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Rory

Marcher d’île en île à Ha’Apai aux Tonga

By 23 juin 2018 Tonga

Nous avons toujours des idées aussi saugrenues. Comme celle de marcher d’une île à l’autre pour aller y camper sur ses plages désertes.

Des fois la vie, ça doit être aussi simple que ça.

On était une équipe de six gaillards hardis, à se partager nos affaires de camping prévues pour deux mais comme on trimbale toujours trop de bazard on a réussi!

Voici donc l’équipée :

  • Rory et le barbu, vos dévoués serviteurs
  • Rory le Hollandais-Irlandais, très doué pour boire du rhum dans des noix de coco
  • Allan l’Australien, notre GO plein de ressources
  • Romy la Tchèque des sommets, monitrice de ski et suiveuse de baleines sans palmes
  • Florencia l’Argentine, instigatrice du jeu de Gabon qui a rythmé (trop) de nos soirées

Tout cela a commencé lorsque Romy a découvert à Nuku Alofa (la capitale tongienne) que nous transportions un hamac. Et comme nous avions très envie d’aller découvrir l’archipel Ha’apai avant le festival de voile de l’archipel de Vava’u, nous avons tous trois sauté dans le ferry de 12h circulant une fois par semaine pour faire une pause Paradis et Robinson crusoe.

En route pour la gloire

Nous embarquons donc pour une nuit de ferry :  Au revoir, Tongatapu…

Notre petit coin de bâche pour cette nuit de ferry dans le Pacifique….

Au lever du jour, les embruns frais et des souffres de baleines nous sortent de notre sommeil. Nous avons tous les trois dormis comme des bébés, emmitouflés dans nos duvets à même notre bâche toute neuve. Nous approchons de Pangai, la « capitale » du groupe d’Ha’Apai et longeons la belle île d’Uoleva.

Romy lâche des cris de joie : c’est la première fois qu’elle voit des baleines… mais loin d’être la dernière. On ne pouvait rêver meilleur accueil !

Une fois à terre, nous partons en quête d’une guesthouse pour poser notre barda. Nous avons la joie d’être acceuillis par un copieux petit déjeuner : pancakes, papayes fraîches et café. Nous rencontrons Florencia l’Argentine et Rory le hollandais/Canadien et très vite notre petit groupe part en stop au nord de l’île pour piquer une tête… quel paradis* :

(* souvenez-vous des îles de Tongatapu et ‘Eua, plus rocheuses et corailleuses que sableuses)

Un petit tour sous l’eau…

En fin d’après-midi, nous sommes rejoints par le dernier comparse qui viendra former notre petite expédition à venir : Alan, l’Australien, aussi rencontré à Tongatapu, mais lui arrivé en ferry « de luxe », celui qui met seulement 4h pour venir depuis la capitale.

Nous organisons une trépidante course de Bernard l’ermite sur la plage (visible dans la vidéo).

Romy Alan Notre tiercé de bernards l’hermitesRory et Romy

Nous avons concocté notre plan chez Fifita’s Guest House (fifitaguesthouse@yahoo.com, T$35-40 for a double /via wiki travels). Entre un coucher de soleil au port généreusement arrosé de rhum tongien bon marché et un copieux repas au Mariner’s Café, nous avons eu une idée : nous allions rejoindre la sompteuse île d’Uoleva, au sud de Lifuka à pieds, à marrée basse avec notre matériel de camping.

Rien de tel qu’une bouteille de rhum local pour échafauder des plans….

Notre matériel de camping. Pour 6 personnes. Rory a son propre hamac, sinon on a la bâche, notre mini tente Vietnamienne pas imperméable, 3 sacs de couchages, une couverture, deux casseroles, des baguettes et quelques couverts, une grille de barbecue, une cafetière en métal, deux cannes à pêche… on va s’en sortir pour une semaine ! Nous nous chargeons de nourriture : des légumes et fruits, du manioc, du riz, des nouilles, des pâtes et tous deux bouteilles d’eaux chacun, nous trouveront bien un arrangement avec l’un des « resorts » sur l’île pour remplir nos bouteilles de précieux breuvage non salé…

Pour ce qui est de la traversée, les tongiens pêchent souvent des crustacés dans la passe à marée basse, et sur la photo satellite de Google, ça a l’air d’être faisable. Après on sait que les locaux pêchent à la main et à pieds dans cette passe, mais parfois il ont de l’eau jusque sous les aisselles, il va donc falloir trouver la meilleure fenêtre dans la marée la plus basse possible afin de ne pas se mouiller. Il y a environ un kilomètre à traverser.

