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Badrinath en argentique : regard sur les sommets himalayens

By 18 juillet 2016 Asie, Inde du nord, Photographie argentique

Je reste marquée par ma visite de Badrinath, village indien sacré situé sur un plateau à 3 500 d’altitude entourés de sommets himalayens, et à deux pas du Tibet interdit. Je partage aujourd’hui avec vous mes photos de Badrinath en argentique. J’ai capturé cette lumière, ces roches et cette immensité avec un plaisir infini… et du film Kodak Portra, l’un de mes favoris.

Si vous souhaitez (re)lire mon parcours pour arriver jusqu’à Badrinath depuis le sud de l’état de l’Uttarakhand en Inde du nord, c’est par ici.

Si vous voulez vous rincer l’œil sur des montagnes (ben quoi ?), restez-là et déroulez gaiement ! Je sais qu’il y a « trop » de photos mais à mes yeux c’est tellement splendide.

Jour 1 – arrivée en fin de journée à Badrinath

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La rivière, le pont, le village et le fameux temple.Badrinath argentique-6Détail de la rivière, sous les sources d’eau chaudeBadrinath argentique-3

Le temple, bannières au ventBadrinath argentique-4

Jour 2 – randonnée jusqu’au dernier village avant la frontière Tibétaine et une cascade sacrée

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Quittant Badrinath à piedsBadrinath argentique-8

Badrinath argentique-9 « Last indian village »…  le sens le la formule !Badrinath argentique-10

Dans les rues de ManasBadrinath argentique-15

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Badrinath argentique-14La vendeuse de pull-over

Potager montagnard

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Un homme spirituel indien (les deux photos sont prises par mon Barbu) et la Rainbow waterfallBadrinath argentique-21

Badrinath argentique-20Badrinath argentique-19 Badrinath argentique-22Nos yeux rêveurs se perdent dans cette eau d’un bleu glacier…

Et la grimpette commence sur un chemin de pierre, travail gargantuesque si proche des sommets.Badrinath argentique-23

Vent, soleil et lumière enchanteresse sur les glaciers et pentes herbeuses

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Cascade de glaceBadrinath argentique-26

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La cascade Vasudhara qui chute de 122 m.

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Au pied de la cascade, une nouvelle vallée s’ouvre sous nos yeux ébahis.

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Chapeau pointu turlututu

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Jour 3 – Montagne de Shiva et ballet aérien

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Ici les randonneurs ne portent pas de gore texBadrinath argentique-43

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Coucou toi !Badrinath argentique-45

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Avant de repartir, dernière visite au temple coloréBadrinath argentique-48

J’espère que ça vous a plu. En attendant, vive le grain, la chimie c41, aimez-vous les uns les autres et bonnes vacances !

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Manger vegetalien en Inde du nord

By 9 mars 2016 Inde du nord, Pratique, Végane en voyage

J’ai décidé d’écrire cet article purement à titre informatif, comme un retour d’expérience en tant que végane après mes quelques mois en Inde du nord.

S’il paraît vraiment simple de manger végétarien en Inde, mais pour ce qui est de l’alimentation végétalienne, c’est à dire sans consommer aucun produit issu de l’exploitation des animaux à savoir : pas de viande (cela inclus le poisson, et oui, c’est un animal !), pas de produits laitiers, ni de miel.

Dans Inde du nord, j’inclus évidemment seulement les états que nous avons traversé lors de notre voyage au long cours à savoir : Delhi, l’Uttarakhand, le West Bengal, l’Assam, le Meghalaya, le Nagaland, Manipur et Tripura.

A propos du titre : j’utilise volontairement l’appellation « végane », une traduction francisée de l’anglais « vegan ». Cela correspond à l’alimentation végétalienne mais pas que, englobant également le fait de ne pas utiliser de produits issus de l’exploitation des animaux.

Le thé

du thé à Darjeeling

du thé à Darjeeling

Indispensable et omniprésent en Inde, je vais commencer par celui-ci. C’est la partie « laitière » qui pose le plus soucis : en effet, dans pas mal d’endroit, le chai (thé) que l’on trouve partout, des petits étals de rue aux Tea Stall des sortes de mini restaurants, est au lait. Il coute en général 5 roupies et est servi dans des petits gobelets en papier, plastique ou même terre cuite. Il est parfois « masala » (c’est à dire avec un mélange d’épices) parfois pas, juste super sucré.

Mais dans les états d’Inde du nord-est, les « Seven Sisters », le « black tea » ou « red tea » est largement consommé et servi partout… et il est bon ! Souvent très sucré, les tea stalls proposent souvent des gâteaux pour manger avec ou un petit encas type « chana » (une sorte de mini salade de pois chiche). Le Barbu a voulu tester la version viandue de l’encas au Meghalaya et s’est retrouvé avec du cerveau de porc au petit dej’… bon appétit bien sur.

L’état de l’Assam (au Nord-est, donc) est le plus grand producteur de thé de l’Inde, c’était en sorte le « grenier à thé » des anglais sous l’empire colonial. Et dans l’état du Meghalaya, « l’écosse indienne », on trouve également des plantations autour de l’ancienne ville coloniale Shillong. Et il est délicieux !

Dans l’Uttarakhand et à Kolkata, impossible de trouver du thé noir dans la rue, par contre dans l’hôtel où nous avons fait notre volontariat ils proposaient du thé noir au gingembre, du thé à la « lemon grass » (une tuerie).

A Darjeeling il est bien sur possible d’avoir du thé noir ou vert (sans lait donc) mais il y a différentes gammes de prix ! (Ce n’est pas le chai de rue quoi).

Le petit-déjeuner

Dans l’Uttarakhand, on mangeait principalement des aloo paratha avec du mix veg au petit déjeuner. Traduction : un chapatti dans lequel un mélange pomme de terres, piments, herbes et autres trucs bons sont incorporés dans la pâte avant qu’elle soit étalée puis cuite, servie avec un mélange de légumes préparés je ne sais comment mais toujours très savoureux.

Un petit dej en Assam

Un petit dej en Assam

Dans l’est de l’Inde, on a découvert le puri sabji : des sortes de chapatis très légers (la farine utilisée doit être différente) frits donc bien gras qui accompagnent un curry de pois chiches, pommes de terres et piments grillés. Parfois avec du gobi (chou fleur) ou d’autres légumes.

Il m’est arrivé de manger des chowmein (nouilles sautées aux légumes) au petit dej aussi.

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Petit dej au Meghalaya

A Nongriat j’ai eu le droit à de délicieux porridges chauds aux fruits et cacahuètes. Et oui, c’était cuisiné à l’eau et non au lait.

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Les plats

On aura mangé énormément de dahls cette année en Inde sans jamais se lasser. Les dahls, ce sont des sortes de soupes de lentilles, plus on moins épaisses que l’on verse sur le riz quand c’est très liquide ou que l’on mange avec des chapatis quand c’est la version plus épaisse (« dahl fry »). Parfois servis avec du beurre au milieu, il faut bien préciser « no butter » à la commande. Sinon il y a une variété impressionnante de plats de légumes vraiment délicieux sans viande ni fromage, un jeu d’enfant ! Il y a pas mal d’endroits où les gens cuisinent avec du Ghee, le beurre clarifié : quand vous avez un doute vous pouvez leur demander si votre plat sera cuisiné au ghee, et si oui leur demander d’utiliser de l’huile végétale (type huile de moutarde par exemple). Cela a du m’arriver une ou deux fois en 3 mois de devoir demander.

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Un thali dans un petit resto local à Darjeeling avec mon pickle préféré : celui de radis !

Un coup de cœur aussi : plusieurs fois on nous a servi des currys avec de la fleur de banane, c’est très consistant et le gout est incroyable.

Une fleur de banane

Une fleur de banane

Sur la route

Dans les gares ou pendant les trajets en bus, on mangeait soit des thalis dans les restos de bord de route, soit les fameux samosas TOUJOURS bons. Même dans la gare à 1h du mat, les samosas sont bon. L’encas magique. Dans pas mal de coins il y a aussi les pakoras, ce sont des patates râpées, du piment, une sorte de pate jetée dans la friture. Ou des piments dans une pâte puis frits. On a eu des pakoras à base de sortes d’algues et de jeunes pousses d’oignons dans l’état de Manipur aussi, bien croustillant. Moi ça m’a bien plu.

Image d'illustration : à quoi ressemblent les samosas indiens !

Image d’illustration : à quoi ressemblent les samosas indiens !

Et voilà à quoi ressemblent des pakoras

Et voilà à quoi ressemblent des pakoras.

Les fruits

C’est ce qui nous aura le plus manqué au final. On était hors saison des mangues (rooh) mais dans la saison des ananas. On a gouté des ananas pimentés bien mûrs au Meghalaya et ça déboite ! Dans la même région on avait également gouté du pomelo servi avec des morceaux de piment sec et du sel, ainsi que des oranges fraiches directement cueillies à l’arbre. En dehors de cet état c’était surtout bananes mais on fini par s’en lasser bien qu’elles soient goûtues. Sur les marchés au final on voyait surtout des fruits industriels : pommes et oranges calibrées entre autres et franchement ça ne donne pas envie!

Les snacks

Pendant les trajets en bus, bananes et samosa sont de rigueur, mais je suis également devenue une grande fan des chips industriels, super épicées et piquantes !

