Anywhere
Browsing Category

Carnets de Voyage

Koh Phayam : beach & buddies en Thailande (PHOTOS)

By 18 avril 2016 Carnets de Voyage, Thaïlande

Une grosse semaine sur Koh Phayam, à chiller avec nos copains de Bangkok…
L’île est située sur la mer d’Adaman, au sud de la frontière avec le Myanmar, à Ranong. C’est d’ailleurs là qu’on prend le ferry pour s’y rendre.

Après nos cinq mois de voyage dans des coins où il y a des montagnes (la chaine du Pamir, l’Himalaya), des coins paumés loin des touristes (l’Uttarakhand en Inde, Bardia National Park au Népal, l’Inde du Nord-est comme Manipur et le Tripura), de la baroude, et nos dernières péripécies qui nous ont empêchés de passer la frontière terrestre Inde-Birmanie… on avait bien besoin de se reposer. On a quand même fait un mini-tour en Birmanie pour ne pas gâcher notre visa et nous offrir un petit aperçu mais on avait vraiment mais alors vraiment besoin de faire un break. Et c’est les copains, Petit Lapin et Pierro qui nous ont convaincu de les rejoindre sur l’île à coups de photos envoyées et de « ici c’est le paradis, venez ! ».
Alors on est venus !

Et on a pas été déçus : Koh Phayam a toute les structures pour recevoir des touristes sur l’île mais reste néanmoins belle et sauvage, les thais et birmans qui y vivent ont d’autres activités que le tourisme, comme la culture de noix de cajou. (L’arbre s’appelle l’anacardier pour info, big up à mon équipe de master 2 qui avait travaillé là dessus aha). Et on y trouve facilement des plages ou criques magnifiques… et désertes !

Nous avions un super bungalow sur Long Beach, où nous pouvions regarder les couchers de soleil en compagnie des chiens de la plage et d’une petite bière, ou encore marcher de nuit en observant les étoiles les pieds dans l’eau.

L’idéal pour se balader sur l’île est de louer des scooters, elle est quand même plutôt grande (et vallonnée). On a eu tout un tas d’aventures, des soirées inoubliables, une histoire avec notre malade squatteur de Bungalow (mais qui a fini par se faire hospitaliser sur la terre plutôt que d’agoniser sur l’île ou oublier son slip au centre médical de l’ile et nous demander d’aller le chercher :D), des plats très délicieux et nutritifs, juteux et savoureux, des balades sous le cagnard, des courses folles à scooter, les retrouvailles avec la géniale Karo rencontrée à Bangkok, les parties de pêches du Barbu, dont celle sur un kayak ou il a vu un saut de raie manta (!!!)… mais le point d’orgue de notre séjour sur l’île fut, sur une idée de Karo, d’aller faire un tour sur la mini-île au sud, accessible à la nage (ou à pieds à marrée basse).

Notre petite aventure (vous pouvez scroller pour accéder directement aux photos)

Pour y accéder il faut prendre un long chemin dans la forêt, nous étions partis à deux scooters : celui de notre Malade qui allait un peu mieux avec un passager, et celui des garçons à trois dessus. Nous commençons à nager sur l’île mais notre malade qui va mieux nous dit qu’il ne veut pas nager et reste sur la plage. Une fois notre épique nage terminée (on avait pieds, hein :D), on a rencontre un japonais (avec des crocs -les chaussures- en forme de pieds de lion, juste absolument fan) qui nous a invité dans sa cabane qu’il occupe sur l’île dans une crique parfaite. Nous l’avons aidé à fixer ses filets, dégusté une noix de coco fraiche partagée avec sa minette, puis il nous a invité pour un barbecue le soir même, il devait juste faire un aller-retour sur l’île principale chercher des trucs.

En l’attendant, on se ballade sur l’île et rencontrons le papa d’une famille birmane qui parle un peu anglais et nous a invité à diner : il avaient reçu en cadeau quelques crustacés de leurs amis de la tribu des sea gypsies. Impossible de refuser et nous voici dans le cocon de l’hospitalité et la gentillesse birmane, à partager assiettes et thés assis sur le plancher de la cabane, chatons tout autours et chèvres qui passent leurs têtes de curieuses. Ces chèvres justement, parlons en : alors que nous repartons vers la cabane du japonais, Mika (petit lapin) a eu la bonne idée de taquiner la chèvre réputée nerveuse et alors que notre hôte tente de nous montrer le fruit que l’on a dégusté au repas dans la forêt, voilà Mika, qui arrive en courant à toute allure et en criant, poursuivit par la chèvre. Notre ami Pierro qui n’en menait pas large commence lui aussi à courir dans la forêt comme un dératé. Pourquoi la vision est drôle ? Particulièrement parce qu’on est venus à la nage sur l’île ces deux braves sont donc en maillots de bain et pieds nus à courir sur des racines, avec le Birman qui essaye de calmer la chèvre. Je me prendrais malgré tout un coup de corne dans la bataille, mais qu’est ce que j’ai ri ! (le Barbu était derrière à ce moment là je ne sais pas ce qu’il trafiquait). Alors que nous arrivons à la cabane, Mika et la chèvre nous offrent une lutte sur la plage de toute beauté, en tous cas elle a l’air de bien s’amuser à nous botter les fesses… mais nous avons trouvé la parade pour calmer ces biquettes déchainées : leur offrir de la noix de coco. Et oui, ce sont des biquettes insulaires, et visiblement elles ne résistent pas à ce petit plaisir.

Après ces démêlées caprines, nous attendons mais le soleil se couche, toujours pas de signe du japonais, nous décidons donc de retourner sur l’île principale. on a encore pieds, heureusement, car une traversée nocture à la nage ce n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant. Mais une fois sur la terre ferme… nos affaires ont disparu !!!

Heureusement, il y a un resort à côté donc on va leur demander s’ils ne les auraient pas vues, et ils nous prètent une lampe torche pour que nous allions mieux inspecter mais toujours rien. On va voir près du scooter qui reste (notre Maladounet étant reparti avec le sien) : pas d’affaires là non plus et évidemment dans les affaires il y a la clé du scooter !!

Donc nous voici de nuit en maillots de bain, sans chaussures à crapahuter dans le noir, les proprios du resort qui ne font rien pour nous aider, qui se montrent d’ailleurs même désagréables (alors qu’il n’y a personne dans leur resort, un petit coup de main ça ne coute rien). Le mec nous dit de ne pas aller à pied dans la forêt sur les quelques kilomètres qui nous séparent du port car il y a des serpents et des chiens errants (OK)… finalement après 12 allers-retours de ma part pieds nus dans la caillasse à monter-descendre les « escaliers » qui mènent au parking on finit par trouver un plan : on demande au resort de nous commander un scooter taxi (qui ne veut prendre qu’un passager et qui coute une blinde). Mika ira à la planque de Maladounet et lui demandera si celui-ci peut nous prêter son scooter, et comme ça il pourra venir nous chercher gratos.

