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Marcher d’île en île à Ha’Apai aux Tonga

By 23 juin 2018 Tonga

Nous avons toujours des idées aussi saugrenues. Comme celle de marcher d’une île à l’autre pour aller y camper sur ses plages désertes.

Des fois la vie, ça doit être aussi simple que ça.

On était une équipe de six gaillards hardis, à se partager nos affaires de camping prévues pour deux mais comme on trimbale toujours trop de bazard on a réussi!

Voici donc l’équipée :

  • Rory et le barbu, vos dévoués serviteurs
  • Rory le Hollandais-Irlandais, très doué pour boire du rhum dans des noix de coco
  • Allan l’Australien, notre GO plein de ressources
  • Romy la Tchèque des sommets, monitrice de ski et suiveuse de baleines sans palmes
  • Florencia l’Argentine, instigatrice du jeu de Gabon qui a rythmé (trop) de nos soirées

Tout cela a commencé lorsque Romy a découvert à Nuku Alofa (la capitale tongienne) que nous transportions un hamac. Et comme nous avions très envie d’aller découvrir l’archipel Ha’apai avant le festival de voile de l’archipel de Vava’u, nous avons tous trois sauté dans le ferry de 12h circulant une fois par semaine pour faire une pause Paradis et Robinson crusoe.

En route pour la gloire

Nous embarquons donc pour une nuit de ferry :  Au revoir, Tongatapu…

Notre petit coin de bâche pour cette nuit de ferry dans le Pacifique….

Au lever du jour, les embruns frais et des souffres de baleines nous sortent de notre sommeil. Nous avons tous les trois dormis comme des bébés, emmitouflés dans nos duvets à même notre bâche toute neuve. Nous approchons de Pangai, la « capitale » du groupe d’Ha’Apai et longeons la belle île d’Uoleva.

Romy lâche des cris de joie : c’est la première fois qu’elle voit des baleines… mais loin d’être la dernière. On ne pouvait rêver meilleur accueil !

Une fois à terre, nous partons en quête d’une guesthouse pour poser notre barda. Nous avons la joie d’être acceuillis par un copieux petit déjeuner : pancakes, papayes fraîches et café. Nous rencontrons Florencia l’Argentine et Rory le hollandais/Canadien et très vite notre petit groupe part en stop au nord de l’île pour piquer une tête… quel paradis* :

(* souvenez-vous des îles de Tongatapu et ‘Eua, plus rocheuses et corailleuses que sableuses)

Un petit tour sous l’eau…

En fin d’après-midi, nous sommes rejoints par le dernier comparse qui viendra former notre petite expédition à venir : Alan, l’Australien, aussi rencontré à Tongatapu, mais lui arrivé en ferry « de luxe », celui qui met seulement 4h pour venir depuis la capitale.

Nous organisons une trépidante course de Bernard l’ermite sur la plage (visible dans la vidéo).

Romy Alan Notre tiercé de bernards l’hermitesRory et Romy

Nous avons concocté notre plan chez Fifita’s Guest House (fifitaguesthouse@yahoo.com, T$35-40 for a double /via wiki travels). Entre un coucher de soleil au port généreusement arrosé de rhum tongien bon marché et un copieux repas au Mariner’s Café, nous avons eu une idée : nous allions rejoindre la sompteuse île d’Uoleva, au sud de Lifuka à pieds, à marrée basse avec notre matériel de camping.

Rien de tel qu’une bouteille de rhum local pour échafauder des plans….

Notre matériel de camping. Pour 6 personnes. Rory a son propre hamac, sinon on a la bâche, notre mini tente Vietnamienne pas imperméable, 3 sacs de couchages, une couverture, deux casseroles, des baguettes et quelques couverts, une grille de barbecue, une cafetière en métal, deux cannes à pêche… on va s’en sortir pour une semaine ! Nous nous chargeons de nourriture : des légumes et fruits, du manioc, du riz, des nouilles, des pâtes et tous deux bouteilles d’eaux chacun, nous trouveront bien un arrangement avec l’un des « resorts » sur l’île pour remplir nos bouteilles de précieux breuvage non salé…

Pour ce qui est de la traversée, les tongiens pêchent souvent des crustacés dans la passe à marée basse, et sur la photo satellite de Google, ça a l’air d’être faisable. Après on sait que les locaux pêchent à la main et à pieds dans cette passe, mais parfois il ont de l’eau jusque sous les aisselles, il va donc falloir trouver la meilleure fenêtre dans la marée la plus basse possible afin de ne pas se mouiller. Il y a environ un kilomètre à traverser.

Rory nous accueille en pacha sur son île…

Il est difficile de marcher dans le sable dans lequel on s’enfonce avec son barda, et très vite nous trouvons un coin pour y passer notre première nuit. On fait un petit feu, les garçons pêchent et nous élaborons un stir fry avec nos popotes.

Bienvenue sur l’île… Notre premier campement, au matin :

Photo de Romy

Un local discret. Ces mini gecko ont pu coloniser les îles du Pacifique en dérivant sur des débris flottants, des rois de la survie

Le lendemain après un bon petit déjeuner de pain grillé sur le feu et beurre de cacahuètes (la base) nous continuons notre découverte de l’île.

 

On a fini par trouver un parfait emplacement pour installer notre camp pour quelques jours. Nous n’étions pas trop loin de la « civilisation » à savoir le resort « backpacker » d’une famille tongienne, avec qui nous allions nager avec les baleines. à une vingtaine de minutes de marche également d’un éco-resort plus « upmarket » tenu par des néo-zélandais ou Australiens… qui avait de la bière fraiche. Comment résister à une bière fraîche en fin de journée, pour changer de notre cocktail signature : le rhum tongien tiède au lait de coco, mélangé directement et bu dans la noix.