Rory nous accueille en pacha sur son île…

Il est difficile de marcher dans le sable dans lequel on s’enfonce avec son barda, et très vite nous trouvons un coin pour y passer notre première nuit. On fait un petit feu, les garçons pêchent et nous élaborons un stir fry avec nos popotes.

Bienvenue sur l’île… Notre premier campement, au matin :

Photo de Romy

Un local discret. Ces mini gecko ont pu coloniser les îles du Pacifique en dérivant sur des débris flottants, des rois de la survie

Le lendemain après un bon petit déjeuner de pain grillé sur le feu et beurre de cacahuètes (la base) nous continuons notre découverte de l’île.

 

On a fini par trouver un parfait emplacement pour installer notre camp pour quelques jours. Nous n’étions pas trop loin de la « civilisation » à savoir le resort « backpacker » d’une famille tongienne, avec qui nous allions nager avec les baleines. à une vingtaine de minutes de marche également d’un éco-resort plus « upmarket » tenu par des néo-zélandais ou Australiens… qui avait de la bière fraiche. Comment résister à une bière fraîche en fin de journée, pour changer de notre cocktail signature : le rhum tongien tiède au lait de coco, mélangé directement et bu dans la noix.

Notre campement Le rhum coco ! Un des meilleurs lits du monde… réveillée par les crabes et l’aurore…

Et quels levers de soleils !

Certains de nos camarades on déserté les nuits fraîches à la belle étoile pour s’offrir un bungalow chez nos voisins, et d’autre ont dîné là bas, ce qui a permis de nouer des liens avec la famille, et ils nous ont invité à remplir nos bouteilles d’eau chez eux, ce qui était bienvenu !

Nous sommes également allés nager avec les baleines, une seconde fois pour moi et Allan, mais une grande première pour Romy et Rory, et quel moment ce fut… après ma première fois et des rencontres avec beaucoup de baleines adultes et mâles dans les eux profondes de la côte d’Eua, ici nous avons cotoyé des mères et leurs petits.

Les petits étaient extrêmement joueurs, mais nous faisions attention de garder nos distance, car ils sont tout de même très rapides, vifs et taquins !

Nous avons eu une rencontre incroyable avec cette mère et son petit, nous sommes restés longtemps dans l’eau puis avons fait une pause pour les laisser en intimité lorsque, en confiance elle a commencé à le nourrir à nos coté, nous sommes allés déjeuner sur le bateau. Lorsque nous sommes retourné dans l’eau, ils étaient encore là, le petit a encore joué avec nous…

nager avec les baleines tonga ethique

A notre départ en bateau, les deux baleines nous ont suivi et on sauté dans notre sillage durant de longues minutes… un moment de pure émotion qui restera gravé.

Je parle plus en longueur de nager avec les baleines aux Tonga de façon éthique dans mon article sur le sujet.nager avec les baleines tonga ethique

Si les bords de l’île sont juste une succession de plages paradisiaques entouré d’une barrière de corail remplie de poissons, le milieu de l’île est une jungle dure d’accès mais pleine de vie, notamment la splendide colombe « Ptilinopus porphyraceus » (ou « Ptilope de Clémentine »). On l’entend beaucoup mais elle est très élusive et a un vol rapide. Mon obsession durant tout mon séjour au Tonga (un mois et demi en tout) a été de réussir à les photographier. Sans grand succès à Ha’apai en tous cas !

De l’autre côté de l’île…Plus rocheux et venteuxUne grande oeuvre collective de « land art » (souvenir des cours d’art plastique au collège, tmtc)

 

Ainsi s’achève ce souvenir d’Ha’apai en images… la suite des aventures se déroule dans le dernier archipel des Tonga où nous passeront un mois, stay tuned comme on dit.

