Inde#2 : quatre journées dans la douceur de Gokarna.

Gokarna est une petite ville au bord de l’océan Indien, connue comme centre de pèlerinage hindou. On trouve en son centre un temple vieux de 1500 ans, non loin de la plage vierge de toute activité touristique, bordée de palmiers et d’arbres fleuris. Gokarna signifie « oreille de vache » celle dont le dieu hindou Shiva aurait émergé. On y trouve deux immenses chariots utilisés lors de Shivaratri festival qui rassemble plus de 20 000 pèlerins.

… mais revenons en au début du voyage. Après notre attente du train à Mumbai et mon grand plaisir à voir nos noms inscrits sur le wagon que nous allions occuper pendant 12 heures.

Nota : cet article mélange des photos numériques et argentiques. La vidéo, très imparfaite, n’a pour but que de vous emmener en balade dans cette bourgade, de partager des instants… malgré les problèmes de flou, de cadrage incertains et de secouades scooteresque !

Mardi 22 avril

Nous embarquons dans le train. Les paysages se déroulent sous nos yeux jusqu’au coucher du soleil : la sortie de Mumbai qui semble interminable, et puis enfin, la nature. Des rizières, arbres, rivières… Les vendeurs de Chaï ou de samossas, de bouteille d’eau envahissent le train à certaines gares. « chaï chaï chaï ! » scandent-t-ils pour annoncer leur passage. Difficile de résister à ce breuvage si réconfortant, doux, sucré, aux saveurs de cardamome. Le soleil nous fait lentement ses adieux en inondant les wagons de ses derniers rayons…

Train mumbai gokarna Train mumbai gokarna

Puis il fait nuit. Naturellement, les passagers s’accordent pour décider quand mettre les banquettes en mode « sleeper » pour se coucher sur sa banquette, le courant d’air des fenêtres sans barreau dans la nuque et les cheveux gras à cause du vent chaud qui s’infiltre partout. Sommeil d’un œil jusqu’à l’heure approximative d’arrivée, à chercher à savoir comme on le peut à quelle gare sommes nous arrêtés.

Mercredi 23 avril

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Notre ami le chien.

3 heures du matin environ, arrivée à la gare de Gokarna. On guette l’arrivée depuis les portes, on saute vite du train, vérifions que nous sommes bien dans la bonne ville. Le train repars, nous voici seuls sur ce quai désert dans la nuit. Le silence revient. Nous allons voir devant la gare : rien, la cambrousse. Quelques chauffeurs de Rickshaw dorment à l’arrière de leur véhicule. Alors nous nous installons sur un banc du quai, et attendons le lever du soleil. Je finis mon délicieux plateau repas acheté dans le train, et donne ma gamelle à lécher à un chien qui nous adopte pour finir la nuit. Nous attendons désormais tous les trois. Parfois un autre chien nous rejoins, puis repars. Aucune activité humaine. Je lis un peu à la lumière des néons de la gare…

Puis le jour se lève. Vers 6h, nous allons voir si les chauffeurs sont réveillés. C’est le cas, nous embarquons dans un petit van jusqu’à la ville, cinq kilomètres plus loin. Le paysage est sec, nous traversons des villages, des marais salans puis en haut de la petite route, l’entrée de Gokarna. Et un check-point de police. Nous sommes arrêtés et le Barbu se fait emmener par un officier dans la petite guitoune où ils fouillent son sac. J’attends de longues minutes en compagnie du chauffeur. « No drugs? » me demande t-ils… Puis nous sommes autorisés à repartir, nous demandons à être déposés près du vieux temple au centre du village, dont le Barbu se souvient. Nous partons alors à la recherche d’une guest-house pour poser notre barda, et le soleil se lève.

Lever de soleil sur Gokarna. Photo numérique.
Lever de soleil sur Gokarna.

Nous prenons nos quartiers à Padmalaxmi Guest House où nous héritons d’une charmante chambrette avec balcon et salle de bain privative. La vue donne sur les toits environnants ainsi que sur les cocotiers bordant la plage. Nous dormons jusqu’à dix heures du matin pour récupérer de notre drôle de nuit entre train et gare, avant de partir à la découverte de Gokarna.

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Nous allons flaner un peu sur la plage, avant de louer un scooter chez un petit épicier qui en loue quelques uns, et partons à la découverte des plages environnantes. Nous faisons une longue halte à Om Beach qui tire son nom de la forme de la baie. Nous y rencontrons le drôle de chien chanteur que l’on peut découvrir dans la vidéo, une vachette qui charge le barbu parce qu’il a fait l’andouille à côté de sa progéniture (à savoir un petit veau trop mignon), quelques tourterelles et des indiens qui profitent aussi de la baignade tout vêtus. Nous rejoignons Gokarna la nuit levée et allons diner sur le toit d’un petit restaurant, où je découvre le palak dal à savoir des lentilles et des épinards, deux de mes mets indiens favoris dans la même assiette, un pur délice ! (chacun ses gouts, hein).

