée au creux des Hautes-Roches par exemple !

Si l’envie vous prend de découvrir cette vallée au rythme des sabots, les centres équestres la Cravache à Maîche ainsi que celui de la Montnoirotte à Crosey le Petit proposent des randonnées équestres de trois jours dans le Dessoubre, vous pouvez les contacter directement pour plus d’informations.

Une dernière image pour la route :

Le Dessoubre ! #franchecomté #doubs #bucolique #homesweethome

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Bécane et Pétrolette #7 : De retour sur la route… direction Vietnam !

By 13 mai 2016 Bécane et Pétrolette, Carnets de Voyage, Laos, Vietnam

Deux semaines à se la couler douce dans la délicieuse île de Don Det sur le Mekong… mais pendant ce temps, le visa file ! Il faut bien reprendre la route, et pour la première fois nous aller rebrousser chemin et plutôt que d’aller au Cambodge comme prévu, nous partons faire un tour au « sud du centre » du Vietnam. Pourquoi ce revirement ? Tout simplement car il n’y a qu’une seule frontière entre le Laos et le Cambodge, et qu’il n’est pas possible de la traverser avec les motos, pour cela il faut un papier qui s’obtient à la capitale cambodgienne… ou alors les faire passer en douce. Ca nous a donc donné une excellente raison pour retourner au Vietnam et découvrir une autre région.

J18 – Dimanche 17 avril : C’est reparti ! De Don Det à Paksé (145 km)

Bon il faut bien quitter Don Det un jour… notre visa expire dans trois jours, il est tant ! Nous profitons de la présence de notre ami Romano, venu nous rejoindre sur l’île la veille de notre dernier jour pour une ultime baignade dans notre petit spot, puis noodle soup, ferry, ligne droite. C’est bel et bien reparti !

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Le soleil cogne d’une puissance inouïe, à tel point que je prends un coup de soleil à travers la chemise, et sur les mains malgré les couches de crème. Bon d’un côté on est partis à midi, c’était à prévoir. Je m’improvise donc des protections dignes de ce nom à une station essence : des gants à partir de chaussettes trouées, je remet la veste militaire malgré les plus de 40°C environnants, et m’enrubanne dans le foulard tel un taliban. Rien ne doit dépasser !

Une vidéo publiée par RORYYYY (@roryofroom) le

Ainsi parée, nous déroulons la ligne droite. En fin de journée, il ne nous reste plus qu’une vingtaine de kilomètres à parcourir lorsqu’un immense troupeau de vaches traverse la route. Cela arrive souvent, mais là le troupeau était vraiment gros, impossible de zigzaguer entre les vaches. Freinage d’urgence, Bécane fait un peu la gueule (les freins ce ne sont pas son fort) et quelques mètres après je vois le Barbu et Pétrolette arrêtés au bord de la route.

« c’est mon cale pied qui a perdu le plastique là ? ». Il me montre une tige métallique qui dépasse du milieu de sa mobylette. Heu ben non, il est là ton cale pied. Donc il y a une tige qui sort du milieu de son scoot. Il me dit qu’il a l’impression qu’elle va se casser en deux. Visiblement elle non plus n’a pas apprécié le freinage. Et il a des soucis d’embrayage.

Je pars en éclaireuse trouver un garage, il va devoir pousser un moment le coco, il y a du chemin. On arrive donc au garage, le garagiste rentre la tige : apparemment le boulon qui la retient de l’autre côté s’est fait la malle. Il teste tous les boulons de sa caisse à outils, se fait embêter par deux poivrots encore perchés de la semaine de festivités de nouvel an, un troupeau de vache apparaît au loin, comme pour nous narguer de la situation. Comme il n’a pas de boulon adéquat, il bricole un truc avec deux boulons de tailles différentes, ça tiendra jusqu’à Paksé, mais ça veut dire qu’il va falloir qu’on dorme en ville. Demain matin, garagiste !
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Nous trouvons une petite guesthouse au bord de la rivière, et alors que je cherche la patronne, qui vois-je attablés sur la terrasse ? Notre petite bande de joyeux punks à motos avec qui nous avons fêté nouvel an à Don Det ! On remet donc ça, une dernière fois.