Lorsqu’il revient, excellente nouvelle ! Maladounet lui a bien prêté son scooter mais maintenant il dort. Nous affaires on en fait été récupérée par Maladounet et le japonais qui se sont croisés. Ils les ont mises dans des sacs plastiques et comptaient nous les ramener en marchant dans l’eau… mais lorsqu’ils sont arrivés, l’eau été déjà trop haute et le courant trop fort. Ils sont donc retournés au port, et le japonais a emprunté un bateau pour se rendre sur l’île et nous y retrouver ! Or quand il est arrivés nous étions déjà partis. A ce moment le Barbu et Pierro décident alors de retourner sur l’île (encore plus de nuit donc), de saluer le japonais, récupérer les affaires et la clé du scoot et nous retrouver aux bungalows plus tard avec le scooter. Pas très rassurée je les laisse pourtant partir, et avec Mika nous repartons vers la civilisation en maillot de bain et pieds nus sur le scooter qu’on lui a prété. Il m’a dit qu’il s’est fait pourchasser par une bande de chiens errants dans la forêt, donc je m’arme d’un baton et de mon masque de plongée et nous voici partis à toute blinde dans la forêt. Effectivement on se fait attaquer par les chiens qu’il sème à grand coups d’accélérateurs alors que j’agite mon bâton dans les airs. Maladounet nous a également prêté un peu d’argent pour que l’on puisse manger le temps que l’on récupère les affaires.

Nous voici donc à moitié à poil à errer de restaurant en restaurant dans nos « tenues », et alors qu’on essaie de rejoindre un que l’on aime bien on tombe en panne d’essence ! Pas de panique, on achète une bouteille d’essence et deux bières, notre resto ne sert plus donc direction nos bungalows. Notre brave Ko, le patron de notre guesthouse s’était inquiété, nous lui racontons nos péripéties et mangeons un morceau tout en imaginant le sort de nos deux aventuriers repartis sur l’île. Ils nous avaient dit que si à telle heure il n’étaient pas de retour nous devrions retourner au parking les chercher. Comme ils n’apparaissaient toujours pas, machine arrière nous repartons à l’autre bout de l’île à leur recherche. Je me prends une sorte de guêpe énorme sur le poitrail qui me pique et ça fait super mal mais alors que j’agonise, qui voilà… Pierro et le Barbu, sur le scoot ! « on s’est fait attaquer par les chiens » qu’ils nous disent. Ils nous racontent qu’ils ont bien retrouvé le japonais, il ont mangé et bu des canons avec lui avant de repartir, et que c’était super sympa. Tu m’étonnes.

Enfin tous réunis, on retourne vers chez nous, et sur la route nous tombons sur une sympathique soirée jam session dans un bar d’extérieur, parfait pour fêter nos retrouvailles et aventures de la journée. 😉

Koh Phayam en images

Place aux photos maintenant, prises avec mon fujifilmx20, brutes. (aucune photos de la précédente aventure)

Sur le bateau pour l’ile

Thailande-77

Thailande-76

 

Thailande-74

 

Thailande-72

Notre petite crique

Thailande-71

Thailande-70

Thailande-69

Thailande-67

Thailande-66

Thailande-64

Thailande-62

Thailande-61

 

La plage du nord

Thailande-59

Thailande-58

Des toucans !Thailande-57

Thailande-56

Buffalo bay

Le Hippie bar fabriqué en bois flotté récupéréThailande-55

Thailande-54

Thailande-53

Thailande-52

Thailande-51

Petite balade jusqu’à une crique au sud de l’île

 

 

Thailande-48

koh phayam

Thailande-47

Thailande-46

Thailande-45

Thailande-44

Thailande-43

La fine équipe !Thailande-42

Coucher de soleil monumental sur Long Beach, la plage où nous résidions

Thailande-41

Thailande-40

Thailande-39

Thailande-38

Thailande-37

Thailande-36

Thailande-35

 

Thailande-34

 

Thailande-32

Thailande-30

Thailande-29

 

Border les chiens !
Thailande-27

Une autre journée dans notre petite crique au calme

Thailande-26

Thailande-25

Thailande-24

Coucher de soleil depuis notre guesthouse

Thailande-23

Thailande-22

Photo fleur, spéciale pour une amie spéciale !

Thailand-190

Une autre plage de Buffalo Bay

 

Thailand-188

Thailand-187

Thailand-186

Rainbow !Thailand-185

Thailand-184

Le ciel nous envoie des messagesThailand-183

Thailand-182

Thailand-181

Ce jeune homme est sain d’esprit, pas d’inquiétudes.Thailand-180

Thailand-179

Thailand-178

 

Thailand-176

Thailand-175

Grasse matinée… bien protégés.Thailand-174

En route pour de nouvelles aventures !

Thailand-173

Thailand-172

Thailand-171

Thailand-170

On fête l’anniversaire de chez chez Pierrot sur le ferry retour

Thailand-169

Thailand-168

Thailand-167

Thailand-166

Thailand-165

Thailand-164

Thailand-163

Thailand-161

Thailand-160

Thailand-159

Thailand-158

Thailand-156

Thailand-155

Thailand-154

Thailand-153

Thailand-152

Thailand-151

Thailand-149

Moins glamour, la gare de bus… c’est parti pour 24h de trajet, avec les copains.

Thailand-148

Thailand-147

Les bus thais fluorescents ! Ca change des bus indiens.Thailand-146

Mais où qu’on va ???

You Might Also Like

Bécane et Pétrolette #3 : feux de forêts et tempête au Laos du milieu !

By 15 avril 2016 Bécane et Pétrolette, Carnets de Voyage, Laos
roadtrip laos du milieu scooter moto

Après notre descente du nord-est du Laos, nous voici dans le Laos du milieu ! Rien à voir avec le Seigneur des anneaux, il s’agit juste de la partie centrale de ce pays tout en verticalité. On y croisera feux de forêts, un obus, une tempête et de splendides paysages !

étapes :

carte centre laos

J9 – Jeudi 24 : de Phongsavan à Thatom (118 km) Journée qui pique les yeux.

Le lendemain, notre linge est prêt très tôt le matin (il faut dire que le soleil tape fort) on se met donc sur la route. Moi je suis gronchon, j’avais rdv sur skype et avec cette histoire de linge sec très tôt c’est tombé à l’eau. Du coup je chouine un coup, premier picotement des yeux.

A la ville d’après on trouve du wifi à une banque et on essaye donc de passer le coup de fil… mais la personne en question n’est pas encore connectée donc loupé. En attendant devant la banque, on rencontre un papi qui parle très bien français, il nous raconte quelques anecdotes, nous dit très fier qu’un de ses enfant qui habite en Australie a un doctorat, et nous dit qu’il a lancé des grenades pendant la guerre ! Il nous aura fait bien rire, il avait vraiment la tchatche ce papi. Moi je pense beaucoup au mien qui avait fait la « guerre d’Indochine » mais qui n’a jamais voulu en parler, ni à ma mère, ni à nous à part « c’était terrible » on a jamais pu en savoir plus. Et c’est vrai qu’en cours d’histoire classique on ne parle pas du tout de ces épisodes (la colonisation, tout ça, HEIN.) Du coup on se fait notre cours d’histoire sur place, c’est complexe et passionnant (même si les Laos on en quand même pris plein la figure (des colons pas très sympas, qui voulaient d’ailleurs « importer » des vietnamiens pour bosser à développer le pays car ils trouvaient que les Laos n’étaient pas assez enclins au travail haha… mais aussi des bombes, les résistants communistes on du se cacher pendant 9 ans dans les grottes de Viang Xay, première ville où nous sommes arrivés au Laos).

