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Le Rory’s guide pour manger végétalien en Asie du sud-est

By 25 novembre 2016 Asie, Laos, Myanmar, Thaïlande, Végane en voyage, Vietnam

Comme on m’a posé parfois la question sur la facilité ou difficulté de manger végétalien en Asie du sud-est, je me suis dis que là c’était le moment de l’écrire, cet article. En ce moment j’ai du courant électrique car je fais du house-sitting, une clé 4G avec des gigas australiens qui coûtent une fortune, du temps libre… donc plus d’excuse!

Mise en bouche, attention ça fait saliver car OUI c’est possible de se nourrir de façon végétalienne lors d’un voyage en Asie du sud-est, et en plus on se régale, il y a plein de choses succulentes (même s’il y a des fois où vous mangerez du riz blanc aux légumes).

Dans cet article je traite donc de la Birmanie (en vitesse car je n’y suis restée qu’une semaine dans le sud), la Thailande, le Laos, le Vietnam ainsi que le Cambodge. Je n’écris pas sur la Malaisie étant donné que pour l’instant je n’en ai visité que l’aéroport, ni de l’Indonésie car mon séjour là bas commence à remonter et je mangeait encore tout et n’importe quoi à l’époque.

Manger végétalien au Myanmar (Birmanie)

Keskondit ?

« Thatalo » / « tètèlo » (écrit à la prononciation, hein) ce qui signifie un repas « sans vie », c’est à dire un repas qui a été préparé sans causer la mort d’animaux. La Birmanie est un pays majoritairement Bouddhiste (ils ont même des extrémistes bouddhistes, chacun sa plaie) mais au moins cela a pour avantage que les notions de végétarisme ne sont pas inconnues à la plupart des gens. Même si la plupart, étant pauvre, mange ce qu’il a à se mettre sous la dent, et parfois ce sont des pattes de poules dans du gras.

Keskonmange alors ?

Eh bien n’y étant resté qu’une micro-semaine pour cause de on-a-besoin-de-glander-sur-une-île-après-des-mois-de-coins-paumés-d’Inde-du-nord-est, j’y ai surtout mangé ce que les gens me servaient de « thatalo » dans des étals de rues. Ce n’était pas la meilleure bouffe du monde mais c’était correct !

Mais sinon beaucoup de soupes (au tofu, aux légumes, des bouillons, etc), des salades (au chou, aux algues, aux tomates, aux feuilles de thé fermentées, aux beans…) mais aussi des plats plus basiques tels que des nouilles ou du riz sauté aux légumes (et plein d’ail), du riz avec des légumes épicés, de la nourriture indienne… et bien sur, des fruits exotiques que l’on peut acheter sur place dans les marchés. Moi j’adore les mini bananes perso.

Manger végétalien en Thaïlande

Alors là on y est restés un mois et demi et j’en attendais beaucoup de la nourriture thaï car on entend souvent qu’il s’agit d’une des meilleures gastronomie du monde… et pour ce qui est de manger végétalien, je n’ai pas été déçue ! J’ai enfin pu renouer avec mon amour inconditionnel des champignons gluants, et m’émerveiller des gouts et textures en mangeant pour la première fois de la « mock meat » (fausse viande bluffante fabriquée à base de soja, wheat, et autres).

Keskondit ?

En thaï passé le « Savadeeee kaaaaap ! » (bonjour) c’est vite compliqué. Ils parlent bien anglais donc on peut énumérer les ingrédients indésirables (ou les mimer lorsque l’interlocuteur ne parle pas anglais). Nous, cela nous a suffi mais si vraiment vous voulez vous essayer de parler Thaï :

  • « Jey » serait la transcription (venant du chinois) de végétalien signifiant « nourriture excluant les ingrédients d’origine animale ». Cela orienterait vers les plats avec des champignons, du tofu, de la « fausse viande » et des aliments type seitan. Je n’ai aucune idée de comment cela se prononce mais selon moi ça rejoint un peu le « chay » du Vietnam. Selon des sources en ligne, en général les gens ne comprennent pas.
  • « Mang-sow-ee-rat » ça veut dire sans viande mais ça inclut les œufs et le lait. (bonne chance avec la prononciation)

(Source de ces traductions).