 

J19 – Lundi 18 avril : de Paksé à Attapeu et une surprise très humide (157 km)

De bon matin, garagiste et gueule de bois (ne font pas bon ménage). Le mec change la tige de Pétrolette, mais pour l’embrayage il ne semble pas motivé, il dit que ça tiendra. Donc on se calle une noodle soup derrière l’oreille et reprenons la route qui traverse le plateau des Bolavens jusqu’à Attapeu : 167 km en tout, une sacré étape (qui grimpe) nous attend.

La bonne nouvelle c’est que l’écrasant soleil se calme un peu à mesure que nous prenons de l’altitude, l’air est plus frais, c’est super agréable. Mais alors que nous arrivons à Paksong, après avoir du doubler des jeeps, camionnettes et un bus dans un faux plat (DUR), on ne sais pas ce qui nous arrive mais on se prend une drache ultra violente sur le bec. Aux abris ! Nous nous réfugions de ce déluge dans une banque en construction. On attend… mais ça ne se calme pas vraiment. Une bonne demi-heure plus tard, nous sautons sur nos véhicule alors qu’une éclaircie pointe le bout de ses rayons, et fonçons sur la route d’Attapeu.

ça mouille !P_20160418_113001

Il pleut toujours un peu, et nous traversons des nuages de vapeur causés par la pluie froide sur le bitume brulant, plutôt amusant. La pluie finit par cesser et nous faisons une pause repas dans un bled. Alors que nous engloutissons nos dernières cuillères de bouillon le vent se lève très, très fort et fait claquer les bâches, s’envoler la poussière et courir les poules.

Il est temps de décamper, l’orage nous rattrape !

On roule quelques kilomètres et vlof, un rideau d’eau commence à s’abattre sur nous, on se met à l’abri sous une devanture de boutique, le patron met nos scooters dans son garage et on regarde ébahis la nature se déchainer. Le vent arrache une pancarte et une mamie un peu zinzin avance en vélo contre le vent, complètement rincée, avant qu’une bourrasque ne la renverse. J’envoie le Barbu à sa rescousse, il la relève et met son vélo à l’abri mais elle préfère danser sous la pluie. Il a du sortir une minute trente et tous ses vêtements sont imbibés d’eau. Puis le soleil revient, le vent continue sa route et les habitants sortent de chez eux l’ai un peu étonnés. On ne demande pas notre reste et reprenons la route… jusqu’à ce qu’on rattrape la tempête et devons à nouveau nous abriter. Après plusieurs de ces épisodes et une route absolument magnifique, nous arrivons en fin d’après-midi à Attapeu.

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On est KO donc on ne sortira pas la tente ce soir non plus, on se prend un hôtel. Après tout c’était deux grosses étapes d’affilée, plus le cagnard de la veille et les tempêtes du jour, ainsi que le fait de conduire non stop après deux semaines d’activité toute relative.

Demain, la frontière, demain, on quitte le Laos où nous avons passé au total un mois et demi, un pays et ses habitants qui nous auront totalement laissés sous le charme.

 

J20 – Mardi 19 avril : d’Attrapeu à Dak To au Vietnam : border crossing ! (153 km)

Il faut bien partir, et je ne suis pas réveillée mais alors pas du tout. Heureusement la charmante route, ses paysages et jolis virages qui offrent une conduite rigolote sauront me remettre les yeux en face des trous.

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Je vous laisse le « cadrage scooter », vous voici en immersion ! (mon compteur de vitesse est cassé, hein)J 19 vers la frontière-9

Les petites bornes qu’on aime !J 19 vers la frontière-8

J 19 vers la frontière-7 Les freins à la rescousse !J 19 vers la frontière-6

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Après une bonne centaine de kilomètres et un ultime col à grimper, nous arrivons dans le monde étrange des frontières. Les communistes ont le chic pour faire des bâtiments et infrastructures démesurés, et on peut le constater effectivement aussi ici où des routes extra-larges aux abords plantés symétriquement et trottoirs peints de rouge et blanc mènent aux immenses bâtiments des douaniers… évidemment, il n’y a pas foule.