 

Je vous invite également à prolonger le voyage sur Ha’apai en images animée…

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2017 en souvenirs

By 11 janvier 2018 Daily Life, Océanie

Comme j’adore lire les bilans des autres…  et je me dis que j’aimerai me relire, moi aussi, dans quelques années. J’ai très peu publié cette année, ça donne une idée de notre parcours sur ce voyage au long cours qui se ralenti de plus en plus. Voici donc juste un récit « résumé » et des images (pour les visionner en plus grand, cliquez sur les vignettes).

Attention c’est long, rien ne vous oblige à vous lancer dans la lecture/visionnage de cet article. Vous pouvez encore renoncer !

Janvier-Février

Nous quittons notre famille Tasmanienne préférée, chez qui nous avons passé un mois merveilleux en woofing.
Nous partons en Road trip avec trois autres woofers de la communauté : Karen notre flamande pleine d’humour, Johannes l’allemand trappeur (qui se fera attaquer par un opossum au nouvel an, la nature se venge) et Romain, le français brindille et son accent à couper au couteau. Tous des petits jeunes. Deux voitures, trois tentes et en route !
La Tasmanie nous a ravit. Nous avons campé à la sublime Wineglass Bay pour le nouvel an et avons eu le privilège rare de voir des orques depuis la plage en face de Maria Island le lendemain. Nous avons exploré Maria Island et continué de descendre la côte est.
Nous avons été volontaires pour un festival de musique et danse folk à Cygnet. Nous y avons retrouvé notre petite famille chérie (Nick, Arana, Minnow et Bruni) et y avons fait de chouettes rencontres… Les tasmaniens sont vraiment accueillants et intéressants.
Suite à cela nous avons refait un mini road-trip, juste le Barbu et moi. On fini refaire un tour pendant quelques jours qui se transforment en une semaine dans le village de notre woofing. On joue avec les enfants, retrouvons les copains, nous trouvons embarqués dans la préparation d’un workshop de construction d’une maison en Cob, dormons sur le grand lit du balcon avec Amy sous plein de couches de duvet… avant que je trouve finalement un job : cueillir des cerises sur Bruni Island !
Un boulot répétitif mais avec une vue superbe et une compagnie de rêve qui me ferait presque oublier mon piteux salaire dû à la mauvaise année pour les cerises…
Nous campons sur une aire de repos donnant sur une baie et Bruni Island avec une sacrée équipe. La « raie area » comme nous la baptisons, est composée de Chtis (Thégoon & Frangoon) du super duo Cacu-Anacu, « Luc l’alpiniste », Jacopo l’italien, Maxime le belge, Carley l’américaine équilibriste et un drôle de trio… Malgré de longues journées de boulot ils ont rendu ces deux semaines et celles qui suivront inoubliables.
Entre deux, nous partons à nouveau en road-trip en duo vers le nord et la côte ouest. Nous rejoindrons ensuite le festival Fractangular où nous retrouverons quasi tous les copains rencontrés durant nos aventures tasmaniennes. Trois jours épiques, au fin fond du bush tasmanien coupés du monde extérieur.

