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Asie

Bécane et Pétrolette #5 : « on dirait le sud » (du Laos)

By 29 avril 2016 Bécane et Pétrolette, Carnets de Voyage, Laos

Et oui nous avons survécu à notre Paris-Dakar Laotien, vous voici donc nez-à-écran avec l’épisode 5 du fantastique road-trip en scooter Bécane et Pétrolette, qui a bien descendu le pays… jusqu’au sud Laos.

J15 – Mercredi 30 mars : des pistes à quelques part au sud de Paksé, en passant par le plateau des Bolovens (168 km)

Plateau bolaven laos-1

« roonnk riink roonnk ». Ces petits bruits me feront ouvrir les yeux : c’est une truie qui se balade autour de la tente. Bien sur j’ai bien entendu les coqs qui chantent la pimpolaise depuis quelques heures déjà mais ça y est, il est 5h30, le village se réveille, et nous aussi.

Des villageoises défilent au robinet dans le jardin pour remplir des seaux qu’elles transportent comme des balluchons et nous faisons un brin de toilette avant de remercier nos hôtes et de prendre la dernière portion de piste jusqu’à la route.

Et heureusement que l’on s’est arrêtés au village la veille : la piste à la sortie du village passe a gué de la rivière ! De nuit ça ne l’aurait pas fait 😛

Nous voici donc à nous élancer les pieds en l’air dans la rivière. Sur la deuxième partie les galets glissent et je me retrouve les pieds dans l’eau, première fois que je lave mes Nike !

La piste par la suite traverse de charmants villages et le paysage est très joli sous le soleil matinal, le chemin est plus facile alors je me fais plaisir et met le turbo.

Plateau bolaven laos-2

Plateau bolaven laos-3

Quand j’arrive à la route, j’attends mon Chti mais celui-ci râle que je ne l’ai pas attendu. Ronchonnements réciproques, avant de se réconcilier quelques kilomètres plus tard avec des bisous sur les joues qui feront pouffer de rire une Lao. Et oui les bisous ne sont pas de coutume dans le coin ! (Tout comme les maillots de bain, on se baigne tout habillé ou en sarong pour les filles).

Petit dej à Salavan où nous dégustons notre soupe de nouilles matinale chez la charmante Nun (qui signifie « 1 » en Lao). Elle est super sympa et parle un peu anglais du coup une fois qu’on a fini de manger elle s’installe à notre table, nous apprend des mots Lao, feuillette notre guide en anglais ! Elle nous fait des jus de canne à sucre avec pleins de glaçons et une paille servis dans des sacs plastiques, c’est tout bonnement délicieux.

Plateau bolaven laos-4

Après cette chouette rencontre, direction ATM et pompe à essence, puis nous attaquons la route vers le plateau des Bolavens. Ca grimpe, c’est sympa mais pas extraordinaire, on longe quelques plantations de café.

Arrivée au « km 40 » on va voir la cascade Tad Yuang, visiblement l’attraction du coin vu le panneau. Il y a de quoi, elle est splendide !

Plateau bolaven laos-5 Tad Yuang

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Une bonne baignade et une pub tahiti douche plus tard, nous allons déjeuner dans le village et cherchons le couple de Lao qui proposerait des volontariats dans une plantation de café… mais sans succès ! Nous repartons donc sur la route, à l’enrobage parfait. En plus ça descend, et il y a des camions à doubler. Une nouvelle opportunité pour tester les capacités de ma Bécane. Elle a beau avoir été construite en 2002, elle envoie du bois et je me fais bien plaisir en fonçant vers le soleil couchant.

Un peu au sud de Paksé, la grosse ville du coin, j’ai repéré une rivière sur la carte. On va voir de quoi il en ressort. Dur dur finalement de trouver un coin tranquille pour camper, mais heureusement après le pont on trouve un chemin de vaches qui part dans un champs avec des fourrés : on a trouvé notre spot au calme. L’herbe est vraiment trop sèche donc pas question de faire un feu, et un moment la mini-forêt de bambous à côté émet un grincement/craquement effroyable. Mon chti saute au plafond « c’est des éléphants » ! Mais pas de panique, ça doit être un arbre qui est tombé. Là dessus, un film et au dodo.

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J16 – Jeudi 31 mars : de « lak 24 » à Don Khong… en ligne droite ! (113 km)

Journée ligne droite de l’enfer. On se lève avec le soleil, j’essaye de me laver dans la rivière mais l’eau stagnante pue un peu, heureusement je sens le savon. Et c’est parti pour 100 bornes de ligne droite quasi continue sous un soleil de plomb.

A un moment on tourne pour aller prendre un ferry pour éventuellement traverser le Mekong et nous rendre dans la ville de Champasak, à coté de laquelle se trouvent les ruines d’une cité ancienne. Mais le ferry pour les scooter nous fait poireauter… pour finalement nous annoncer un prix qui ne nous plait pas trop. On descend donc du ferry et reprenons la route. Ah la liberté que nous procurent nos petits véhicules, ce n’est pas négligeable. Le droit de changer d’avis.

sud laos-5

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Donc, ligne droite, soleil, ennui tout ça… et puis à un moment, un de ces fameux panneaux marrons du tourisme laotien annonce des « rapides » à six kilomètres. Allons voir ! Un petit coup de piste, un mini-village, on traverse des champs, forêts, la piste est bien bosselée mais au bout : un petit havre de paix. Les rapides ne le sont pas vraiment, cela doit être le cas lors de la saison des pluies, pour le moment c’est surtout une piscine d’eau transparente sous un magnifique arbre ombrageant tout un pan de rivière. Il n’y a pas âme qui vive aux alentours, on jette nos vêtements et nous glissons dans cette eau pure à la température parfaite. Un bain salvateur pour nos corps éprouvés par la nuit dans la moiteur de la tente et les kilomètres avalés dans la chaleur.

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Fini de barboter, il nous reste un peu plus d’une trentaine de kilomètres pour rejoindre l’île de Don Khong, très grande.

Et pas de ferry arnaqueur : cette fois il y a un pont tout neuf ! Nous rejoignions le village principal pour siroter une bière bien méritée, puis jetons notre dévolu sur une berge de Mékong au bord du village pour camper. On regarde les pêcheurs passer, ils nous tapent un brin de discute, et lorsque le Barbu lance son feu, des âmes charitables nous apportent des énormes bouts de bois. Trop sympa !

sud laos don khong-1

sud laos don khong-2

J17 – Vendredi 1er avril : de Don Khong à Don Det… on touche le sud ! (32 km)

Lever du soleil sur le Mekong, petit déjeuner de l’autre côté de l’île puis nous abattons notre plus petite étape pour rejoindre Don Det, la plus célèbre des 4 000 îles… et pas pour rien, c’est splendide !