Une ancienne stupaJ9 Laos-1

On taille la route !

Au début la route est monotone puis reviennent les montagnes laotiennes, les pentes à 12% et nous retrouvons des paysages sympathiques. Puis les yeux piquent… mais à cause de la fumée : des feux de forets partout, sur des pans de montagnes entiers et cette fois ils ne sont pas sur le point de s’éteindre : ils sont en cours ! Moi je me demande si c’est intentionnel ou pas mais le Barbu est sur que c’est accidentel, du à la sècheresse. Effectivement, le soleil bastonne toujours terriblement…

J9 Laos-2

J9 Laos-4

J9 Laos-6

J9 Laos-7

J9 Laos-8 Tu m’étonnes que ça pique les yeux…J9 Laos-9

On arrive en fin d’après-midi à Thatom, apparemment une fête de village se prépare. On fait un peu de repérage aux alentours pour trouver un point de campement, je trouve un petit champ bien isolé accessible par un sentier. C’est une plantation d’arbres tous jeunes, il y a une cabane en bois sur pilotis et… un obus à l’entrée du champs !

Coucou je suis un obus.P_20160325_085331

Mon ventre crie famine je vais engouffrer un bol de noodle soup au village, puis on va se baigner dans la rivière pour se débarrasser de notre pommade au souffre. Depuis la rivière on voit au loin d’autres feux de forêt dans la montagne d’en face. On retourne au village de nuit pour voir l’ambiance mais c’est plutôt calme, le Barbu grignote quelques brochettes et moi je sirote une bière aux glaçons (coutume lao) avant d’aller planter le campement de nuit. Je m’occupe de la tente et le maitre du feu dompte les bambous pour nous faire un peu de lumière et chaleur tandis-ce que je reçois le coup de fil d’Eric pour Allo la planète qui me pose quelques questions sur le Laos !

J10 – Vendredi 25 : de Thathom à Ban Pakngeun(100 km)

La nuit avait bien commencé, chaude et tranquille… et il s’est mis à pleuvoir, juste quelques minutes. Rien d’alarmant, je met la bâche sur le toit et me rendors.

Puis un peu plus tard je me réveille, la bâche s’envole, le vent souffle sur la tente et il pleut comme vache qui pisse. Le ciel gronde, des éclairs embrasent le ciel. Oups.

C’est un peu la bérézina on décide de rapatrier les affaires sur la cabane, et les scooters sous le grand bambou. Puis je décide de mettre la tente dans la cabane aussi, tant qu’à faire. Une fois ce fait, on réalise qu’on est trempés jusqu’aux os, il faut mettre tous nos vêtements à sécher, jusqu’aux sous-vêtements ! On les pend aux poutres de la cabane, nous changeons avec des habits sec et retournons sous les couvertures dans la tente, cette fois protégée de la pluie et des éclairs. Le matin se lève, il pleut toujours.

Séance de pop corns très matinale à regarder la pluie tomber depuis notre abri de fortune 😀

camper sous la pluie

Toutes nos affaires sont mouillées, alors on attend qu’il fasse meilleur. Au bout d’un moment, il ne fait toujours pas meilleur, mais la pluie se calme donc on replie tout le bazar et partons au village faire le plein (le Barbu tombe d’ailleurs en panne d’essence sur le chemin de la pompe) et nous réchauffer avec du riz gluant avec des délicieux légumes sautés au soja avec plein d’ail et d’oignon jeunes pour moi (miam) et du canard pour le Chti. Mais il pleut toujours et encore, et on est gelés. Dès que ça se calme un peu, ni une ni deux on essaye d’avancer jusqu’au prochain bled à 29km. On a de la bruine dans les yeux, ça pique on y voit rien et on avance comme des pépés, mais on avance. On fait des pauses pour s’abriter de temps en temps quand la pluie repart de plus belle et finalement, village après village, pause après pause, on arrive à Thasi. Ici il y a une guesthouse, au cas où il pleuvrait toujours, la prochaine ville étant à 100km. On réchauffe nos os trempés avec une délicieuse noodle soup. Moi je m’équipe un peu mieux : chemise, pull-over, K-way et la veste militaire trempée par dessus. Et dès que la pluie se calme, on saute sur les scoots et on y va, en espérant qu’après quelques cols on retrouve le soleil…

J10 Laos-1 Le gris-bleu et le vert se marient bien…J10 Laos-2

Et effectivement après quelques kilomètres glagla mouillés, une éclaircie ! Et il arrête de pleuvoir. On passe par de magnifiques plateaux à fond à la caisse, dont un village où la route constitue une immense ligne droite traversée par des dizaines de poulets suicidaires qui se jettent et font demi-tour devant les roues des véhicules. Et notre premier panneau « cote 12% » de la journée… et sera loin d’être le seul ! On grimpe, on grimpe, ça serpente enfin on se fait plaisir à rouler même si un nouveau ennemi vient contrarier notre amusement : le vent glacial. J’ai désormais l’impression de conduire un jet ski, j’ai la même impression de froid et de vitesse que j’ai pu avoir en skiant mouillée dans une tempête de neige. Sauf que là je suis en scooter dans des forêts laotiennes mais bon.

J10 Laos-4 Les nuages commencent à monter et nous libérer la voieJ10 Laos-5 Cap sur les montagnes !J10 Laos-6

Les paysages magnifiques commencent à se dérouler sous nos yeux…

On a un passage de route « montagnes russes » vraiment trop marrant, et des descentes à 10, 11 et 12% qui mettent bien à l’épreuve mon frein arrière mal réglé.

J10 Laos-7

Laos du milieu roadtrip moto scooter

J10 Laos-9

Laos du milieu roadtrip moto scooterCa monte, ça descend, ça tourne, le macadam est lisse… les montagnes russes version scooter avec décors de rêve !Laos du milieu roadtrip moto scooter

J10 Laos-14

Lorsqu’on descend le dernier col… PAN panorama de malade (qu’est-ce que je m’exprime bien) : des montagnes, certaines avec le pic dans les nuages, des arbres géants. Enfin ça quoi :

Laos du milieu roadtrip moto scooter

Laos du milieu roadtrip moto scooterLes arbres géantsJ10 Laos-17

Alors qu’on arrive à mon épingle sur la carte, on traverse un pont et là sur la gauche le Chti a repéré une pelouse le long de la rivière et au pied d’une colline karstique qui sera idéale pour camper. Il y a un monastère à côté. On met tout notre petit bazar à sécher de la veille et espérons que les nuages ne nous rattraperons pas jusqu’ici, 100 km plus au sud. Le soleil nous réchauffe et nous donne l’impression de revivre. Je fais les comptes et écris les notes du jour en sirotant mon lait de soja au chocolat au bord de la rivière, back in the game. Le Barbu fait du feu, va pêcher, va faire réparer la pédale de vitesse de son scooter et ramène des bières, puis ramène des noodle soup un peu trop pimentées à emporter, et je me couche en espérant qu’il ne pleuvra pas.

on campe au pied de ce gros caillou
Laos du milieu roadtrip moto scooter Et au bord de cette jolie rivièreJ10 Laos-19à table !J10 Laos-20

J11 – Samedi 26 : de Ban Pakngeun à Lak Sao (128 km)

Pleuvra, pleuvra pas ?