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Lay’s est vraiment présent partout dans le monde…

Les desserts

Les régions que nous avons traversées ne sont pas trop « dessert », mais plus « pâtisseries très sucrées au lait » (surtout les bengalis). Malgré tout, nous sommes tombés amoureux des « longs » au Meghalaya, cette pâte croustillante autour et fondante au milieu, sucrée mais pas trop et frite mais pas trop grasse. Parfait avec le thé ! Sinon pour les pâtisseries parfois il y en avait au lait de cajou au lieu du lait de vache, vraiment bon. En demandant on en trouve des végane, mais souvent c’était quand même super sucré.

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On a découvert des samossas sucrés dans l’Assam et c’est franchement délicieux !

un spot de pique nique pas mal !

un spot de pique nique pas mal !

La junk food

Et oui parce qu’on aime tous les frites et les burgers, j’ai eu la joie de gouter le (végé) burger le plus pimenté de ma vie au Burger King! Il ont plein de junk food spéciale « VEG » en vert dans leur burger King j’aimerais tant y retourner aha

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Nom nom nom

A l’aéroport de Kolkata j’ai également demandé une alternative originale dans mon plateau repas : au lieu d’épinards au fromage (palak paneer)… des frites !

Un thali-frites, une inventon perso !

Un thali-frites, une invention perso !

Donc au final, cela demande quelques précautions mais finalement le choix et la disponibilité de nourriture végane en Inde du Nord fait que cela est vraiment facile et agréable !

Mon Barbu n’étant pas végane et a mangé végétarien/végan pendant plusieurs mois sans ressentir de lassitude ni d’éprouver de manque. Les indiens savent très bien cuisiner de sorte à ce que l’on ne manque pas du tout de protéines : beaucoup de pois type pois chiche, les lentilles, le soja (des fois il y avait des sortes de boulettes de soja séchées qui gonflaient dans la sauce pendant la cuisson, au top !). Pour les fibres, avec tous les légumes que l’on a mangés on était au taquet ! Pour ce qui est des vitamines, minéraux, idem, on en trouve dans les légumes, fruits ainsi que les noix (j’ai mangé des tonnes de noix de cajou).

Je n’étais pas végane lorsque j’ai visité l’Inde du Sud mais je ne me rappelle pas y avoir consommé de la viande, par contre des produits laitiers type lassi (sorte de yaourt liquide, avec de la mangue c’est délicieux), et du paneer, le fromage indien (on en avait d’ailleurs gouté un artisanal à Gokarna).

La suite, en Thaïlande, on voyait surtout de la viande partout mais il est possible d’avoir pas mal de plats version végé donc au final c’était super simple il suffit de demander ! Et j’ai enfin pu remanger une glace noix de coco faite avec du lait de coco et des morceaux de coco ! Et des dragon fruits… et des mangues ! (La saison commence plus tôt qu’en Inde pour les mangues).

Si cela intéresse certains d’entre vous, je ferai un feedback sur le manger végane en Asie du sud-est après nos passages dans ce pays.

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Meghalaya #2 : la cristalline rivière Umngot

By 8 février 2016 Carnets de Voyage, Inde du nord, Vidéos

Après nos quelques jours à Cherrapunjee et nos explorations dans la jungle à la découverte des ponts en racines, nous retournons à Shillong la capitale du petit état du Meghalaya, tout au nord-est de l’Inde. De là, nous reprendrons un Sumo (jeep partagée) pour découvrir la rivière Umngot à Dawki, ville frontalière avec le Bangladesh. Nous avons juste vu quelques images des eaux transparentes de cette rivière et nous n’avons pas pu résister à l’idée d’aller nous aventurer là-bas.

map dawki

Dimanche 6 décembre 2015 : De Cherrapunjee à Dawki

Jour de trajet. Après un café au soleil avec Anette, la dame danoise qui s’occupe de l’hostel By The Way à Cherapunjee pendant l’absence d’Heprit, nous prenons la route avec Simon le suisse jusqu’à Shillong. Si l’on ne met pas trop de temps à remplir la jeep et partir de Cherrapunjee, une fois à Shillong ce n’est pas la même. C’est dimanche, et on poireaute deux heures et demie avant que la jeep pour Dawki soit remplie. Après deux heures et demies supplémentaires de routes à virages au milieux de paysages splendides, nous descendons la montagne et admirons plus près que jamais les plaines du Bangladesh. Nous traversons la fameuse rivière Umngot qui tient ses promesses : l’eau est vraiment cristalline ! Au moment d’entrer dans le village nous apercevons les cousins, nos deux compères indiens qui étaient aussi chez Byron à Nangriat. Ils nous disent qu’ils n’ont pas trouvé d’endroit pour dormir et repartent à Shillong, mais eux ont quand même passé la journée ici.

Nous allons nous mettre quelque chose sous la dent accompagné par un jeune homme qui dit vouloir nous aider mais à part débiter un flux de paroles plus ou moins cohérentes il ne se montre pas vraiment utile dans notre quête d’informations. Le patron du restaurant nous glisse qu’il est saoul, qu’il faut arrêter de lui parler et donne des infos au Barbu. Moi je poiraute avec les sacs et le poivrot. On cherche un véhicule pour aller au village de Snongpend (pronconcez Snongue-prleng). Il est situé plus haut sur la rivière dont nous a parlé la dame de l’office du tourisme et notre cher Along à Cherrapunjee. Mais c’est dimanche, peu de véhicule, une voiture part, déjà chargée à craquer. Le Chti va donc, sur le conseil d’un petit vieux avisé, à la resthouse du gouvernement, une maison verte au dessus de la route après moultes marches.

Where do you come from ?

Do you have a passport ?

(il grogne). OK. You can stay.

Une fois les sacs déposés dans la chambre, nous nous dépêchons pour ne pas manquer le coucher de soleil sur la rivière Umngot mais c’est juste ! Au bord de l’eau il y a des dizaines de barques fines en bois. Un monsieur s’assoit à coté de nous, discute, nous propose de louer sa barque, il va faire nuit donc non, il rediscute. Et nous dit que la frontière du Bengladesh est « juste là ». Il peut nous emmener. Je pense qu’il entend qu’il faut traverser la rivière mais non… il nous emmène à côté des barques. Il y a deux militaires, un en armes.

« Le cailloux là, c’est la frontière ».

Une photo publiée par RORYYYY (@roryofroom) le

Coucher de soleil sur le Bangladesh et la rivière UmngotDawki-1

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Le supérieur des militaires discute avec nous, nous dit que l’on peut aller acheter des « snacks » aux bengalis amassés là avec leurs petits stands. Ils nous accueillent avec d’immenses sourires et nous font gouter de sortes de grosses cerises confites mais salées et pimentées, on leur prend un cornet et repassons de l’autre côté du caillou. Les militaires veulent prendre des photos avec nous, et sont ravis de nous parler. Le chef nous accompagne ensuite au « centre ville » et nous indique un restaurant ouvert le dimanche (et oui, le Meghalaya est majoritairement Chrétien, les missionnaires s’en sont donnés à cœur joie, même si certaines personnes dans les villages sont restées animistes). On va boire un thé chez le premier restaurant et remercier le patron pour son aide, puis nous installons dans la rue en attendant d’avoir faim. Le chef des militaires repasse par là, et un autre poivrot se jette sur nous. Son acolyte, qui ne tient vraiment plus debout chante accroupi près du fossé. Après de multiples assauts du premier brave homme imbibé qui veut que l’on aille chez lui, nous finissons par nous échapper en allant au restaurant. Pas vraiment de choix, d’autant plus quand on ne mange pas de viande : ça sera riz et dal (lentilles au cumin) et chana (poids chiches). Dans le coin je risque d’avoir un régime basique. Le Barbu a droit à un bout de poisson frit qui n’a absolument aucun gout (d’ailleurs au début il ne savait que c’était du poisson). Mais le Dal, le Chana et les piments sont bien bon !

Alors que l’on s’assoit sur un muret devant la government resthouse, quelqu’un saute subitement sur le Barbu… oh non, notre poivrot est de retour. A un moment, mon Chti lui dit en français :

«C’est bon t’as fini de me toucher avec tes mains sales là ? »

Et l’autre qui répond, au tac au tac :

« No ! »

Evidemment, on se marre. Je rentre à la chambre, « surveillée » par le moustachu méfiant, et protégée par des barreaux partout. Une protection contre les imbibés de l’alcool du coin? En tous cas ce village fait très « western ». Demain, ça sera lundi, et on trouvera une voiture pour aller à Snongpdeng.

 

Lundi 7 décembre 2015 : Snongdpeng

Taxi trouvé, malgré un chauffeur qui essaye de nous entuber sur le prix. La route se couvre progressivement de bosses, trous, cailloux. Nous arrivons en cahotant au village après avoir perdu une fesse dans la bataille et nous trouvons devant un plan : apparemment il y aurait un homestay en bas du village, juste au bord de la rivière Umngot et un autre au bord de la route. Pas d’hésitations ! Nous traversons le village par des petites allées bétonnées et escaliers, c’est tout à fait charmant il y a même des chainettes le long du chemin. Les habitants des jolies maisons, certaines en béton coloré, d’autres en bois, nous saluent, les enfants nous gratifient de sonnants « HELLOOO ! Bye Bye ! » et nous finissons par trouver le homestay, une cabane en bois toute neuve sur deux étages. C’est mignon comme tout. On négocie avec le patron et nous voici installés pour trois ou quatre nuits. Alors que sa femme change les draps et passe un coup de balais, voici une poule qui sort de la chambre en gloussant, le balais à ses trousses ! Elles s’envole depuis le balcon et la femme sort la tête de la chambre avec deux œufs dans les mains. Voici qui n’est pas commun. Le Barbu qui est parti faire un tour dans les environs en revient enchanté, et nous allons manger un riz-chana-thé (ce que je suppose être notre régime pour les jours à venir) au petit tea stall au bord de la rivière.