En arrivant au ferry, nous voyons arriver un français que nous avions rencontré avec sa moto dans le nord du Laos lors de notre traversée en stop. Il est surpris de nous voir ici… avec nos montures. Il nous dit qu’il va essayer de traverser la frontière Laos-Cambodge mais qu’on lui a dit que cela n’était pas possible pour les étranger avec les motos. Nous lui souhaitons bonne chance et embarquons. J’ai repéré une guesthouse au sud de l’île qui a l’air pas mal, nous traversons donc pour la première fois les chemins bosselés de ce charmant endroit avec Bécane et Pétrolette. La guesthouse est effectivement très sympa, le sud de l’île très cool : un mix d’habitations de locaux et quelques guesthouses pas prétentieuses. La notre Mekhong Dream, est une jolie maison en bois, où cohabite une joyeuse famille : plein d’enfants, des ados, la chienne et son chiot, des chats, les poules qui grimpent sur les tables dès qu’on a le dos tourné, le tout avec terrasse et grand balcon en bois donnant sur le Mékong, juste à côté du pont français reliant Don Det à l’autre île de Don Kon.

Moi j’ai sérieusement besoin d’une vraie douche, et d’un ventilateur pour la nuit : nous sommes en pleine saison sèche et les températures grimpent vraiment haut (au delà de 40°C)… et ne redescendent pas vraiment la nuit.

Don Det-7

Nous voici donc installés… mais nous ne savons pas encore que nous allons rester un moment sur ce petit bout de paradis au rythme lao ! 😉

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Bécane et Pétrolette #4 : notre Paris-Dakar Laotien !

By 22 avril 2016 Bécane et Pétrolette, Carnets de Voyage, Laos

Episode 4 de notre saga à scooters à travers le Vietnam et le Laos, cette fois nous aurons des ennuis mécaniques… et un Paris-Dakar improvisé à la sauce Laotienne. En piste !

J13 – Lundi 28 mars 2016 : de Thakhek à Savannakhet (133 km) : le treizième jour et les galères de la Pétrolette

J12 Laos-21

Au réveil j’ouvre la tente et salue un pêcheur qui passe sur sa barque devant nous. Ce matin, nous cherchons à visiter une grotte du circuit que les touristes font en général en partant de Thakhet en louant un scoot pour quelques jours, mais celle que l’on cherche, on ne la trouve pas, on se perd dans les buissons ! Du coup on va manger une noodle soup de petit dej’ et allons en visiter une très sympa non loin de la ville. On monte les marches, il y a un petit temple bouddhiste dans une cavité, et de jolis arbres fleuris. Alors que Indiana Rory et son chapeau partent en exploration sur des planches en bois faisant office de pont vers un autre coin de la grotte, un truc tombe du plafond (une chauve souris morte ?) et elle tombe nez à… crochets avec un serpent ! Il s’enroule sur lui même et lui fait une moue de serpent menaçant puis s’en va dans un trou de la grotte. Heureusement que votre dévouée exploratrice de grotte avait pris sa lampe torche, elle aurait bien pu marcher dessus sinon !

L’entrée de la grotteJ13 Laos-1Le Bouddha de la grotte, posey.J13 Laos-3Indiana Rory et les serpents mangeurs de chauves-souris !
(Oui il fait 40°C dehors mais la meuf prend quand même son K-Way et une veste #folle)J13 Laos-5

J13 Laos-4

grottes

Après de telles émotions, nous racontons nos péripéties aux vendeuses de tickets qui discutent à l’ombre vers l’entrée de la grotte (elles sont au moins 10) mais elle ont l’air de s’en fiche un peu par contre elle trouve que ma tête vaut des pouces levés. C’est sympa, je ferai fureur dans une télénovella Lao je crois.

On the road again, direction le sud ! Nous visons Savannakhet ce soir, et j’ai vu qu’il y avait un resto japonais avec du tofu et du wifi (les priorités dans ma vie #marredelanoodlesoup).

Nous partons donc sur les plates lignes droites les plus longues du monde sous un cagnard à faire fondre un eskimo, je m’endors quasiment au guidon tellement je m’ennuie (j’avais l’impression qu’une partie de mon cerveau restait connecté à la route et gérait les trous/légères courbes/doubler un camion/ ne pas foncer dans le Chti etc.) et que l’autre partait dans ses pensées, à la koule. Même si mon rationalisme me dit que c’est plutôt dangereux, ça fonctionnait très bien.

Le Barbu se dit qu’il est temps de refaire une vérification de son huile noire qui fuit du moteur, au moins la remettre à niveau. Mais on tombe sur un garagiste chevronné qui démonte le moteur, nettoie tout, change les joints, remonte tout, vidange l’huile et en met de la tip top. Tout ça pour la modique somme de 50 000 Kips (5,50€).

Tout heureux de cette réparation espérée depuis longtemps, nous reprenons nos lignes droites et je dis au Chti d’y aller mollo. Un moment, la ligne droite monte, le chti ne va pas mollo (il faut écouter Rory, voyons !) et je vois qu’il regarde son moteur plein de fois, je vois de la fumée noire sortir de son pot trois fois puis pof, il s’arrête. Elle ne démarre plus et le bloc moteur est fendu. Heureusement ça a fait crac pile devant une guitoune ou un charmant monsieur semble concerné par la situation, il nous dit (en gestes) qu’il y a un garage pas trop loin. Je pars en exploration, le Chti pousse la Pétrolette kaput et alors que j’arrive finalement au garage je vois que le monsieur Lao m’a suivi et explique la situation au garagiste ce qui facilite bien les choses. Je le Koptchélélaï beaucoup (merci beaucoup) et repars en sens inverse avec le garagiste qui se marre.

On trouve le Chti qui a bien avancé à pied, le garagiste lui ouvre un cale pied passager et le pousse avec son pied droit tout en conduisant. Une fois sur place on lui explique l’affaire « crac boum cassé ». Le brave homme ouvre le moteur, apparemment un boulon mal revissé s’est baladé et a cassé la bobine de fil dans le moteur et le démarreur. Il va chercher un kit intérieur de moteur avec bobine tout neuf, et part au village chercher l’élément qui recouvre qui est fendu. Une fois tout le matos trouvé, il démonte, remonte, un peu d’électricité et quelques tests, et ça démarre, et ça tourne !

Cette fois la note est plus corsée : 27€… mais un moteur comme neuf !