Selon moi une bonne idée serait d’arriver à se faire écrire en alphabet Thaï ces deux mots pour faire une petite aide pour chercher de la street-food ou commander dans un restaurant. Ou des cartes avec les animaux dessinés et barrés, comme le font TATUP!

Mais selon moi dire « vegetarian » (tout le monde connaît) et « no oyster sauce » (très répandue), no egg, no milk, cela suffit en général !

Keskonmange alors ?

Alors là, plein de choses. Des fameux curries verts, rouges, massamam, des légumes à la citronelle et noix de cajou, des salades de papaye verte (sans sauce poisson qui pue comme au Laos #YES), des stir fry de toutes sortes, des rouleaux de printemps, des pad thai, plein de fausses viandes bluffantes, des pousses de bambou, des tas de déclinaisons de noodle soup, du riz gluant à la coco avec de la mangue… il y a du choix !

A Bangkok comme à Chang Mai qui sont deux grandes villes de Thailande, on trouve pléthores de restaurants végéta*iens ou tout simplement des offres vg dans les restaurants plus tradi… et même en dehors des grandes villes, avec l’appli ou la page web de Happy Cow c’est super facile de trouver des resto végétaliens ou avec options végétaliennes.

Et pareil, plein de fruits exotiques ! Je vous conseille de gouter le durian même si ça dégage une forte odeur (eh on aimait bien le vieux camembert à une époque, non ?) franchement ça coute une blinde mais j’adore. A tester aussi, les glaces à la noix de coco, faite au lait de coco et servie dans une noix de coco avec des morceaux râpés dedans. Sur une plage paradisiaque avec un coucher de soleil ou dans une rue animée de Bangkok c’est plutôt pas mal. Le sorbet au durian aussi j’avais adoré (mais il faut aimer le durian). Les brioches fourrées au redbean (haricot rouge) aussi c’est super. On en trouve au SevenEleven (gros choc occidental après l’Inde : des supermarchés !) ainsi que des briques de lait de soja, certaines au chocolat ou au thé macha mais attention certaines marques incluent du lait de vache dans le lait de soja car nos chers industriels essayent de developper le marché du lait en Asie (qui est traditionnellement très peu consommé), donc checkez bien les ingrédients (je sais c’est fou).

Le mieux c’est de laisser parler des photos pour moi.

Mes coups de coeurs intersidéraux

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Spécialité du nord de la Thailande le Khao Soithailande-vegetalien-17-sur-18

Oui ces choses  au bord oranges sont des champignons, et les boulettes aussithailande-vegetalien-16-sur-18

Un plat aux champignons à Chiang Mai (juste le paradis pour moi) et à droite un autre exquis Khao Soi!

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De la « mock meat » de poisson, des petits shitake et des aubergines vertes, des grosses nouilles gluantes sautées aux légumes

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Délices sur notre île

Chez mon amie Gisèle à Pai

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Je ne suis pas très sucré mais…

Même après minuit on trouve de quoi se sustenter à Chiang Mai auprès des vendeurs ambulants dans la rue (et c’est délicieux, bien sur!)

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Manger végétalien au Laos

Pour moi, le Laos rime avec noodle soup. Bon phonétiquement ça ne fonctionne pas vraiment mais gustativement c’est ça. Matin, midi et soir, peu importe, au moins une par jour sinon ça n’allait pas. Le choix dans les cantines des petits bleds n’étant pas exhaustif (et les Laotiens en mangent tout le temps), souvent c’est noodle soup ou nouilles/riz frit avec des légumes. Mais il y a aussi quelques surprises…

Keskondit ?

« Bo Saï Sin » ça veut dire « sans viande ». Après pour les œufs débrouillez vous ! Le Barbu mime très bien la poule qui pond des œufs et le « non » après, je vous laisse imaginer. En général les laotien(ne)s vous trainent dans la cuisine pour vous montrer les ingrédients et vous dites oui ou non, et c’est super. Vous pouvez aussi apprendre le laotien c’est plutôt facile apparement. Il suffirait d’apprendre les mots et de les coller les uns aux autres : notre copain Romano s’y est mis et en quelques semaines et il discutait avec toutes les mamies du coin du coup.