Notre campement Le rhum coco ! Un des meilleurs lits du monde… réveillée par les crabes et l’aurore…

Et quels levers de soleils !

Certains de nos camarades on déserté les nuits fraîches à la belle étoile pour s’offrir un bungalow chez nos voisins, et d’autre ont dîné là bas, ce qui a permis de nouer des liens avec la famille, et ils nous ont invité à remplir nos bouteilles d’eau chez eux, ce qui était bienvenu !

Nous sommes également allés nager avec les baleines, une seconde fois pour moi et Allan, mais une grande première pour Romy et Rory, et quel moment ce fut… après ma première fois et des rencontres avec beaucoup de baleines adultes et mâles dans les eux profondes de la côte d’Eua, ici nous avons cotoyé des mères et leurs petits.

Les petits étaient extrêmement joueurs, mais nous faisions attention de garder nos distance, car ils sont tout de même très rapides, vifs et taquins !

Nous avons eu une rencontre incroyable avec cette mère et son petit, nous sommes restés longtemps dans l’eau puis avons fait une pause pour les laisser en intimité lorsque, en confiance elle a commencé à le nourrir à nos coté, nous sommes allés déjeuner sur le bateau. Lorsque nous sommes retourné dans l’eau, ils étaient encore là, le petit a encore joué avec nous…

nager avec les baleines tonga ethique

A notre départ en bateau, les deux baleines nous ont suivi et on sauté dans notre sillage durant de longues minutes… un moment de pure émotion qui restera gravé.

Je parle plus en longueur de nager avec les baleines aux Tonga de façon éthique dans mon article sur le sujet.nager avec les baleines tonga ethique

Si les bords de l’île sont juste une succession de plages paradisiaques entouré d’une barrière de corail remplie de poissons, le milieu de l’île est une jungle dure d’accès mais pleine de vie, notamment la splendide colombe « Ptilinopus porphyraceus » (ou « Ptilope de Clémentine »). On l’entend beaucoup mais elle est très élusive et a un vol rapide. Mon obsession durant tout mon séjour au Tonga (un mois et demi en tout) a été de réussir à les photographier. Sans grand succès à Ha’apai en tous cas !

De l’autre côté de l’île…Plus rocheux et venteuxUne grande oeuvre collective de « land art » (souvenir des cours d’art plastique au collège, tmtc)

 

Ainsi s’achève ce souvenir d’Ha’apai en images… la suite des aventures se déroule dans le dernier archipel des Tonga où nous passeront un mois, stay tuned comme on dit.

 

Je vous invite également à prolonger le voyage sur Ha’apai en images animée…

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Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua (2)

By 8 janvier 2018 Océanie, Tonga

Suite de l’article « Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua »

Partie II

Deuxième tentative de camping : plage de Ha’aluma

Suite à notre premier essai humide la météo se rétablit. Après quelques nuits à camper sous un toit du jardin de la guesthouse sur un sol dur comme du béton, nous sommes heureux de reprendre la route. Mais cette fois-ci c’est la bonne. Nous faisons des provisions : pâtes, riz, haricots rouges, tomates, pain, beurre de cacahuète et 3 ou 4 bouteilles d’eau. Nous laissons une partie de notre barda à l’auberge et marchons au bord de la route. La première voiture qui s’arrête nous fera traverser toute l’île jusqu’à ladite plage. Enfin on a quand même marché un petit peu !
Pour notre plus grand bonheur nous avons remarqué que plus l’on s’enfonçait vers le sud plus c’était paumé et inhabité. Au moins nous ne dérangerons pas de voisins !

Nous traversons une forêt luxuriante et la splendide plage de Ha’aluma nous apparait :

Le comité d’accueil

  

Notre campement

 Une bonne baignade (bien qu’un peu fraiche) Cuisiner le diner !

Le sud d’Eua : rock garden & chevaux sauvages

Nous marchons sur le bitume pendant six kilomètres, et pourtant, on ne s’ennuie pas, entourés par la végétation luxuriante.

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Enfin, nous entrons dans la réserve naturelle, fermée par une barrière (pour ne pas que les chevaux sauvages ne s’enfuient j’imagine).

Les falaises dramatiques au dessus de l’océan Pacifique nous permettent d’observer des oiseaux de mer : les « fous bruns » (Sula leucogaster, espèce des Sulidae) et leurs petits.

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Les chevaux (semi) sauvages au milieu du jardin de roches remontées à la surface lors de la formation de l’île. 

Nous gardons nos distances

Fluffytude absolue

Nous retournons à notre campement…

Talève australe (Porphyrio melanotus Temminck), semblable aux « Pukeko » de Nouvelle-Zélande

Ascension de la « montagne » au centre d’Eua

Nous passons une dernière nuit au campement puis le lendemain matin nos réserves en eaux s’épuisant nous marchons jusqu’à la civilisation, environ 6 km à pieds sous le cagnard avant le prochain village. Nous allons rendre visite à la lodge Taiana’s place qui malgré quelques commentaires assassins sur Tripadvisor est tout à fait charmante. Un des fils, très sympa, m’emmène faire le plein d’eau au réservoir de pluie chez sa famille, nous laisse recharger le téléphone et nous montre sa carte super complète de l’île! Nous voici parés pour trouver la « bat’s cave » ainsi que des piscines d’eau fraiche en bas de la montagne.