Cette fois, nous arrivons hors pause déjeuner donc pas d’attente, mais au moment de faire tamponner notre passeport pour sortir du Laos, le douanier nous dit qu’on est en retard d’un jour… Oups ! Pourtant j’étais persuadée que c’était bien le 19, j’ai compté les 30 jours plein de fois sur mon calendrier. Mais pas vérifié mon passeport ! Et lorsque on connaît mes impressionnantes capacités de calcul, pourtant… 😀

Mais on se la joue « on ne savait pas monsieur le douanier ! Quoi 10$ par jour l’overstay ? S’il vous plait… on est idiots ! ». On a eu le droit au ça passe pour cette fois, vous ferez attention à l’avenir et hop, un tampon. On a eu de la chance.

Quand aux motos, rien à faire à la douane, car elles sortent le territoire donc basically, il s’en tamponnent le coquillart.

Re-équipement communiste surdimensionné entre les deux frontières, au milieu de la montagne / nul par puis la douane viet, tout va comme sur des roulettes, on a le droit à nos 15 jours gratuits, pour les motos on leur donne le papier de la douane que l’on nous avait donné à notre sortie du territoire vietnamien, l’agent des douane jette vaguement un œil au loin sur les véhicules et nous dit que c’est bon.

Et voilà, il fait beau, tout va bien, on est au Vietnam !

En plus, nous pouvons constater que cette région des « hauts plateau du sud du centre » (oui oui) est très jolie et vallonnée. Evidemment, tout est cultivé, beaucoup de café et d’arbres mais le paysage n’est pas défiguré, au contraire. Une sorte de vignoble caféiné.

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Nous faisons une pause à la première ville que nous rencontrons afin de manger un bout, des mamies vietnamiennes nous accueillent comme le messie et nous servent tout un tas de plats. Moi j’ai toujours mon « chay » (végétarien) écrit sur le téléphone à leur montrer puisqu’ils ne comprennent jamais quand je le prononce (pourtant j’ai essayé tout un tas de prononciations). Et c’est facile, dès que je leur montre le mot leur visage s’éclaire et ils me préparent toujours quelque chose de sympa.

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Une fois repu, nous faisons une nouvelle fois part de nos talents en langue vietnamienne pour leur demander un « gara » (garage) pour la Pétrolette qui depuis sa rencontre bovine n’est pas au top de sa forme : l’embrayage a bien du mal dans les montées.

Donc pause garage, la bête se fait déshabiller en règle, elle saigne de l’huile souillée et le verdict tombe : les crans de l’embrayage sont foutus donc nouveaux crans. Le garagiste s’active, remonte le tout… un petit test et il y a toujours un soucis, mais qui vient de l’autre côté. Le côté que le Barbu avait flingué, qui s’était vu pourvoir d’un alternateur tout neuf. Mais si la garagiste avait mis des bobines neuves, il n’avait pas jeté un œil au contenant : un morceau est tour rippé, ce qui doit provoquer tous ces bruits ingrats.

Stip tease du côté droit, nouvelle pièce et la belle ronronne comme un matou satisfait ! Le garagiste aura passé deux bonnes heures sur Pétrolette plus deux nouvelles pièces, forcément la note est salée : 24€ y seront passés, mais elle est comme neuve.

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Sur ce la nuit tombe sur les collines, nous devons trouver un coin tranquille pour camper. On prend la route, faisons quelques emplettes et nous trouvons une sorte de carrière abandonnée avec vue saisissante. Ca fera l’affaire !

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à la semaine prochaine pour la suite des aventures vietnamiennes !