Keskonmange alors ?

Ben des noodles soup. Du « sticky rice » dans leurs petits paniers en bambou ou directement cuit dans un bambou. Et si vous trouvez du vegetable laap jetez vous dessus c’est incroyablement bon. Et des Banh Mi, ces sandwiches baguettes, on peut en demander juste aux légumes des fois ça bon mais rien à voir avec la masteurisation du Banh Mi des vietnamiens.

On a fait une leçon de noodle soup dans notre vidéo « VLOG » au Laos, c’est à 04:40 mn pour être initié à cet art par nos soins…

Manger végétalien au Vietnam

Mon coup de cœur culinaire le plus inattendu : si j’en attendais beaucoup de la Thaïlande en matière culinaire, au Vietnam je pensais qu’ils n’avaient que des plats à base de viande et peut être des Banh Mi. GROSSIERE ERREUR. On n’est pas restés deux mois là-bas juste pour regarder le riz pousser.

Keskondit ?

Le mot magique à retenir ici, c’est « chay » ça veut dire végétarien/vegan en gros… et si vous n’arrivez jamais à le prononcer correctement (du nord au sud les intonations/prononciations varient) vous pouvez toujours écrire le mot et le montrer. Car oui, les vietnamiens utilisent le même alphabet que nous et c’est bien pratique. Du coup dès que je voyais « Chay » écrit quelque part sur un panneau je stoppais le scooter pour aller me goinfrer.

Keskonmange alors ?

Les vietnamiens ont des restaurants végétariens un peu dans toutes les villes (même petites) qui font des plats incroyablement savoureux souvent à base de fausse viande, de pâté végan, de champignons, de bouillons, des nouilles, de brochettes, d’herbes fraiches odorantes… D’ailleurs mon Barbu à qui cela arrivait de manger encore un peu de viande/poisson à l’occasion (en général quand il mange avec d’autres personnes que moi) a reconnu qu’effectivement c’était même meilleur que les plats à base de viande.

Ici aussi, foncez sur Happy Cow pour trouver les meilleures adresses de Chay, souvent les bouy bouy sont bien meilleurs et moins chers que les « vrais » restaurants. Et sinon si vous n’avez pas trop le choix vous pouvez toujours vous rendre dans un restau lambda et en demandant du Chay ils vous serviront toujours des trucs bons (évitez les resto de barbecue quand même).

Une dame fabrique du tofuvietnam-vegetalien-7-sur-30

Une autre le transporteProcessed with VSCO with k2 preset

Quelques uns de mes coups de coeur en restaurants « chay »vietnam-vegetalien-16-sur-30 vietnam-vegetalien-18-sur-30

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Et ici coup de coeur des plus simples dans un restaurant trouvé au hasard dans un bled : la découverte du tofu-tomate, un délice du nord!vietnam-vegetalien-12-sur-30

Il n’y a pas à dire, on se régale! (avec notre pote Nico, expat à HCMC)

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Ceci m’a inspiré quelques essais « maison » lorsqu’on habitait à Ho Chi Minh pendant un mois

Manger végétalien au Cambodge

Le Cambodge niveau Oh-my-god-c’est-délicieux… ça nous a tout les deux déçus : plus cher que les voisins pour une qualité moindre (ils sont du genre à vous servir des nouilles déshydratées en sachets avec 3 bouts de carotte et un truc vert) MAIS il y a eu quelques bonnes surprises.

Keskondit ?

Comme en Thaïlande, dans les coins touristiques « vegetarian, no fish sauce, no egg etc » cela suffit. Pour les coins paumés nous avons appliqué notre technique du mime en cuisine et cela a très bien fonctionné.

Keskonmange alors ?

Sur la route surtout du riz avec des légumes… mais une fois en ville il y avait pas mal d’offres, et au Cambodge beaucoup de nourriture « internationale » aussi.

A Siem Reap on est restés à suer pas mal de temps (saison sèche oblige) et ma cantine c’était le « Little cafe » qui a pleins de plats végétaliens ainsi que le resto du milieu en face. Mention spéciale au mushroom amok avec du riz ainsi qu’aux smoothies. Le amok c’est un plat traditionel Khmer qui est délicieux et que l’on peut parfois trouver en version végétalienne. Perso mon highight bouffe au Cambodge c’était une pizza dans un resto italien à Sianoukhville avec des CAPRES et de L’HUILE D’OLIVE. J’avoue.