Nous commençons à grimper sous le soleil de midi, sur des pistes forestières défoncées. La forêt est décidément très exploitée, la réserve naturelle doit être plus loin…

Sur la route, captures de GoPro

Vue depuis la « bat’s cave » (grotte de la chauve souris)

On se rafraîchi dans une piscine d’eau douce créée par les locaux… bain bien mérité après tant de kilomètres à randonner sous le soleil de plomb avec tout notre barda et quelques nuits dans la tente !

Puis nous revoici au contact de la civilisation : un village

Nous faisons du stop pour retourner au port

Puis nous partons camper pour notre dernière nuit sur ‘Eua à la plage de ‘Ufilei Beach, la première que nous avions visitée en arrivant !

 Au matin…

Il est déjà tant de repartir… le Barbu a fait un petit reportage sur la jetée du ferry, que je vous livre comme ça, brute de décoffrage :

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Et une dernière baleine a salué notre départ.

Pour la suite, direction Ha’apai : une nuit en ferry pour se rendre à cet archipel isolé et paradisiaque et de nouvelles nuits sur les plages tongiennes !

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Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua (1)

By 8 janvier 2018 Carnets de Voyage, Océanie, Tonga

Plus ancienne îles des Tonga, Eua est encore sauvage et il y a tant à découvrir. Entre falaises abruptes et plages de rêves, perroquets rares, baleines et chevaux sauvages.

Ah ‘Eua… la description qu’en avait fait le Lonely Planet m’avait fait rêver. L’une des plus anciennes îles du Pacifique (40 millions d’années tout de même) découpée de falaises et de grottes, d’arches de calcaire et protégée des hauts fonds par un reef de pierre. Et pour moi, cerise sur le gâteau : des espèces de plantes et d’animaux endémiques dont un splendide perroquet coloré. L’île est une destination Ecotourisme, loin des resorts de luxe.

J’ai publié cet article en deux parties car les pages seraient trop longues à charger autrement (au secours, trop de photos !)

Partie I

Nous avons embarqué sur le vieux ferry qui, malgré sa réputation de rendre ses passagers verts, nous a offert une traversée des plus tranquilles. Nous avons même pu admirer quelques baleines curieuses sortant une tête non loin du gros bateau.

Voyage en ferry depuis Nuku’Alofa

Quelques heures plus tard nous débarquons et allons élire domicile non loin du quai, au Ovava Tree Lodge. Notre copain Portuguais résidant à Sydney ayant visité l’île nous l’avait conseillé (merci Pedro !). Si le lieu est très charmant, le bruit des machines chargeant et déchargeant les containeurs/grumes de bois du ferry est quelque peu incommodant. Mais la salle à manger en plein air est charmante, on y fait de chouettes rencontres et le Barbu est redevenu un as du billard ! Il s’est même improvisé entraineur de la petite fille de la famille tenant la guesthouse, une vraie passionnée de ce jeu.

L’un de mes buts pour ce voyage au Tonga est de profiter de la bonne saison pour réaliser un rêve de gosse : nager avec les baleines. Ni une ni deux, nous appelons Kiko dont nous avions eu de bon retour et le lundi même, c’est parti!
J’ai consacré un article entier sur la nage avec les baleines où je relate cette expérience : « nager avec les baleines aux Tonga : guide éthique« .

Un dimanche à ‘Eua

Nous faisons la connaissance de Flavio, un italien charmant vivant au Mali. Cheveux bouclés et grisonnants, toujours une blague ou un éclat de rire au coin du bec, il s’entend comme cul et chemise avec notre Barbu (Chti-italo-polonais rappelons-le). Après la messe dans un premier village, nous marchons en direction d’une église que le barbu a repéré lors de sa dernière mission « auto-stop pour aller chercher des bières dans le seul bottle shop de l’île… Qui est en fait le garage d’une dame ». Pas très catholique tout ça.
Arrivés à l’église en question après une bonne heure de marche, c’est bien calme : les fidèles ont déserté. Nous restons tout de même dans le coin au cas où il se passe quelque chose. Et sur le muret encerclant l’église nous apercevons quelques personnes qui s’activent près d’une annexe. Quelques voitures font des allers-retours. Au bout d’un moment on se retrouve naturellement invités pour le repas de clôture d’un séminaire roman Catholic des jeunes du coin. On se voit distribuer de généreuses barquettes plastiques pleines de victuailles et les jeunes prennent la parole tour à tour. Tout le monde mange en même temps, et une mamie qui parle un peu anglais nous explique vaguement ce qu’il se passe. On mange, on écoute même si l’on ne comprend rien au langage, nous distinguons un schéma qui se répète : l’orateur commence à parler, puis il pleure, continue son discours en sanglotant ou d’une voix chargée d’émotion pendant environ 5 à 10 minutes. Le récit se termine toujours par un trait d’humour qui fait rire l’assemblée. Puis rebelote.
À un moment les filles chantent. Lorsque c’est fini nous les aidons à débarrasser, les remercions et Silvio fait un discours en tant qu’italien chrétien (voisin du pape attention !). Nous descendons jusqu’à une jolie plage où nous passerons un moment avant de marcher les 6 km du retour et de se faire prendre en stop par un tongien bourré.