L’après midi, il partira en exploration avec sa canne à pêche et se trouvera une jeune accolyte qui le déposera en barque avant d’aller jouer au foot avec les ados du villages tandis que je me reposerai puis irai faire une lessive dans un bras de rivière. J’ai rarement vu aussi belle machine à laver.

Le villageUmngot mobile-6

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La rivière Umngot <3Dawki-4

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Le riz, les poids chiches (chana) et les piments grillés… un délice !Dawki-29

Le soir, nous allons voir le match de foot au village. Il y a 30 à 34 joueurs sur le terrain sur un petit champs, c’est plutôt comique. Puis, lorsque la nuit tombe, nouveau riz-chana-piments-thé mais cette fois au thé stall au bord de la route, au son de la musique jouée par les voitures des jeunes qui font taxi. Au Meghalaya les gens parlent plutôt bien anglais, car ils n’apprennent pas l’Hindi à l’école, mais le Khasi (la langue locale) et l’anglais. On peut donc discuter facilement avec les autres clients ce soir là.

Une fois au lit, nous sommes surpris d’entendre des chants… ça doit être à l’église, mais des chants d’église au coucher on n’avait encore jamais vu.

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Mardi 8 décembre 2015 : Où est Wanti ?

Le vent souffle toujours ce matin. Je me réveille au son des cocoricos. Petit déjeuner au tea stall, journée toute en lenteur. Les enfants nous saluent, les femmes sourient, on discute. L’après-midi, nous devons retrouver Wanti pour qu’il nous emmène plus haut sur la rivière Umngot avec sa barque, vers les « rapides ». Mais il est introuvable… Sa mère nous dit qu’il est parti de l’autre côté, sur la plage vers les tentes canadiennes, pour aller couper du bois. On l’attend sur la plage. Il est 15h, le soleil a arrêté de cogné, il est passé derrière la colline. Je me plonge dans mon bouquin, assise sur un rocher, puis voilà son cousin qui arrive. Il fait de grands signe au Barbu et lui dit d’attendre. Quelques instants plus tard, voici Wanti qui arrive. Ils déchargent l’embarcation de son bois et de fruits de palme, puis nous dit de grimper. Nous voici en train de glisser sur cette eau sans remous, et dont on voit le fond. Cela doit être encore plus impressionnant avec le plein soleil. J’observe les poissons, les plages au bord de la rivière, la forêt dense et toutes ces formes de feuilles qui se mêlent. Le bateau avance lentement, à la rame. Après une bonne vingtaine de minutes, nous atteignons la petite chute d’eau entourée de gros rocher. Nous débarquons et escaladons ces immenses blocs pour trouver un coin propice à la pêche. Il s’agit d’un gros caillou au milieu de la rivière. Pour le rejoindre, il faut marcher sur un tronc d’arbre et escalader des bambous installés là, le tout au milieu d’un fort courant. De là, nous pouvons voir des poissons énormes… mais peu intéressés par des leurres en plastique, heureusement pour eux. S’ils sont devenus aussi gros, c’est surement car il sont assez malins pour ne pas se faire attraper par les nombreux pêcheurs du villages qui posent des lignes partout !

Nos deux jeunes amis nous abandonnent pour aller jouer au foot, et disent qu’ils viendront nous chercher dans une heure. Il ne vont pas nous la faire à la guide kirghize, Wanti était bien venu rechercher le Barbu la veille.

Je me trouve un bon rocher pour reprendre ma lecture, puis commence à avoir froid. L’humidité de la rivière et la nuit tombante n’y sont pas pour rien. Notre Chti national, lui, a trouvé un nouveau rocher d’où sauter. Pour le hisser de l’eau depuis les roches glissantes, je dois le tirer avec un bâton, notre équipée fonctionne bien. Nos amis arrivent avec la tombée de la nuit. C’est donc dans la quasi obscurité que nous ferons notre retour. Lumière basse et eau noires. Quelques pêcheurs avec des lampes. Des mots échangés en Khasi de barque à barque. Débarquer dans le noir à la lueur du téléphone, en prenant garde de ne pas glisser sur les rochers.

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Ce soir, nous avons accepté de prendre à manger au homestay. Vers 18h30 (il fait déjà nuit noire) la mamie et sa fille arrivent les bras chargés de plats. Du riz, du chou et des patates cuisinés, du dal aux fleurs de bananiers, du pickle maison et des carottes et concombres crus découpés. Un régal ! Et nous pouvons nous resservir deux fois. Après quelques jours de régime riz-chana, un peu de diversité nous ravi l’estomac !! C’est le ventre bien bombé que nous irons nous abriter du vent sous les couvertures.

Mercredi 9 décembre 2015 : barque-stop

Cocoricos. Vent. Faim de loup. Nous partons faire la tournée des tea stall afin de remplir nos estomacs vides. Grosse portion de riz-chana pour moi, biscuits secs trempés dans le thé au lait pour le Chti. Miettes dans la barbe. Ronchonchons.

Nous redescendons dans le village nous fournir en provisions pour éviter les matins affamés et faisons une pause au bord de la rivière, suivi par le chien pouilleux et un grand noir et fauve. L’eau est verte, turquoise, toujours aussi translucide. On observe poissons et têtards. Un peu plus haut, une femme fait la lessive. En face, des jeunes et leurs paniers s’enfoncent dans la jungle pour aller y couper du bois. Le vent, qui s’est calmé, fait danser les bambous.

J’ouvre la porte de la chambre et y déloge une fois encore la poule rousse qui aime bien pondre sur le lit de droite. D’un « cot cot codec » outré, elle ne demande pas son reste et prend la poudre d’escampette par la porte d’entrée.

Aujourd’hui, on part en excursion sur la rivière Umngot. Dans notre tea stall préféré nous trouvons une bonne âme qui accepte de nous déposer sur une plage en échange de son riz-chana et de son thé du matin. Il nous dépose donc sur une rive, le Chti s’active à débusquer les poissons Khasis tandis ce que je fais un brin de lessive sur un caillou, entourée de gros têtards et alvins. Une petite chienne rousse s’approche et vient dormir non loin de moi, mais pas trop près quand même, on ne sait jamais ! Après notre pique nique dans les feuilles de bananier, on est un peu trop à l’ombre de ce côté ci de la rivière. C’est le moment que choisi un bateau avec trois adolescents dedans pour passer devant nous. A renforts de grands signes on parvient à se faire embarquer et déposer un peu plus loin sur l’autre rive. On a du caillou à escalader, c’est sérieux. Mais le Barbu fini par trouver la plage où il voulait aller et s’en va a ses occupations pendant que je lis les aventures de mon indien bedonnant qui traverse l’Inde en Royal Entfield. Alors que le soir tombe et que nos chances de nous faire ramener au village s’amenuisent (on ne peut pas longer la rivière pour rentrer : cailloux, falaises et jungle trop dense inaccessible) je commence à taper dans les gateaux du chti qui sont pourtant contre mon éthique alimentaire. On décide de se rapprocher le plus possible du village et on fini coincé par une falaise. On s’installe alors sur un gros caillou d’où on a une vue panoramique et où le péchor peut pécher. Alors qu’il vient de coincer à nouveau son fil, mais cette fois dans une installation d’un pêcheur local, notre ami Willy que l’on a rencontré deux soir plus tôt apparaît dans toute sa bonhommie sur une petite barque. Il rame tranquillou et vient libérer la ligne du Chti. Et lance un « you want to get back ? Or later ? ». Aussi simple que ça. Un peu plus tard il nous ramènera en nous posant des questions sur l’éducation en France, à quoi ressemble le Kirghizistan… et nous payera même un thé, malgré nos protestations pour débourser quelques roupies.

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Dawki-24 Déjeuner empaqueté dans une feuille
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Dawki-27 Un petit visiteurDawki-30Le soir tombe, nous faisons du stop-barque juchés sur un gros rocherDawki-31

Jeudi 10 décembre 2015 :

Ce matin notre poule de compagnie a encore frappé : après avoir tenté deux incursions aériennes, elle a fini par simplement prendre la voie royale en entrant par la porte avant de s’installer dans son coin de lit préféré pour pondre !

Pas gênée notre poulette !Umngot mobile-9

La voici en train de vocaliser dans un arbre, qui a dit que les poules ne volaient pas ? 😀Dawki-21La vue de notre cabaneDawki-22

Journée tranquille, entre thés et chana à notre tea stall préférée au bord de la rivière Umngot. On discute à nouveau pas mal avec le jeune, sa mère étant au marché à Dawki, comme la moitié du village aujourd’hui. Il nous dit qu’il est triste que l’on s’en aille.

Dernier diner à la cabane. Pouillu est là, à se gratter au pied de la table. La poule est dans son lit, elle dort, certainement sur un œuf. Wanti et son cousin viennent nous saluer, et les gens de l’église à côté se mettent à chanter, comme tous les soirs.

Notre guesthouse dans le village :

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Nous reprendrons la route le lendemain matin… un peu trop en avance car mon portable s’étant mis automatiquement sur le fuseau horaire du Bangladesh, différent de celui de l’Inde, on s’est retrouvés à attendre une jeep très tôt le matin avec la seule compagnie des poulets et des chiens.

Pour vous aussi glisser en souplesse sur la rivière Umngot, je vous invite à visionner ma petite vidéo !

Musique : Rubin Steiner – Que Bonita es la Vida

Nos aventures continuerons désormais dans le splendide état de l’Assam et l’une des plus grandes iles fluviales, grignotée par les flots impétueux du mythique Brahmapoutre.