Et VeganFoodQuest a aussi listé plein de délices en termes de streetfood végane.

Pour les photos je n’ai que cette image « post vegan burger » à Kampot haha

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Bon voyage, et bon appétit n’hésitez pas à baver/me poser des questions/apporter des compléments d’informations en commentaire !

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By 12 juin 2016 Végane en voyage

Attention article fleuve ! (et pas sur le Mekong, cette fois). J’ai eu envie d’écrire de plus en plus sur mon expérience en tant que végane en voyageant. On pourrait s’en fiche comme de l’an 40, oh, la meuf change un truc dans son alimentation et sa consommation et en fait tout un patakès. Mais pour moi c’est un sujet important qui m’est venu via l’information, et si je me suis fait discrète au début, j’ai désormais à cœur de partager cela.

J’ai commencé par à écrire sur ce sujet en parlant de nourriture parce que l’amour, l’air et l’eau fraiche c’est bien beau mais il faut bien s’alimenter. Et quand on arrive dans un pays étranger parfois on peut être un peu désemparé lorsqu’on ne mange pas comme la majorité de la population.

J’ai conscience que cet article est un peu décousu, il s’agit d’abord du fruit de mes réflexions et expériences, que j’ai envie de partager et communiquer. Je ne prétends en rien être parfaite.

OK, encore une végane, mais pourquoi cette idée saugrenue, c’est la mode ou quoi ?

Cela fait donc un bon moment que je suis passée de flexitarienne bobo parisienne à voyageuse végane aux fringues pleins de trous.

Avant de partir de Paris (aout 2015), j’achetais mes légumes et fruits à la Ruche qui dit oui, mon fromage à la fromagerie, et je me faisais des sandwiches végétaliens au boulot en tartinant du faux-mage type ail et fines herbes dans une baguette et en garnissant tout cela de plein de bonnes choses ou encore en m’achetant de délicieuses salades libanaises, loin de la salade « poulet-mayo-salade » à 8€ de Cyril Lignac (et vive les tickets resto hein).

J’avais décidé de consommer le moins de viande possible je pense en grande partie suite à ce documentaire d’arte sur les pesticides (« pesticides, L’équation sans solution « ) qui n’avait fait que confirmer ce que je pensais déjà sur le sujet, et les images des porcelets déformés m’avait vraiment marquées. C’est vraiment un documentaire indispensable je vous recommande vraiment son visionnage !

Puis en mars 2015, toujours sur arte « voyage au bout de la viande » notamment sur l’élevage de cochons en France, le « derrière Herta, Fleury Michon et Cie » et leurs publicités avec des enfants contents dedans qui croquent à pleine dents des tranches de jambon (sans pain en plus !). (En parlant de pub, n’hésitez pas à aller faire un tour sur l’excellente page Facebook « je suis une pub spéciste »).

Et puis aussi, je fréquentais beaucoup ma chère copine A. avec qui j’allais régulièrement m’occuper de mon grand poney (1m75 tout de même) en demi-pension. Et celle-ci étant végane et ayant une langue, nous parlions, beaucoup. Et il se trouve que j’étais en général bien d’accord et souvent déjà au courant des choses dont elle me parlait à propos du véganisme. Et c’est lors de mon voyage au long cours que je suis vraiment devenue végane.

(Pour les connaisseurs ou les titilleurs qui auraient envie de jouer à la « vegan police », il se trouve que nous passions plus de temps à nous occuper des canassons en question qu’à leur grimper dessus. L’un étant naviculaire et l’autre arthritique nos visites consistaient aux soins, à de copieuses gratouilles, des balades en main pour brouter car l’herbe est toujours plus verte chez les voisins et assez rarement des balades courtes au pas sur leurs dos. Les deux chevaux vivaient à ce moment là dans un grand pré avec abri dans le même troupeau, et étaient pieds nus –ça veut dire sans fers-, l’un en parage naturel)

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Donc pourquoi :

d’abord pour l’éthique et les animaux

en particulier ceux classés « bétail », que l’on a modelé à notre gout et exploité depuis des siècles avant de les massacrer après une vie de souffrance pour les bouffer. Alors que l’on peut très bien se nourrir de végétaux (sauf si on habite sur la banquise) (et encore les boites de conserves ça existe).

