Uttarakhand : monts et merveilles

Après avoir passé deux semaines dans un hameau non loin de Raniket dans l’Uttarakhand à l’hôtel Rhodo reTreat and resort pour notre volontariat jardinier, nous souhaitons visiter l’état de l’Uttarakhand. (Je publierai l’article de notre volontariat par la suite car c’était tellement bien que je n’arrive pas à l’écrire!). Comme les derniers guests de l’hôtel nous ont généreusement emmenés en excursion à l’est de Ranikhet à la découverte d’Almora, du temple Nanda Devi ainsi que de Jageswhar, nous avons désormais en tête de faire cap au nord, droit dans les montagnes aux sommets blancs que nous voyions chaque jour sans nuage depuis l’hôtel. J’ai vu qu’à Badrinath, tout au nord, se trouvait un temple qui m’avait l’air bien beau et qu’il s’agissait d’un haut lieu de pèlerinage, l’endroit étant très sacré : ça sera donc notre destination. Or cela se trouve à plus de 300 km de Ranikhet et nous n’avons pas envie de courir, nous ferons donc le trajet de bus en bus, en traversant les merveilleux paysages de l’Uttarakhand…

morning viewLa vue du matin

Mardi 6 octobre : our fabulous journey through Uttarakhand

timmyTimmy ne veut pas que l’on quitte notre chambre !

Au réveil, Beeru nous apporte le thé et Deepu fait irruption avec Timmy le chien dans la chambre. Timmy nous fait des léchouilles dans le lit puis se met en tête de monter la garde à la porte alors que nous faisons nos sacs à dos et nettoyons un dernier coup la chambre. Deepu doit partir voir son frère à Ranikhet, nous le retrouverons là bas, Sunny est allé voir sa famille tôt le matin, nous prenons donc notre dernier petit déjeuner avec Beeru sur la terrasse, au son du chant des oiseaux. Nous descendons sur la route pour intercepter un bus ou une jeep collective qui irait à Ranikhet, mais aucun véhicule ne passe dans notre direction. Finalement j’arrête une voiture de particulier, ils ont deux place à l’arrière. Ils nous prennent volontiers en stop et nous expliquent qu’ils travaillent pour la compagnie phamaceutique Modi Pharma à Almora. Société qui appartient donc à… Modi, le premier ministre indien ! Ils nous déposent devant l’hopital de Ranikhet et nous finissons à pied jusqu’à la gare routière. J’appelle Deepu qui nous rejoint avec son frère mais nos adieux seront de courte durée car déjà le bus que nous devons prendre est là, sur le point de partir. Nous sautons donc dedans et c’est parti pour la route vers le nord !

DSCF7136 ça commence bien !
DSCF7141DSCF7139On prend de la hauteur

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DSCF7143Petite pause à Dwaharat où nous retrouvons la route principaleDSCF7145Un packaging des plus chics pour des sucreries locales

