Le temps s’est arrêté sur l’île de Gili Meno

Petit sanctuaire de calme et de beauté pas si caché que ça, cette petite île entouré d’un riche récif corallien était le parfait endroit pour nous remettre de nos courbatures de montagnards. Après notre ascension du volcan Rinjani, il m’a littéralement fallu trois jours avant que ceux-ci ne s’estompent, à grands renforts de massages de jambes sur la plage ! Le moindre petit dénivelé me faisait souffrir, j’arrivais à sentir des pentes indétectables à l’œil nu, même descendre une plage était devenu un calvaire ! (oui bon je devrais faire du sport un peu plus souvent). Nous avons donc trouvé refuge dans ce petit havre de paix délaissé par les véhicules à moteur au profit des gambettes, bicyclettes et petites calèches.

En débarquant sur l’île de Gili Meno, je traînasse avec des filles Suisses qui doivent régler un problème de sac échangé par inadvertance à la descente du bateau pendant que le barbu part à la recherche d’une hutte. D’emblée, le rythme se ralenti. Le fait de devoir tout faire à pied donne le ton : « hati hati* my friend » (*slowly slowly). Nous nous installons chez Oun, un drôle de personnage qui a construit des bengalows en dur dans son jardin. Du carrelage, un toit, des toilettes et lit constituerons notre modeste habitation pour les jours à venir. A la tombée de la nuit nous partageons une bière sur la terrasse avec Oun et le jeune homme hindou qui nous a mené à ces bungalows un peu confidentiels à l’époque (ils venaient d’être construits). Se réveiller avec les poulets, se faire offrir le petit déjeuner de fin de ramadan avec les enfants, découvrir les noix de cajou dans le jardin -sur l’anacardier-, parler de sa pêche du jour avec le patron feront partie de notre quotidien les dix jours qui allaient suivre. On s’est laissés prendre au piège doucereux de la vie à Gili Meno. Englués dans la tranquillité et toujours avide de découvrir des petits coins de l’île que nous n’aurions pas encore exploré. Aller boire la « coldest beer on the southern hemisphere » un soir sur deux avant le coucher du soleil chez le britannique Ranger Paul, son parc à oiseaux et son indécrottable bande son à base de Beatles. Rencontrer de chouettes gens : Oun et sa famille, Oukir notre hindou préféré, notre petit couple de hollandais, le prof de plongée et l’anglais qui se cherche. Croiser une mannequin parisienne que je reconnais des photos de Pauline. Râler sur les gens des îles voisines qui ne viennent que pour la journée faire du snorkeling. Se faire mal aux pieds sur les coraux. Se disputer pour un hamac. Chouiner quand je n’ai plus rien à lire. Chanter avec le Muezzin tous les jours. Engloutir des litres de milkshake banane et de sauce piquante indonésienne. Devenir des habitués des lieux. Se faire un resto « chic » habillés comme des pouilleux. Faire pipi la nuit dans une magnifique propriété privée. Marcher au clair de lune. Garder l’hôtel abandonné avec notre pote Oukir (dont c’est le travail). Ne jamais se lasser des couchers de soleil. Regarder de jeunes indonésiens surfer admirablement bien sur les quelques vagues qui viennent parfois caresser les côtes, narguant Gili Trawengan. Nager avec les tortues. Nourrir les poissons à la main.

Je dois reconnaître que si je me suis parfois ennuyée, j’ai pleuré comme un bébé qui ne veut pas partir de vacances la veille de notre départ de l’île.

Après tant d’émotions, il m’est impossible d’écrire un proper article. Laissons les photos parler : prises au Minolta 404si, à la sardina Lomo et à l’appareil sous-marin (on a mis de la pélicule portra dedans s’il vous plais – quand la peloche de base était épuisée)

Meno

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Le Mont Rinjani qui nous nargue, en arrière plan !F1020021

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Gili Air

Nous avons quand même passé un après-midi sur l’île de Gili Air… mais c’était trop « peuplé » à notre goût !
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Je dois quand même vous raconter le détail du départ de notre petite île chérie, après dix jours passés sur place. Alors que nous achetons les billets pour le bateau public pour rejoindre Lombok à l’aube, la queue s’intensifie et nous retrouvons en possessions de tickets de couleurs différentes. Ceux-ci serviront à déterminer dans quel bateau nous embarquons. Evidemment le nombre de tickets distribué par couleur est très inégal. Les responsables nous font donc embarquer par couleur dans un des trois bateaux : un est quasiment vide, un est rempli de façon « raisonnable » de personnes et de marchandises… et le notre. Qui n’est rempli ni raisonnablement de personnes ni de marchandises. Après avoir chargé notre embarquation plus que de raison, nous partons. La mer est un peu agitée et on ressent clairement que le poids de notre barque lourdement chargée n’est pas là pour aider. Assise à côté du conducteur, je le vois plusieurs fois laisser la conduite de cette barque infernale à son fils de 6 ans. Normal. Je dois avouer qu’avec le chti on était clairement en train de s’organiser à « vers quel côté nager si on coule, sachant que le courant à cet endroit là est très fort et peut nous emmener vers le large au lieu de vers l’ile de gili air… ». Mais grâce à un miracle divin (je ne crois en Dieux qu’à bord des bateaux indonésiens et des bus indiens, mais ceci est une autre histoire) nous voici arrivés à bon port !

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Je dois avouer que je n’ai jamais trop rêvé de cocotiers et sable blanc. Mais cette petite île si sauvageonne m’a littéralement envouté. 

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