Et parce qui a dit que l’homme était some how SUPERIEUR aux animaux ? Déjà « l’Homme » vit avec l’idée qu’il est supérieur à la Femme, l’Homme blanc occidental qu’il est supérieur au reste du monde, donc les animaux ? Bah oui ça va de soi, ce sont des sous-tout, en plus contrairement aux anciens esclaves, ils ne nous ressemblent pas et ne parlent pas. Alors OSEF.

Si vous trouvez cela absurde, l’anti-spécisme, tout comme l’anti-rascisme et l’anti-machisme (ou féminisme) existent.

Plus sérieusement, en termes d’éthique, je vous invite à lire les articles suivants, qui m’ont beaucoup inspirée (tirés des cahiers antispécistes):

Vous pouvez les télécharger en PDF pour plus de confort de lecture, moi je les lisais sur mon smartphone dans les transports en voyage. Il y a encore plus de ressources gratuites si vous souhaitez aller plus loin : tous les numéros des cahiers antispécistes depuis 1991.

Illustration par Insolente veggie

ensuite pour les autres êtres humains

qui ne peuvent manger à leur faim (Antigone xxi explique cela bien). Je ne vais donc pas écrire un pavé dessus.

pour la planète

qui est abimée à grand feu par les industries et autres activités humaines significatives.

Oui ce n’est pas en coupant ton robinet pendant que tu te brosses les dents que tu sauveras la planète, sorry Nicolas Hulot et ton « écologisme mou », va falloir militer avec des vraies solutions maintenant. J’ai emprunté cette expression au journaliste Aymeric Caron, qui dit sur l’écologie « molle » de Nicolas Hulot : « Cette approche est vouée à l’échec en ce qu’elle accompagne le système libéral dominant qui est ultra-productiviste et, en tous points, opposé à l’écologie. Je suis convaincu que l’écologie ne peut être que de gauche, c’est-à-dire interroger profondément les bases de notre civilisation » et « Il (Nicolas Hulot) propose d’atténuer les conséquences les plus graves générées par le système, plutôt que de le reconstruire entièrement: essayons de polluer un peu moins, de prendre davantage le train, de ne pas trop exploiter les ressources naturelles… C’est l’écologie de la «bonne volonté».« 

Et ça je suis bien d’accord. Le reste de l’interview sur le Nouvel Obs.

L’élevage d’animaux pour la viande produit 18% des gaz à effet de serre et est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie (ces chiffres viennent du FAO et de l’ONU).

Le documentaire Cowspiracy, une recherche des causes du réchauffement climatique retrace cela très bien : http://watchdocumentaries.com/cowspiracy-the-sustainability-secret/

Ainsi que cet autre article de Antigone XXI

et en dernier, pour la santé

la consommation de viande et produits laitiers n’apporte rien à la santé, on peut vivre très bien, être sportif-ou pas- en étant végétalien, et les protéines végétales suffisent et on en trouve dans une grande variété d’aliments. (Pourquoi cette obsession ? Alors qu’en général les occidentaux consomment plus de protéines que nécessaire…).

Vous pouvez consulter le guide du végétarien débutant (et végétalien) de l’Association Végétarienne de France qui explique comment avoir une alimentation équilibrée (sachant qu’en tant qu’omni je n’avais pas forcément une alimentation « équilibrée » à base de je mange des sandwiches le midi au boulot et des tartines de fromage le soir…)

Sinon c’est cadeau, cette vidéo sur la nutrition qui dure 25 mn « Manger des produits animaux, une nécessité ? » où l’expert Docteur Bernard-Pellet (qui est médecin, a un diplôme en nutrition et en sciences, et s’est spécialisé dans la nutrition végétarienne et végétalienne en étudiant les 3 000 études scientifiques publiées sur le sujet) répond point par point aux interrogations.

Mais revenons au voyage.