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Bécane et Pétrolette #6 : langueur laotienne à Don Det

By 6 mai 2016 Bécane et Pétrolette, Carnets de Voyage, Laos

Dans l’épisode #5 nous tracions vers le sud du Laos, et nous voici arrivés à Don Det, une île fluviale du Mékong au lieu dit des 4 000 îles, là où le Mékong se sépare en multiple bras.

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C’était notre maison pendant deux semaines, rompant le rythme de notre road-trip Bécane & Pétrolette. Elles auront bien roulé sur l’île (enfin surtout la mienne)… mais sans les sacs, et avec passager s’il vous plait !

Nous avons profité des températures accablantes pour… ne rien faire, ou presque. De mon côté j’ai édité des articles, photos et vidéos pour le blog depuis le hamac, le Barbu allait pêcher quasiment toutes les fin d’après-midi et mangeait les fruits de sa pêche quand il attrapait quelque chose. On a visité les îles, avons trouvé le meilleur spot de baignade, fait quelques bonnes soirées avec un australien et sa copine hollandaise vivant sur l’île, un couple montréalaise-cubain parlant avec l’accent québécois (unique !), des copains rencontrés en Thaïlande à Chiang Rai… retrouvés ici. Et bien sur, fêté le nouvel an Lao « pi maï lao ! » à grands coups de pistolets à eau, musique poussée au maximum (mi mi mi sexy mimi), Lao beer et alcool local le Lao Lao, danses des mains endiablées et bracelets de chance attachés avec vœux alcoolisés de beaucoup d’amour, d’argent et d’enfants (si leurs prédictions sont justes, on va au moins en avoir une bonne douzaine –non merci !-).

On avait notre petite noodle soup chez une dame où nous allions tous les matins, entourés des poulets, canards et canetons, le petit cochon avec qui j’avais des conversations sous le bambou (oui il est tout à fait possible de converser avec un cochon, il faut juste avoir l’occasion d’essayer). J’ai essayé plein de pumpkin burger vegan pour varier un peu du combonoodle soup/fried noodle/fried vegetable et ça fait du bien.

Je suis un peu tombée amoureuse de cette île et de sa vie tranquille, la philosophie de vie Lao poussée à son paroxysme. Depuis le début du voyage, on se demandait parfois si il y avait un coin où l’on resterait bien vivre un moment, sans pour le moment pouvoir répondre à cette question, maintenant je peux dire que cela me plairait de pourquoi pas un jour vivre quelques temps à Don Det. 🙂

Bon assez causé, place aux photos.

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Don Det-9 J’adorais ce passage « fleurs jaunes et cocotiers »Don Det-10

Le Wat (temple) à Don KhonDawei Teyzit beach-13

Quelle vie de chien… obligé de faire des trous dans le sable pour avoir moins chaud, et de se tremper les fesses dans le MekongDon Det-4 Notre piscine : meilleur spot de baignade ever. Mais EVER EVER. Fond sablonneux, on a pied, il y a du courant pour jouer et des coins sans courant, l’eau a une température parfaite, plage de sable avec un arbre pour de l’ombre, personne qui ne passe jamais donc pas besoin de mettre le haut de maillot qui serre et gratte… le pa-ra-dis. Don Det-5

Soir sur le sud ouest de l’îleDon Det-2

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Savane, le bébé chouette apprivoisée : elle a deux mois et les propriétaires de la guesthouse/restaurant l’on nourrit alors qu’elle était abandonnée, du coup elle répond à son nom et a l’air d’apprécier les caresses (oui, exactement COMME CA)Dawei Teyzit beach-14Deux drôles d’oiseauxDawei Teyzit beach-15

Une des cascades gratuites* en fin de journée, magnifique !
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*oui car les autres cascades sont payante : 35 000 kips par personne pour y accéder, bon il parait que ça vaut le détour mais 8€ à deux pour voir des cascades nous on a eu du mal à digérer donc on y est pas allés au final. D’ailleurs parfois un mec se poste sur le pont entre les deux îles coté Don Khon et essaye de faire payer les gens 35 000 kips par jour/par personne juste pour ETRE sur l’île, mais bon il est facile de l’esquiver, il n’est pas là toute la journée (faut bien faire la sieste) et nous on est allés un nombre incalculable de fois sur l’île sans se faire enquiquiner. 🙂