Pas de pluie… mais on s’est sacrément caillés, on a tremblé et grelotté sous notre fine couverture. Réveil difficile donc, je suis sacrément gronchon, et pour couronner le tout, on a des spectateurs pour le repliement du camp : trois chasseurs en vieux fringues militaires récupérés et leur deux chiens. Heureusement ils ont laissé leurs fusils automatiques en haut. Le Barbu qui s’est remis à pêcher attrape un poisson très étrange, je lui dis de le relâcher au plus vite pour ne pas qu’il souffre trop longtemps… mais il n’arrive pas à décrocher l’hameçon. Un des chasseurs se rapproche avec une machette et charcute le poisson encore vivant, puis il le jette au chien, qui n’y touchent même pas. Quel gâchis. On replie, on fait le plein et mettons les voiles. Plus de pluie ni de vent glacial aujourd’hui mais il ne fait pas chaud pour autant.

Les 33 km jusqu’à Vieng Thong glissent tout seuls. On déjeune sur place et un peu après la ville on retrouve avec mon GPS le point de nos premiers mille kilomètres du road-trip en scooter !

Le paysage évolue au fur et mesure que l’on descend, la route est plus droite, et les montagnes font place à des plaines parsemées de collines boisées ou rocheuses.

J11 Laos-1

J11 Laos-2

J11 Laos-3

J11 Laos-4 Les arbres qui poussent sur la rocheJ11 Laos-7

J11 Laos-6Ca y est, c’est plat !
J11 Laos-8

Alors que l’on tourne à gauche à la jonction pour Lak Sao, un panneau indique des « natural cold pools », on a bien besoin d’une pause alors on va y faire un tour. Sur place bien sur il faut payer un droit d’entrée comme quasi chaque curiosité au Laos (5000 kip/pers soit 0,55€). Sur place on croise pas mal de backpacker dont un couple de français qui nous apprend que l’on est sur la « loop » donc pas mal de gens louent des scooter ou motos à Thakhek et font le tour en quelques jours s’arrêtant aux curiosités qui jalonnent le parcours (grottes, etc).

J11 Laos-9

Après que le Chti ait piqué une tête dans la « piscine naturelle froide » (trop froide pour moi) on abat donc les 34 km qui nous séparent de Lak Sao.

Pour une raison que je détaillerai pas ici, j’ai pris la mouche et me suis mise en colère contre le Barbu et me suis donc retrouvé à tailler devant et comme cette portion de route présentait pas mal de lignes droites plates j’ai pu prendre connaissance de la puissance de mon vieux véhicule. Et puis au bout d’un moment comme ça allait trop vite et que j’avais du vent de face j’ai un peu ralenti, et puis je ne voulais pas trop tirer dans les dents de ma bécane, fallait encore qu’elle roule plusieurs milliers de kilomètre !

J11 Laos-10

A Lak Sao nous allons au marché et nous trouvons une troisième couverture bien moelleuse et pas trop volumineuse, nous voici sauvé des froids nocturnes. On mange au resto où je recharge la batterie de l’appareil photo et partons à la recherche d’un coin tranquille ou camper dans le vent terrible et la nuit qui tombe. Finalement un peu après la ville on se trouvera un bosquet depuis un chemin de bord de route, où le sol est bien moelleux, nos arbustes nous protégerons bien du vent et la couverture en plus du froid !

Meilleure nuit pour moi, mais pas pour mon Barbu qui a fait des cauchemars à cause des bruits du vent dans les arbres (ah les bruits de la natuuuure).

J12 – Dimanche 27 : de Lak Sao à Thakhek (152 km)

J12 Laos-1

Petit déjeuner de beignets et on se met en route, on a un barrage à traverser aujourd’hui. On roule de bon matin vers 7h, j’ai vite les mains congelées mais le soleil du matin et les villages qui s’activent sont tellement agréables. La route perd très vite son goudron, on progresse sur les graviers et la poussière, et à une déviation d’un pont en travaux des camions aspergent la route, je fais une belle glissade dans la gadoue rouge mais reste en selle, seules mes chaussures en auront pâti. Après un col, ça ne fait que descendre en jolies courbes et on retrouve du goudron. La route est escortée par des rangées de plumeaux qui dansent avec le vent, on ses fait des petites pointes de vitesse sur les lignes droites quand soudain à un pont :

J12 Laos-2

J12 Laos-6

J12 Laos-7

C’est donc ça le « lac » causé par le barrage… des morceaux de foret inondés et les fantômes des arbres passés toujours plantés les pieds dans la flotte. Lugubre paysage.

Les plumeaux:J12 Laos-4

J12 Laos-3

On fait une pause noodle soup pour se réchauffer à Thalang située sur le lac, puis on reprend, le paysage est assez fou mais pas forcement plaisant. La route descend ensuite en lacets serrés sur plusieurs kilomètres avec des portions à 12% et on arrive à la centrale électrique. Ce barrage est bien différent de ceux que l’on a pu observer : pas de grande retenue d’eau par un mur en béton, mais comment ça marche ? Désormais il y a de puissants courants encadrés par des canaux artificiels. Et puis le retour des lignes droites, paysage quelque peu lassant… mais au loin on voit que les collines vont revenir donc on roule à bonne allure.

Une barque un peu spéciale à Thalang…J12 Laos-8Petite pause gouter (à 11h30 du mat oui je sais) dans ce petit coin très joli.roadtrip laos du milieu scooter moto

J12 Laos-10

J12 Laos-12

roadtrip laos du milieu scooter moto

Et puis c’est droit, on roule. Ma jauge d’essence nous trompera et le Barbu tombera en panne donc mission 10km jusqu’à la précédente station haha.

On n’a pas trop envie de faire une grotte, il fait désormais une chaleur atroce et sur la carte de la « loop » un lac est indiqué. On va voir et il s’agit en fait d’une rivière aux eaux transparentes et turquoise où il fait bon se baigner. C’est dimanche, plusieurs groupes de Lao sont d’ailleurs là pour en profiter avec caisses de Lao beer et musique. On se dit que l’on va camper là mais on a ni eau ni nourriture, moi je suis un peu en faiblesse avec la chaleur, on va donc à la ville se provisionner.