 

Avant de partir

Avant de partir, j’avais donc eu un déclic et je ne mangeais quasiment plus de viande… mais encore du fromage, notamment lors de mon passage de deux semaines chez ma chère Moman qui cuisine très bien et qui a toujours des blocs de Comté et de Morbier dans le frigo ainsi que des pots de Cancoillote. Et oui, en Franche-Comté, c’est un peu comme cela chez tout le monde ! Les produits proviennent directement de la fromagerie du village qui récolte le lait des fermes aux alentours, fabrique et vend le fromage après affinage dans une cave. Leur prix est compétitif et tout le monde se complait à dire que le comté de sa fromagerie est meilleur que celui du village d’à côté, et les vision de vaches montbéliardes paissant dans les verdoyantes prairies franc-comtoise est plus que courante.

végane en voyageant

Oui il ne s’agit pas ic des vaches « à lait » montbéliardes mais des vaches « à viande », les voisines de ma mère.

 

(attention, pavé sur le lait)

 

Prérequis : pour qu’un mammifère femelle donne du lait, elle doit donner naissance à un petit.

Mais on ne voit jamais les vaches et veaux dans le même pré, pourtant, si elles ont les mamelles si gonflées et qu’elles donnent du lait, c’est pour leur progéniture normalement ? Pas pour des grands gaillards sevrés, non ?

L’être humain est le seul mammifère qui consomme du lait après sevrage… et d’une autre espèce que la sienne qui plus-est (il est également le seul mammifère connu à faire cela, sauf dans des cas rares d’adoptions inter-espèces…. mais je n’ai jamais vu une vache adopter un bébé humain).

Le lait maternel sert à la croissance du petit de la mère, il est adapté à sa propre espèce et n’est pas nécessaire à la vie de l’adulte. Contrairement aux croyances, il n’apporte pas de calcium « indispensable ». En fait le calcium peut-être apporté par des végétaux, et sa fixation est améliorée par l’exposition au soleil (vitamine D) et l’exercice physique. Pas le lait d’une autre espèce. D’ailleurs il a été démontré que le principal responsable des problèmes osseux type ostéoporose était la forte consommation de produits d’origine animale, dont le lait.

Les études scientifiques ont montré que la consommation de lait n’était pas indispensable ni spécialement bonne pour la santé. Cet article paru sur lemonde.fr est une bonne source d’information sur ces questions.

Les recommandations du « Plan National Nutrition santé » (PNNS) de l’état français lancé en 2001 continuer de recommander la consommation quotidienne de produits laitiers alors que cela est contredit par la littérature médicale internationale. On se doute un peu qu’ils ont été conseillés par les lobbies du lait, financés par les grands industriels du secteurs pour défendre leurs intérêts financiers. Je vous indique deux articles sur le sujet « Enquête sur les cartels du lait » paru en février 2016 ainsi qu’un article de blog sur « les biais du PNNS ».

Vous savez ceux qui vous ont mis le slogan dans la tête via leur pub télé atroce à base de vache géante en train d’éjaculer du lait sur des squelettes en 3D qui courent dans les champs (POURQUOI ?).

Et oui, quand il y a de l’argent (facile) sous le tapis. Oui, il est « facile » d’exploiter des êtres vivants pour leur voler leur lait, après tout les vaches ne crient que trois jours quand on leur arrache leur petit, puis finissent par se résigner des inséminations forcées annuelles, grossesses puis traites bi-hebdomadaires avant de se faire réformer, doux terme qui signifie devoir monter dans un camion avec ses congénères, toutes aussi ravies les unes que les autres pour se retrouver dans les murs sereins d’un abattoir où leur vie d’esclave de l’homme d’achèvera. Ah les vaches, qu’elles sont mignonnes !

Et le métier d’agriculteur, c’est tellement valorisant de nos jours. Produire à perte, tout ça.

Ah mais suis-je bête, ils ne sont pas si heureux que ça les éleveurs, sinon la 3ème cause de mortalité de la profession ne serait pas le suicide (autre article). Si? (C’est peut-être un raccourci, mais ça vaut le coup d’y penser).