Soyez de l’aventure en suivant le instagram !

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Meghalaya #1 : ponts de racines et piscines naturelles à Cherapunjee

By 20 janvier 2016 Carnets de Voyage, Inde du nord

Meghalaya, la demeure des nuages

Depuis Darjeeling & Lava, nous partons découvrir notre premier état du nord est de l’Inde : le Megalaya. Nous avons entendu parler des « living root bridges » à Cherapunjee, ces ponts suspendus constitués de racines d’arbres qui évoluent encore et toujours. Cette curiosité se trouve au sud de Shillong, la capitale de l’état, à la frontière nord du Bangladesh.

Map cherapunjee

Pour les flemmards de la lecture, la VIDEO c’est par ici ! 😉

Lundi 30 novembre 2015 : en route pour le Meghalaya

Nuit compliquée pour moi dans le sleeper, alors que les deux derniers trains de nuit j’ai dormi comme un bébé avec mes boules quies et la capuche sur les yeux, cette fois, ça ne fonctionne pas. Nos voisins sont évidemment super bruyants et je crois que mes boules quies ont énormément perdu de leur efficacité. Le Barbu discute avec un monsieur qui nous renseigne en fumant à la porte du train, mais il oublie de lui faire confirmer la station et nous nous trompons de gare. Elle est petite et propre, ce qui est très étrange pour une gare de capitale d’état. Normal… ce n’est pas la bonne. Nous réaliserons vraiment cela que lorsque l’auto que nous avons engagé (200 Rp arrrrghhh) nous conduit à la bonne gare après 45 bonnes minutes de zigzag dans la ville et les bouchons. Bon finalement on est quand même au bon endroit pour prendre un bus ou jeep partagée (« sumo ») pour Shillong la capitale du Meghalaya. Après avoir fait le tour des comptoirs de bus on nous dit qu’il n’y a plus de bus qu’ils sont tous déjà pleins, on va donc au comptoir des sumo où on finit de compléter une jeep et partons sur le champ. La route pour Shillong est une sorte d’autoroute qui ne fait que monter en serpentant, les gens ne klaxonnent quasiment pas et le Barbu se découvre une nouvelle passion culinaire pour les sortes de galettes de purée de patate aux piments frites lors d’une pause. Le lac-barrage avant Shillong est très beau, entouré de forêts. Nous arrivons en ville où nous sommes déposés on ne sait pas trop où, nous marchons donc jusqu’à le découvrir, essayons l’auberge de jeunesse sur laquelle on tombe par hasard mais c’est plein (et le réceptionniste est tellement pas sympa !) mais au moins on a un point de repère. On longe le lac du centre ville, très mignon et propre, avec les ados qui font du pédalo dessus. Après de nouvelles péripéties d’hôtels complets ou trop chers, le Barbu nous dégotte un joli hôtel dans le « police bazard » (le centre ville, beaucoup moins charmant) où nous aurons une chambre moitié prix sur un bungalow en bambou sur le toit, avec lit confortable et douche chaude. Et on en a bien besoin, mon dernier passage à l’eau remontant à Darjeeling et le seau d’eau bouillante dans la salle de bain à 4°C.

Une fois installés nous allons voir la dame de l’office du tourisme, très aimable et serviable qui nous renseigne un peu plus et confirme quelques choix pour notre itinéraire dans le Meghalaya. Ces états du nord est étant encore peu touristiques, il est parfois compliqué de trouver des infos à jour et intéressantes. Nous voilà fixés, demain, nous irons bien à Cherapunjee, voir ces fameux « root bridges » : des ponts « vivants » en racine et des paysages apparemment incroyables.

Mardi 1er décembre 2015 : Cherapunjee

Nous nous réveillons dans la cabane en bambou avec les rayons du soleil et après un petit déjeuner nous sortons au police bazar pour dégoter un bus. Evidemment les gens que nous croisons nous disent que les bus sont partis à 8h, et veulent nous emmener en taxi pour 1 200 RP (le bus c’est 40 Rp pour comparaison). Une femme d’un couple de backpackers indiens me demande où je veux aller, je lui demande où elle veut aller, et c’est la direction opposée. On tourne en rond entre les guichets, pas d’info. Alors que l’on se retrouve à nouveau encerclés de taxis qui nous proposent des prix indécents, la baroudeuse indienne revient vers moi et me dit : pour les jeep partagées (sumo), il faut aller à bara bazard, ça sera 70 Rp. Le guichet des jeeps pour Cherapujee est au premier étage. Pour aller à bara bazard vous pouvez prendre un bus depuis le rond point ça sera 10 Rp. Et elle s’en va ! Notre sauveuse !!

On suit donc ses indications, sautons dans le premier bus que l’on trouve et nous voici à « bara bazar », une longue rue. On demande aux gens où est le Sumo counter, certains ne savent pas et pointent le bras vers une direction aléatoire après avoir fait une moue. Et oui, l’indien ne dit pas « désolé, je ne sais pas », il ne dit rien et pointe son bras dans une direction. Et n’espérez pas avoir plus d’informations du genre « prenez la seconde rue à droite » ou une idée de distance. Il faut donc demander à plusieurs personnes, quand vous avez plusieurs bras qui se tendent dans la bonne direction, foncez, et redemandez votre chemin régulièrement jusqu’à enfin, vous trouver devant, pour notre cas, un immense parking avec un étage, rempli de jeeps jaunes. Il nous faut monter au premier étage par la rampe des voitures, aux côtés d’hommes qui portent des sacs en toiles à la force de leur tête (et oui, ça a l’air lourd).

Une fois les taxis pour notre destination trouvés, nous devons en laisser partir deux qui était déjà quasi pleins mais qui n’avaient pas de barres sur le toit pour mettre les sacs à dos. Alors que nous patientons, Etienne se fait inviter à s’asseoir par une femme qui vend des oranges. Malgré la barrière de la langue, elle lui pose des questions, essaye de communiquer, loin d’être farouche comme la plupart des femmes indiennes dans d’autres états (pas au West Bengal non plus, j’en conviens). Alors qu’il s’est trouvé une nouvelle vocation en vendeur d’orange dans un parking de jeeps jaunes, nous devons y aller, une mamie essaye de nous piquer une place sur la deuxième banquette de la voiture. Non mais ho !

Une photo publiée par RORYYYY (@roryofroom) le

Nous voici donc partis, et après avoir quitté les rues pentues et embouteillées de Shillong nous revoici dans la nature. Le début du trajet est entouré de camps et villes militaires, puis viennent les rizières, les carrières et enfin le premier « canyon », qui s’ouvre sous nos yeux. La route est en excellent état, mais alors que nous arrivons plus haut en altitude la brume et les nuages nous bouchent les paysages plus montagneux. Nous arrivons finalement à Cherapunjee, on nous dépose au marché. A peine descendus on part à la recherche d’un restaurant avec aucune idée de l’où on va dormir… et nous croisons deux occidentaux barbus. L’un qui a l’air de bien connaître le coin nous indique des restos… et finalement l’endroit où ils dorment, le repaire de backpackers du coin, apparemment. Et tiens voilà le patron qui est là, l’air bonhomme, des dreadlocks sur la tête. Il s’appelle « Abred » et est né dans le village, voici trois ans qu’il a crée sa guesthouse « by the way » où la nuit est à 250 Rp par personne !

Nous nous entassons donc comme des sardines dans un petit taxi avec d’autres passagers et dix roupies plus tard nous voici à la guesthouse. Comme le patron est encore au marché, nous déposons nos sacs, partons à la recherche de nourriture et visitons le village.

montage insta

Le village est très sympa, ce côté un peu au milieu de nul part mais la brume nous empêche d’avoir un horizon trop lointain. Nous retrouvons nos compères, deux israéliens dont l’un est ici depuis presque un mois, le second a fait à peu près le même parcours que nous Inde-Népal-Inde ainsi qu’un suisse allemand qui est aussi tombé amoureux du lieu près des ponts en racine et veut à nouveau y retourner. Cela s’annonce de bon augure ! Après un restau tous ensemble, nous allons nous cailler / coucher. Demain, la nature.

Cherapunjee-2 Quelqu’un qui fait sécher quelque choseCherapunjee-3

Cherapunjee-4

 

Mercredi 2 décembre 2015 : les ponts vivants

Réveillés par le froid et le soleil, nous prenons un petit déjeuner avec nos compères dans une Tea Stall fait un délicieux thé de Shillong (nous avons aperçu quelques plantations sur la route) et un bol de gras et cervelle de porc pour le Chti…

Along qui est ici depuis un mois nous emmené acheter les succulentes sucreries que nous avons gouté la veille : il s’agit de pate et de sucre liquide, après les secrets de la recette je ne les connais pas mais c’est croustillant, moelleux et étonnamment pas très sucré !

Le biscuit en question :

Une photo publiée par RORYYYY (@roryofroom) le

Après cela, on se retrouve tous au bord de la route : Simon le Suisse doit aller réserver un billet de train à Shillong, un de nos israélis s’en va vers le nord, nous partons dans le village des root bridges et Along reste au village pour ses cours de vannerie.

Nous traversons un charmant village avant d’arriver à la fin du plateau, qui se finit abruptement parfois en falaises rocheuses, parfois en pentes très raides recouvertes de jungle. Au loin, nous devinons les plaines du Bangladesh et ses rivières. C’est bien plus bas : ces plaines se situent à -300 m du niveau de la mer et le sommet de notre plateau à 1000 m environ, autant vous dire que la route est constituée exclusivement de lacets !