La Pétrolette toute nue !J13 Laos-7 L’alternateur en piteux étatJ13 Laos-9 Un joli trou dans le bloc moteur !J13 Laos-8

Ca roule, il est content !roadtrip scooter moto laos

Nous reprenons notre interminable ligne droite et arrivons en fin de journée à Savannakhet. La ville est jolie, ça fait penser à la Thaïlande l’organisation des rues et l’architecture des baraques, on va au resto mais ils ont plus de tofu. Mais un délicieux curry vert de légumes Thaï fera amplement l’affaire. On rencontre un français sympa qui nous partage quelques tuyaux pour le Cambodge, o l’aide à guérir sa gueule de bois de la veille en lui proposant de notre alcool local acheté sur la route et il fait déjà nuit.

J’ai repéré un lac à 8 bornes de la ville sur la carte, je met donc le GPS en marche et nous voici dans les quartiers de la ville, face à une route close, fermée par des troncs d’arbres infranchissables. Donc demi-tour, on va prendre les ruelles pour trouver cette route du lac. Les ruelles en fait c’est la dune du pila version raplapla, on s’ensable et le Barbu dont le phare avant ne fonctionne que faiblement n’y voit rien avec sa frontale, mais après de grands renforts de coups de pieds et d’accélérations à en vider le réservoir on sort de cette plage urbaine et trouvons une route trouée mais bitumée. On zig-zag entre les trous et nous finissons par trouver le lac. On installe le campement sous des palmiers, de nuit donc, et le voisin vient nous voir et nous indique ses toilettes (sympa le mec). Il vente à décorner les vachettes Lao donc on sardine notre petite tente, le Chti fait un feu avec des palmes sèches et au dodo.

J13 Laos-14 Les beignets délicieux (avec du sésame dessus)J13 Laos-15

 

J14 – Mardi 29 mars 2016 : de Savannakhet à quelque part sur les pistes (219 km). Journée Paris-Dakar !

Le disque orange nous réveille le lac vers 5-6h du mat, les voisins s’activent et lorsque j’ouvre la tente je découvre des truies en exploration. Nous discutons avec le voisin qui parle un peu anglais (fait rare au Laos), on replie notre bazar et prenons la route de bon matin. Cette traversée de petits villages à l’aurore, entourés de rizières asséchées, à croiser les tracteurs locaux et buffles somnolents me rappelle cette magnifique matinée lorsque nous avons quitté le parc national de Bardia au Népal, dans la jeep de Gauthier le proprio français d’un super resort. J’adore !

Réveil cochonetteIMG_20160408_094630On découvre notre campement de jourJ14 Laos-1

Revoici déjà la route toute droite, mais plutôt que de tracer à Paksé, j’ai trouvé sur la carte un chemin de traverse (une route blanche sur la carte) qui nous permettrait de rejoindre la ville de Salavan au nord du plateau des Bolovens, célèbre pour ses plantations de café. Salavan est selon le guide, « une bonne base pour l’exploration de villages ethniques du coin ».

A la jonction, une piste de sable et graviers rouges. Cela ne va certainement pas durer tout le trajet nous disons nous, et conduisons vaillamment en évitant le sable et les trous, s’arrêtant lorsque des camions nous envoient des nuages de poussières opaques et traversant des petits ponts en planches de bois au dessus de rivières asséchées.

Le paysage fait savane africaine, le soleil cogne comme ce que mon imagination fait des savanes africaine, la piste est rouge et l’on traverse parfois quelques maisonnettes en bois pauvrettes, les visages des locaux sont effectivement différents de ceux des Lao que nous avons croisés jusque là.

Ces petits sillons sur la piste seraient creusés par les camions, en tous cas c’est vraiment horrible de rouler là-dessus ça fait trembler de partout… il faut donc zigzaguer de bord en bord et éviter de s’ensabler sur les côtésParis-Dakar en scooter moto au Laos La « savane », les grillons et la piste. Là elle est luxueuse, en général je ne m’arrêtais pas pour prendre des photos dans les coins les plus pourris et défoncésParis-Dakar en scooter moto au Laos

Après une trentaine de durs kilomètres de piste, nous trouvons… du bitume ! On a presque envie de pleurer de joie ! On est fourbus. Après essuyé plusieurs refus, on finit par trouver un resto qui accepte de nous servir à manger. La ville fait western, posée là au milieu de nul part, entourée de piste mais avec ses quelques rues goudronnées. On mange notre riz avec des légumes et du poisson pour le péchor sous les ventilos pendant que ces dames regardent une série à la télé et le gosse fait des bêtises. Le chien s’est trouvé un bon spot au pied de notre table à attraper les peaux de poissons que le barbu lui jette. On ne peut s’empêcher de remarquer la grosse jarre d’alcool avec ce qui semble être des crapauds à l’intérieur… mais en fait ce sont des geckos, du coup la patronne nous emmène en cuisine et nous montre une autre jarre…. Avec une énorme chauve souris poilue dedans ! Et toute fière elle nous indique que le niveau a bien baissé, il y a donc des gens qui boivent ça !

A gauche, la pauvre chauve-souris dans son bain. Et ça donne le meilleur face swap ! Merci Marie pour la réalisation de ce bijou (à droite)chauve souris

Le Barbu me révèle que sur la route il a vu un chien vivant emballé dans un sac, certainement direction la broche (après avoir vu des chats en cage pour la viande au Vietnam). Miam miam, je suis bien contente de ne pas toucher à la viande d’animaux morts, que ce soit le gros cochon qui dormait contre les toilettes, les jolies oies qui jacassaient dans la cour ou le chien au pied de notre table, je ne fais pas de distinction.

On se donne du courage et retournons sur la route, la rivière croupissante ne correspondant pas à nos critères du campement idéal, nous décidons d’aller dormir plus loin. On fait le plein, et à la sortie du village, le drame : notre beau bitume disparaît et se transforme en kilomètres de pistes informes !

Le prochain « vrai » bled est à 56km, haut les cœurs !

Notre véritable  « Paris-Dakar » commence vraiment là, encore sous le cagnard à traverser des villages tribaux, grimper des cols entres cailloux, bosses, poussières, ornières, sable, ponts en bois à moitié cassés… et à un moment la piste se transforme en ESCALIER. Je ne vous mens pas. Des marches en cailloux. Ma Bécane est exemplaire, la Pétrolette du Barbu a plus de mal donc je dois l’attendre régulièrement mais malgré mes douleurs au poignet droit et aux fesses, on avance vaillamment. Les kilomètres défilent très doucement du à notre rythme adapté à la condition du chemin. Mais finalement, comme je vois que ma Bécane n’à aucun souci sur ce genre de terrains, une vraie tout terrain, je me fais plaisir sur des magnifiques ornières de cailloux blancs et sable roses, une vraie piste d’entrainement qui ravirait n’importe quel fan de motocross !!