Janvier 2017
Février 2017

Mars

J’ai commencé le mois en cherchant désespérément du travail. Puis un matin je me suis réveillée dans ma voiture à cinq heures comme à mon habitude et j’ai appris la disparition d’André, mon « ptit papi », mon grand père maternel. Ce fut un choc pour moi, c’était l’une de mes personnes préférées. Mon assurance voyage m’a pris un billet d’avion aller-retour. Le lendemain de la nouvelle, j’ai pris quatre avions, roulé pendant 3h et demies avec mon père et ma soeur Eloïse et nous sommes arrivés à l’enterrement avec 5mn de retard. Puis je me suis occupée pendant deux semaines à plein temps des démarches administratives suivant le décès, ma grand-mère étant en institution et sa fille unique (ma mère) travaillant et ne pouvant prendre de congés spéciaux. Néanmoins cela m’a permis de passer un peu de temps avec ma famille, un an et demi après mon départ de France. Et de revoir deux amies proches (M & J je vous aime !)(les autres aussi mais je n’avais ni le temps ni le cœur). Ma grand-mère l’a rejoint dans le mois qui a suivi.
Le retour en Tasmanie a été assez dur. Je cherchais du travail de façon acharnée mais sans succès, nous vivions dans notre voiture, parfois à dormir sur des parkings (la plage aux chiens de Kingston, et les douches chaudes de Sandy Bay à Hobart : merci !). Nous sommes accueillis pendant une semaine chez la famille étendue d’un ami pour du jardinage et repeindre les fenêtres. Un endroit magnifique à Hobart, une de nos villes préférées. Nous travaillons pour le frère puis la sœur de cette famille au destin singulier : leurs parents, français, ont décidé d’acheter un voilier un jour qu’ils se baladaient le long d’une marina sur la côte d’Azur alors qu’ils n’avaient aucune expérience de la navigation. Chose faite, le père embarque sa famille, apprend à naviguer sur le tas et une fois en route… Ils iront jusqu’en Australie où il re-scolarisent les enfants, puis s’installent en Tasmanie. Le père repartira en voilier par la suite et fera de la navigation et la construction de bateaux son métier.

Avril-Mai

J’ai posté une petite annonce sur Gumtree (« leboncoin » australien) pour faire du house/pet sitting (gardiennage de maison et animaux) et ça a cartonné ! Nous avons été bookés jusqu’à mai et avons même dû refuser à des gens. Une superbe expérience, qui nous a apporté des rencontres sympa et un peu de stabilité. La douceur d’un foyer, même provisoire, avec l’automne qui arrivait. Le bonheur d’avoir de l’électricité et un chat qui ronronne sur les genoux, de balader les chiens au coucher du soleil… Et je me suis enfin mise à faire du fromage végétal affiné, un grand succès !
Nous avons également continué à explorer la Tasmanie entre deux house sitting et avons enfin vu nos premiers ornithorynques après des mois d’essai… J’ai également fait ma première ascension de sommet en solo un beau matin. Juste moi, et une montagne dans un lieu très sauvage. Ça fait du bien.
On a également réparé le genou du Barbu, qui le faisait souffrir depuis des semaines, c’était épique mais on a finalement fini par arriver au bon médecin. D’où l’importance d’une assurance voyage…
Il a fallu vendre ma première voiture, « Mémère », une Holden commodore break de 1993 (3,7L, V6), qui nous a aussi fait office de maison, de taxi, de 4×4 comme de voiture de ville. Difficile de s’en séparer, mais on l’a vendu a une copine qui l’a emmenée dans l’ouest de l’Australie donc on était contents que notre Mémère continue ses aventures.

Il était désormais temps de s’envoler pour la Nouvelle Zélande, après 11 mois magiques passés en Australie.

Avril 2017
Mai 2017

Juin

Nouvelle-Zélande. Drôle d’endroit pour y passer l’hiver mais on est comme ça nous !
Nous avons passé le mois de juin dans l’île du nord. Après avoir acheté une voiture à Auckland on s’est vite sauvés de la ville pour dix jours de road-trip glagla du « far north » jusqu’au milieu, à tester notre petite Subaru sur tous terrains. On a bien failli rester plantés dans la boue d’une mare aux cochons mais je suis un bon pilote de rallye. S’en sont suivi trois semaines de woofing dans une petite « ferme végane » où nous nourrissons toute une ménagerie matin et soir en plus entretenons les pâtures, réalisons pas mal d’aménagements du jardin, de gros travaux sur la propriété et cuisinons pour la famille. Le tout au milieu de nulle part. Formateur mais éreintant physiquement et psychologiquement.
Retour en ville. Contrairement à Auckland, nous avons adoré Wellington (Brasseries !).
Fin juin nous avons chargé la Subaru dans le ferry et nous sommes allés préparer le terrain pour accueillir ma mère sur l’île du sud (voyage prévu de longue date).