Ma que calor (oui j’essaye d’apprendre l’espagnol)J12 Laos-14

J12 Laos-15 On s’est trompé de chemin mais c’était fort joliJ12 Laos-17

J12 Laos-16

Première apparition du Mékong avec les scooters, et en face, la Thaïlande que nous avons quitté il y a un bon mois.J12 Laos-18 Le joli front de rivière de ThakhekJ12 Laos-19

Et on retourne à la rivière, cherchons un coin pour camper tranquille. Après un essai infructueux nous trouvons finalement the spot, même si l’on dormira en pente ! Un petit bain décrassage pour moi, on mange nos trouvailles du marché réchauffées au coin du feu mais ce n’est pas fameux, quelques beer Lao au coin du bec et je m’endors comme un bébé, bercé par le fracas du vent dans les arbres.

J12 Laos-20

La suite la vendredi prochain, ça va swinguer dans les chaumières avec nos premières aventures sur pistes, des villages ethniques et de la savane laotienne 😉

You Might Also Like

Teyzit beach : une splendide plage sauvage au Myanmar

By 11 avril 2016 Carnets de Voyage, Myanmar

Hello ! Et oui nous n’avons pas pu traverser le Myanmar depuis l’Inde suite à nos péripéties, mais nous avons quand même décidé d’y faire un tour depuis la Thaïlande et utiliser nos visas. Nous nous sommes donc rendus dans le sud du pays, apparemment encore peu exploré et pas encore exploité par l’industrie du tourisme (ouf… mais ça va venir). Partis avec le breton Nico rencontré à Bangkok, nous avons rallié la ville Dawei depuis Kanchanaburi en Thaïlande… Et après avoir un peu galéré à faire du stop sur la piste coté Birmanie nous avons finalement payé un pick up qui s’est pris pour Mickael Schumarer, et un fois arrivés à Dawei nous avons pu louer des scooters pour explorer les plages des environs, réputées splendides… et on a pas été déçu.

Je vous emmène en photo à la plage sauvage de Teyzit beach, longue bande de sable fin accessible via une piste qui grimpe dans les collines, et bordée uniquement d’un petit village de pêcheurs. On a eu la chance de bénéficier d’une lumière incroyable !

Sur la route

Dawei Teyzit beach-1

Dawei Teyzit beach-3

Dawei Teyzit beach-2

Dawei Teyzit beach-4

Dawei Teyzit beach-6

Dawei Teyzit beach-5

Des copains de route 😀Dawei Teyzit beach-7

Dawei Teyzit beach-8

On arrive au villageDawei Teyzit beach-9

Sorte de zone étrange avec les bateaux échouésDawei Teyzit beach-10

Dawei Teyzit beach-11

Dawei Teyzit beach-12

Dawei Teyzit beach-13

Dawei Teyzit beach-14

Dawei Teyzit beach-15

Dawei Teyzit beach-16

Teyzit beach

Dawei Teyzit beach-17

Le village de pêcheursDawei Teyzit beach-18

Dawei Teyzit beach-19

Dawei Teyzit beach-20

Dawei Teyzit beach-21

Dawei Teyzit beach-22

lumière incroyable (et flash)Dawei Teyzit beach-23

Dawei Teyzit beach-24

Des birmans qui roulent comme des dingues sur la plage en criant youhou alors on a eu envie de faire pareil !Dawei Teyzit beach-25

Dawei Teyzit beach-26

En vidéo :

Dawei Teyzit beach-28

Dawei Teyzit beach-29

Dawei Teyzit beach-30

Dawei Teyzit beach-31

Dawei Teyzit beach-32

Dawei Teyzit beach-33

Dawei Teyzit beach-34

Dawei Teyzit beach-35

Dawei Teyzit beach-36

Dawei Teyzit beach-37

Dawei Teyzit beach-38

Dawei Teyzit beach-39

Cette lumière !!!Dawei Teyzit beach-40

la rivière fait de drôles de vagues :Dawei Teyzit beach-41

Dawei Teyzit beach-42

Dawei Teyzit beach-43

fin de journéeDawei Teyzit beach-44

Dawei Teyzit beach-45

Dawei Teyzit beach-46

Alors, heureux ? 🙂

You Might Also Like

On a failli aller en Birmanie par la frontière terrestre Inde-Myanmar

By 10 avril 2016 Carnets de Voyage, Inde du nord, Myanmar, Pratique
frontière terrestre Inde-Myanmar

Petit billet d’humeur que j’avais écris en Inde du nord-est à propos de la frontière terrestre Inde-Myanmar, au moment où l’on a appris ben qu’en fait malgré tous nos efforts, et bien là on était impuissant, le gouvernement indien venant de fermer la frontière aux étrangers, frontière qui avait été ouverte toute l’année (et, nous l’apprendrons plus tard, rouvrira deux semaines après).

J’ai tout bien fait comme il faut. Je vous promets. Mais là, je suis vaincue. L’armée indienne se met en travers de notre chemin, et à une semaine de notre passage de frontière, l’Inde ferme sa frontière avec la Birmanie aux étrangers pour une durée indéterminée.

Et oui. On avait fait notre demande de permis à une agence de tourisme birmane pour traverser la frontière terrestre Inde-Myanmar, ouverte aux étrangers depuis peu.

On avait fait notre demande de visa Birman à Calcutta.

On s’était pris la tête pendant un mois pour pouvoir réussir à effectuer le payement à l’agence birmane.

D’abord on a voulu faire un virement mais avec les coordonnées bancaires que l’agence nous a donné impossible de le faire depuis nos banques en lignes via internet. Donc j’ai contacté ma banque en France, comme c’était dimanche, il aurait fallu attendre deux jours avant d’avoir un retour mais en plus mon banquier était en (petits heureusement) congés. Il me dit pas de problèmes je fais ça. Il fait ça. Puis quelques jours plus tard dans un internet café, il me dit qu’en fait la France a un embargo avec le pays dans lequel était située la banque à laquelle faire le virement. Il faut que j’imprime un papier, le remplisse, le signe, le scanne et lui renvoie. Et que je joigne une facture de l’agence de tourisme. Ce qu’elle ne pas fourni malgré plusieurs demandes. Je les recontacte, cette fois (quelques jours plus tard donc) j’arrive à avoir une facture. Mais dans le mail mon contact me dit qu’en fait je peux faire un payement en ligne sur internet. Ce qu’elle ne m’avait jamais dit auparavant. De plus, je découvre que le virement a l’étranger a engendré 50€ de frais dont je n’avais pas été informée au préalable. Mail au banquier : on annule tout, et je veux être remboursée des frais dont je n’avais pas été informée au préalable. On essaie le payement en ligne. CB 1 : code d’activation par SMS. CB 2 : idem. CB 3 : pareil, et en plus je n’ai plus de sous dessus, et pour mettre des sous dessus je dois me faire un virement banque 1 à banque 2 que je dois valider… par un code reçu par SMS.

Et pas de chance, dans les états du nord-est de l’Inde, notre opérateur téléphonique français (Free) ne capte pas. Mais pas du tout. Et un ami français à nous ne peut même pas accéder à sa webmail free, l’opérateur est bloqué bloqué.

Donc pas possible de payer comme ça là où on est, et on n’est pas prêt de quitter la région, au contraire, on va s’y enfoncer de plus en plus profondément. Juste avant de nous rendre au Nagaland par le nord, nous allons essayer d’autres alternatives : essayer de changer le numéro français par mon numéro indien chez ma banque en ligne. (Mais bon en fait ça ne sert à rien car on ne peux pas virer des sous dessus).