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Paris-Dakar en scooter moto au Laos

Paris-Dakar en scooter moto au Laos

Paris-Dakar en scooter moto au Laos

J14 Laos-9 Village de far west…J14 Laos-10Une école typique du coin
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Paris-Dakar en scooter moto au Laos

Epuisés, nous finissons par arriver au village en question. Le soir tombe, je repère un spot pas mal sur une bute de sable au bord de la toute petite rivière au calme, mais le barbu veut continuer la route et sortir de ce bled (qui pareil a deux routes goudronnées) qui n’a rien d’attrayant. C’est reparti donc, et maintenant nouveau type de piste : de la roche avec des gros cailloux qui secouent bien, et ce pour encore 47 km normalement. HA HA.

Dans un éclair de lucidité j’achète de l’eau et deux paquets de nouilles instantanées avant de repartir à l’aventure, et on achète un bidon de deux litres d’essence à un boui boui sur la route, « au cas où ». Le soleil, énorme disque orangé nous dit bye bye derrière une colline et nous assistons à nouveau à un mini feu de forêt au bord de la route.

J14 Laos-13 Un des nombreux ponts que nous avons traversés… celui-ci est robuste !Paris-Dakar en scooter moto au Laos

feu de foret laos

Paris-Dakar en scooter moto au Laos

La nuit tombe, l’équipe Petrolette/Barbu n’étant pas équipés de phares décents c’est repartit sur les cailloux à la frontale, moi roulant dans un chemin parallèle pour éclairer tout de beau monde. On avance en ligne droite et étant donné que la « route » est sur un talus entouré de champs cultivés ou barbelés on ne peut pas vraiment camper. On traverse encore des ponts branlants en bois, on a du en passer une centaine aujourd’hui, et à un moment je réalise un truc : il y a une autre « route » qui rejoint la route principale pour Salavan, et celle-ci est en orange sur la carte donc forcément goudronnée.

Demi-tour, on cherche la route qui est évidemment une piste sablonneuse. Il y a 16km jusqu’à la route principale. Au bout d’un moment, le Barbu ne voit vraiment rien et s’ensable ou tombe dans des trous à droite à gauche donc on s’arrête à une maison éclairée où la musique est à fond et leur demandons si on peut camper. A un moment on finit par croire que c’est bon mais en fait il nous indique d’aller au village non loin de là.

On s’arrête donc à la première maison du village, deux cahutes en bois éclairées avec un panneau avec une petite croix médicale peinte dessus, ça doit être chez le médecin. Il fait nuit noire, le Barbu s’éclaire avec sa lampe torche et tente de communiquer avec le proprio, et se fait emmener chez le chef du village. Qui lui paye une bière et lui parle beaucoup en Lao. Il lui demande si il veut manger (Barbu dit oui) et s’il veut dormir à l’étage (Barbu dit non «zip zip » mime de tente) mais du coup le chef du village le renvoie chez le monsieur et en gros on est autorisés à camper dans le jardin du monsieur. Pour la nourriture, no news. La femme du monsieur veut qu’on dorme chez eux mais on a notre tente on aime bien dormir dans notre tente. Elle veut nous prêter oreillers et matelas mais on a la gale on ne veut pas contaminer ses tissus. On lui montre nos nouilles instantanées et elle nous invite dans sa cahute, nous fait bouillir de l’eau sur le feu (au charbon de bois hein, ils ont pas le gaz) et on déguste notre noodle soup en sachet (qui est très bonne !) accroupis dans sa cuisine, avant de les remercier mille fois et de nous ziper dans la tente.

Dans l’épisode suivant ? Une copine vendeuse de noodle soup à Salavan, une magnifique cascade sur le plateau des Bolovens et encore un petit bout de piste pour découvrir un petit paradis. Next week !

Et vous, vous avez déjà joué au Paris-Dakar en scooter/moto ou pêté votre véhicule ? J’attends vos anecdotes !

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Koh Phayam : beach & buddies en Thailande (PHOTOS)

By 18 avril 2016 Carnets de Voyage, Thaïlande

Une grosse semaine sur Koh Phayam, à chiller avec nos copains de Bangkok…
L’île est située sur la mer d’Adaman, au sud de la frontière avec le Myanmar, à Ranong. C’est d’ailleurs là qu’on prend le ferry pour s’y rendre.

Après nos cinq mois de voyage dans des coins où il y a des montagnes (la chaine du Pamir, l’Himalaya), des coins paumés loin des touristes (l’Uttarakhand en Inde, Bardia National Park au Népal, l’Inde du Nord-est comme Manipur et le Tripura), de la baroude, et nos dernières péripécies qui nous ont empêchés de passer la frontière terrestre Inde-Birmanie… on avait bien besoin de se reposer. On a quand même fait un mini-tour en Birmanie pour ne pas gâcher notre visa et nous offrir un petit aperçu mais on avait vraiment mais alors vraiment besoin de faire un break. Et c’est les copains, Petit Lapin et Pierro qui nous ont convaincu de les rejoindre sur l’île à coups de photos envoyées et de « ici c’est le paradis, venez ! ».
Alors on est venus !

Et on a pas été déçus : Koh Phayam a toute les structures pour recevoir des touristes sur l’île mais reste néanmoins belle et sauvage, les thais et birmans qui y vivent ont d’autres activités que le tourisme, comme la culture de noix de cajou. (L’arbre s’appelle l’anacardier pour info, big up à mon équipe de master 2 qui avait travaillé là dessus aha). Et on y trouve facilement des plages ou criques magnifiques… et désertes !

Nous avions un super bungalow sur Long Beach, où nous pouvions regarder les couchers de soleil en compagnie des chiens de la plage et d’une petite bière, ou encore marcher de nuit en observant les étoiles les pieds dans l’eau.

L’idéal pour se balader sur l’île est de louer des scooters, elle est quand même plutôt grande (et vallonnée). On a eu tout un tas d’aventures, des soirées inoubliables, une histoire avec notre malade squatteur de Bungalow (mais qui a fini par se faire hospitaliser sur la terre plutôt que d’agoniser sur l’île ou oublier son slip au centre médical de l’ile et nous demander d’aller le chercher :D), des plats très délicieux et nutritifs, juteux et savoureux, des balades sous le cagnard, des courses folles à scooter, les retrouvailles avec la géniale Karo rencontrée à Bangkok, les parties de pêches du Barbu, dont celle sur un kayak ou il a vu un saut de raie manta (!!!)… mais le point d’orgue de notre séjour sur l’île fut, sur une idée de Karo, d’aller faire un tour sur la mini-île au sud, accessible à la nage (ou à pieds à marrée basse).