Juillet-Août

Nous vivons chez l’infatigable et rigolote Sarah non loin de Christchurch dans une propriété avec une vila ancienne en bois. Nous sommes logés dans l’annexe en échange de 2-4h de boulot par jour : nourrissage et soins des 7 chevaux, des poules, des alpagas et bien sur de Jeremy le gros chat, ainsi que des travaux d’entretien extérieur de la propriété. Le week-end, la famille débarque : nous accompagnons les filles et le garçon au tournois de foot, à leur compétition de cheval, faisons des feux dans le jardin, de gros dîners, je donne des cours de dressage à Freya, il y a de la vie ! Nous nous sentons adoptés par cette famille extraordinaire.

Et puis ma mère arrive !
S’en suit un mois de road trip dans l’île du sud. À 3 dans la Subaru et en plein hiver, pas question de camper. Nous alternons motel et woofing, et nous émerveillons ensemble de ces paysages si fameux. Ma mère fait du kayak pour la première fois à Milford Sound, le plus incroyable des endroits, en duo avec une guide venant d’Alaska. Nous aidons Fraser à retaper une petite maison pour sa fille à Manapouri, nous découvrons ce que veut dire le « black ice » des panneaux (verglas), nous randonnons jusqu’au mythique Mont Cook sur la neige, tombons en amour du coin de Glenorchy, de la côte ouest… Avant de se reposer une semaine dans la douceur de Golden Bay. Nous retournons chez Sarah et taillons ses rosiers (ma mère est une reine du jardin et particulièrement des fleurs) avant de la déposer à l’aéroport de Christchurch, le cœur réchauffé et plein de souvenirs. Une semaine après son retour ma mère retrouvera sa classe, c’est la rentrée.

Nous, on reste chez Sarah et préparons la suite.
Toujours passionnée par les tracteurs et « power tools » je passe des heures à tondre, débroussailler, karcheriser, déraciner…
Mais bientôt il faudra partir. En voulant étendre nos visa nous avons fait une erreur et nous allons devoir quitter le pays mi-septembre. Finalement on n’est pas mécontents car nous commençons à être fatigués des pays occidentaux et des joies de la société de consommation. Un jour alors que nous chargeons les courses du caddie au coffre de la voiture, on se regarde et nous disons : « mais qu’est ce qu’on fout, là ? Ce n’est pas pour cela qu’on est partis ».
Nous vendons la voiture plus vite que prévu et nous envolons aux Tonga !

Juillet 2017
Aout 2017

Septembre-Octobre

Nous découvrons les Tonga, prenons le rythme « Island time » et je me consolide ma santé mentale, qui a pris un sacré coup cette année. J’ai traversé une dépression assez sévère de mars à août. Ma mère m’a beaucoup aidée à aller mieux (bien que ce n’était pas le but premier de mon voyage), ainsi que Sarah, le Barbu bien sûr et aussi : les baleines tongiennes, voyager avec un groupe de copains, faire du camping sauvage et renouer avec la nature, découvrir une nouvelle culture. Et ma « renaissance » s’est finalement opérée à la barre de voiliers à Vava’u.
Cela faisait un moment que je pensais que vivre dans un voilier était une des solutions ultimes pour concilier vie nomade écolo et aventure. Tenir la barre de deux voiliers différents, les sensations du vent dans les voiles, se coller au vent et pencher le bateau, prendre de la vitesse, sentir la force qui s’exerce sur la barre, repérer les récifs sur le GPS, virer de bord, participer à une régate, passer une soirée à bord du bateau de Marc et retourner à terre entourés de plancton luminescent : je suis tombée amoureuse.
Nous avons aussi vécu une semaine dans l’école d’une petite île reculée avec le Peace Corp qui travaille là bas : je suis reconnaissante d’avoir pu rencontrer Ryan, une personne si inspirante malgré son jeune âge.
Puis nous avons vu nos copains quitter Vava’u les uns après les autres, et le 25 oct nous avons dit au revoir aux Tonga. N’ayant pas trouvé de bateau stop, la saison des cyclones du Pacifique Sud commençant, nous nous sommes envolés vers les Fidji.