Sur la banque du chti, pas possible de faire ça. Je fais l’opération pour modifier le numéro et ça bug. J’envoie un mail à ma banque en ligne. Désespoir. Puis une idée. Je vais demander à ma mère, qui est très réactive par e-mail et sait faire des paiements en ligne, de l’effectuer pour nous et nous la rembourserons lorsque nous serons en Birmanie en espérant que Free passe là bas. On est rassurés par cette idée.

Nous allons pour prendre notre Jeep partagée pour aller à Mon au Nagaland. On marche deux kilomètres avec les gros sacs jusqu’au parking des sumos. Quand on arrive, pas de véhicule, mais un mec près du guichet.

« Pas de voitures aujourd’hui, glissements de terrains, route impraticable ».

Demi-tour, on va essayer d’aller au Nagaland par le sud. 3 jours de voyage. Ma mère a effectué le paiement. On reçoit le permis. On est sauvés youpi.

Bon comme il fait vraiment trop froid au Nagaland, on va à Manipur, l’Etat où on passera la frontière terrestre Inde-Myanmar. Il nous reste deux semaines avant le passage de frontière (oui on a un seul jour précis à déterminer lors de la demande de permis pour le passage de frontière).

On y reste une semaine, pas grand chose à faire, rien n’est compliqué mais rien n’est simple.

On décide d’aller passer une semaine dans l’état de Tripura à 400 bornes de là environ par la route. Deux jours de jeep partagées, les pires routes qu’on ai vues en Inde, des bouchons de 1h30 immobilisés à cause de camions, de la poussière, des bosses, des virages de ouf, des passagers qui vomissent à la fenêtre (ou dans la jeep), 12-13h de route par jour. Mais des paysages incroyables !

Etat de Tripura, enclavé dans le Bangladesh. Il fait chaud, la bouffe est meilleure qu’à Manipur (d’un coté easy de rivaliser avec leurs bouillies cheloues, leur chou à l’eau et les étals de têtes de poisson et pâtes de poulet), et c’est joli.

Une semaine à Agartala, on trouve un hôtel chouette qu’on négocie bien, staff sympa, on part deux jours visiter les environs. Alors qu’on est dans les environs, tremblement de terre à 4h37 du matin.

Le chti « Aurore tremblement de terre »

Moi « mmmh. Oui je sais »

Le chti « Aurore, tremblement de terre »

Moi  « oups. »

Ca dure 1 petite minute, le chti descend fumer une clope. Quand il remonte il me dit qu’il n’a pas pu sortir, les grilles de l’hôtel sont toutes fermées (et il y a des grilles aux fenêtres). Heureusement, pas d’autre tremblement, on se rendort. Au matin, un des staff de l’hôtel nous dit que l’épicentre était à Imphal, état de Manipur (où on a passé une semaine quelques jours auparavant) que des immeubles sont tombés, qu’il y a eu des morts et blessés. On l’a échappé belle. Dans l’état de Tripura, on a bien eu les tremblements et heureusement, pas de dégâts humains ni matériels. Par contre si l’épicentre était à Imphal ça a aussi tremblé coté birman et donc à la frontière, et possiblement sur la route que l’on a pris pour venir d’Imphal à Agartala, une partie étant dans les montagnes. Et au moment où l’on a pris cette route, des tractopelles nous ont immobilisées un moment à un endroit pour déblayer et prévenir des glissements de terrain.

Cette route sera t-elle accessible ? Ou faut il que l’on prenne un avion ? L’aéroport fonctionne t il correctement ?

On rentre à la capitale, Agartala. On va se renseigner, office du tourisme, coup de fil, apparemment c’est bon pour la route et pour l’aéroport.

Je reçois un mail d’Eric, notre ami français qui, comme nous, a eu envie de passer en Birmanie par la terre et qui a eu des problèmes avec sa boite mail free. Il me dit que le contact à l’agence de tourisme que je lui ai communiquée lui a dit qu’elle ne pouvait pas lui émettre de permis car l’Inde a fermé la frontière. N’ayant reçu aucune nouvelle de la part de l’agence à ce sujet, je leur envoie un mail.

Le lendemain, on va acheter nos tickets de bus dans le but d’entamer notre voyage vers la frontière, 3 jours de route.

Puis le soir on va à l’hôtel d’à côté squatter le wifi du restaurant, mail de l’agence :

« la frontière est fermée depuis hier pour les étrangers du coté Indien. Du coté birman c’est bon. On ne sait pas quand elle rouvrira pour les étrangers. »

Coup de massue.

« on va vous rembourser. Vous pouvez venir par avion. »

On regarde les avions : depuis Agarlata, Imphal pour la Birmanie : trop cher. En passant par Calcutta : toujours une fortune. Et puis finalement, Agarlata-Bankok : pas cher du tout.

Demain on vérifie en passant quelques coups de fils que la frontière est bien fermée, et si oui, on va en Thaïlande. Nous qui voulions éviter l’avion à tout prix, la border-police indienne aura eu raison de nous.

Pourtant j’avais tout donné, tout fait comme il faut.

Je bois une bière, je suis triste.

Alors pour la bière, c’est jeudi. Le jeudi, à Agartala, les booze shop sont fermés. On vient de l’apprendre. Mais astuce, il y a une trappe dans le rideau de fer. (En bas à droite). Il faut passer les billets dans la trappe et on a des bières. Voilà.

Les frontières c’est vraiment une invention débile.

You Might Also Like

Bécane et Pétrolette #2 : le nord-est du Laos, entre grottes et cascades

By 4 avril 2016 Bécane et Pétrolette, Carnets de Voyage, Laos

La suite de notre road-trip en scooter, désormais dans le merveilleux nord-est du Laos après avoir passé sa nonchalante frontière…

J6 – Lundi 21 mars 2016 : de Vieng Xai aux Tad Saleuy waterfalls, en passant par l’hôpital de Xam Neua (62 km)

On prend notre temps et profitons du matelas. Nous partons (petit-déjeuner) vers 11h au restaurant de la guesthouse sur le lac sur les conseils de notre rencontre de la veille : il avait raison, c’est copieux !