Notre petite aventure (vous pouvez scroller pour accéder directement aux photos)

Pour y accéder il faut prendre un long chemin dans la forêt, nous étions partis à deux scooters : celui de notre Malade qui allait un peu mieux avec un passager, et celui des garçons à trois dessus. Nous commençons à nager sur l’île mais notre malade qui va mieux nous dit qu’il ne veut pas nager et reste sur la plage. Une fois notre épique nage terminée (on avait pieds, hein :D), on a rencontre un japonais (avec des crocs -les chaussures- en forme de pieds de lion, juste absolument fan) qui nous a invité dans sa cabane qu’il occupe sur l’île dans une crique parfaite. Nous l’avons aidé à fixer ses filets, dégusté une noix de coco fraiche partagée avec sa minette, puis il nous a invité pour un barbecue le soir même, il devait juste faire un aller-retour sur l’île principale chercher des trucs.

En l’attendant, on se ballade sur l’île et rencontrons le papa d’une famille birmane qui parle un peu anglais et nous a invité à diner : il avaient reçu en cadeau quelques crustacés de leurs amis de la tribu des sea gypsies. Impossible de refuser et nous voici dans le cocon de l’hospitalité et la gentillesse birmane, à partager assiettes et thés assis sur le plancher de la cabane, chatons tout autours et chèvres qui passent leurs têtes de curieuses. Ces chèvres justement, parlons en : alors que nous repartons vers la cabane du japonais, Mika (petit lapin) a eu la bonne idée de taquiner la chèvre réputée nerveuse et alors que notre hôte tente de nous montrer le fruit que l’on a dégusté au repas dans la forêt, voilà Mika, qui arrive en courant à toute allure et en criant, poursuivit par la chèvre. Notre ami Pierro qui n’en menait pas large commence lui aussi à courir dans la forêt comme un dératé. Pourquoi la vision est drôle ? Particulièrement parce qu’on est venus à la nage sur l’île ces deux braves sont donc en maillots de bain et pieds nus à courir sur des racines, avec le Birman qui essaye de calmer la chèvre. Je me prendrais malgré tout un coup de corne dans la bataille, mais qu’est ce que j’ai ri ! (le Barbu était derrière à ce moment là je ne sais pas ce qu’il trafiquait). Alors que nous arrivons à la cabane, Mika et la chèvre nous offrent une lutte sur la plage de toute beauté, en tous cas elle a l’air de bien s’amuser à nous botter les fesses… mais nous avons trouvé la parade pour calmer ces biquettes déchainées : leur offrir de la noix de coco. Et oui, ce sont des biquettes insulaires, et visiblement elles ne résistent pas à ce petit plaisir.

Après ces démêlées caprines, nous attendons mais le soleil se couche, toujours pas de signe du japonais, nous décidons donc de retourner sur l’île principale. on a encore pieds, heureusement, car une traversée nocture à la nage ce n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant. Mais une fois sur la terre ferme… nos affaires ont disparu !!!

Heureusement, il y a un resort à côté donc on va leur demander s’ils ne les auraient pas vues, et ils nous prètent une lampe torche pour que nous allions mieux inspecter mais toujours rien. On va voir près du scooter qui reste (notre Maladounet étant reparti avec le sien) : pas d’affaires là non plus et évidemment dans les affaires il y a la clé du scooter !!

Donc nous voici de nuit en maillots de bain, sans chaussures à crapahuter dans le noir, les proprios du resort qui ne font rien pour nous aider, qui se montrent d’ailleurs même désagréables (alors qu’il n’y a personne dans leur resort, un petit coup de main ça ne coute rien). Le mec nous dit de ne pas aller à pied dans la forêt sur les quelques kilomètres qui nous séparent du port car il y a des serpents et des chiens errants (OK)… finalement après 12 allers-retours de ma part pieds nus dans la caillasse à monter-descendre les « escaliers » qui mènent au parking on finit par trouver un plan : on demande au resort de nous commander un scooter taxi (qui ne veut prendre qu’un passager et qui coute une blinde). Mika ira à la planque de Maladounet et lui demandera si celui-ci peut nous prêter son scooter, et comme ça il pourra venir nous chercher gratos.

Lorsqu’il revient, excellente nouvelle ! Maladounet lui a bien prêté son scooter mais maintenant il dort. Nous affaires on en fait été récupérée par Maladounet et le japonais qui se sont croisés. Ils les ont mises dans des sacs plastiques et comptaient nous les ramener en marchant dans l’eau… mais lorsqu’ils sont arrivés, l’eau été déjà trop haute et le courant trop fort. Ils sont donc retournés au port, et le japonais a emprunté un bateau pour se rendre sur l’île et nous y retrouver ! Or quand il est arrivés nous étions déjà partis. A ce moment le Barbu et Pierro décident alors de retourner sur l’île (encore plus de nuit donc), de saluer le japonais, récupérer les affaires et la clé du scoot et nous retrouver aux bungalows plus tard avec le scooter. Pas très rassurée je les laisse pourtant partir, et avec Mika nous repartons vers la civilisation en maillot de bain et pieds nus sur le scooter qu’on lui a prété. Il m’a dit qu’il s’est fait pourchasser par une bande de chiens errants dans la forêt, donc je m’arme d’un baton et de mon masque de plongée et nous voici partis à toute blinde dans la forêt. Effectivement on se fait attaquer par les chiens qu’il sème à grand coups d’accélérateurs alors que j’agite mon bâton dans les airs. Maladounet nous a également prêté un peu d’argent pour que l’on puisse manger le temps que l’on récupère les affaires.

Nous voici donc à moitié à poil à errer de restaurant en restaurant dans nos « tenues », et alors qu’on essaie de rejoindre un que l’on aime bien on tombe en panne d’essence ! Pas de panique, on achète une bouteille d’essence et deux bières, notre resto ne sert plus donc direction nos bungalows. Notre brave Ko, le patron de notre guesthouse s’était inquiété, nous lui racontons nos péripéties et mangeons un morceau tout en imaginant le sort de nos deux aventuriers repartis sur l’île. Ils nous avaient dit que si à telle heure il n’étaient pas de retour nous devrions retourner au parking les chercher. Comme ils n’apparaissaient toujours pas, machine arrière nous repartons à l’autre bout de l’île à leur recherche. Je me prends une sorte de guêpe énorme sur le poitrail qui me pique et ça fait super mal mais alors que j’agonise, qui voilà… Pierro et le Barbu, sur le scoot ! « on s’est fait attaquer par les chiens » qu’ils nous disent. Ils nous racontent qu’ils ont bien retrouvé le japonais, il ont mangé et bu des canons avec lui avant de repartir, et que c’était super sympa. Tu m’étonnes.