Nous serons saisis durant tout le trajet jusqu’à Chaukhutia par la beauté des paysages en descendant la vallée au-dessus de laquelle nous étions perchés depuis deux semaines. La petite route serpente dans les lacets au milieu des pins. Puis elle traverse une rivière et de nombreux mignons villages situés sur des jardins en terrasse bordés par les montagnes de chaque côté. Nous arrivons après quelques heures de route à Chaukhutia où nous devons prendre un autre bus pour continuer notre route vers le nord. Alors que nous traversons le pont pour rejoindre la route principale, nous discutons avec un monsieur qui était dans notre bus et souhaite lui aussi se rendre à la prochaine ville, à savoir Garsain. Mais pour l’instant, pas de bus, on ne sait pas s’il va en passer un donc nous nous joignons à lui pour une jeep collective… mais problème nous ne sommes pas assez de passagers, nous attendons donc. Finalement un bus passe, notre co-voyageur lui court après et nous fait signe, nous nous dépêchons donc de vite descendre les sacs à dos de la jeep pour courir jusqu’au bus et embarquer alors qu’il repart déjà. Le bus ne va pas jusqu’à Garsain mais un village dont j’ai oublié le nom et là il faudra prendre une jeep pour arriver à Garsain. Nous voici donc dans le bus qui traverse la vallée. Encore là, mignonnes maison, jardins en terrasses, travailleurs des champs, montagnes recouvertes d’arbres et ce soleil qui tape. Puis nous commençons à monter une montagne. Lacets, moteur du bus qui ronfle, forêt de pins qui reviennent… et puis en haut, un village et la vue sur des terrasses à pic de la montagne ! Et nous redescendons, vue sur une nouvelle vallée. En bas, un torrent s’ébroue, séparant un petit village en deux parties reliées par un pont métallique. Le bus nous dépose avant le pont et à peine descendu que nous hissons nos sacs à dos sur le toit d’une jeep et que l’on nous invite à nous installer à l’avant. Cette fois la route longe le torrent, le paysage est une fois encore, grandiose. Après une bonne demi-heure de route, il y a un bouchon, la jeep est à l’arrêt. C’est à ce moment que Sandrine de l’émission de radio Allo la Planète m’appelle, pour vérifier que mon réseau fonctionne bien. Et miracle, oui, dans ce village au fond de la vallée, je capte bien ! Mais alors que je suis au téléphone on apprend qu’un bus pour notre destination finale, bien après Garsain est arrêté dans le bouchon un peu plus loin devant ! Hop, sac sur le dos, je raccroche, on court et hop, on est dans le bus et la circulation reprend : nous étions arrêtés à causes de travaux de réfection de la route (et elle en a bien besoin !). Nous voici dans ce nouveau bus, la route se remet à grimper une montagne et nous voici arrivés à Garsain. Une bande de gamin suivra le bus tout le long du village pour me dire « hello ! » à la fenêtre, puis nous nous retrouvons à nouveau dans une pinède… où des tas de militaires sont cachés ! Des camions camouflés, des tentes, des véhicules étranges : ce sont les grandes manœuvres décidément. Le bus fait une pause chai au col où je me dépêche de trouver un endroit où faire pipi : on ne s’est pas arrêtés depuis notre départ en début d’après-midi, et il est plus de 17h désormais. Un groupe de militaires me tape la discute mais je ne loupe pas le bus. La nuit commence à tomber alors que nous descendons sur la ville de Karnapryag, où nous passeront la nuit. Un monsieur avec les cheveux teints au hénée parle avec nous, il nous aidera plus tard à trouver un hôtel, et le lendemain un bus car lui aussi se rend à Joshimath ! L’arrivée sur Karnapryag est grandiose : même de nuit, grâce aux lumières on distingue la large rivière et les maisons collées aux falaise juste au bord, les ponts métalliques soudés dans la roche, la vue vertigineuse alors que nous prenons les lacets pour rejoindre le centre de la ville. Une fois arrivés, nous suivons notre roux jusqu’à un hôtel au bord de la rivière et après un bon dal, et un rendez-vous manqué avec la radio, dodo. Le bus, le lendemain partira à 7h30.

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DSCF7173On attend à côté de la Jeep à ChaukhutiaDSCF7177

DSCF7181Dans le busDSCF7186ça grimpe à nouveauDSCF7191

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DSCF7203On a fait pire comme paysage…DSCF7218 Le village perché sur sa collineDSCF7222