 

Première tentative de camping

Nous ressortons notre fidèle petite tente vietnamienne (celle de Bécane et Pétrolette) pour une nouvelle aventure.
Nous partons en stop et à pied vers cette plage tout au nord de l’île afin d’y camper quelques jours. Dans le Pacifique chaque bout de terrain appartient à quelqu’un, il faut donc demander l’autorisation avant de planter la tente quelque part. Nous avons fait part de notre projet à la Guesthouse qui nous a dit que cela ne posait aucun problème.
Nous voilà donc en bord de route le bras tendu. Le premier véhicule qui s’arrête est… Le bus scolaire ! Et bien cela fera l’affaire. Nous nous installons au milieu des écoliers en uniforme blanc et rouge. Une demoiselle téméraire nous fait la conversation durant tout le trajet. Les plus petits se contentent de glousser en nous jetant des coups d’œil d’un air amusé. Arrivés à destination, c’est à dire au bout de la route, nous payons le chauffeur la modeste somme de deux TOP. Nous cheminerons désormais à pied. Nous nous guidons dans les chemins entre les plantations grâce à maps.me, incroyable application qui liste des autoroutes jusqu’aux chemins perdus du Kirghizistan et des Tonga.
Arrivés en haut de la colline nous avons enfin la plage convoitée en visuel. Le chemin indiqué par Maps.me, cette fois, n’existe pas. À moins d’avoir deux ailes et de pouvoir sauter une falaise haute de plusieurs centaines de mètres. Nous nous délectons de cette vue panoramique, ouverte sur l’immensité du Pacifique…

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La nuit ne va pas tarder à tomber. Nous plantons donc la tente sous quelques arbres protecteurs. Un bon stir-fry au chou et nouilles cuisiné au feu de bois plus tard et nous sommes prêts pour le lit.
Le matin cependant, le réveil est pour le moins… Humide, très humide. Et le point faible de notre tente est qu’elle n’est pas spécialement imperméable. La pluie diluvienne ne semblant pas s’apaiser nous déplaçons la tente à travers le champs des vaches jusque sous un autre bosquet. L’endroit est légèrement moins mouillé. Nous replions et repaquetons notre bazar à la hâte et nous lançons sur le chemin du retour, trempé jusqu’aux os. Mon jean n’a jamais pesé aussi lourd.
De retour au village, nous nous abritons sous l’auvent d’un petit magasin fermé, je me change vite fait et la chance nous sourit. Un 4×4 qui passait par là accepte de nous prendre en stop, et nous revoici penauds à la Guesthouse. Nous avions prévu de partir plus d’une nuit…
Il pleuvra pendant quelques jours que nous occuperons à déambuler dans les rues presque désertes des villages de ‘Eua…. et le Barbu à jouer au billard !

Pour lire la suite de l’article c’est par ici : partie II

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Nager avec les baleines aux Tonga : guide éthique

By 21 décembre 2017 Océanie, Tonga, Végane en voyage
nager avec les baleines tonga ethique

Nager avec les baleines.

C’est un rêve que je portais en moi et pensait irréalisable, de l’ordre de l’imaginaire.

C’est en Australie, seulement quelques jours après avoir atterri en juin 2016 que j’ai vu mes premières baleines à bosses. On pouvait facilement les observer depuis la terre, à Ballina ou Byron Bay où nous vivions à ce moment là. Chacune de leurs apparitions lointaines nous scotchait. On pouvait passer un temps inouï à les observer, leurs souffles, le claquement de leurs nageoires ou leurs sauts spectaculaires hors de l’eau.

Plus tôt dans ma vie j’avais été énormément touchée par le film Maori « the whale rider » (« Paï : l’élue d’un peuple nouveau » en français) une sorte de conte des temps modernes et avais toujours dans un coin de la tête le rêve de côtoyer ce majestueux mammifère marin dans son environnement naturel.

Et puis, j’ai appris qu’il était possible de nager avec les baleines dans ce pays du pacifique qui ne m’évoquait pas grand chose de plus qu’un nom : les Tonga.

Après nos quatre mois en Nouvelle-Zélande et une erreur faite dans la prolongation de nos visas qui nous poussait dehors un peu plus tôt que prévu, c’était décidé : nous allions revoir les baleines… au Royaume de Tonga!

Le roi des Tonga a interdit la pêche à la baleine en 1978, après qu’une pêche intensive mondiale ait fait chuter drastiquement le nombre d’individus (il restait environ 10% du nombre originel de ces grandes cétacées dans les eaux tongiennes).
Les baleines à bosses ont un caractère très curieux et allaient facilement au contact des bateaux ce qui en fait des proies faciles. Le gouvernement tongien délivre des licences d’observation et nage avec les baleines afin de développer l’écotourisme depuis 1993.
J’ai un peu hésité avant de publier cet article car une augmentation du tourisme sur l’activité whale watching est un facteur menaçant les bonnes pratiques. Mais j’ai décidé de faire confiance à mes lecteurs qui, armés de bon sens et de mes conseils sauront faire la part des choses pour rencontrer ces magnifiques créatures dans le respect, en choisissant leurs opérateurs de façon responsable et éclairée.

 

Index

De quelle baleine parle t-on ici?

La baleine présente dans les eaux chaudes des Tonga de juin à mi-octobre est la baleine à bosse.