Septembre 2017
Octobre 2017

Novembre-Décembre

Le retour des curry indiens est une grande joie pour nous (il y a une très forte communauté indienne aux Fidji déportée là par les anglais). Mais pas autant que la belle rencontre avec Tessa et sa famille, chez qui nous jardinons, trions le garage, promenons les chiens sur la plage, sortons en bateau avec Brad et les enfants… Grace à Tessa nous avons l’opportunité d’aller faire du « woofing » non officiel chez une famille vivant dans un village reculé de Taveuni, « l’île jardin des Fidji ».
C’est comme cela qu’après plusieurs jours de voyage, nous avons rencontré Ana, notre « mamie » Fidjienne.
Nous avons vécu un mois au village, à jardiner, cuisiner, lire, puis accueillir nos amies Camille (rencontrée en Tasmanie) et Sarah (anglaise rencontrée aux Tonga voyageant dans tout le Pacifique). Nous avons vraiment vécu une expérience, immergés dans la vie simple et la culture fidjienne au jour le jour. Un mois de déconnexion, sans électricité à la maison (parfois nous allions recharger le téléphone et la tablette qui me servait de liseuse chez des gens du village ayant un générateur). Nous nous sommes imprégnés de l’esprit fidjien lors d’un tournoi de rugby enflammé le premier jour (et sous une pluie diluvienne le second). A boire du Kava ou passer des heures à discuter tranquillement avec Setti, un jeune du village qui passait souvent nous voir. Cuisiner des dalh (presque) tous les jours…
Et puis un peu avant Noël, nous avons quitté le village.
Nous avons eu des soucis de transport : il nous aura fallu 6 jours pour arriver à notre destination. Après un bus, deux bus ratés, 3 ferry (entre 10h-17h de trajet à chaque fois) et un auto-stop.
Nous avons campé quelques jours chez Mele À Kadavu, une île qui n’est pas très adaptée au voyage backpacker… Et sommes remontés dans un ferry. Quelques jours à Suva et Levuka pour finir l’année et organiser la suite : nous souhaitons trouver du travail en Nouvelle-Calédonie pour renflouer les caisses, mais avant nous faisons une escale aux Vanuatu, pays de mes rêves depuis l’enfance…

Le 31 décembre, nous sommes dans l’avion pour Port Vila.

Novembre 2017
Décembre 2017

Conclusion

Puis ce que c’est un « bilan », j’écris donc une conclusion.

Ce fut une année très riche en expériences et rencontres, malgré un drame pour moi et des difficultés psychologiques (dépression et crises d’anxiété). Une envie commune de vie nomade plus durable. D’apprendre la voile via des rencontres et bateaux stop, de faire une pause en Nouvelle Calédonie…
J’ai toujours plein d’envies et d’idées, j’ai réalisé plusieurs de mes rêves cette année, désormais j’ai envie de prendre une route nous permettant de revoir nos familles et amis pour passer du temps avec eux. De rapprocher ces possibilités de « un jour »/ »bientôt ».

Le blog

J’ai très peu blogué cette année mais nous avons été très nomades. Et lorsque je ne l’étais plus je consacrais la majeure partie de mon énergie aux autres ou je n’étais pas bien et n’avait aucune envie d’écrire.
Malgré tout j’ai posté huit vidéos cette année sur ma chaine YouTube.

Nous avons fait une réorganisation dans notre matos photo. Après beaucoup de difficultés et échecs à continuer l’argentique pendant ce voyage au long cours, l’envie s’est tarie. L’acquisition d’un reflex numérique correct m’a permis d’améliorer la qualité de mes vidéos et de connaître une fraîcheur photographique. Je conserve bien sûr mon cher petit télémétrique argentique. Mais il fallait alléger le sac et l’esprit… Moins de matériel, plus de spontanéité et d’inspiration !

J’ai envie de continuer à partager mes carnets de voyage ici, et parfois des articles un peu différents. Mais je ne me mets pas la pression, à mon rythme, à l’envie… Et quand je le peux également ! (L’électricité et internet pour faire fonctionner ce blog ne sont pas des ressources assurées avec mon mode de vie actuel).