Le ventre bien plein nous prenons la route, nous n’irons finalement pas visiter les grottes de Vieng Xai (obligés de prendre un tour guidé de 3h, l’un à 9h l’autre à 13h) car nous avons loupé celui du matin et celui de l’après-midi nous bloquerait en ville. Un peu à regrets, mais à la place nous avons décidé de faire du kayak dans une grotte et visiter l’hôpital militaire dans la grotte adjacente. Après un soucis mécanique sur la route vite réglé (la pédale de vitesse du Honda n’enclenchait plus), nous voici embarqués dans cette histoire de Kayak.

j6-laos-1-vsco.jpg.jpeg

Un ado lao nous guide à l’entrée de la grotte, où trois autres jeunes Laos attendent aussi pour faire du Kayak. Il s’agit pour être plus précis de barques en plastique avec des tabourets et rames en bois, un mélange original. Armés de nos lampes frontales, nous voici prêts à ramer pour s’enfoncer dans l’intense noirceur de la grotte. Nous voyons apparaître des stalactites de toutes formes, dont certaines ressemblent effectivement à des méduses, des fois nous devons baisser la tête et éviter des stalactites… parfois le plafond est si haut qu’on le distingue à peine… puis au bout d’un moment, la lumière au bout du tunnel. On se retrouve alors sur une petite rivière luxuriante entourée des collines karstiques abritant elles aussi certainement d’autres grottes. Puis une chute d’eau, il nous faut faire demi tour, retour à l’obscurité et au calme de la grotte. Calme relatif car on rigole bien à se cogner partout avec notre canot en plastique, et les Laos qui sont trois sur le leur ont aussi l’air d’avoir des soucis de navigation !

j6-laos-6.jpg.jpeg

montage grotte laos

Nous visitons ensuite le reste des cavités, à savoir qu’un hôpital militaire était installé dans ces grottes pendant la guerre. Il y a des escaliers et des pièces, mais pas de meubles comme à Viang Xai.

J6 Laos-5

Après ces aventures spéléologiques, roulez jeunesse, on a des cols à passer ! Nos scooters grimpent vaillamment et nous pouvons à présent observer les paysages montagneux environnants depuis les crètes que l’on longe, monte et descend. Nous finissons par arriver à Xam Neua, la capitale du district, et demandons au point tourisme notre chemin vers l’hôpital, pour voir un docteur à propos de nos démangeaisons.

Là c’est drôle. On arrive donc à l’hôpital, tout est écrit en caractère Lao évidemment donc on entre dans un premier bâtiment, une femme nous montre les escaliers du doigt, donc on monte. On se retrouve dans une sorte de salle d’attente où le personnel, exclusivement féminin, se tourne gentiment les pouces. Ca glandouille sec. On essaye de leur demander à voir un docteur (l’une d’entre elle pourrait être docteur ce n’est pas ce que je veux dire), mais un docteur qui parle anglais, le monsieur de l’office du tourisme nous a dit qu’on en trouverait UN à l’hôpital. Devant l’incompréhension générale, même face à nos mimes (le Barbu se fera ramener un stéthoscope haha) je brandis sur mon portable une capture d’écran de la traduction de « gale » que j’avais cherché sur internet quand j’en avais (pas folle la guêpe). C’est alors qu’une des nanas nous prend en main et nous emmené dans un autre bâtiment où il y a effectivement l’accueil, et comme en Thaïlande, les guichets 1, 2, 3, 4 etc. Donc guichet 1, identité : l’une écrit, l’autre mâchonne des fruits qu’elle trempe dans du piment sec. Elle en offre un au Barbu qui manque de s’étrangler avec. Guichet 2 : pesée et tension (ils ont prit l’identité du Barbu et mon poids et ma tension ndlr). Guichet 3 : on paye 10 000 kips pour la consultation (1,10 €) et là le docteur qui parle anglais arrive miraculeusement. Il nous emmène dans son bureau où une de ses collègues ne manque pas de s’étonner de ma grande taille et commence à nous interroger. On lui explique nos symptômes et il pense à une allergie. On lui parle quand même de la gale, et lui montrons la traduction en Laos, mais il dit qu’il ne pense pas, qu’on a qu’à prendre les antistaminisques pendant deux jours et que si ça ne fonctionne pas, on l’appelle et on revient, il nous dit qu’il est le deputy director de l’hôpital (rien que ça, on est bien reçus !). Alors que nous passons au guichet 4 pour montrer l’ordonnance, nous pouvons observer le personnel qui fait une pétanque dans la cour et d’un coup un veau arrive et commence à se frotter à un des joueurs. Si si, je ne vous raconte pas un de mes rêves farfelus, nous avons vraiment pu observer cette scène. Juste après que la femme du guichet 4 ait fini de jouer sur son portable et ai passé l’ordonnance, nous pouvons récupérer nos petites pilules au guichet 5… et apparemment pas besoin de payer. Tout cela était bien amusant, et comme il n’est pas tard, nous reprenons nos fidèles destriers et taillons la route en nous marrant !

 

Paysages routiersroad-trip en scooter nord LaosAprès le sacré col à grimper…
J6 Laos-8Des routes de crêtes qui zig-zag pour notre plus grand bonheurj6-laos-11-vsc.jpg.jpeg

j6-laos-10.jpg.jpeg

Sur la route, entre deux montagnes on traverse un petit pont dans une vallée mignonne tapissée de rizières en terrasses non cultivées et je vois un panneau « hot springs » de Na Meuang. On tourne dans le village, achetons une beer Lao fraiche et entamons les quelques kilomètres de pistes. Evidemment à un moment on se trompe d’embranchement et finissons dans un champ, un fermier nous redirige et on trouve finalement cette source chaude, installée au milieu des rizières. Le soleil commence à décliner, gros cercle orange au dessus des montagnes.

Na Meuang sources chaudes

Les sources sont aménagées en un grand bassin circulaire et quelques cabines de bain privatives, il n’y a personne donc on se jette dans le bassin ! L’eau est chaude mais pas brulante, elle flotte bien… c’est tellement agréable après une journée sur les routes. Un jeune homme arrive, il nous salue et commence à faire sa toilette de l’autre coté du bassin, il se frotte la peau avec des pierres, et discute avec le Barbu.

Allez au bain !Na Meuang sources chaudes

Une fois nos ablutions terminées, on se remet en route car le soleil vient de nous dire bye bye par derrière la montagne, et on ne peut pas camper là, on va pousser jusqu’aux waterfalls que j’ai repérées sur la carte.

 

Ciao sole !Na Meuang sources chaudes

Après re-des cols, des montagnes, ça monte à 10%, aille mes freins ont du mal, on arrive de nuit aux waterfalls, où nous pensions camper/manger. On se fait accueillir au loin par des « hello » enthousiaste, ça chante au karaoké, ça boit des litres de beer lao, on va être reçus !

Et ça ne manque pas, à peine commandée un quelque chose à manger on se fait inviter à une table et nous voici à trinquer avec deux joyeux gaillards et la fille de la patronne de l’établissement qui sirote ses bières avec sa petite sœur sur les genoux. Elle est fan de mon grand nez tout droit (et moi je la trouve super mignonne), elle nous met des glaçons dans nos bières, on trinque, on essaye de communiquer comme on peut, ils nous invitent à manger leur sticky rice et plats de légumes et viande car ils ont déjà bien mangé. Après toute cette ripaille, nous payons nos deux soupes mais la bière, c’est pour eux ! Décidément les Laos savent recevoir. Nous allons planter la tente pas loin de la cascade sur un replat et je passerai ma nuit la plus glaciale.