Baleine à bosse, Megaptera novaeangliae. (https://www.britannica.com/animal/humpback-whale, Encyclopédie Britanica, téléchargé le 1 novembre 2017)

Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) mesure entre 13 à 14 mètres de long et pèsent dans les 25 tonnes. Que cela soit dans l’hémisphère nord ou sud, elles migrent des eaux froides du nord de la planète ou de l’Antarctique où elles se nourrissent vers les zones tropicales et chaudes où elles s’accouplent ou mettent bas… parcourant jusqu’à plus de 25 000 km par an c’est la recordwoman des baleines ! On reconnait celle de l’hémisphère sur à leur ventre blanc comparé à celle de l’hémisphère nord qui sont toutes noires. Ce sont des animaux très curieux qui vont volontiers voir ce qu’il se passe et rencontrent les bateaux, ce qui a cause leur perte lorsqu’elles sont chassées (malgré les interdictions les japonais continuent de tuer des baleines).

Migrations des baleines à bosse entre leurs zones de nourrissage et leurs zones de reproduction (https://www.britannica.com/animal/humpback-whale, Encyclopédie Britanica, téléchargé le 1 novembre 2017)

Les baleines et les hommes, ce que la science nous dit…

La baleine moderne à très peu de chances de n’être jamais exposée à la présence humaine. Lors de ses migrations entre Antarctique et Tonga ou Australie, ou entre arctique et Mexique, elle va forcément croiser des bateaux, ressent les vibrations des moteurs sous l’eau. De nombreuses études existent sur les perturbations sonores causées par l’homme et leurs impacts sur les mammifères marins, mais peu sur l’impact des rencontres hommes/baleines. Il est évidemment important que ces interaction qui ont lieu dans le cadre d’une activité touristique et non scientifique soient encadrées et surveillées afin de ne pas déranger les individus observés et leurs comportements.
Je cite ce papier (que je traduis de l’anglais) « Les effets de l’interaction humaine pour une gestion réussie d’une zone de reproduction des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) à Turk et Caicos (mer des Caraïbes) » :

« Il est important de mesurer les stratégies d’évitement localement et être capable d’estimer le cout énergétique et la sensibilité des baleines. Les paires mère-baleineau sont le groupe rencontré le plus facilement car ils bougent plus lentement et sont donc plus faciles à trouver. Ils sont clairement les plus vulnérables aux effets des dérangements causés par les humains à cause des énormes besoins énergétiques du baleineau. En 2006, plus de 9 800 whale watchers ont visité les Tonga avec la possibilité de nager avec une baleine à bosse (…)

Ces recherches suggèrent toutes qu’il y a un besoin de mesures de précaution ainsi que de stratégies de gestion pratique pour minimiser les impacts négatifs que pourraient avoir le tourisme basé sur les cétacés tout en faisant la promotion de conservation future des animaux sur leur zone de reproduction. La International Whaling Commission (52eme rendez-vous, juin 2000) a commenté que les programme de nage avec les baleines peuvent être considérés comme hautement envahissants et devraient être surveillés quand à leurs impacts. »

Cette même commission a également émis des guidelines pour les pratiques de nage avec les baleines que je détaillerai plus tard dans mon article.

Une étude sur les interactions baleines à bosses/bateaux au large de l’Australie arrive à cette observation : certains individus vont éviter les bateaux de whales watching mais certains vont au contraire chercher l’interaction et se rapprocher des bateaux et nager autour. (« Behavioral responses of humpback whales (Megaptera novaeangliae) to whale-watching vessels on the southeastern coast of Australia« , Kasey A. Stamation, David B. Croft, Peter D. Shaughnessy, Kelly A. Waples, Sue V. Briggs, 27 august 2009)

Il ne s’agit pas de tirer de conclusions, je n’ai pas lu toutes les études possibles et inimaginables, mais il s’agit de s’informer et de prendre des décisions en bonne âme et conscience. Militant pour les droits des animaux et végane j’essaye d’agir au mieux et d’éviter les paradoxes. Il ne s’agit pas d’être parfait mais au moins d’être informé sur les conséquences de ses actes et agir de la façon la plus éthique possible !

Mes expériences de rencontres avec les baleines

Mon premier contact avec les baleines fut sur la côte est Australienne durant l’été 2016 (l’hiver là-bas, donc). Je les ai observées, chaque jour où j’allais sur la côte : sauter hors de l’eau, claquer les nageoires ou la queue, ou tout simplement apercevoir leur souffle au dessus de la surface de l’eau. Des observations depuis la terre, toujours lointaines mais toujours émouvantes et intenses pour moi.

Un an après (septembre 2017), l’occasion se présente de me rendre aux Tonga durant la saison des baleines et de pouvoir les observer depuis les îles/ferry… mais aussi de nager avec elles. Ce que j’ai fait à deux occasions, dans deux archipels différents.

La première fois était à ‘Eua, la splendide île sauvage occupée seulement par quelques villages, non loin de l’île principale de Tongatapu. Deux opérateurs locaux sont licenciés : Kiko avec le Hideway Resort ainsi que Deep Blue Diving avec le Ovava Tree Lodge. Donc seulement deux bateaux pratiquent cette activité au large d’une île de 87 km2. Et il y a ÉNORMÉMENT de baleines à bosse, mâles, femelles et jeunes qui évoluent dans les eaux profondes entre ‘Eua et Tongatapu.

Nous avons choisi de faire cette session avec Kiko, réputé pour sa connaissance de l’approche des baleines. Il fait ce métier depuis quinze ans. Il était accompagné de Martha, la guide dans l’eau, qui recevait cette semaine là, sa famille du Chili, présente également sur le bateau. C’était l’une de ses dernières sorties après plusieurs saisons passées à travailler comme guide pour nager avec les baleines aux Tonga. Martha nous a donné les consignes sur la sécurité et le comportement à adopter alors que nous enfilons nos combinaisons (wetsuit) sur le bateau, puis nous avons ouvert grand les yeux pour apercevoir des souffles de baleines et ainsi se rapprocher d’elles.