On nous dépose dans un petit village : d’ici on a trois kilomètres à marcher avant de trouver les marches qui descendent jusqu’aux ponts vivants en racines. Le paysage est sublime, la diversité de plante incroyable et les gens que nous croisons nous saluent, souriant et nos posent quelques questions. On est un sur un petit nuage !

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Mais ensuite, ça se corse : les terribles marches pour descendre au village de Nongriat dans la jungle ont raison de nos genoux !

Au début, c’est pente douce, mais ça ne dure pas longtemps !Cherapunjee-16 Des papillons partoutCherapunjee-17 Ce n’est malheureusement pas la saison des orchidées (on ne peux pas tout avoir !)Cherapunjee-19

Cherapunjee-20 La végétation luxurianteCherapunjee-21

Mais lorsque nous arrivons en bas nous avons quelques surprises de taille :

Cherapunjee-22Des ponts suspendus… et un premier pont en racinesCherapunjee-23 Je fais genre mais en vrai je ne suis pas fière… ça bouge !Cherapunjee-24 Et ça remonteCherapunjee-26

Cherapunjee-27 De nouveaux ponts :Cherapunjee-28

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Après ces obstacles mouvants, plus que quelques marches (à monter, maintenant) et nous voici à la homestay de Byron, sa femme et leurs 5 enfants. Nous sommes accueillis par sa femme qui nous attribue une chambre, puis après un repas de nouilles sautées nous partons à la recherche de ses fameuses « swiming pool » : des bassins d’eau turquoise formés par des rochers le long de la rivière. Nous marchons sur un petit chemin bétonné entouré de jungle, des papillons colorés nous tournent autour… on a l’impression d’être dans le jardin botanique parfait.

Rejoindre les piscines naturelles s’avère ardu : après avoir traversé deux ponts suspendus, un en métal, un en racines c’est une véritable partie d’escalade et de contorsion entre les rochers qui s’opère pour rejoindre les piscines plus en aval. Nous ne parviendrons qu’à la seconde, la troisième étant juste parfaite, mais aussi parfaitement inaccessible sans prendre de risques inconsidérés. Ce n’est que partie remise !

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Le soir nous rencontrons Byron et nos nouveaux compagnons de homestay, un couple qui est arrivé dans le noir, émotions fortes garanties sur les ponts suspendus de nuit pour Christina qui a le vertige. La nourriture est délicieuse et abondante, et nous faisons plus ample connaissance avec le fameux Byron, hôte de ces lieux, un bien intéressant et curieux personnage ! Il nous parle un peu plus des gens de la tribu Khasi, prédominante dans cette partie du Meghalaya. Ils viendraient de nord thailande et étaient des guerriers. C’est une société matriarcale, ce qui est une exception en Inde : en effet, les terres et le nom de famille sont conservées par les femmes, car elles vivent plus longtemps et risquaient moins de mourir dans une guerre des clans. De plus, les terres et la maison reviennent à la fille cadette de la famille. Lorsqu’un homme Khasi épouse une femme, c’est lui qui doit déménager dans le village et la maison de sa promise et non le contraire !

Jeudi 3 décembre 2015 : la rainbow waterfall

Après un copieux petit déjeuner, nous prenons notre packed lunch auprès de l’adorable femme de Byron et nous voici partis en compagnie de Nikkil, il est indien mais a grandi dans le sud de la France puis a vécu aux USA avant de s’installer en Inde. Sa compagne Christina, est originaire du Nagaland et danseuse expérimentale (et trop choue !!). Je sais ça fait un peu Jean-michel, 59 ans électricien dans le Loir-et-Cher mais ce sont deux personnes super sympathiques et intéressantes. Nous visons la Rainbow fall, une cascade ainsi nommée car elle produirait un joli arc en ciel lorsque le soleil s’en mêle. Sur notre route néanmoins nous apercevons une piscine d’eau turquoise facile d’accès. Il fait gris mais tant pis, on se jette à l’eau. Nos deux comparses étant un peu fatigués de leur arrivée nocturne de la veille rebrousseront chemin alors que nous continuons notre ascension jusqu’à cette fameuse cascade… qui en cache en réalité plusieurs.

Encore des root bridgesCherapunjee-47

Cherapunjee-49 Dans la forêtCherapunjee-50 Tiens donc…Cherapunjee-51Voilà !Cherapunjee-59elle n’est pas chaude non plus 😉Cherapunjee-54

Après un bon déjeuner et quelques plongeons pour le Barbu, nous reprenons le chemin dans la forêt, saluant les travailleurs qui l’entretiennent, à la force de leurs bras et de quelques outils. Nikkil et Cristina rebroussent chemin, il est encore un peu malade.

Cherapunjee-60 Si papillon il y a… voici un cocon.Cherapunjee-61 Les escaliers artisanauxCherapunjee-62 Cherapunjee-64 En voilà une sacré cascade…
Cherapunjee-65 On fait nos photos d’indiens, pour de rire.Cherapunjee-66

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Cherapunjee-68Le déjeunerCherapunjee-69

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Sur la route du retour, entre le pont en racine et le long pont suspendu en métal, il y a également un petit pont en bambou créé directement sur l’arbre qui enserre de ses racines le massif caillou noir central. Allongés sur ce cailloux, nous observons un bien curieux ballet aérien : des dizaines et dizaines de libellules volent en tous sens d’une façon qui nous semble aléatoire. Nous découvrons leur capacité de faire des virages et demi-tours secs, c’est impressionnant.

Cherapunjee-81 Perchés sur le caillouCherapunjee-79

Le soir, c’est une grande tablée qui se partagera le repas préparé par Violetta et Byron : riz, pommes de terres et haricots, boules de soja en sauce, dal, pickle de radis, pickle de mangue, petits piments verts… un véritable festin !

Nous nous endormirons bercés par les chants de Byron à la guitare et l’orage qui gronde avant de déverser ses gouttes sur notre toit métallique…

Vendredi 4 décembre 2015 : le village voisin

Aujourd’hui nous décidons de nous rendre au village voisin, à une demi-heure de marche dans la jungle, sur un magnifique sentier, tapissé de feuilles. Evidemment, il y a encore des escaliers, mais ceux ci sont faits de pierres. Cette jungle est incroyablement belle et riche, parfumée de l’odeur fraiche de la terre forestière, du humus, de fleurs aux fragrances qui ressemblent au chèvrefeuille et parfois des notes d’agrumes. Il y a en tellement qui poussent ici. Avec nos deux compères de la veille, nous descendons les centaines de marches qui mènent du village à un double pont suspendu métallique et de là partons à la recherche d’une nouvelle piscine naturelle pour profiter de ce magnifique soleil de décembre. Une fois nos mollets rudement mis à l’épreuve, nous escaladons les énormes blocs de roche pour trouver un lieu de baignades. Après quelques acrobaties nous trouvons un nouveau bassin d’un joli bleu, tout en longueur. Je me jette dans l’eau cristalline la première alors que les autres lézardent au soleil la clope au bec.

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Cherapunjee-86 Encore ds marches !Cherapunjee-88 Un double pont suspendu
Cherapunjee-89Et la piscine !

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Mais après un moment, il faut bien remonter toutes ces marches, Nikkil et Christina doivent retourner à la civilisation cet après midi, nous nous séparons donc au village après des au revoirs « swety ». Alors que nous discutons avec des enfants devant une maisonnette au cœur du village, nous demandons à l’un d’entre eux de nous indiquer la voie vers le pont et la « rocky river ». Il nous accompagne volontiers, communiquant avec d’autres enfants dans la forêt par des cris qui ressemblent à ceux des singes. Nous marchons dans cette joyeuse cacophonie de cris d’enfants qui se répondent et finissons par tomber sur un petit groupe de ces bambins qui accompagnent une femme partie chercher de l’eau dans un des nombreux réservoirs disséminés dans la montagne. Un bambin cul nu est fasciné par le Barbu, il ne le quitte pas du regard et se marre. Notre petit guide nous emmène sur le pont suspendu et de là nous apercevons les gens du villages assis sur les pierres de ce qui doit être un torrent lors de la saison des pluies. Nous les saluons depuis le pont et accompagné du petit garçon, descendons les saluer de plus près. L’homme le plus agé parle bien anglais et discute avec nous alors que le Barbu se voit offrir une noix de bétel. Nous passons quelques temps avec le petit groupe avant de repartir sur le chemin de Nongriat. Notre guide nous montre un essaim d’abeilles dans un arbre et nous montre plein de végétaux, arbres et fruits en nous donnant leur nom en Khasi, le langage du coin. Un véritable petit botaniste ! Il nous accompagne jusqu’à la sortie du village et nous le quittons après une bonne poignée de main.

Notre petit guide a le sweet jauneCherapunjee-93

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Cherapunjee-102 De retour à notre villageCherapunjee-103

De retour à Nongriat nous nous jetons sur un plat de chowmein, affamés et relatons nos découvertes du jours avec Byron.

Samedi 5 décembre 2015 : on a trouvé notre piscine

Ce matin nous faisons un point budget et effectivement, on est à court de cash, on a même pas assez pour payer notre séjour il nous manque une centaine de roupies. Le couple d’israéliens nous avancent et nous leur laisserons un billet au By The Way à Cherapunjee. Nous devons donc repartir aujourd’hui. Nous décidons alors de finalement accéder à cette piscine naturelle turquoise que nous avions repéré le premier jour mais impossible d’y accéder. Grace à quelques infos récupérées ça et là, des incursions dans la forêt et l’aide providentielle d’un local, on parvient finalement à cette piscine tant convoitée ! Problème : on est samedi et le week-end, le village est littéralement envahi par des hordes de touristes indiens. Et là il y a tout un groupe sur un rocher au dessus de la petite cascade qui, comme nous il y a trois jours, cherche un moyen de descendre. Et je n’ai pas envie de faire bête de foire en maillot de bain, l’irlandaise que nous avions croisé lors de notre descente des marches nous avait que le samedi elle avait eu à s’abriter de hordes de paparazzis en goguettes. Et oui une occidentale en bikini c’est le degré ultime de la photo de l’indien voyeur. Et si il peut en plus incruster sa tête en selfie au premier plan c’est le gral du selfie.