En tout cas je vous souhaite une excellente année 2018, j’espère que vous réalisez vos envies et rêves… Et que vous continuerez à venir me rendre visite ici à défaut d’un lieu physique !

Mes chers lecteurs, je vous embrasse.

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Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua (2)

By 8 janvier 2018 Océanie, Tonga

Suite de l’article « Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua »

Partie II

Deuxième tentative de camping : plage de Ha’aluma

Suite à notre premier essai humide la météo se rétablit. Après quelques nuits à camper sous un toit du jardin de la guesthouse sur un sol dur comme du béton, nous sommes heureux de reprendre la route. Mais cette fois-ci c’est la bonne. Nous faisons des provisions : pâtes, riz, haricots rouges, tomates, pain, beurre de cacahuète et 3 ou 4 bouteilles d’eau. Nous laissons une partie de notre barda à l’auberge et marchons au bord de la route. La première voiture qui s’arrête nous fera traverser toute l’île jusqu’à ladite plage. Enfin on a quand même marché un petit peu !
Pour notre plus grand bonheur nous avons remarqué que plus l’on s’enfonçait vers le sud plus c’était paumé et inhabité. Au moins nous ne dérangerons pas de voisins !

Nous traversons une forêt luxuriante et la splendide plage de Ha’aluma nous apparait :

Le comité d’accueil

  

Notre campement

 Une bonne baignade (bien qu’un peu fraiche) Cuisiner le diner !

Le sud d’Eua : rock garden & chevaux sauvages

Nous marchons sur le bitume pendant six kilomètres, et pourtant, on ne s’ennuie pas, entourés par la végétation luxuriante.

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Enfin, nous entrons dans la réserve naturelle, fermée par une barrière (pour ne pas que les chevaux sauvages ne s’enfuient j’imagine).

Les falaises dramatiques au dessus de l’océan Pacifique nous permettent d’observer des oiseaux de mer : les « fous bruns » (Sula leucogaster, espèce des Sulidae) et leurs petits.

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Les chevaux (semi) sauvages au milieu du jardin de roches remontées à la surface lors de la formation de l’île. 

Nous gardons nos distances

Fluffytude absolue

Nous retournons à notre campement…

Talève australe (Porphyrio melanotus Temminck), semblable aux « Pukeko » de Nouvelle-Zélande

Ascension de la « montagne » au centre d’Eua

Nous passons une dernière nuit au campement puis le lendemain matin nos réserves en eaux s’épuisant nous marchons jusqu’à la civilisation, environ 6 km à pieds sous le cagnard avant le prochain village. Nous allons rendre visite à la lodge Taiana’s place qui malgré quelques commentaires assassins sur Tripadvisor est tout à fait charmante. Un des fils, très sympa, m’emmène faire le plein d’eau au réservoir de pluie chez sa famille, nous laisse recharger le téléphone et nous montre sa carte super complète de l’île! Nous voici parés pour trouver la « bat’s cave » ainsi que des piscines d’eau fraiche en bas de la montagne.

Nous commençons à grimper sous le soleil de midi, sur des pistes forestières défoncées. La forêt est décidément très exploitée, la réserve naturelle doit être plus loin…

Sur la route, captures de GoPro

Vue depuis la « bat’s cave » (grotte de la chauve souris)

On se rafraîchi dans une piscine d’eau douce créée par les locaux… bain bien mérité après tant de kilomètres à randonner sous le soleil de plomb avec tout notre barda et quelques nuits dans la tente !

Puis nous revoici au contact de la civilisation : un village

Nous faisons du stop pour retourner au port

Puis nous partons camper pour notre dernière nuit sur ‘Eua à la plage de ‘Ufilei Beach, la première que nous avions visitée en arrivant !

 Au matin…

Il est déjà tant de repartir… le Barbu a fait un petit reportage sur la jetée du ferry, que je vous livre comme ça, brute de décoffrage :

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Et une dernière baleine a salué notre départ.

Pour la suite, direction Ha’apai : une nuit en ferry pour se rendre à cet archipel isolé et paradisiaque et de nouvelles nuits sur les plages tongiennes !