J7 – Mardi 22 mars 2016 : des Tad Saleuy waterfalls à la Tham Piew cave (144 km… de montagnes!)

tete dans le fion

Levée les yeux bouffis de cette nuit difficile (illustration ci-dessus), le Barbu fait du feu pour nous réchauffer en attendant le soleil et nous grignotons quelques biscuits. La patronne vient nous voir, nous vend les tickets d’entrée pour la cascade et nous demande si l’on a à manger (tout ça par gestes évidemment hein, on ne parle pas encore Lao couramment), puis elle s’éclipse. Elle revient avec un sachet de sticky rice tout chaud et jette trois –ce que je crois être des épis de maïs dans notre feu, nous sourit, puis repart. On la remercie chaudement et nous jetons sur le riz. Une fois nos épis bien chauds, on se rend compte qu’il s’agit en fait de sorte de cœur de palmier, on mange ça un peu n’importe comment. Le soleil ayant pointé le bout de ses rayons, on laisse la tente à sécher et partons escalader les côtés de la cascade : on en voit qu’une mais il s’agit en fait d’un ensemble de trois cascades qui fait plus de 100m de long.

Tad Saleuy cascade nord laos

Tad Saleuy cascade nord laos

Tad Saleuy cascade nord laos

Alors que nous remballons nos affaires, le Barbu va pour jeter un truc à la poubelle dans la cour, et la Mama lui dit de venir manger : nous voici donc attablée avec sa fille avec qui nous buvions des bière la veille, la Mama et la petite fille. La table est chargée de victuailles comme dans tout repas Lao que nous avons pu voir, et elles nous intiment l’ordre de manger. On s’exécute, et c’est délicieux. Des mecs arrivent, l’un deux sort une bouteille de derrière les fagots avec des morceaux de canne à sucre dedans. C’est bon pour les genoux/coudes qu’ils nous disent (on va traduire par c’est bon pour les articulation). Le Chti s’exécute « si c’est bon pour les g’noux, hein ! » et hop il s’envoie un shooter derrière les oreilles à 8h du matin. Ca lui rendra le virage léger on va dire. Après cela, nous prenons congé de nos hôtes, tellement adorable, et nous commençons nos ascensions montagneuses. On roule tranquille car je n’ai pas les yeux en face des trous et le Barbu les a un peu trop aha !

La route est agréable de bon matin, c’est silencieux, il n’y a personne, le soleil ne tape pas encore trop fort. On monte, on descend, ça tourne tout le temps, c’est joli, parfois on traverse un village, manquons d’écraser une poule suicidaire qui fait des allers-retours au milieu de la route… et puis d’un coup, ça cogne. Le soleil envoie du gros pâté. Moi en veste et foulard pour que mon casque tienne sur ma tête, si je m’arrête, je sue. Donc crème solaire sur mon grand museau qui plait tant aux demoiselles Lao et on fait du vent avec nos bécanes.

J7 Laos-8

J7 Laos-7

J7 Laos-9

j7-laos-10.jpg.jpeg

On fait une pause repas à Nam Neum qui est dans une vallée où coule une rivière, mais sans charme. On parvient à obtenir du sticky rice et des légumes (en leur montrant ce qu’on voulait, sinon c’est noodle soup à tous les repas). D’ailleurs, maintenant on sait dire riz : « kao ». Mot un tant soi peu utile. Les légumes sont délicieux et si on avait pas l’impression d’avoir faim on se jette dessus. J’avais repéré un chemin pour accéder à la rivière, car le Barbu veut laver nos bécanes, qui commencent à être bien poussiéreuses des kilomètres enchainés. Il fait la sieste sous le pont alors que je lave la mienne puis fait un petit saut dans l’eau car la chaleur est écrasante. Alors qu’il lave la sienne, c’est l’heure du bain pour les enfants du village, qui débarquent en courant dans l’eau, certains avec des bouées et un une chambre à air de camion. Ca se la coule douce. Mais pas le temps de roupiller, on ne va pas coucher là et on a une grosse étape, on se dit que l’on va avancer autant que possible car entre ce bled et le prochain « vrai » bled… il y a 84 km et vu le tracé des routes ce ne va pas être de la plaine toute droite (et tant mieux).

Nos bécanes affrontent sans broncher les routes de montagnes. Le Barbu se demande quand on va arrêter de monter car à chaque fois on voit les sommets, on est tout près mais… la conte continue de grimper. Je me fais plaisir dans les virages et les montées, le Barbu se fait plaisir dans les descentes. On traverse des villages de crètes désolées ça fait vraiment western, puis on roule toute une portion au milieu de forêts incendiées. C’est vraiment impressionnant, ces forets de pics noirs, bord de route noircis par le feu, cendres qui volent. Je reçois même une feuille carbonisée emmenée par le vent.

A un moment, on s’arrête contempler un pan entier de montagne boisée tout juste brulée, fumant encore. Alors que l’on repart, une branche enflammée dépasse sur la route…

J7 Laos-11

J7 Laos-12

J7 Laos-13

J7 Laos-15 Forêt noire…J7 Laos-16

feu foret laos

J7 Laos-20

J7 Laos-21

Après toutes ces montées, la descente d’enfer arrive : sur des kilomètres et des kilomètres, ça serpente, les oreilles se bouchent et on voit le paysage changer. Le soir commence à tomber et on se prend des courants d’air froid et chaud, et d’un coup, on aperçoit l’immensité des plaines. Notre épisode montagneux serait-il fini ? C’est sur que non, on doit traverser tout le pays et il est sur qu’il y a plein de montagne au centre et le plateau des Bolovens, mais une page se tourne.

Nous voici en ligne droite dans la plaine, lorsqu’on voit un panneau « historical caves ». Les panneaux sont nos amis, on décide donc d’aller voir, ça peut être un bon plan pour camper au calme et visiter au matin.

Sur la route on discute à un jeune Lao qui parle bien anglais (c’est rare jusqu’à présent dans ces contrées) et veut qu’on l’ajoute sur Facebook puis finissons par arriver sur le site des grottes. Il y a pas mal de monde, une troupe de mec nous salent de « Hello hello ! ». Une mamie nous vend un ticket (décidément) on lui demande si on peut planter la tente tout ça elle n’a pas l’air de trop comprendre mais elle a l’air de s’en fiche un peu donc on plante la tente sur une pelouse bien proprette, et le Barbu ayant repéré un foyer le voici en mission feu tandis-ce que j’épluche les légumes.

Alors que la popote cuit sur les braises, on a la visite des mecs qui vivent dans une maison attenante au site qui viennent se réchauffer et nous voir, puis ils prennent congé poliment alors que l’on commence à manger.

 

 

J8 – Mercredi 23 : de la Tham Piew cave à Phongsavan en passant par l’hopital (60 km)

La nuit est bonne et le matin très calme et ensoleillé, on se paye le luxe d’un petit bain dans les canaux dont le fond est sablé, parfait ! Alors qu’on vient de finir de remballer nos affaires (on a pris notre temps) un bus de touristes thaïs arrive alors on se dépêche de monter les marches pour voir la grotte. Comme des quiches on n’a pas pris nos lampes torches alors on se retrouve à explorer la grotte à la lumière de mon portable, mais rien d’intéressant pour nous… peut-être avec des explications historiques mais on n’en dispose pas et le site ne présente aucun support d’information.

J8 Laos-1En route pour Phongsavan, des champs fleuris