La voilà !Cherapunjee-109 Une autre un peu plus basCherapunjee-110

Tadam !Cherapunjee-105

Une fois que la voie est libre, nous pouvons enfin nous glisser dans cette eau turquoise. Aujourd’hui le soleil tape fort et l’on sèche en une fraction de seconde, toujours entourés de papillon curieux. L’un s’est mis en tête de butiner les fleurs de ma robe.

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De retour chez Byron, nous faisons nos sacs, discutons un peu avec lui et c’est parti pour la montée des marches (pas celles-ci). Et ici pas besoin de tenue de soirée, car vous allez en suer ! Nous sommes impressionnés par le nombre de touristes indiens que nous croisons, des hordes d’ados habillés comme s’il allaient sortir en boite, une fille en talons (compensés mais quand même) qui a traversé les ponts suspendus. Et des mecs locaux qui comme nous montent… mais avec des énormes morceaux d’arbres sur le dos. On dirait du bois précieux certainement pour faire des meubles. Une fois en haut des marches il nous reste à remonter la route jusqu’au croisement ou nous pourrons trouver un véhicule pour remonter à Cherapunjee où nous attendent douche chaude, repas copieux et froid de canard.

Pour la suite, nous avons prévu d’aller nous cacher dans un autre petit village le long d’une rivière aux eaux transparentes, juste collé à la frontière Bengalaise. L’état du Meghalaya ne manque décidément pas de merveilles !

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Je parle du village de Lava dans les montagnes et de bouquins

By 14 janvier 2016 Inde du nord, Inspiration

Suite à nos quelques jours à Darjeeling dans le West Bengal en Inde, nous sommes partis à la recherche d’un endroit plus calme et dans la nature, c’est alors que nous est venue l’idée de nous rendre dans le village de montagne de Lava, à la même latitude que Darjeeling mais en dehors des grands circuits touristiques. Ce carnet de voyage fait aussi office de carnet de notes littéraires en son milieu, ne me demandez pas pour quoi, c’est comme ça.

Si vous avez un peu de temps devant vous pour lire c’est par en dessous sinon n’hésitez pas à aller voir (ou revoir) ma vidéo « Darjeeling & Lava« .

Lava-21Vue depuis le village, un chien dormeur et un coq chanteur dans ses rues calmes.Lava-20

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Samedi 28 novembre 2015 : Darjeeling to Lava

Nous faisons nos adieux au papi de la guesthouse avant de descendre Darjeeling avec les sacs à dos à la recherche de la gare des jeeps collectives. Nous devons en prendre une d’abord pour Kalimpong, autre ville importante du Gorkhaland puis nous verrons là-bas comment rejoindre le village qui ne sera plus qu’à 36 km en théorie. Coup de chance, nous arrivons pile poil pour compléter les deux derniers sièges d’une jeep et partons sur le champs. La route est jolie, à serpenter entre les montagnes, encore ces jolies maisons en bois colorées, ces fleurs et cette végétation luxuriante. Puis nous descendons dans une vallée où nous longeons puis traversons une rivière turquoise avant que la route ne remonte sur la montagne suivante.

A Kalimpong, après nous être renseignés des horaires des jeeps et bus pour rallier Siliguri, où un train de nuit nous attendra le dimanche soir, nous embarquons dans une jeep partagée à destination du village de Lava. Les paysages sont absolument magnifiques mais la route complètement défoncée (d’où l’utilité de la jeep) et au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, les forets se parent de conifères et une brume épaisse nous enveloppe. C’est gris clair et frais avec les nuances de sombres des troncs foncés des pins. Nous arrivons donc à Lava dans le froid et le brouillard. Après une collation dans l’hotel-restaurant sur la place principale, mon Barbu part à la recherche d’un logement à prix abordable.

Le soir.

On est là, au chaud sous les couvertures dans le village de Lava. C’est dans le nord est de l’Inde, entre le Népal à l’ouest, le Sikkim au nord et le Bhoutan à l’est. La route pour s’y rendre est trouée, la forêt et les paysages sublimes. Sans prétention, juste subliment bruts. Les hameaux traversés, les maisons colorées, les arbustes à énormes fleurs rouges, la forêt de bambou et au loin, ce ciel gris qui menace, encore, notre soif de vues sur les sommets blancs de l’Himalaya. Les montagnes se dessinent entre les napes de brume, couvertes de forêts dans lesquelles vivent pandas roux et léopards. La route devient de plus en plus défoncée. Pour une fois, nous sommes assis sur les sièges avant de la jeep. Entre mon Barbu et le jeune chauffeur, né en 88, groupe sanguin O positif, je sens le levier de vitesse s’enfoncer dans ma cuisse droite à chaque fois qu’il repasse la seconde. Je conduis à nouveau, par procuration. Ses pieds sur les pédales, les virages qui s’enfilent, le bosses qui se dessinent. Je me demande s’il les connaît par cœur, ces virages et ces trous. S’il aime son travail. Comme la route monte perpétuellement on finit immanquablement par prendre de l’altitude. Nous sommes dans les nuages, la température se rafraîchit. Des personnes attendent sur le bas côté. La jeep s’arrête, les trois hommes grimpent sur le toit, la jeune femme en pantalon de pyjama pilou avec pinguins et étoiles de neige s’assoit entre le chauffeur et moi, levier de vitesse entre les jambes. Ils ont l’habitude, ici, de conduire alos qu’ils sont quatre sur la banquette avant.

Nous arrivons dans le village embrumé. Alors que nous cherchons un restaurant, nous poussons une porte sous une enseigne… mais dans la pièce seulement une table de ping pong et deux joueurs.

Nous entrons dans un hôtel restaurant. Pour accéder à la seconde partie il faut traverser une boutique de souvenir. Deux moines bouddhistes quittent la salle et nous nous retrouvons entourés d’assiettes pleines de restes de poulet. La télévision joue un film d’action où des filles blondes aux décoltés avantageux et fringues de « rangers » tirent sur des militaires, le tout doublées en hindi (ou bengali), ce qui est très cocasse. Je mange tout mon riz avec les doigts, et mon Barbu part en quête d’une bonne auberge. Je me plonge alors dans mon bouquin et retrouve les romances adolescentes de mes deux nigériens. Parfois je regarde un peu le film, ente deux chapitres. Dehors il a l’air de faire froid. Deux jeunes grimpent sur le toit d’une jeep et essayent de se protéger de celui à venir en emmitouflant leur visages dans des foulards. L’un des foulard est rose fluo, ils s’esclaffent.

Le Barbu reviens, il a trouvé ! Il me promet une jolie vue demain matin. On pose les bagages, essayons d’avoir des infos au « point tourisme » vers les jeep. Sans succès ! Ce sont juste les conducteurs des jeeps qui vont et viennent, mais personne pour vraiment nous rensigner ni sur le parc naturel ni sur les activités du coin. Trois touristes du Bangladesh sont là, ils se prennent en photo avec nous, on échange quelques mots et ils repartent. La nuit commence à tomber. On descend le village.

On atterri dans un des seuls troquets à soupe, momos (raviolis vapeurs de légumes ou viande) ou fryed noodles (« Chomein ») avec un peu d’animation. Les Bengalis que nous avons rencontré au point tourisme sont dedans. On boit une bière Sikkimi que l’on va nous chercher sous le manteau, commandons momos et soupe. Si seulement nous avions pris des chowmein (nouilles frites)… La soupe est infecte ! De l’eau chaude avec des cubes en poudre pas dilués et en trop grosse quantité, avec quelques morceaux de chou et des grains de mais qui ressemblent à du plastique qui flottent dedans. Mais le tenancier est tellement gentil et souriant que l’on se force ! Et finalement on rigole bien, et on discute un peu avec les Bengalis. Puis rapatriement au chaud.

Après avoir constaté qu’à la tévé il n’y a qu’Alien 3 en anglais, on se plonge dans les films que Pankaj nous a donné à Kolkata.

La Vénus à la fourure, de Polanski. Un délice, une merveille.

Et puis, Dans la maison, de François Ozon. Tout pareil.

Après ces deux films si géniaux, me voici à penser à nous. Deux idiots devant des films plutot intelligent, ça fait du bien. Tous les deux, on était en classe littéraire au lycée. Certes, pas à la même époque. Lui il aime bien les livres du genre Bret Eston Ellis, et Sur la Route de Kerouak. Mais je ne l’ai jamais vu lire autre chose que des magazines. Il a acheté un livre sur un fonctionnaire indien qui plaque son boulot et part en road trip en Inde. Je l’ai commencé, c’est plutôt marrant même s’il se répète. Moi j’aime les Kundera (comme toutes les meufs), les livres qui se passent dans les années folles où ceux qui me font voyager.

Je me rappelle que ma maitresse me disait d’aller jouer avec les autres plutôt que de lire à la récré. Balle aux prisonniers ou tomate ? Les encyclopédies en 12 volumes dans le placard. Les magazines sur les papous, les danses balinaises, les « africains » qui se teigent les cheveux à la paille de riz. Les livres piqués dans la bibliothèque des parents.

J’aurais du lire plus.