 

La plage de GokarnaF1070031

Escapade en scooter jusqu’à Om Beach.

Photo numérique gokarna route

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Jeudi 24 avril

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Au réveil, nous allons nous baigner à la plage de Gokarna, un peu à l’écart des gens parce que le maillot de bain n’est pas vraiment la coutume locale (ici on se baigne habillé vous l’aurez compris). Après une bonne douche et un déjeuner au restaurant Pai, nous enfourchons à nouveau le scooter, cette fois en direction de Paradise Beach, qui est un peu isolée. Mais en route, nous nous arrêtons au marché, festival d’odeurs et de couleurs…

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Puis nous reprenons la route jusqu’à Paradise Beach, traversant forêts et petits villages, longeant le sac salé. L’accès à cette plage est un peu plus compliqué à trouver, mais en demandant aux locaux on fini toujours par trouver. Ce malgré les indications parfois… vagues : « c’est par là ? » dodelinement de tête « C’est loin? » dodelinement de tête « vous connaissez la route ? » dodelinement de tête (moi personnellement ça me fait mourir de rire, et je me surprends parfois à dodeliner de la tête quand on me pose une question).
Puis finalement, un début de chemin. Après une marche harassant à grimper une colline sous le soleil, nous débouchons enfin sur cette fameuse plage, ancien repère de hippies dont les cabanes ont été détruites par le propriétaire du terrain. Y résidait alors quelques personnes, en marge des constructions sur la colline qui compliquent l’accès à la plage. Vous l’aurez compris, l’endroit a certainement perdu de sa saveur d’antan. Malgré tout, l’endroit reste très beau, calme et propre, et certaines personnes disent y avoir aperçu des dauphins.

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Nous reprenons la route pour le village, tout en saluant les passants… et cette vache qui commence à trotter dans le sillage de notre scooter. Tout est paisible.

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Nous nous arrêtons un instant sur les hauteurs de Kudlee Beach pour admirer le coucher de soleil et l’immense terrain de cricket improvisé où se joue un match qui semble sans fin (du cricket, en somme !). Cette pente herbeuse bordée de roches jusqu’à la mer est parsemée d’étranges cailloux noirs, nous offrant un paysage peu commun.

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Les joueurs de cricket. Ma pellicule n’est pas d’une grande aide lorsque le soleil décline (ça + le téléobjectif, mon appareil n’a pas pu faire grand chose !)F1000015

Nous finissons la soirée par une baignade nocturne dans la déserte Kudlee beach, enrobée d’une lumière rosoyante.

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Des petits potes.kudlee beach monkeys

Vendredi 24 avril

Après un petit déjeuner dans la chambre, nous partons explorer à pied les recoins de Gokarna toute la matinée. Le barbu en avait fait une entière pellicule avec son Vivitar… que nous n’avons jamais retrouvée. Qui sait, lors de notre futur déménagement, elle réapparaitra peut-être ?! Néanmoins, voici un endroit plutôt atypique du village : le Koti Tirtha tank. C’est un bassin artificiel utilisé pour les baignades rituelles et un lieu très sacré pour les locaux. En début de saison sèche, il n’y avait plus d’eau dedans, mais le lieu est impressionnant, et les quartiers aux alentours très sympathiques.

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Nous déjeunons  dans un restaurant où nous découvrons du fromage fabriqué localement, que le barbu déguste sous forme de hamburger. Assez sublaïme comme dirait Cristina Cordula (qui n’a pourtant rien a voir avec le fromage).

Et puis, à 15h30. Nous prenons le train pour Hassan. Cette fois-ci nous n’avons pas de réservation, nous sommes en « passenger train », soit la « dernière classe », où il n’y a pas de place attribuée. Un peu comme le métro là. Sauf qu’en fait nous n’allons pas à Hassan. Et qu’on va faire 18h de train (enfin ça on ne le sais pas encore). La suite au prochain épisode !!!

PETIT TEASING : il y aura du train, du palais de Marahjaa, des meutes de chiens, du semage de mec relou vite fait bien fait, une queue comme pour le Space Mountain sauf qu’en fait c’est pour aller au temple… et bien d’autre réjouissances !

Rory, digital native et fouineuse du web, éparpillée mais organisée. Aime beaucoup les jolies choses, quand ça ne dégouline pas. Vagabonde depuis l’âge de 8 mois. Fait des frasques avec ses fidèles réflex argentique et numérique Konika Minolta depuis quelques années, rejoint il y a peu par un polaroid 600 et un lomo La Sardina de Moëbius.
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7 commentaires pour “Inde#2 : quatre journées dans la douceur de Gokarna.

    1. Oh merci beaucoup pour ce commentaire ! C’est vraiment chouette d’avoir du feedback comme cela, c’est encourageant. Ca me motive encore plus pour le prochain article…

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