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La vue de notre terrasse le soir
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Plein de poulesDon Det-13 Un cochonDon Det-14 Notre plage idyliqueDon Det-16 Le gouterDon Det-17 « Le raton laveur du Mékong prend soin de laver ses aliments avant de les consommer, lui même à demi immergé… » #LesDocumentairesAnimaliersDon Det-18

Reportage photo du Barbu sur notre établissement de noodle soup où nous nous rendions quotidiennement pendant deux semaines,.Don Det-19 La famille !Don Det-20 Mama Noodle Soup et son éclatant sourire
Don Det-21 Gamin ! Il y en a tellement plein sur l’île on ne sait jamais à qui ils sont ils sont toujours à droite à gauche 😀Don Det-22

Et le sourire éclatant de notre ami Romano avec qui nous étions allés du Laos à Hanoi et que nous retrouvons un mois plus tard sur l’île !Don Det-23

Il est tant d’embarquer les motos sur le ferry (50 000 Kips pour info, ce n’est pas donné mais ça vaut la peine pour se balader sur les îles)Don Det-24

Chapeau pointu et tatouages de badass.Don Det-25

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Terra !Don Det-27

Et nous revoici repartis sur les routes après cette merveilleuse parenthèse insulaire…

L’épisode 7 nous (vous) emmènera au Vietnam. Next ouik !

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Bécane & Pétrolette : le road-trip en vidéos

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Je me suis bien amusée à filmer et monter nos aventures à deux roues lors de notre road-trip (voyage routier aha) en motocyclette du Vietnam au Cambodge en passant par le Laos… et un bout de Vietnam. J’ai donc décidé de publier un article que je mettrais à jours au fur et à mesure avec toutes les vidéos afin de pouvoir suivre et regarder cela un peu comme une « web-série ». Même si cela reste mon format habituel de vidéos : juste des paysages, des instants, des lumières… parfois du son. Le tout immortalisé par mon fidèle petit fuji x20.

Vous pourrez passer le générique en cliquant à 0:24 secondes 🙂

Episode 1 au nord du Vietnam : de Hanoi à la frontière laotienne


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Episode 2 : on descend le nord-est du Laos


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Episode 3 : du nord-est au centre, on essuie une tempête et sommes témoins de la déforestation massive du pays


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Episode 4 : on dirait le sud… et on on descend, on descend, et le carbure monte.


Lire l’article 1 et l’article 2

Episode 5 : deux semaines sur la merveilleuse île de Don Det au milieu du fleuve Mekong


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Episode 6, sous forme de « Vlog » : on innove pour cette étape qui nous emmène de Don Det à la frontière Vietnamienne… étape pleine de rebondissements !


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Episode 7, de retour au Vietnam !


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Episode 8, une surprise bleutée nous attend au bout de la route


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Bécane et Pétrolette #5 : « on dirait le sud » (du Laos)

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Et oui nous avons survécu à notre Paris-Dakar Laotien, vous voici donc nez-à-écran avec l’épisode 5 du fantastique road-trip en scooter Bécane et Pétrolette, qui a bien descendu le pays… jusqu’au sud Laos.

J15 – Mercredi 30 mars : des pistes à quelques part au sud de Paksé, en passant par le plateau des Bolovens (168 km)

Plateau bolaven laos-1

« roonnk riink roonnk ». Ces petits bruits me feront ouvrir les yeux : c’est une truie qui se balade autour de la tente. Bien sur j’ai bien entendu les coqs qui chantent la pimpolaise depuis quelques heures déjà mais ça y est, il est 5h30, le village se réveille, et nous aussi.