Après plusieurs tentatives manquées, la première moitié de notre équipée glisse à l’eau avec trois baleines puis remonte avec le sourire jusqu’aux oreilles !

Durant toute la matinée nous irons à l’eau un grand nombre de fois, rencontrant beaucoup d’adultes différents.

Ce qui nous a marqué c’est d’abord la taille des baleines, c’est vraiment très intimidant au début. Il suffisait de se mettre à l’eau ce jour là et nous voyons passer des groupes d’adultes sous nous, tu tournes la tête tu en as trois autres qui te passent à côté tout en chantant. Intense, plein de vie!

Un mélange d’excitation, de fascination et d’adrénaline. La vision sous marine avec le masque + l’étrangeté d’être dans le grand bleu où il n’y a aucun repère physique, la perception des distances est très étrange… et les baleines qui bougent de façon très lente se déplacent pourtant à bonne vitesse et on a parfois l’impression qu’elles nous foncent dessus!

Que ce soit dans l’eau ou depuis le bateau où nous avons eu le droit à des spectacle d’exhibition de bidon ou de claquage de nageoires, ou encore des petits sauts comme des dauphins. C’était la saison des amours il n’y avait pas photo 😉

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En tous cas cela nous aura laissé un souvenir impérissable.

OMG! Sorry for the bad filming the beardy cameraman got a bit afraid haha 😂🐳🐋

Une publication partagée par RORY (Travels Anywhere) (@roryofroom) le

La seconde fois, j’y suis allée sans le Barbu. J’ai accompagné quatre de mes compagnons d’aventures avec lesquels nous campions sur l’Île de Uoleva, dans l’archipel d’Ha’apaï. Nous l’avons fait avec la fille de Taïana au resort Taïana’s place, qui a la licence pour opérer une activité de nage avec les baleines et qui a sept ans d’expérience. Nous sommes partis sur un petit bateau tongien et rebelote: wetsuit et instructions très complètes.

Cette fois, l’activité des baleines est moins frénétique, nous faisons des rencontres très calmes, paisibles et longues. Chacune de ces rencontres était avec une mère et son baleineau. La première, avec un baleineau très jeune et joueur. Nous resterons quasiment une heure dans l’eau avant qu’ils ne s’éloignent de nous.

La seconde rencontre nous offrira des interactions extraordinaires. Les deux baleines restent avec nous vraiment longtemps. La mère plonge puis reviens là où nous sommes. Le petit, qui doit respirer plus fréquemment, fait des navettes entre sa mère et nous qui flottons à la surface. Il est très joueur, parfois un peu trop et nous devons faire attention à bien l’éviter. J’ai eu quelques moments avec lui où nous nagions ensemble côte à côte avant qu’il ne se remette à tournoyer et faire des acrobaties sous marines !

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A un certain moment, probablement au bout d’une heure, la mère commence à allaiter mini baleine et nous leur laissons leur intimité. Nous retournons au bateau, qui se maintenait à distance de nous, ne rallumant le moteur que lorsque nous étions éloignés. Certains de mes camarades placé vers l’arrière de la mère avant que nous partions ont vu du lait de baleine, un liquide verdâtre extrêmement gras apparemment !

Après notre pause déjeuner sur le bateau, nos deux compères aquatiques sont toujours juste à côté. Nous retournons donc les rejoindre pour une dernière nage et finissons encore par rester une heure à l’eau avec eux… Cette fois ils sont plus proches de récifs de coraux et l’eau est peu profonde, nous voyons même le fond! Nous prenons alors toute la dimension et la magnificence de ces superbes créatures.

Alors que nous amorçons notre retour vers la côte, le petit nous offre un saut d’au revoir, le corps totalement hors de l’eau… suivi par sa mère ! Quel spectacle ! Mais ils ne s’arrêtent pas là et nous suivent pendant de longues minutes tout en sautant hors de l’eau. L’émotion me submerge et je dois avouer que des larmes de joie coulaient le long de mes joues…

(La vidéo a été prise par Allan, notre comparse australien. Mention spéciale à ses commentaires et nos rires)
Vraiment une expérience de vie que je ne suis pas prête d’oublier.

Et ma vidéo de la nage… à regarder en plein écran!

Mais venons en à vous !

Mes conseils pour nager avec les baleines aux Tonga de façon éthique

Voici ce que je vous recommande, au regard de mes expériences personnelles, que les lectures d’études sur les baleines, la chartes de la International Whaling Commission (IWC qui a depuis 1966 pour objectif de faire de la recherche sur les cétacés dans un but de protection, des menaces sur les habitats aux filets étrangleurs, etc.), la charte du World Cetacean Alliance ainsi que ma rencontre avec Lorenzo Fiori qui étudie les interactions des baleines avec les humains lors des activités de whale watching à Vava’u dans le cadre de sa thèse pendant trois années de suite. (Ce qui s’applique à Vava’u ne s’applique pas forcément aux autres archipel, s’agissant d’un cas particulier où de trop nombreux opérateurs se partagent le marché). Il m’a appris de nouvelles choses sur les baleines à bosse et d’autres fascinantes connaissances sur la vie marine (je ne savais pas qu’il y a des baleines dans la mer méditerranée!). Ce que je publie ici est mon avis et n’engage que moi!

– vous n’êtes pas obligés de nager avec les baleines !