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DSCF7229On change de vallée

DSCF7231Mais c’est encore pas mal…

Mercredi 7 octobre : les routes de l’impossible, épisode indien

Karnapryag-5Karnapryag s’éveilleKarnapryag-2

Karnapryag-4

6:30, debout là dedans, et c’est parti à la recherche du bus. Nous traversons l’un des ponts de fer où l’ont peu observer la liaison de deux rivière puis remontons la route à pied jusqu’à trouver un bus. Celui-ci ne va pas jusqu’à Joshimath, il nous faudra changer à Chamoli. La route se déroulera en bordure de vallée accrochée à flanc de montagne à suivre le torrent, de haut jusqu’à Chamoli. Là, nous récupérons nos sacs dans le coffre du bus lorsqu’on nous indique le bus pour Joshimath, qui attend un peu plus haut. Que d’enchainements, on a de la chance ! Et hop, nous nous installons dans le bus bleu et là ca ne rigole plus, finies les jolies vallées et les cols à monter, nous sommes désormais en haute montagne, les routes creusées dans la montagne, les vues vers le bas vertigineuses et au loin… on appercoit ces sommets himalayens enneignés que nous n’avions plus vu depuis Ranikhet ! Après plus de deux heures à se faire remuer dans les lacets et à avoir le vertige regardant en bas lorsqu’on arrivait en haut des montées, nous arrivons à Joshimath, ville où rien n’est plat. Nous quittons notre ami roux qui nous a bien aidé, et partons à la recherche d’un endroit où trouver pitance et chai. Après s’être délicieusement rassasiés, nous cherchons le bus pour Badrinath qui est notre destination finale (après plus au nord on ne peux pas, c’est le Tibet). A la jonction au bout du village, nous finissons par le trouver, rempli de Sikhs facilement reconnaissables à leurs turbans et leurs barbes. Eux se rendent à mi-chemin pour rejoindre la vallée des fleurs et faire leur pelerinage à la montagne Hem Kund (4 300m) et son lac sacré. La route descend en loooongs lacets jusqu’au torrent, puis remonte, redescend, suit les courbes des montagnes, désormais immenses. La route est parfois creusée dans la roche puis, après le lieu de début de pèlerinage des Sikhs, ne s’embarasse plus avec le goudron et n’est désormais qu’une piste de cailloux avec les éboulements à gauche et le torrent bleu turquoise bien en bas à droite. A un moment le bus doit s’arrêter à cause d’un glissement de terrain justement qui a deversé des montagnes de gravats sur la route, mais comme des buldozzers s’activent à remblayer, nous ne resterons pas très longemps hors du bus à regarder ce spectacle ! Un des passagers du bus, qui vit à Badrinath me raconte les terribles éboulements qui ont eu lieu ici il y a quelques années et me montre le village détruits par les éboulis et coulées de boue. Mais heureusement, aucun mort à déplorer car les villageois auront été bien prévenus et évacués à l’avance, ce qui ne fut pas le cas à Kedarnath, une ville non loin d’ici où 5 000 personnes périrent lors d’éboulements et coulées de boue qui survinrent durant une nuit en 2013. Nous passons ensuite le long d’un petit barrage puis fini de longer le torrent, il faut monter à présent !

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route de Badrinath-27Une oeuvre disons… intéressante dans le busroute de Badrinath-25Ca y est, on retrouve les sommets blancs (admirez nos qualités de photographes depuis les vitres du bus)

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route de Badrinath-22Pause déjeuner à Joshimath, un nouveau bus et c’est reparti de plus belleroute de Badrinath-21

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route de Badrinath-16 Les pelleteuses sont à l’action pour déblayer la route, on descend donc du bus pour regarder passer les véhicules d’en face

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route de Badrinath-1La route…