Après, il y a eu les lectures obligatoires. Au collège, je lisais encore beaucoup à coté, j’étais forte en rédactions.

Et puis il y a eu internet.

Au lycée, je n’ai même pas lu tous les bouquins au programme. J’adorais mes cours de littérature même si la prof était rosse, un des seuls cours où je ne squattais pas les sièges du fond. J’ai adoré étudier le Guépard de Lampedusa, décrypter les pensées de Pascal, analyser Sheakspeare même si en anglais c’aurait été mieux. Ensuite, l’IUT, la fac, le master pro. Vous croyez vraiment que j’allais lire des livres sur les théories de la communication et autre bullshit ? En licence, j’ai adoré les extraits de livres de sociologues sur lesquels notre « maitre de conférence » beau gosse nous obligeait à bosser toutes les semaines (pour notre grand bien).

Et puis, on travaille. J’ai lu des études de 500 pages sur l’économie des médias pour en faire des synthèses, des études sur les thunes que le business du sport allait rapporter au niveau mondial, des articles sur les nouvelles technologies mobiles dont je ne comprenais pas tout, et puis, dans mon dernier job, des CV et books d’architectes, d’ingénieurs. Des articles sur l’architecture. Et puis le lonely-planet Kirghizistan. J’ai eu des passages où ça me reprenais, où j’essayais de lire toute la bibliothèque du Barbu pendant mes trajets de bus pour aller bosser. Mais rien à faire, le temps passe, l’attrait irrésistible des écrans persiste, surtout quand il y a du wifi.

Kalimpong, j’y étais déjà allée auparavant… par le livre de Kiran Desai, une auteure indienne, « La Perte en héritage » en français. Ici une critique complète de ce roman qui m’avait beaucoup plu, publiée sur le New York Times en février 2006. Et le thème du multiculturalisme y est largement abordé, que ce soit de façon directe ou en sous-couche tout comme dans le livre « Americanah » que je viens de lire. Je l’ai acheté à Kolkata, c’est de Chimamanda Ngozi Adichie. C’est bien écrit, intelligent, « sharp », et en anglais américain & nigérian.

Dans le premier, une petite fille indienne, Sai, qui a été élévée chez les bonnes soeurs se retrouve chez son grand père à Kalipong. Le fils du grand père s’exile aux Etats Unis, attirés par les sirènes du rêve américain, mais en fait il va se galérer et finir par rentrer. Dans le second, ce sont des jeunes ayant grandi ensemble, qui étant à l’université sont contraints de s’exiler pour continuer à étudier, à cause des instabilités politiques et grèves au Nigeria, leur pays. Ifemelu, la fille, réussi à partir aux Etats-Unis, et découvre qu’elle est noire, Obinze, le personnage masculin part lui à Londres, avant de revenir au Nigeria et d’y faire fortune. Mais dans ces deux histoires on retrouve : un exil, des histoires de rêves, de dure confrontation à la réalité (ou aux réalités), de découverte et adaptation ou non / observation d’une autre culture… et de retours au pays. Les deux sont au final très sociologiques. L’un décrivant avec dureté la culture de l’ouest menée par la société de consommation, l’autre les questions raciales aux états unis de façon très franche, et les différences culturelles avec le Nigeria.

PS 1 : Oui je viens de passer d’un carnet de voyage à un carnet de bouquins mais c’est mon blog je fais ce que je veux ! (non mais ho).

PS 2 : et oui il n’y a pas que les mecs qui écrivent de bon bouquin, vive les auteurEs. A voir, la planche de BD de Maureen (Diglee) sur les femmes de lettres et leur absence dans les programmes du bac.

Dimanche 29 novembre 2015 : de Lava à Siliguri

J’ouvre les yeux et réalise que la lumière est déjà là. Je bondis de mon lit pour la fenêtre, voir si la « petite vue » dont m’a parlé le Barbu existe vraiment. Je dois faire vite, avant que les nuages ne se lèvent, il est 6h30. Après avoir lutté avec la fenêtre et son drôle de système d’ouverture, une bouffée d’air frais me saute au visage, et devant moi :

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Pour plus d’images de cette magnifique ligne de crêtes, voir la vidéo de Darjeeling & Lava également.

Les crêtes couvertes d’arbres qui se dessinent, légèrement estampées et au loin, la ligne saillante des hautes montagnes, celles qui jouent à cache-cache avec nous depuis que nous avons quitté l’Uttarakand (Inde). Tout à gauche, j’aperçois même des sommets blancs qui rougeoient et rosissent alors que l’astre rouge pointe le haut de sa sphère au dessus des crêts arborés.

Il ne faut pas trop tarder, aujourd’hui nous voulons visiter le village de Lava où nous sommes, situé à une grosse trentaine de kilomètres de Kalimpong. Après un petit déjeuner de biscuits secs, nous partons sur la route, après avoir demandé quelques indications à des habitants nous grimpons direction le sommet de notre petite montagne. Un chien sympathique avec de beaux yeux vairons nous accompagne jusqu’à la forêt, où il nous dégotte un chouette sentier. Nous continuons de grimper sur ce sentier caillouteux. Sur le sol, de grosses feuilles mortes colorées, châtaignes et drôles de glands : c’est la première fois que l’on se sent en automne « comme on a l’habitude en France » depuis que nous sommes partis. Et l’hiver approche. Un glissement de terrain coupe notre route forestière, nous escaladons ce mélange d’arbres morts au combat, fougère, terre sablonneuse et cailloux dans la fraicheur de l’odeur d’humus.

Un peu plus loin, de grands conifères succèdent aux feuillus, et alors que la transition inverse se réalise, je vois mon Barbu au loin qui me fait de drôles de gesticulations et pointe la forêt du doigt. Ah, il imite un singe. Le temps que j’arrive, j’aperçois une sorte de gros macaque qui nous montre ses fesses en se sauvant, sautant d’arbres en arbres.

Un peu plus loin, il m’indiquera toute une troupe, une horde ou je ne sais plus comment on dit chez les singes malgré tous les documentaires animaliers ingérés. Nous les suivons des yeux, fascinés par ses animaux qui s’expriment en petits cris, sifflements et gazouillements, et leur agilité à se déplacer en sautant d’arbres en arbres. C’est toujours autre chose d’observer des animaux sauvages, ce n’est pas comme ces singes « de bord de route » qui ne craignent pas l’homme, leur regard nous narguant presque, avec cet air de racaille qui veut nous voler notre gouter.

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Un cottage du département des forêts (l’ONF local si on veut)Lava-7

Une fougère arboricole on diraitLava-8 Igor le chien.
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Il est temps de redescendre au village, on nous a dit qu’il y aurait une jeep partagée à 13h qui se rendrait à Kalimpong, et rien plus tard. Et oui, on est dimanche, il y a moins de transport en commun. Nous faisons un tour dans le village et avalons quelques veg momo et chowmein (nouilles chinoises sautées aux légumes) avant d’aller visiter le temple bouddhiste situé en bas du village.

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Ceci fait, nous retournons sur la « place principale » pour attendre notre jeep. Les infos sont contradictoires, certains nous disent que non, il n’y a pas de jeep pour Kalimpong maintenant, d’autres que si à 13H… puis à 13H, à 13h30. Mon Barbu commence à s’impatienter. Puis un jeune homme de la coopérative de jeeps partagées nous dit qu’il y a une jeep qui va arriver, elle va à Siliguri. Nous sautons sur l’occasion, nous avons un train ce soir à Siliguri, nous ne pouvons pas nous permettre de rester coincés ici. Lorsque le véhicule arrive, on monte avec un monsieur (et son pull Maya l’abeille) accompagné de son acolyte, c’est tout. Un des passagers précédents a dû être malade, l’odeur à l’intérieur du véhicule est infecte… mais les paysages qui vont se dérouler sous nos yeux lors de notre descente vers les terres me la feront (presque) oublier. La petite route serpente entre hameaux fleuris et leurs maisons colorées, sur fond de pans de montagnes où s’égrainent quelques habitations en bois. Le soleil fait son apparition, et le paysage change, nous avons perdu de l’altitude et des plantations de thé s’étalent à nouveau de chaque côté de la route. Rangs de buissons tous ronds protégés par quelques arbres par ci par là.

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Alors que nous entamons la partie plate, où une route goudronnée toute neuve qui remplace notre piste à trous, le chauffeur nous informe par le biais de Mr Maya l’abeille (car il ne parle pas anglais) qu’il ne va pas jusqu’à Siliguri car son véhicule a un problème. Ce qui est très étrange car il se faisait plaisir à foncer comme un bourrin sur la route dépliée de ses virages… Il nous dépose au croisement avec la route de la plaine, Maya et son copain descendent mais ne sortent pas leurs sacs, le chauffeur nous passe nos sacs nous fait payer genre 20 roupies moins chers que prévu et nous dit qu’il faut que l’on prenne un bus, justement en voilà un qui arrive à toute allure, il l’arrête, nous courrons après le bus… et là nous avons le temps de réaliser que le chauffeur s’est bien foutu de notre gueule. Il nous reste plus de la moitié du chemin à parcourir jusqu’à Siliguri, il nous a fait payer plein pot, nous avons du payer le bus en plus et Maya l’abeille ne s’est pas précipité pour prendre le bus. Je pense qu’ils se sont fait leur petit arrangement dans notre dos les *****.

Enfin bref après une bonne heure de route sur la banquette du bus à se faire secouer comme des pruniers, nous nous faisons déposer à une intersection en dehors de la ville (car le bus ne va pas jusqu’à la gare, ça serait trop beau). De là on nous dit de prendre un « auto » (les rickshaws partagés) jusqu’à NJP, la gare. On roule un bon moment, la tête dans la pollution, les oreilles dans les klaxons avant de nous retrouver pour la troisième fois du mois à la « délicieuse » gare de NJP à Siliguri.