Enfin tous réunis, on retourne vers chez nous, et sur la route nous tombons sur une sympathique soirée jam session dans un bar d’extérieur, parfait pour fêter nos retrouvailles et aventures de la journée. 😉

Koh Phayam en images

Place aux photos maintenant, prises avec mon fujifilmx20, brutes. (aucune photos de la précédente aventure)

Sur le bateau pour l’ile

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Notre petite crique

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La plage du nord

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Des toucans !Thailande-57

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Buffalo bay

Le Hippie bar fabriqué en bois flotté récupéréThailande-55

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Petite balade jusqu’à une crique au sud de l’île

 

 

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koh phayam

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La fine équipe !Thailande-42

Coucher de soleil monumental sur Long Beach, la plage où nous résidions

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Border les chiens !
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Une autre journée dans notre petite crique au calme

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Coucher de soleil depuis notre guesthouse

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Photo fleur, spéciale pour une amie spéciale !

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Une autre plage de Buffalo Bay

 

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Rainbow !Thailand-185

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Le ciel nous envoie des messagesThailand-183

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Ce jeune homme est sain d’esprit, pas d’inquiétudes.Thailand-180

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Grasse matinée… bien protégés.Thailand-174

En route pour de nouvelles aventures !

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On fête l’anniversaire de chez chez Pierrot sur le ferry retour

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Moins glamour, la gare de bus… c’est parti pour 24h de trajet, avec les copains.

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Les bus thais fluorescents ! Ca change des bus indiens.Thailand-146

Mais où qu’on va ???

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Bécane et Pétrolette #3 : feux de forêts et tempête au Laos du milieu !

By 15 avril 2016 Bécane et Pétrolette, Carnets de Voyage, Laos
roadtrip laos du milieu scooter moto

Après notre descente du nord-est du Laos, nous voici dans le Laos du milieu ! Rien à voir avec le Seigneur des anneaux, il s’agit juste de la partie centrale de ce pays tout en verticalité. On y croisera feux de forêts, un obus, une tempête et de splendides paysages !

étapes :

carte centre laos

J9 – Jeudi 24 : de Phongsavan à Thatom (118 km) Journée qui pique les yeux.

Le lendemain, notre linge est prêt très tôt le matin (il faut dire que le soleil tape fort) on se met donc sur la route. Moi je suis gronchon, j’avais rdv sur skype et avec cette histoire de linge sec très tôt c’est tombé à l’eau. Du coup je chouine un coup, premier picotement des yeux.

A la ville d’après on trouve du wifi à une banque et on essaye donc de passer le coup de fil… mais la personne en question n’est pas encore connectée donc loupé. En attendant devant la banque, on rencontre un papi qui parle très bien français, il nous raconte quelques anecdotes, nous dit très fier qu’un de ses enfant qui habite en Australie a un doctorat, et nous dit qu’il a lancé des grenades pendant la guerre ! Il nous aura fait bien rire, il avait vraiment la tchatche ce papi. Moi je pense beaucoup au mien qui avait fait la « guerre d’Indochine » mais qui n’a jamais voulu en parler, ni à ma mère, ni à nous à part « c’était terrible » on a jamais pu en savoir plus. Et c’est vrai qu’en cours d’histoire classique on ne parle pas du tout de ces épisodes (la colonisation, tout ça, HEIN.) Du coup on se fait notre cours d’histoire sur place, c’est complexe et passionnant (même si les Laos on en quand même pris plein la figure (des colons pas très sympas, qui voulaient d’ailleurs « importer » des vietnamiens pour bosser à développer le pays car ils trouvaient que les Laos n’étaient pas assez enclins au travail haha… mais aussi des bombes, les résistants communistes on du se cacher pendant 9 ans dans les grottes de Viang Xay, première ville où nous sommes arrivés au Laos).

Une ancienne stupaJ9 Laos-1

On taille la route !

Au début la route est monotone puis reviennent les montagnes laotiennes, les pentes à 12% et nous retrouvons des paysages sympathiques. Puis les yeux piquent… mais à cause de la fumée : des feux de forets partout, sur des pans de montagnes entiers et cette fois ils ne sont pas sur le point de s’éteindre : ils sont en cours ! Moi je me demande si c’est intentionnel ou pas mais le Barbu est sur que c’est accidentel, du à la sècheresse. Effectivement, le soleil bastonne toujours terriblement…

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J9 Laos-8 Tu m’étonnes que ça pique les yeux…J9 Laos-9

On arrive en fin d’après-midi à Thatom, apparemment une fête de village se prépare. On fait un peu de repérage aux alentours pour trouver un point de campement, je trouve un petit champ bien isolé accessible par un sentier. C’est une plantation d’arbres tous jeunes, il y a une cabane en bois sur pilotis et… un obus à l’entrée du champs !

Coucou je suis un obus.P_20160325_085331

Mon ventre crie famine je vais engouffrer un bol de noodle soup au village, puis on va se baigner dans la rivière pour se débarrasser de notre pommade au souffre. Depuis la rivière on voit au loin d’autres feux de forêt dans la montagne d’en face. On retourne au village de nuit pour voir l’ambiance mais c’est plutôt calme, le Barbu grignote quelques brochettes et moi je sirote une bière aux glaçons (coutume lao) avant d’aller planter le campement de nuit. Je m’occupe de la tente et le maitre du feu dompte les bambous pour nous faire un peu de lumière et chaleur tandis-ce que je reçois le coup de fil d’Eric pour Allo la planète qui me pose quelques questions sur le Laos !

J10 – Vendredi 25 : de Thathom à Ban Pakngeun(100 km)

La nuit avait bien commencé, chaude et tranquille… et il s’est mis à pleuvoir, juste quelques minutes. Rien d’alarmant, je met la bâche sur le toit et me rendors.

Puis un peu plus tard je me réveille, la bâche s’envole, le vent souffle sur la tente et il pleut comme vache qui pisse. Le ciel gronde, des éclairs embrasent le ciel. Oups.