Vous pouvez très bien les observer depuis un bateau (nous en avons vu énormément depuis le ferry lent entre Tongatapu et ‘Eua) et également depuis la terre. A ‘Eua en pleine saison nous voyons des baleines depuis la plage tous les jours régulièrement, parfois très près des terres car après le récif rocheux l’eau est tout de suite profonde.

Mais il est vrai que vous n’aurez pas la même intensité. Rencontrer une baleine, c’est rencontrer une personne, et c’est réciproque pour elle. Croiser le regard de l’un de nos grands cousins aquatiques est une expérience bouleversante et inoubliable.

– préférer le faire depuis des petites îles où il n’y a pas trop d’opérateurs.

Sur l’archipel de Vava’u, il y a plus de 19 opérateurs, chacun d’eux étant autorisés à posséder deux bateaux. J’ai eu des retours de clients m’expliquant que ceux-ci se « relaient » parfois lorsqu’ils trouvent une baleine en se contactant par radio et en faisant passer leurs groupes les uns après les autres. Pas très paisible et respectueux de l’animal !

Depuis Tongatapu, j’ai également eu des retours de sorties en très gros groupes (jusqu’à 15 à 20 personnes).

Sur les petites îles où il y a peu d’opérateurs, vous sortirez en petit groupe (max 5 personnes) et ne serez pas « poussifs » sur les baleines. De toutes façons si elles ne sont pas enclines à voir nos têtes d’humains, elles plongent et donnent deux coups de queue et se tirent ailleurs !

Je vous conseille l’île d’Eua non loin de Tongapatu (l’île de la capitale) où deux opérateurs locaux se partagent le large : Kiko avec Hideaway resort et Deep Blue Dive de Ovava tree lodge. Ils connaissent et respectent les baleines.

De même sur Uoleva dans l’archipel de Ha’Apai où il y a un petit nombre d’opérateurs et où les baleines sont visibles depuis la terre donc moins de temps passé à se déplacer en bâteau.

Il y a également Whales Discoveries qui est situé au sud de Ha’Apai dans un coin encore plus isolé et ils se targuent de faire du responsible whale watching.

– nager avec un opérateur local expérimenté et licencié.

La licence stipule que lorsque le bateau s’approche des baleines il doit aller à faible allure puis couper le moteur. Le bateau ne doit pas venir sur les baleines de face ni essayer de les doubler pour s’en rapprocher mais toujours venir par les côtés. On ne chasse pas les baleines, on ne sépare pas un pod mais  on se rapproche d’elle et les laissons venir… Ou non (des fois elles s’en vont).

On n’approche pas les baleines avec des jet-ski, on ne plonge pas avec des bouteilles (à cause des bulles), ce qui est accepté est la nage avec masque et tuba.

Lorsque le bateau est proche des baleines, le moteur coupé, on attend l’observation du guide et son go. Les baleines doivent être les décisionnaires de la rencontre. Le guide saura interpréter les comportements des mammifères marins et dire si oui ou non on peut les rejoindre à l’eau.

Lorsque vous allez à l’eau, il ne faut pas sauter mais se laisser glisser du bateau les palmes en premier et surtout on ouvre les yeux (et les oreilles !). Il est de mise de nager grouper et toujours proche de son guide, qui aura établi les signaux de communication au préalable. Autre chose : il faut bouger lentement, ne pas paniquer, respirer calmement et ne pas crier! Le guide indiquera lorsqu’il est temps de retourner sur le bateau : on a plus la même sensation du temps lorsque l’on est dans l’eau avec les baleines !

– gardez vos distances

nager avec les baleines tonga ethiqueEntre 5 à 10 mètres… voir plus si vous êtes un peu effrayé, il y a de quoi les premières fois! N’essayez pas de toucher les baleines. Si une baleine vous touche c’est qu’elle l’aura voulu, elles sont en contrôle de leur corps et leur espace. Les baleineaux un peu moins. Méfiez vous tout de même. Si vous embêtez la baleine elle peut donner un coup de queue et cela peut-être très dangereux, il y a déjà eu des accidents à Vava’u. Mais si vous respectez les distances (ce sont des animaux sauvages!) vous pouvez avoir de merveilleuses interactions. Le respect est la clé! Vous n’iriez pas essayer de caresser un buffle dans une réserve en Afrique.

– nager avec une mère et son petit ou pas?

Il n’y a pas de réponse absolue des scientifiques sur ce sujet. Certains recommandent de ne pas nager du tout ni venir déranger des baleines en présence du baleineau. Aux Tonga peu d’opérateurs respectent cette règle. Mais certains sont extrêmement respectueux dans l’interaction. Je n’ai pas trouvé d’étude observant le comportement des baleineaux ayant rencontré des humains à plusieurs reprise dans leur jeunesse.

– à quel prix ?

Le coût d’une sortie en whale watching-swimming était en septembre 2017 d’environ 200 TOP (80€) à ‘Eua, 250 TOP (92€) à Nuku’alofa, entre 250 TOP (92€) et 400 NZ$ (230€) à Ha’apai et 400 TOP (150€) à Vava’u.

 

Je conclus mon article là-dessus, encore une fois, il s’agit d’une expérience incroyable dans une vie, le tout est de savoir prendre le temps et les informations afin qu’elle se fasse dans le respect de l’animal. Il faut rester ouvert d’esprit, lire ce que les scientifiques ont à dire sur la question et se faire sa propre opinion.

Une telle expérience ouvre parfois les yeux à certain sur l’importance du respect des océans, donc pourquoi pas s’engager auprès des associations qui se battent pour sa sauvegarde (Sea Sheperd, Bloom, American Cetacean Society, Whale and Dolphin Conservation, etc…).