Prendre le train

Un marché à la bougie, devant la gare de SiliguriLava-36

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Affamés, nous retournons au restaurant où nous étions venus la dernière fois en arrivant du Népal qui sert un délicieux dal fry (vraiment délicieux). Il s’agit de PRAKSH HOTEL* dans la ligne de restau en face de la gare. (*Oui dans l’est de l’Inde les « hotels » sont souvent juste des restaurants. Pour dormir c’est plutôt des « lodging » qu’il faut demander).

Après avoir tué le temps à l’internet, nous marchons sur la gare pour voir qu’en est-il de notre train. Et bien il a deux heures et vingt cinq minutes de retard.

Ca prend évidemment du temps et plein de vérifications auprès des monsieurs de la gare pour déterminer cela car les annonces sont faites en trois langues (hindi, bengali et anglais) et la dame annonce un numéro de train et sa destination et non le nom du train, sauf qu’entre tous les autres numéros dur de savoir si c’est bien notre train ou l’autre train de nuit qui se rend également à Guwahati.

Une fois que nous sommes sûrs que c’est bien le notre, nous allons nous assoir dans la « waiting room » masculine de la classe « sleeper » (le Barbu n’a pas le droit d’entrer dans la waiting room féminine). Je m’assois près d’un monsieur souriant qui m’accueille sur le siège voisin du sien. Alors que mon Barbu se réfugie du bruit incessant des annonces de la gare en regardant un film sur la tablette près des prises (OUI il y a des prises électriques accessibles dans toutes les gares), le monsieur me fait la conversation, bientôt rejoint par mon autre voisin. Le premier a 50 ans, est Népalais et travaille au Qatar où il est chauffeur de taxi. Il a des vacances tous les deux ans et là il va prendre le train pour Hampi dans l’Inde du sud avec sa famille qu’il voit donc rarement : sa femme et ses deux fils, un petit garçon et un ado. A ma gauche, plus jeune, c’est un militaire, son anglais est basique mais son envie de me parler énorme. Il ne cesse de me poser des questions et se révèle très intéressant. Il voyage avec deux autres hommes, qui dorment par terre devant nous sur leur paillasse en plastoc. Son père est fermier dans l’état de l’Haryana, à l’ouest de Delhi, il cultive du riz pour en faire de la farine (qui sert à faire les rotis/chapatis). Il me parle des problèmes des femmes qui ont trop d’enfants dans les campagnes par manque de contraception/ éducation. Il me demande si les gens sont aussi blancs que moi en France, ce qui m’amuse beaucoup.

Après diverses discutions tous les trois, ils décident que j’ai une bonne propension à apprendre l’hindi donc ils me mitraillent de mots. Heureusement le Barbu me rejoint et interrompt mon cours de langage improvisé à minuit dans une gare. Il est temps d’aller voir si notre train arrive, et a quel voie. Une fois le quai trouvé, on se régale de samossas, étonnés de voir que tout est encore ouvert, des fonctionnaires travaillent dans les bureaux, et ce surement toute la nuit, étant donné que le train de mon nouvel ami le militaire aux longs cils a 5h de retard ! (sur un trajet de 32h originellement).

Et hop, dans le train direction Guwahati la capitale de l’Assam où nous arriverons demain matin. De là nous rejoindrons l’état du Meghalaya, notre incursion dans les états peu connus du nord-est de l’Inde peut commencer !

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Quelques jours à Darjeeling

By 9 janvier 2016 Carnets de Voyage, Inde du nord, Non classé, Vidéos

Du 25 au 27 novembre 2015

La route pour Darjeeling me rappelle l’est du Népal. Trop étroite pour que deux véhicules s’y croisent, ce qui occasionne des bouchons étranges. Mais surtout, ce sont les petites maisonnettes en bois coloré bleu turquoise ou vert et les immanquables fleurs orange, jaunes et roses toujours plantées dans des sacs en plastique noir qui nous rappellent les paysages près de Fikkal à notre volontariat Népalais.

Nous avons eu la chance d’occuper les sièges avant de la jeep partagée pour une fois et, comble du luxe, nous y étions seulement trois. A l’arrière, deux géants russes serrent les fesses (et les genoux) tassés à quatre par banquettes. Mais nous n’avons pas payé un prix qui raisonnable, la négociation était compliquée. On ne gagne pas à tous les coups.

Nous voici déposés à Kurseong. Après un petit repas, je pars à la recherche « d’une bonne auberge » pendant que le Barbu sirote des thés. Après avoir fait toutes les chambres de la rue, je ne pense pas que nous passerons une nuit dans cette ville. Je fais un détour à la petite gare pour voir si nous pouvons finalement rejoindre Darjeeling dès aujourd’hui avec le « Toy Train » à vapeur dont le départ est à 3h. Mais personne au guichet. Nous décidons de tout de même tenter notre chance avec ce petit train et nous installons sur le quai de la gare. Nous avons pour spectacle les passants qui traversent, les histoires de chiens, deux chèvres qui jouent comme des folles sur les rails (on sait plus que jamais d’où vient l’expression sauter comme un cabri). Alors que je subis les assauts répétés d’un adorable (mais sale) petit chiot qui veut entrer dans ma veste comme s’il s’agissait de son droit inaliénable, la sentence tombe : la locomotive est en panne, et ne sera pas réparée à tant pour le départ, le train ne partira pas. Et le suivant (à diesel) part le soir.

Nous reprenons les sacs, abandonnons chiots, chiens, chèvres et passants et nous dirigeons au bord de la route pour arrêter une jeep. Alors qu’un mec saoul ou fou ne cesse de nous enquiquiner, mon voisin de barrière sur laquelle nous sommes accoudés me dit qu’il est flic (ce n’était pas évident, il n’est pas en uniforme et se moque du mec qui nous embête, comme un peu tous les hommes présents là). Mais bon il me donne le prix exact du trajet pour Darjeeling en jeep partagée et me dit qu’il va nous aider à en arrêter une. Grand bien nous fasse car pour le moment tous les véhicules qui sont passés étaient soit pleins soit se rendaient dans la mauvaise direction. Notre interlocuteur tient sa promesse et nous voici tassés à l’arrière d’une jeep, comme à l’accoutumée. Dans l’après-midi nous voici arrivés dans cette ville de montagne qui donne son nom au célèbre thé… et ça caille !

Nous sommes à plus de 2 000 m d’altitude au mois de novembre, il ne fallait pas non plus s’attendre à des températures tropicales. Nous cherchons une guesthouse indiquée dans un guide, mais l’accueil est antipathique et on nous donne un prix trois fois supérieur à celui annoncé dans le bouquin. Merci mais non merci.

Nous laissons ce malotru et je pars en mission « un lit pour environ 500 RP (7€)». Ce qui, dans une ville touristique comme Darjeeling, prise d’assaut par des couples de riches indiens, n’est pas évident. Je toque à toutes les portes de la rue, même celle d’un hôtel à 12 000 RP la nuit (170€), puis j’aperçois un écriteau sur une maison d’habitation « Maya Lodge ». Je pousse le portail en fer, descend un escalier et me retrouve dans le salon d’un petit papi. Il m’accueille avec un grand sourire et me fait voir la chambre libre (il en a deux). Avant même de connaître le prix, je suis conquise par la vue de la chambre et ses grandes baies vitrées, le petit balcon, le grand lit et la déco comme chez les grands parents. Heureusement, c’est 600 RP et il fournit l’eau chaude au seau. Je vais chercher mon Barbu pour lui montrer la chambre et hop, c’est adopté ! Nous passerons trois nuits chez papi.

Nous enfilons tous nos vêtements chauds (le Chti est bien content d’avoir son pull acheté à une mamie dans le village tibétain de Mana) et partons à la recherche de quelque chose à nous mettre sous la dent… et autre que des momos. Nous finissons par trouver un petit établissement ou le patron nous accueille avec un grand sourire. Il sert des verres de Old Monk (le whiskey du Sikkhim) dilué dans de l’eau (oui on boit comme ça les alcools forts en Inde) et un délicieux thali. Riz, patates et feuilles de moutarde, dal, pickles et piments, je suis ravie de manger à nouveau avec les doigts !

Nous passerons nos quelques jours à Darjeeling à nous balader dans les rues, on n’ira pas visiter de plantation de thé (trop la flemme de prendre les transports en commun). Par contre on aura tenté le lever de soleil à Tiger Hill avec une armée de touristes indiens pour tenter de voir l’Everest et autres mythiques pics himalayens… mais ce matin là trop de nuages on ne verra rien du tout, on se sera levés à 3h30 du matin, fait embêter par les conducteurs de jeep, fait balader avec trois couples d’Indiens à faire la tournée touristique sur le retour et j’aurai failli mourir de froid sur cette colline. Sinon je n’ai pas trop apprécié Darjeeling : en bas de la ville le trafic est « insane », bruyant et pollué. Sinon oui le thé était bon, la place du village était sympa, il y a quelques bâtiments qui font vaguement « style colonial ». Mais ce qu’on a aimé là bas surtout, ce sont les chiens.

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Des nuages drapant une crete Darjeeling-1

Une egliseDarjeeling-5

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Un singe au temple sur la colineDarjeeling-8

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La place principale

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La vue depuis la gareDarjeeling-12

Un the a Darjeeling (oblige) avec vue sur les montagnesDarjeeling-13

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Lever de soleil depuis notre chambreDarjeeling-15

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