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Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua (1)

By 8 janvier 2018 Carnets de Voyage, Océanie, Tonga

Plus ancienne îles des Tonga, Eua est encore sauvage et il y a tant à découvrir. Entre falaises abruptes et plages de rêves, perroquets rares, baleines et chevaux sauvages.

Ah ‘Eua… la description qu’en avait fait le Lonely Planet m’avait fait rêver. L’une des plus anciennes îles du Pacifique (40 millions d’années tout de même) découpée de falaises et de grottes, d’arches de calcaire et protégée des hauts fonds par un reef de pierre. Et pour moi, cerise sur le gâteau : des espèces de plantes et d’animaux endémiques dont un splendide perroquet coloré. L’île est une destination Ecotourisme, loin des resorts de luxe.

J’ai publié cet article en deux parties car les pages seraient trop longues à charger autrement (au secours, trop de photos !)

Partie I

Nous avons embarqué sur le vieux ferry qui, malgré sa réputation de rendre ses passagers verts, nous a offert une traversée des plus tranquilles. Nous avons même pu admirer quelques baleines curieuses sortant une tête non loin du gros bateau.

Voyage en ferry depuis Nuku’Alofa

Quelques heures plus tard nous débarquons et allons élire domicile non loin du quai, au Ovava Tree Lodge. Notre copain Portuguais résidant à Sydney ayant visité l’île nous l’avait conseillé (merci Pedro !). Si le lieu est très charmant, le bruit des machines chargeant et déchargeant les containeurs/grumes de bois du ferry est quelque peu incommodant. Mais la salle à manger en plein air est charmante, on y fait de chouettes rencontres et le Barbu est redevenu un as du billard ! Il s’est même improvisé entraineur de la petite fille de la famille tenant la guesthouse, une vraie passionnée de ce jeu.

L’un de mes buts pour ce voyage au Tonga est de profiter de la bonne saison pour réaliser un rêve de gosse : nager avec les baleines. Ni une ni deux, nous appelons Kiko dont nous avions eu de bon retour et le lundi même, c’est parti!
J’ai consacré un article entier sur la nage avec les baleines où je relate cette expérience : « nager avec les baleines aux Tonga : guide éthique« .

Un dimanche à ‘Eua

Nous faisons la connaissance de Flavio, un italien charmant vivant au Mali. Cheveux bouclés et grisonnants, toujours une blague ou un éclat de rire au coin du bec, il s’entend comme cul et chemise avec notre Barbu (Chti-italo-polonais rappelons-le). Après la messe dans un premier village, nous marchons en direction d’une église que le barbu a repéré lors de sa dernière mission « auto-stop pour aller chercher des bières dans le seul bottle shop de l’île… Qui est en fait le garage d’une dame ». Pas très catholique tout ça.
Arrivés à l’église en question après une bonne heure de marche, c’est bien calme : les fidèles ont déserté. Nous restons tout de même dans le coin au cas où il se passe quelque chose. Et sur le muret encerclant l’église nous apercevons quelques personnes qui s’activent près d’une annexe. Quelques voitures font des allers-retours. Au bout d’un moment on se retrouve naturellement invités pour le repas de clôture d’un séminaire roman Catholic des jeunes du coin. On se voit distribuer de généreuses barquettes plastiques pleines de victuailles et les jeunes prennent la parole tour à tour. Tout le monde mange en même temps, et une mamie qui parle un peu anglais nous explique vaguement ce qu’il se passe. On mange, on écoute même si l’on ne comprend rien au langage, nous distinguons un schéma qui se répète : l’orateur commence à parler, puis il pleure, continue son discours en sanglotant ou d’une voix chargée d’émotion pendant environ 5 à 10 minutes. Le récit se termine toujours par un trait d’humour qui fait rire l’assemblée. Puis rebelote.
À un moment les filles chantent. Lorsque c’est fini nous les aidons à débarrasser, les remercions et Silvio fait un discours en tant qu’italien chrétien (voisin du pape attention !). Nous descendons jusqu’à une jolie plage où nous passerons un moment avant de marcher les 6 km du retour et de se faire prendre en stop par un tongien bourré.