Après de longs lacets caillouteux, nous apercevons finalement des petits temples, puis des maisons : ça y est, Badrinath, du haut de ses 3 300 mètres d’altitude se dessine devant nous, dans une petite vallée entourée de majestueux pics enneigés dont on peine à estimer la hauteur. Nous partons à la recherche d’une guesthouse tout en admirant ces monts ourlés de la douce lumière rosée du soir, alors que nous sommes déjà dans l’ombre. Nous descendons dans le village et découvrons le temple de l’autre côté de la rivière turquoise et les sources chaudes à ses pieds, où des gens se baignent ou lavent leur linge. Après un échec… trop cher, un monsieur barbu nous dit qu’il a un ashram et des chambres mais qu’elles sont déjà toutes pleines. Il appelle un de ses amis qui possède le même type d’établissement et en inscrit le nom en hindi sur la main du Barbu (le mien, pas le religieux). Nous recevons un excellent accueil et une chambre à 300 INR la nuit. Nous avons pour voisins un groupe de jeunes hommes très sympa qui sont venus depuis le Kerala (pointe sud de l’Inde) en pèlerinage. Nous posons nos affaires et allons boire des chai pour nous réchauffer dans le grand établissement où il y a des vitres (mais ridiculement cher) en attendant le coup de fil de la radio. On rigole bien de voir tous ces pèlerins indiens venus du sud qui comme nous, se les gèlent (il fait vraiment froid). Le coup de fil passe vite, j’ai l’impression de ne rien avoir eu le temps de dire et il y a un petit décalage du son. Tant pis, je ferai mieux la prochaine fois, c’était une grande première (Allô La planète, à écouter ici c’est l’émission du mercredi 7 octobre). Nous allons manger dans un restaurant plus modeste, à côté du temple et nous couchons tout habillés, avec la capuche, les pulls en sandwich dans nos couvertures locales + une couette par dessus. Il n’est pas trop tard et ainsi emmitouflés nous regardons l’intégralité de la saison 2 de In the Flesh (quand on aime on ne compte pas) avant de nous endormir bien au chaud sous nos multiples couches.

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Badrinath-1La truffe froide du Chti

Jeudi 8 octobre : le dernier village d’Inde

Après une grasse matinée nous chargeons un petit sac de nos affaires chaudes et après un petit dej parotha-aloo (galette fourée de patates toutes moelleuses dans une sauce piquante) nous partons à pied jusqu’au dernier village du territoire indien avant la frontière avec le Tibet/Chine : Maana. On est surpris par les panneaux routiers qui l’annoncent tel que ! Il est à 3-4 km, nous avons suivi la route mais je pense qu’il est possible de passer de l’autre côté de la rivière à travers champs pour le rejoindre.

Badrinath-9Sur la route de ManaMana-41Attention j’ai la Indo Tibetan Border Police qui me surveilleMana-39

On traverse les camps de militaires montagnards de la frontière indo-tibétaine (l’équivalent de nos chasseurs alpins) et nous voici au village, un enchevêtrement de mini maisons en pierres posées les unes sur les autres. Les habitants de ce village sont majoritairement tibétains et bouddhiste et vivent de l’élevage de moutons et poneys, les femmes elles, tricotent et vendent tapis colorés, pulls, bonnets, gants et chaussettes. Dans les minuscules passages entre les maisons on rencontre quelques mamies à la tâche : préparation du dhal (plat à base de lentilles/haricots), vaisselle… ou tricot. Alors que nous nous promenons dans ce labyrinthe, une mamie essaie de communiquer avec nous, et après grand sourires elle va nous chercher sa production de tricots dans sa petite maison bleue. Le barbu joue au modèle et essaye un gros pull gris et un bonnet bleu, qui lui vont à ravir, il n’y a pas à dire ! Il finira par lui acheter ce magnifique pull bien chaud, en se disant qu’il l’enverrait en France dès que l’on en aura l’occasion. Après cela, nous partons en quête de quelque chose à manger car j’ai réussi à convaincre mon Barbu de faire les 4 km de marche le long de la rivière Alaknanda, une des sources du Gange jusqu’à la cascade sacrée de Vasudhara qui fait 145m de haut. Dans le village la plupart des échoppes proposent du chai… et des nouilles instantanées mais nous finissons par en trouver un qui a des samossa !

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Mana-35Essayage de pulls et bonnets tricotés par une marrante mamie.Mana-33

