Majuli, ma Jolie. L’île sur le Brahmapoutre.

Majuli, elle nous a bien eu.

Cette île fluviale, la deuxième plus vaste au monde se situe sur le tumultueux Brahmapoutre dans l’état Indien de l’Assam, dans les états du Nord est du pays. Ce fleuve vient du Tibet et se jette dans un fleuve au Bangladesh avec avoir fait quelques demi-tours, et grignote inlassablement les bordures sablonneuses de l’île de Majuli, qui a déjà perdu une part très importante de sa superficie. Elle est connue pour abriter les Satras, les seuls monastères hindouistes du pays (si les bouddhistes et les chrétiens ont des monastères ce n’est normalement pas le cas des hindous). En plus de cette spécificité culturelle, l’île est habitée par pas moins de trois tribus différentes (mais qui se sont bien mélangés au cours du temps) et ses paysages où paisse le bétail de ces braves gens sont visités par de centaines d’espèces d’oiseaux. Il y a bien quelques routes goudronnées, mais cela ne ressemble pas beaucoup à l’Inde que l’on a l’habitude de voir : bruyante de klaxons et rues sales, bien au contraire. La plupart des gens se déplacent avec les vieux vélos indiens qui grincent, quelques motos et scooter ou les transports en commun.

Comme nous venions de décider que finalement nous n’irions pas au parc naturel de Kaziranga, notre expérience à Bardia au Népal nous ayant suffi, nous avions donc tout notre temps pour visiter l’île et se reposer.

Notre arrivée fut parfaite : parfois on a des rouages qui coincent, des nuages devant la montagne qu’on est venus voir, le train qui a trois heures de retard, nous qui descendons à la mauvaise gare, le bus qui ne passe pas le dimanche… et parfois tout roule !

Map MAJULI
Map Majuli 2

From Meghalaya to Assam

Nous quittons le merveilleux village de Snongpeng tout au sud du Meghalaya dans un Sumo jaune, ces jeeps collectives qui vont directement à la ville de Shillong, à deux heures et demi de route. Nous nous sommes réveillés une demi-heure trop tôt car après m’être rendu compte que le téléphone s’était mis au fuseau horaire du Bangladesh j’ai oublié de le remettre à l’heure indienne on a donc attendu un moment avec les poules devant le stand des jeeps, à 5h30 du matin ! Mais peu importe, à peine arrivés à Shillong, nous trouvons un autre Sumo pour Guwahati, la grande ville en Assam où nous pourrons prendre un train pour se rapprocher de notre destination. Des samossas, des oranges et les places avant de la jeep (grand luxe, vous dis-je !) et nous voici sur la voie rapide meghalayenne. Si l’on passe une heure dans les bouchons en arrivant à Guwahati, rien ne peut atteindre notre moral car nous avons gouté de l’ananas local lors d’une pause routière, dont une version avec du piment et mama mia rien que d’y penser je salive.

A Guwahati, nous parvenons finalement à trouver le bureau pour acheter ses tickets de trains (qui n’est pas dans la gare même mais un peu plus loin dans la rue devant la gare) et grâce à la file spéciale pour les vieux, les héros de l’armée, les femmes et les étrangers nous voici avec deux tickets pour un train le soir même ! On est en waiting list mais cette fois-ci nous avons les rangs 5 et 6 ce qui est plus encourageant que la dernière fois où nous étions 32iemes… Nous partons donc gaiment nous occuper de nos problèmes de payement pour notre permis Birman, manger des trucs délicieux comme d’habitude et nous revoici à la gare à attendre notre train. J’ai reçu un texto des chemins de fers indiens mais pas très bien compris. Et la réponse à notre waiting-list se trouve sur un mur d’écran.

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Et oui tout en bas, en bleu, c’est nous… mais on a le même siège 😛Majuli-77

En fait la Indian Railway prépare ses « charts » (listes de passagers) quelques heures avant le début du train. Ainsi, certaines personnes en Waiting List peuvent remonter si des tickets ont été annules, et certaines personnes peuvent essayer d’acheter des tickets de dernière minutes à partir de ce moment là. Sur notre écran, on est tout à la fin de la liste, les seuls noms en bleu : un monsieur nous explique qu’on est validés mais que l’on a qu’une seule couchette à se partager. C’est mieux que rien !

Une fois dans le train il se trouve que des passagers manquent à l’appel et nous aurons finalement chacun notre couchette avec petit oreiller, drap et couverture (et vitre aux fenêtres !). C’est ma première fois en train indien dans cette classe (3AC) d’ordinaire je voyage en sleeper ou en dernière classe sans siège attribuée, cette nuit là c’est grand luxe pour moi, je dormirai comme un bébé.