C’est dommage qu’à l’école on ne leur enseigne pas la permaculture et on ne les conseille pas de lancer des petites exploitations comme des micro-fermes bien plus rentables que leurs gigantesques fermes criblées de dettes et subventionnées par des fonds publics. :/

Revenons en aux vaches des prés franc-comtois. Parfois il y a des champs de génisses (vaches adolescentes femelles) mais pas de mâles. Oùkisont ?

Ah oui, les veaux mâles, ils sont dans les niches ! Dans lesquelles il passeront les 8 premières semaines de leur vie , sans leur maman (sympa ta crèche) et seront abattus avant leurs deux ans (une vache vit normalement entre 15 à 20 ans)… Ils sont alors alimentés de lait entier pour les chanceux sinon c’est lait en poudre pauvre en fer afin qu’ils soient volontairement anémiés. Je suis bien au courant pour avoir nourri les veaux au bib’ après l’école lorsque j’étais à l’école primaire, dans la ferme en bas de chez moi. Bah oui, ils étaient « trop mignons » les petits veaux. J’ai même assisté à une naissance une fois, avec les crochets pour tirer ce n’était pas très délicat.

Et pourquoi qu’on les anémie les veaux ? Et bien parce que le consommateur aime bien la viande blanche. Souvent elle est conseillée dans les régimes, et puis avec l’OMS qui a déclaré que la viande rouge peut-être cancérigène du coup elle est moins recommandée. Mais faut bien vendre son bifsteak, hein ? $$$

 

La transition

Pour moi, ça s’est fait lors du voyage, après le Kirghzistan/Tadjikistan (sinon je n’aurais vraiment pas eu grand chose à manger là-bas, j’en parle dans cet article du « régime Kirghize ». #Koumys).

Arrivée à New-Delhi en Inde, fini les potages avec de la viande qui flotte dedans que je refilait au Barbu.

En Inde il est extrêmement simple de manger végétarien (en plus c’est délicieux mais vraiment beaucoup) car la majorité de la population est hindou (même si certains hindous en consomment parfois de temps à autre mais après ils vont au temple se faire pardonner par leur dieu préféré – ah les religions…), mais il y a aussi les Jains qui eux sont « pure veg » ça veut dire qu’ils ne consomment pas non plus d’œuf (mais parfois du lait quand même parce que la vache sacrée tout ça-vache pas si sacrée que ça car l’Inde est devenu l’un des premiers exportateur de viande bovine). Donc au final, être végétalien là bas ce n’est pas si simple que l’on croit, mais quand même énormément plus facile qu’au Kirghizistan. Je parle de mon expérience de mangeuse végétalienne en Inde dans cet article.

Pour revenir à la « transition » donc, il n’y en a pas eu. J’ai simplement arrêté de consommer viande, produits laitiers et œufs.

 

Aujourd’hui

Aujourd’hui, plus de 9 mois après les pays en « stan » donc, je me porte très bien, la viande et le fromage ne me manquent pas le moins du monde (Ok il m’arrive de penser à ma réaction devant un bout de morbier parfois, ah drogue caséine, quand tu nous tiens).

Mais par contre, comme je ne suis pas en France et qu’il n’y a pas de magasins spécialisés au Laos-Cambodge, je consommais un peu d’œuf* de temps à autre, car je ne peux pas me supplémentaire en vitamine B12, la seule carence qui puisse être apportée spécifiquement par un régime végétalien (pour le reste, les carences c’est comme les omnivores, il peut en avoir dans le cas d’une alimentation non équilibrée ou d’une maladie). En France il existe des boissons végétales (amande, noisette, soja etc) et autrs aliments transformés enrichis en B12 ou alors des compléments alimentaires sous forme de gélules. Je ne suis pas parvenue à en trouver au Laos et Cambodge, je vais donc essayer à Ho Chi Minh Ville, deuxième ville vietnamienne. Il y a des magasins bio là bas ou peut être en pharmacie, les infrastructures médicales y sont meilleures.

Apprendre à cuisiner végane en voyageant

Un point que j’aimerai soulever, maintenant que j’ai repris une vie un peu moins « nomade » (je squatte l’appartement de potes à HCMC depuis deux semaines) et que j’ai une cuisine sous la main, je me rends compte de la richesse d’inspirations cuisine que le voyage m’a apporté. De base, je n’aime pas trop faire à manger car j’ai toujours peur de rater. OK je faisais des pâtes bolognaise maison pour 6 quand j’étais jeune et je suis la pro des soupes aux légumes l’hiver parce que j’aime bien jouer avec le mixeur plongeur mais ça s’arrête là.