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Une fois rassasiés nous voici partis pour l’ascension, après être sortis du village et avoir passé une cascade qui fait des arcs en ciels nous voici sur un chemin pavé de cailloux de la montagne. Quel travail titanesque… Le chemin est magnifique et nous commençons à apercevoir le mont Sathopant qui culmine à 7 075m d’altitude. Nous croisons quelques pèlerins sur le retour (dont un en claquettes/draps alors qu’il ne fait pas chaud quand même). L’un d’entre eux nous salue, le regard éclairé. Il nous délivre la bienvenue, nous dira a quel point il est honoré que nous nous intéressions à sa culture et fera même un câlin au Barbu. Encouragés par ces marques d’affection, nous franchissons les derniers mètres alors que je commence à être à bout de forces (et j’ai faim aha) et nous voici sous la chute d’eau, qui fait des sortes de rideau d’eau se transformant en pluie avant de ruisseler et reformer une petite cascade. Hypnotisés par le spectacle ainsi que par la magistrale vallée qui se déroule sous nos yeux, nous en oublions le temps. Mais le vent glacial va vite nous rappeler de ne pas nous attarder trop longtemps : la nuit tombe vite et nous dévalons le chemin, sautant de cailloux en cailloux bras dessus-dessous jusqu’au village. Je remange un samossa avant d’entamer la marche retour de Mana à Badrinath et par malice du barbu, alors que nous n’avons plus de jambes un bus vide nous prend en stop jusqu’à Badrinath.

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Mana-29Cascade arc en cieeeel !Mana-27

Mana-26Une petite pose détendue pour ce papi et son petit enfant qui voulaient voir une photo d’euxMana-23

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Mana-12Jurassic park(a)Mana-10Encore un illuminé qui allume de l’encensMana-9

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Le soir même, nous allons aux sources chaudes sous le temple, le Barbu pour s’y tremper les pieds et moi pour m’y laver. Les bains des hommes sont des bassins à l’extérieur, dont un couvert et le bain des femmes est dans une pièce fermée. Après avoir attendu qu’il y ai moins de monde, je pose mes affaires sur une marche et enlève toutes mes couches de vêtements, aidée par la chaleur dégagée par les eaux à 40°C. Une fois enveloppée d’un sarong, je m’assois au bord du bassin à la lueur de la petite lumière et me lave cheveux et corps à l’aide de mon godet (ça fait un peu refroidir l’eau) entourée d’enfants couvertes de savon et de femmes en soutien gorge qui s’aspergent généreusement de cette eau bouillante. Une fois mon œuvre accomplie, nous allons diner d’un thali et d’un plat de potiron ultra épicé avant d’aller nous réfugier au chaud sous nos couvertures… et regarder What we do in the shadows pour une nuit riche en vampires néo-zélandais (pas facile de trouver le sommeil, il fait super froid).

Vendredi 9 octobre : dernier jour aux sommets

Pour notre dernier matin à Badrinath, nous allons prendre un petit déjeuner dans notre restaurant préféré, le tout bleu dans la rue à gauche du temple. Au menu : une parrotha géante avec un aloo gobi des familles (pommes de terres et chou fleur en sauce avec du persil frais dessus). Des hélicoptères et un cortège de voitures à sirènes rompent le silence : le ministre de l’Uttarakhand est de visite. Une fois bien rassasiés, nous entreprenons la grimpette au dessus du village jusqu’au mont ( ?) où il y aurait une empreinte de Shiva… nous recroiserons notre ancien qui nous avait envoyés dormir chez son copain qui discute avec nous et nous accompagne sur le bon chemin. Il nous dit qu’il y a 8-10km de marche jusqu’au pied de la montagne. Nous nous contenterons de monter la butte (ce qui représente déjà un bel effort) et de trouver un perchoir pour contempler le magnifique mont à droite, les imposants sommets coiffés de leurs glaciers à gauche et au dessus de nous, le vol de cinq énormes aigles qui se moquent des altitudes et filent de mont en mont à une vitesse déconcertante. Une fois le balais aérien terminé, nous redescendrons avec l’idée de visiter le fameux temple.