Arrivés à Johrat nous ne nous trompons pas de gare et marchons jusqu’à trouver un mini-bus collectif qui nous conduit jusqu’au port des ferry et miracle nous arrivons 20 mn avant le départ de celui-ci. Toutes les places assises sont libres nous allons donc nous installer sur le toit, la vue y est meilleure qui plus est. Après une petite heure de navigation nous débarquons, sautons dans un bus qui nous dépose pile à côté de la guesthouse où l’on voulait aller, nous arrivons et miracle, une chambre vient de se libérer ! Nous voici donc installés pour une semaine entourée d’une joyeuse troupe d’aventuriers plus tous jeunes mais toujours aussi vaillants. Nous passerons de belles soirées à refaire le monde et discuter voyage autour de nos carafes d’alcool de riz fait maison…

La grande forme sur le toit du ferry !Majuli-75

Le calme de Majuli

L’île est un véritable écrin de calme et de nature. On se réveille au chant des oiseaux avec la brume matinale, attendant que le soleil vienne percer cette couche fraiche, puis partons nous délecter de la nourriture Assamie.

Première exploration en vélo indien : ça grince, ça fait mal aux fesses mais c’est tellement agréable de rouler dans des allées de bambous ou la route entourée de champs de riz, d’étangs, de maisons en bambous sur pilotis… tout simplement charmant. On retrouve sur l’île notre israélien que l’on avait rencontré à Cherapunjee et deux amis à lui, on fait bonne pitance dans un petit restaurant, lui aussi excellent. Je dois dire qu’après une semaine sur l’île je ne sais pas si ce sont les gens d’ici qui cuisinent très bien ou si c’est la cuisine de l’Assam en général qui est excellente. Ce sont peut-être nos derniers plats vraiment « indiens » avant le Myanmar car par la suite nous seront dans les états de Nagaland et Manipur où la culture est plus tribale / christianisée qu’indienne et ils ne mangent pas les mêmes choses. On peut y trouver du rat et du chien au menu apparemment.

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Riding, nez au vent, à manœuvrer entre les bosses, mon jouet d’anniversaire, ce puissant scooter rouge loué pour l’occasion. Pousser la machine sur les lignes droites goudronnées couronnées de bambous. Surprendre les indiens qui n’ont pas trop l’habitude de voir les gonzesses conduire leur Barbu. J’ai mis du rouge a lèvres exprès et ça fonctionne, on ne passe pas inaperçus. Etape suivante, la moto : je viens de saisir où ils ont rangé les vitesses, l’embrayage et le frein, un peu de pratique et ça devrait rouler tout seul.

Faire des kilomètres, s’arrêter au bazar, se régaler d’un dal/patates/chapati/pickle pour 20 rp chacun, reprendre la route tourner de ci de là, se perdre dans les villages traditionnels, se retrouvé embourbé en scooter au milieu d’une rizière mais dépatouillés sur les conseils d’une mamie. Caresser un chevreau, admirer le paysage : ici un poney qui broute au milieu d’une étendue de fleurs jaunes, là des étendues d’eau bleue parsemée de massifs de plantes flottantes.

S’arrêter observer les oiseaux de Majuli : ici un martin pêcheur bleu vif, là des cigogne, des cormorans et autres oiseaux d’eaux, oh un rapace immense ! Sans parler de ces drôles d’oiseaux à l’envergure impressionnante. Des petits verts fluo… comme toujours, ces drôles de menâtes et là le clou du spectacle, posé sur un but de football, un gros oiseau tout rond orné de bleu, vert et violet ! Mais n’oublions pas les chauves souris géantes, des frugivores vraiment mignonnes qui dévorent les bananes. Oui mignonnes : je suis restée captivée de longues minutes devant ce petit animal à la bouille d’ours en peluche, ses grands yeux ronds brillants, deux petites oreilles triangulaires qui gigotent quand on parle et de la banane au bout du museau. Je vous jure, bien plus mignon qu’un écureuil.

L’île de Majuli regorge de particularités culturelles et a une histoire riche. Une de ces particularité ce sont les Satras, des monastères pour Hindous. Normalement il y a des monastères bouddhistes, ou chrétiens mais hindous ça n’existe pas… sauf ici !

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Logement :

Nous avons passé une semaine en face de La maison de Ananda, dans une grande hutte en Bambou tenue par l’adorable Monjit. Pour une chambre avec deux lits (un double + un simple), avec sdb attenante et moustiquaires on a payé 500 Rp/nuit. Le seau d’eau chaude était à 20 Rp et il est possible de diner sur place, c’est très sympathique de retrouver les autres occupants mais en général nous allions manger à l’extérieur, deux fois moins cher et toujours délicieux ! (la nourriture assamie est ma nouvelle préférée de l’Inde).

Pour réserver (je conseille vivement) voici les numéros (ceux des guides n’ayant donné à rien). Monjit : 99 57 18 63 56 / Mohendra : 95 08 79 05 87 /mail : monjitrison@yahoo.in

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Big kisses to all my Majuli friends ! 😉

Rory, digital native et fouineuse du web, éparpillée mais organisée. Aime beaucoup les jolies choses, quand ça ne dégouline pas. Vagabonde depuis l’âge de 8 mois. Fait des frasques avec ses fidèles réflex argentique et numérique Konika Minolta depuis quelques années, rejoint il y a peu par un polaroid 600 et un lomo La Sardina de Moëbius.
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