Mais lors de mon volontariat en Inde du Nord, Deepu nous faisait tellement bien à manger tous les jours, de la nourriture végétalienne avec une diversité et une facilité déconcertante que j’en ai pris de la graine.

Lors de mon volontariat au Népal dans une ferme de permaculture, si en arrivant je grommelais à Etienne « il me foutrons pas en cuisine sous prétexte que je suis une gonzesse ya pas moyen, moi je veux piocher! »…. et bien très vite quand il y a besoin d’un coup de main, et bien on le donne. Je me suis retrouvée à éplucher de l’ail pour 15 personnes pendant des heures, puis à faire des chili-galic paste, puis des pates cumin-gingembre, puis à popoter des curries… j’ai beaucoup appris. De la simplicité, des épices, des légumes frais du jardin en grande diversité et selon  la saison et roulez jeunesse !

Et en goutant la cuisine asiatique, observant les différents ingrédients sur les marchés et me régalant, j’ai appris un peu sur le tas les rudiments de la cuisine vietnamienne, et thaïe.

Donc du coup, en partant de toutes ces nouvelles bases, des ingrédients que je peux trouver ici, au Vietnam et l’aide de quelques recettes trouvées sur internet que je mixe à ma sauce… je cuisine ! Et j’aime bien (enfin j’aime surtout bien manger, faut pas pousser mémé dans les orties hein).

Je me rends compte à quel point la cuisine et la gastronomie française sont si peu adaptées à une alimentation végétale (et vla du beurre, de la barbaque etc.) (à part les poireaux vinaigrette peut-être ?), et si peu équilibrée au niveau de la santé comparé à ce que l’on peut trouver en Asie, où c’est beaucoup plus axé sur la verdure (même si ici ils adooorent la viande, les petites saucisses, les barbecue de rue, etc).

Et étant lié au fait que la culture prédominante en Asie soit bouddhiste, le végétarisme/lisme est beaucoup mieux accepté et compris ici, il y a des resto végétariens/liens au Vietnam (Chay) dans toutes les villes et des options végé dans les menus.

Quelques exemples de ce que j’ai bricolé ces derniers temps :

végane en voyageant

Ne pas financer des activités touristiques impliquant les animaux

Une autre prise de conscience qui vient avec le véganisme est celle de l’exploitation des animaux, sous toutes ses formes. Donc on n’achète plus de cuir ni fourrure (si vous souhaitez vous renseigner, l’association Peta est une bonne source)… mais on ne participe pas non plus à l’exploitation des animaux dans un but touristique. Surtout si l’on voyage dans des pays « exotiques ».

J’évite donc des activités telles que les balades en éléphant (systématiquement maltraités pour être dressés), le fameux « temple des tigres » où ceux-ci sont drogués et où les moines font du trafic d’animaux sauvages (il a été fermé il y a quelques jours en juin 2016 hurra !), ne pas visiter de zoo (j’ai un article à venir là-dessus), et également éviter les ballades à cheval ou en âne, surtout si vous voyez que l’état des animaux est déplorable (je pense notamment aux ânes en Grèce à Santorin ou des calèches avec des chevaux rachitiques et blessés attelés en Inde). Par contre partir observer des animaux sauvages dans des réserves naturelles, ça oui ! Ou pourquoi pas aller dans des refuges qui sauvent et réhabilitent des éléphants jadis captifs et exploités, pourquoi pas !
(Et oui je suis montée à cheval au Kirghizistan, si vous souhaitez en discuter n’hésitez pas).

végane en voyageant

Des rangers à dos d’éléphant au parc naturel de Bardia au Népal

 

N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cet article, comme vous avez pu le constater si vous êtes curieux, cela fait quelques temps que l’onglet « végane en voyage » est venu se greffer sur mon site, avec pour le moment des articles sur « manger végane en Inde » et « manger végane à Hanoi ». Je compté écrire un article sur manger végane en Asie du Sud-Est prochainement avec quelques astuces !

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