C’est un peu la bérézina on décide de rapatrier les affaires sur la cabane, et les scooters sous le grand bambou. Puis je décide de mettre la tente dans la cabane aussi, tant qu’à faire. Une fois ce fait, on réalise qu’on est trempés jusqu’aux os, il faut mettre tous nos vêtements à sécher, jusqu’aux sous-vêtements ! On les pend aux poutres de la cabane, nous changeons avec des habits sec et retournons sous les couvertures dans la tente, cette fois protégée de la pluie et des éclairs. Le matin se lève, il pleut toujours.

Séance de pop corns très matinale à regarder la pluie tomber depuis notre abri de fortune 😀

camper sous la pluie

Toutes nos affaires sont mouillées, alors on attend qu’il fasse meilleur. Au bout d’un moment, il ne fait toujours pas meilleur, mais la pluie se calme donc on replie tout le bazar et partons au village faire le plein (le Barbu tombe d’ailleurs en panne d’essence sur le chemin de la pompe) et nous réchauffer avec du riz gluant avec des délicieux légumes sautés au soja avec plein d’ail et d’oignon jeunes pour moi (miam) et du canard pour le Chti. Mais il pleut toujours et encore, et on est gelés. Dès que ça se calme un peu, ni une ni deux on essaye d’avancer jusqu’au prochain bled à 29km. On a de la bruine dans les yeux, ça pique on y voit rien et on avance comme des pépés, mais on avance. On fait des pauses pour s’abriter de temps en temps quand la pluie repart de plus belle et finalement, village après village, pause après pause, on arrive à Thasi. Ici il y a une guesthouse, au cas où il pleuvrait toujours, la prochaine ville étant à 100km. On réchauffe nos os trempés avec une délicieuse noodle soup. Moi je m’équipe un peu mieux : chemise, pull-over, K-way et la veste militaire trempée par dessus. Et dès que la pluie se calme, on saute sur les scoots et on y va, en espérant qu’après quelques cols on retrouve le soleil…

J10 Laos-1 Le gris-bleu et le vert se marient bien…J10 Laos-2

Et effectivement après quelques kilomètres glagla mouillés, une éclaircie ! Et il arrête de pleuvoir. On passe par de magnifiques plateaux à fond à la caisse, dont un village où la route constitue une immense ligne droite traversée par des dizaines de poulets suicidaires qui se jettent et font demi-tour devant les roues des véhicules. Et notre premier panneau « cote 12% » de la journée… et sera loin d’être le seul ! On grimpe, on grimpe, ça serpente enfin on se fait plaisir à rouler même si un nouveau ennemi vient contrarier notre amusement : le vent glacial. J’ai désormais l’impression de conduire un jet ski, j’ai la même impression de froid et de vitesse que j’ai pu avoir en skiant mouillée dans une tempête de neige. Sauf que là je suis en scooter dans des forêts laotiennes mais bon.

J10 Laos-4 Les nuages commencent à monter et nous libérer la voieJ10 Laos-5 Cap sur les montagnes !J10 Laos-6

Les paysages magnifiques commencent à se dérouler sous nos yeux…

On a un passage de route « montagnes russes » vraiment trop marrant, et des descentes à 10, 11 et 12% qui mettent bien à l’épreuve mon frein arrière mal réglé.

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Laos du milieu roadtrip moto scooter

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Laos du milieu roadtrip moto scooterCa monte, ça descend, ça tourne, le macadam est lisse… les montagnes russes version scooter avec décors de rêve !Laos du milieu roadtrip moto scooter

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Lorsqu’on descend le dernier col… PAN panorama de malade (qu’est-ce que je m’exprime bien) : des montagnes, certaines avec le pic dans les nuages, des arbres géants. Enfin ça quoi :

Laos du milieu roadtrip moto scooter

Laos du milieu roadtrip moto scooterLes arbres géantsJ10 Laos-17

Alors qu’on arrive à mon épingle sur la carte, on traverse un pont et là sur la gauche le Chti a repéré une pelouse le long de la rivière et au pied d’une colline karstique qui sera idéale pour camper. Il y a un monastère à côté. On met tout notre petit bazar à sécher de la veille et espérons que les nuages ne nous rattraperons pas jusqu’ici, 100 km plus au sud. Le soleil nous réchauffe et nous donne l’impression de revivre. Je fais les comptes et écris les notes du jour en sirotant mon lait de soja au chocolat au bord de la rivière, back in the game. Le Barbu fait du feu, va pêcher, va faire réparer la pédale de vitesse de son scooter et ramène des bières, puis ramène des noodle soup un peu trop pimentées à emporter, et je me couche en espérant qu’il ne pleuvra pas.

on campe au pied de ce gros caillou
Laos du milieu roadtrip moto scooter Et au bord de cette jolie rivièreJ10 Laos-19à table !J10 Laos-20

J11 – Samedi 26 : de Ban Pakngeun à Lak Sao (128 km)

Pleuvra, pleuvra pas ?

Pas de pluie… mais on s’est sacrément caillés, on a tremblé et grelotté sous notre fine couverture. Réveil difficile donc, je suis sacrément gronchon, et pour couronner le tout, on a des spectateurs pour le repliement du camp : trois chasseurs en vieux fringues militaires récupérés et leur deux chiens. Heureusement ils ont laissé leurs fusils automatiques en haut. Le Barbu qui s’est remis à pêcher attrape un poisson très étrange, je lui dis de le relâcher au plus vite pour ne pas qu’il souffre trop longtemps… mais il n’arrive pas à décrocher l’hameçon. Un des chasseurs se rapproche avec une machette et charcute le poisson encore vivant, puis il le jette au chien, qui n’y touchent même pas. Quel gâchis. On replie, on fait le plein et mettons les voiles. Plus de pluie ni de vent glacial aujourd’hui mais il ne fait pas chaud pour autant.

Les 33 km jusqu’à Vieng Thong glissent tout seuls. On déjeune sur place et un peu après la ville on retrouve avec mon GPS le point de nos premiers mille kilomètres du road-trip en scooter !

Le paysage évolue au fur et mesure que l’on descend, la route est plus droite, et les montagnes font place à des plaines parsemées de collines boisées ou rocheuses.

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J11 Laos-4 Les arbres qui poussent sur la rocheJ11 Laos-7

J11 Laos-6Ca y est, c’est plat !
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Alors que l’on tourne à gauche à la jonction pour Lak Sao, un panneau indique des « natural cold pools », on a bien besoin d’une pause alors on va y faire un tour. Sur place bien sur il faut payer un droit d’entrée comme quasi chaque curiosité au Laos (5000 kip/pers soit 0,55€). Sur place on croise pas mal de backpacker dont un couple de français qui nous apprend que l’on est sur la « loop » donc pas mal de gens louent des scooter ou motos à Thakhek et font le tour en quelques jours s’arrêtant aux curiosités qui jalonnent le parcours (grottes, etc).