 

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Atterrissage au Royaume de Tonga : Tongatapu

By 10 décembre 2017 Carnets de Voyage, Océanie, Tonga

.Nos premiers pas au Royaume de Tonga, sur l’île principale où vit le roi, où l’on mange des algues, faisons du scooter, admirons les blowholes, nageons dans une grotte et voyons nos premières baleines du Pacifique.

Me revoici après si longtemps sans poster! J’ai eu une année très intense, entre moments incroyablement durs personnellement et bonheur, paix intérieure. Nous sommes déjà en décembre, et depuis que nous avons quitté l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la « civilisation » (on en pouvait plus de se retrouver à vider un caddie dans le coffre de la voiture sur des parkings de supermarchés) nous revoilà sur la route! Enfin si l’on peut dire car cela fait depuis septembre que nous divaguons doucement dans les îles du Pacifique.

Et pour commencer notre initiation en ce qui concerne la chose îlienne perdue au milieu du plus grand océan terrestre -parce qu’il faut bien commencer quelque part- c’est au Royaume de Tonga que nous avons posé les pieds.

D’abord, je me permet de vous présenter une carte pour situer, car avant de m’y rendre je n’avais qu’une idée très vague de la location de ce pays…

 

Après avoir quitté ma chère maman qui m’avait rejoint pour faire un tour en Nouvelle-Zélande ainsi que notre famille Kiwi préférée*, nous embarquons pour Auckland puis Nuku’Alofa, la capitale du royaume de Tonga. Je pose donc le pied dans une île du Pacifique sud avec un bonnet péruvien dans le sac à dos. Celui qui m’a tant servi à braver l’hiver Néo Zélandais va très vite squatter le fond de mon sac à dos et mes tongs** refont leur apparition.

  • chez qui nous avons house-sitté leur maison de campagne pendant presque deux mois en tout
    ** ou Jendalls comme disent les Kiwi, allez comprendre…

A peine débarqués en ce 16 septembre 2017, nous faisons la queue dans un tout petit hall ouvert aux quatre vents afin qu’un agent des douanes nous tamponne, puis je saute à l’arrière du pick-up qui nous a récupéré pour nous amener à l’hostel. Le Barbu passe à l’avant faire la conversation à Nani, le chauffeur-livreur de glaçons de Village Backpackers.

 

Nous restons quelques jours à la capitale, le temps de nous acclimater et de faire un tour de l’île avant d’aller découvrir l’île voisine qui m’intéresse un petit peu plus : ‘Eua. Mais commençons par le commencement, je vous fais le tour du propriétaire de Tongatapu, à dos de scooter :

Ce rocher est un rock de corail ayant été déplacé jusqu’à terre par un tsunami passé. Ca refroidit…

 

Les blowholes

Une des curiosité de Tongatapu, ce sont les « blowholes ». Ces trous dans la barrières de rochers qui protège l’île, et dans lequel l’eau s’engouffre pour ressortir en geyser lorsque les vagues s’y abattent. Pas de lagon ici mais cette barrière protectrice et cette zone tampon qui se remplit d’eau lorsque la marée monte. Mais derrière la barrière, c’est directement le large. C’est une des raisons pour lesquelles les baleines à bosse passent si près lors de leurs migrations.

On évite de marcher sur le corail, bien sur…

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Mieux qu’à Las Vegas! (pas de fric ici)

On reprend la charmante route sur notre bolide à deux roues et nous émerveillons devant la végétation, si… île du Pacifique comme on se l’imagine !

Les Tongiens sont très religieux (chrétiens) les missionnaires ont bossé comme des petits fous ici. Les écoles sont « fournies » par les églises. Il y en a tout un tas : Free Wesleyan church, « The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints », les adventistes, baptiste, évangélistes, catholiques, mormons etc… et les uniformes ont une couleur correspondant à une école/église.

D’autres blowholes  

Et la végétation des alentours, un peu différenteUn  fruit de pandanus, bien que je n’ai vu personne aux Tonga en manger c’est comestible. 

Quelques détails d’un village

 

Nous continuons notre explorations des chemins de terre de Tongatapu. Deux dames qui vont récolter des algues pour manger nous les font découvrir. Elles nous montrent où les cueillir et nous offrent en casse croute nos premières bananes vertes cuites. Ces dernières goutent un peu comme de la patate. Quant aux algues sont des petites grappes de bulles de la taille d’oeufs de poisson. A la sensation des petites billes salées qui éclatent dans la bouche cela rappelle les oeufs de poissons. (Les trucs oranges ou le caviar). Sauf que là c’est gratuit… et cruelty free 😉

Une de nos guides improvisées  « es algae » de Tongatapu

 Le chic, en toutes circonstances… (hmmm)

Grotte ʻAnahulu

Et pour clôturer notre journée de pérégrinations, nous allons piquer une tête dans un grotte… un peu flippant de nager dans l’obscurité mais une fois que les yeux s’habitent à la pénombre on découvre tout un monde. Parvenez-vous à distinguer l’eau noire? A distinguer stalagmites de leurs reflets?

En sortant, nous allons jeter un oeil à la plage et avons le bonheur d’observer nos premières baleines. Elles sautaient hors de l’eau entre l’est de Tongatapu et ‘Eua… cela tombe bien, c’est notre prochaine destination !

(Ne cherchez pas on ne voit pas de baleines sur la photo c’est juste la plage)

 

A bientôt ! (promis cette fois)

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