Des villageoises défilent au robinet dans le jardin pour remplir des seaux qu’elles transportent comme des balluchons et nous faisons un brin de toilette avant de remercier nos hôtes et de prendre la dernière portion de piste jusqu’à la route.

Et heureusement que l’on s’est arrêtés au village la veille : la piste à la sortie du village passe a gué de la rivière ! De nuit ça ne l’aurait pas fait 😛

Nous voici donc à nous élancer les pieds en l’air dans la rivière. Sur la deuxième partie les galets glissent et je me retrouve les pieds dans l’eau, première fois que je lave mes Nike !

La piste par la suite traverse de charmants villages et le paysage est très joli sous le soleil matinal, le chemin est plus facile alors je me fais plaisir et met le turbo.

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Quand j’arrive à la route, j’attends mon Chti mais celui-ci râle que je ne l’ai pas attendu. Ronchonnements réciproques, avant de se réconcilier quelques kilomètres plus tard avec des bisous sur les joues qui feront pouffer de rire une Lao. Et oui les bisous ne sont pas de coutume dans le coin ! (Tout comme les maillots de bain, on se baigne tout habillé ou en sarong pour les filles).

Petit dej à Salavan où nous dégustons notre soupe de nouilles matinale chez la charmante Nun (qui signifie « 1 » en Lao). Elle est super sympa et parle un peu anglais du coup une fois qu’on a fini de manger elle s’installe à notre table, nous apprend des mots Lao, feuillette notre guide en anglais ! Elle nous fait des jus de canne à sucre avec pleins de glaçons et une paille servis dans des sacs plastiques, c’est tout bonnement délicieux.

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Après cette chouette rencontre, direction ATM et pompe à essence, puis nous attaquons la route vers le plateau des Bolavens. Ca grimpe, c’est sympa mais pas extraordinaire, on longe quelques plantations de café.

Arrivée au « km 40 » on va voir la cascade Tad Yuang, visiblement l’attraction du coin vu le panneau. Il y a de quoi, elle est splendide !

Plateau bolaven laos-5 Tad Yuang

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Une bonne baignade et une pub tahiti douche plus tard, nous allons déjeuner dans le village et cherchons le couple de Lao qui proposerait des volontariats dans une plantation de café… mais sans succès ! Nous repartons donc sur la route, à l’enrobage parfait. En plus ça descend, et il y a des camions à doubler. Une nouvelle opportunité pour tester les capacités de ma Bécane. Elle a beau avoir été construite en 2002, elle envoie du bois et je me fais bien plaisir en fonçant vers le soleil couchant.

Un peu au sud de Paksé, la grosse ville du coin, j’ai repéré une rivière sur la carte. On va voir de quoi il en ressort. Dur dur finalement de trouver un coin tranquille pour camper, mais heureusement après le pont on trouve un chemin de vaches qui part dans un champs avec des fourrés : on a trouvé notre spot au calme. L’herbe est vraiment trop sèche donc pas question de faire un feu, et un moment la mini-forêt de bambous à côté émet un grincement/craquement effroyable. Mon chti saute au plafond « c’est des éléphants » ! Mais pas de panique, ça doit être un arbre qui est tombé. Là dessus, un film et au dodo.

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J16 – Jeudi 31 mars : de « lak 24 » à Don Khong… en ligne droite ! (113 km)

Journée ligne droite de l’enfer. On se lève avec le soleil, j’essaye de me laver dans la rivière mais l’eau stagnante pue un peu, heureusement je sens le savon. Et c’est parti pour 100 bornes de ligne droite quasi continue sous un soleil de plomb.

A un moment on tourne pour aller prendre un ferry pour éventuellement traverser le Mekong et nous rendre dans la ville de Champasak, à coté de laquelle se trouvent les ruines d’une cité ancienne. Mais le ferry pour les scooter nous fait poireauter… pour finalement nous annoncer un prix qui ne nous plait pas trop. On descend donc du ferry et reprenons la route. Ah la liberté que nous procurent nos petits véhicules, ce n’est pas négligeable. Le droit de changer d’avis.

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