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Après que le Chti ait piqué une tête dans la « piscine naturelle froide » (trop froide pour moi) on abat donc les 34 km qui nous séparent de Lak Sao.

Pour une raison que je détaillerai pas ici, j’ai pris la mouche et me suis mise en colère contre le Barbu et me suis donc retrouvé à tailler devant et comme cette portion de route présentait pas mal de lignes droites plates j’ai pu prendre connaissance de la puissance de mon vieux véhicule. Et puis au bout d’un moment comme ça allait trop vite et que j’avais du vent de face j’ai un peu ralenti, et puis je ne voulais pas trop tirer dans les dents de ma bécane, fallait encore qu’elle roule plusieurs milliers de kilomètre !

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A Lak Sao nous allons au marché et nous trouvons une troisième couverture bien moelleuse et pas trop volumineuse, nous voici sauvé des froids nocturnes. On mange au resto où je recharge la batterie de l’appareil photo et partons à la recherche d’un coin tranquille ou camper dans le vent terrible et la nuit qui tombe. Finalement un peu après la ville on se trouvera un bosquet depuis un chemin de bord de route, où le sol est bien moelleux, nos arbustes nous protégerons bien du vent et la couverture en plus du froid !

Meilleure nuit pour moi, mais pas pour mon Barbu qui a fait des cauchemars à cause des bruits du vent dans les arbres (ah les bruits de la natuuuure).

J12 – Dimanche 27 : de Lak Sao à Thakhek (152 km)

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Petit déjeuner de beignets et on se met en route, on a un barrage à traverser aujourd’hui. On roule de bon matin vers 7h, j’ai vite les mains congelées mais le soleil du matin et les villages qui s’activent sont tellement agréables. La route perd très vite son goudron, on progresse sur les graviers et la poussière, et à une déviation d’un pont en travaux des camions aspergent la route, je fais une belle glissade dans la gadoue rouge mais reste en selle, seules mes chaussures en auront pâti. Après un col, ça ne fait que descendre en jolies courbes et on retrouve du goudron. La route est escortée par des rangées de plumeaux qui dansent avec le vent, on ses fait des petites pointes de vitesse sur les lignes droites quand soudain à un pont :

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C’est donc ça le « lac » causé par le barrage… des morceaux de foret inondés et les fantômes des arbres passés toujours plantés les pieds dans la flotte. Lugubre paysage.

Les plumeaux:J12 Laos-4

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On fait une pause noodle soup pour se réchauffer à Thalang située sur le lac, puis on reprend, le paysage est assez fou mais pas forcement plaisant. La route descend ensuite en lacets serrés sur plusieurs kilomètres avec des portions à 12% et on arrive à la centrale électrique. Ce barrage est bien différent de ceux que l’on a pu observer : pas de grande retenue d’eau par un mur en béton, mais comment ça marche ? Désormais il y a de puissants courants encadrés par des canaux artificiels. Et puis le retour des lignes droites, paysage quelque peu lassant… mais au loin on voit que les collines vont revenir donc on roule à bonne allure.

Une barque un peu spéciale à Thalang…J12 Laos-8Petite pause gouter (à 11h30 du mat oui je sais) dans ce petit coin très joli.roadtrip laos du milieu scooter moto

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Et puis c’est droit, on roule. Ma jauge d’essence nous trompera et le Barbu tombera en panne donc mission 10km jusqu’à la précédente station haha.

On n’a pas trop envie de faire une grotte, il fait désormais une chaleur atroce et sur la carte de la « loop » un lac est indiqué. On va voir et il s’agit en fait d’une rivière aux eaux transparentes et turquoise où il fait bon se baigner. C’est dimanche, plusieurs groupes de Lao sont d’ailleurs là pour en profiter avec caisses de Lao beer et musique. On se dit que l’on va camper là mais on a ni eau ni nourriture, moi je suis un peu en faiblesse avec la chaleur, on va donc à la ville se provisionner.

Ma que calor (oui j’essaye d’apprendre l’espagnol)J12 Laos-14

J12 Laos-15 On s’est trompé de chemin mais c’était fort joliJ12 Laos-17

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Première apparition du Mékong avec les scooters, et en face, la Thaïlande que nous avons quitté il y a un bon mois.J12 Laos-18 Le joli front de rivière de ThakhekJ12 Laos-19

Et on retourne à la rivière, cherchons un coin pour camper tranquille. Après un essai infructueux nous trouvons finalement the spot, même si l’on dormira en pente ! Un petit bain décrassage pour moi, on mange nos trouvailles du marché réchauffées au coin du feu mais ce n’est pas fameux, quelques beer Lao au coin du bec et je m’endors comme un bébé, bercé par le fracas du vent dans les arbres.

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La suite la vendredi prochain, ça va swinguer dans les chaumières avec nos premières aventures sur pistes, des villages ethniques et de la savane laotienne 😉

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Teyzit beach : une splendide plage sauvage au Myanmar

By 11 avril 2016 Carnets de Voyage, Myanmar

Hello ! Et oui nous n’avons pas pu traverser le Myanmar depuis l’Inde suite à nos péripéties, mais nous avons quand même décidé d’y faire un tour depuis la Thaïlande et utiliser nos visas. Nous nous sommes donc rendus dans le sud du pays, apparemment encore peu exploré et pas encore exploité par l’industrie du tourisme (ouf… mais ça va venir). Partis avec le breton Nico rencontré à Bangkok, nous avons rallié la ville Dawei depuis Kanchanaburi en Thaïlande… Et après avoir un peu galéré à faire du stop sur la piste coté Birmanie nous avons finalement payé un pick up qui s’est pris pour Mickael Schumarer, et un fois arrivés à Dawei nous avons pu louer des scooters pour explorer les plages des environs, réputées splendides… et on a pas été déçu.

Je vous emmène en photo à la plage sauvage de Teyzit beach, longue bande de sable fin accessible via une piste qui grimpe dans les collines, et bordée uniquement d’un petit village de pêcheurs. On a eu la chance de bénéficier d’une lumière incroyable !

Sur la route

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Des copains de route 😀Dawei Teyzit beach-7

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On arrive au villageDawei Teyzit beach-9

Sorte de zone étrange avec les bateaux échouésDawei Teyzit beach-10

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Le village de pêcheursDawei Teyzit beach-18

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lumière incroyable (et flash)Dawei Teyzit beach-23

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Des birmans qui roulent comme des dingues sur la plage en criant youhou alors on a eu envie de faire pareil !Dawei Teyzit beach-25