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Bradinath-22Mon chapeau tyrolien en milieu favorableBradinath-21

Après s’être égarés dans les ruelles hautes de la villes, nous voici à nouveau devant le temple… portes closes ! Un jeune indien nous fait le Bernard de la Villardière local en marchant devant la caméra tout en parlant et une fois ses prises finies nous informe que le temple ne rouvrira qu’à 15h. Ca fait bien trop tard pour nos plans, nous profitons donc une dernière fois de l’ambiance des sources chaudes et des ghats avant d’aller récupérer nos sacs pour se rendre à la gare des bus. Mais pas de bus pour Joshimath avant demain matin, il nous faudra donc prendre une jeep collective. Une est d’accord pour partir, mais nous devons attendre qu’elle se remplisse : il y a 12 places à l’intérieur ! Après un long moment de flottement, des personnes finissent par arriver et notre véhicule se remplit, nous nous trouvons donc sur les banquettes du coffre avec deux papis, un monsieur très fier de sa lampe à led et une dame avec sa petite fille malade qui lui ronflera sur les genoux. Devant nous, trois bons hommes et une bonne dame se serrent les fesses face à la route ainsi qu’un couple à côté du chauffeur. Les bagages sont sur le toit, nous pouvons affronter la route cabossée. La petite fille sera malade en route et un des papis pourra dire au revoir à son foulard, gentiment prêté en urgence. Une fois à Joshimath, nous nous mettons en quête d’un lit pour la nuit et d’information pour le bus du lendemain matin se rendant à Rishikesh, au sud de l’Etat… apparemment il y aurait 10h de route.

Bradinath-19Le templeBradinath-17

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Bradinath-15ça mitraille à tout vaBradinath-14Les sources chaudes et les bains (ici vidés pour être nettoyés, je tombe toujours au bon moment pour faire mes photos)Bradinath-13

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Bradinath-10Notre jeep de compet’

Une fois la chambre trouvée, nous partons en exploration dans la ville. Un monsieur nous indique un chemin qui monte, nous suivons son conseil et découvrons alors un ensemble de temple, et plus haut de mignonnes maisons aux jardins fleuris. Nous faisons une pause dans notre ascension et au dessus de nos têtes des cables s’actionnent : il s’agit du téléphérique qui se met en branle ! Alors que nous attendons de voir passer la petite nacelle rouge, un groupe de femme et leurs enfants qui courrent comme des dingues dans la côte (oui il faut être dingue pour courir dans cette côte) nous invitent à les accompagner. On leur demande où ils vont comme ça « walk » nous disent-elles ! Très bien, cela nous va ! Nous faisons donc un bon bout de chemin avec elles, discutant en petit anglais « beautiful flowers ! You have flowers in France ? ». Nous longeons une mini ville de militaires avant d’arriver à des jeux d’enfants. La voilà leur destination. Quant à nous, nous descendons vers la rue principale le « market » comme ils disent ici en suivant un petit escalier qui serpente entre maisons colorées et jardins luxuriants de fleurs et légumes, à laisser passer un bœuf qui descend lentement les marches, le tout avec pour toile de fond les hauts sommets environnants qui se teintent progressivement de rose. ON A VU PIRE. Nous retournerons manger dans le même restaurant qu’à l’aller (on l’avait bien aimé), lui aussi tout peint de bleu. Bref, Joshimath fut une excellente surprise, nous qui n’en attendions pas grand chose !

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Josimath-7le stand de rouleaux de nouilles et aloo tiki (vous noterez également le « papri chat »?!)

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Par contre notre hôtel laisse à désirer, on avait une chambre vraiment miteuse, on a eu bien du mal à s’endormir car nous étions en dessous de la cuisine. Même le catch féminin à la télé n’a pas réussi à avoir raison de nous (il y a énormément de catch à la télé indienne). Et le lendemain, nous devons nous lever à 4h20 pour prendre le bus, cela promet.

Samedi 10 octobre : de Joshimath à Rishikesh / de haut en bas

A 4h20 nous bondissons de nos lit et nous pressons dans la rue pour trouver le bus : par chance il était juste en bas de l’hôtel. Après un chai très matinal, le voici qui démarre, à 5h tout pile. Nous sommes à la banquette, seul endroit où nous avons un peu d’espace pour nos grandes pattes mais aussi… coin qui secoue le plus dans les bus ! Nous aurons aujourd’hui une belle définition de l’expression « tape-cul » avec quelques bons du postérieur allant à plus de 20 cm de hauteur et faisant beaucoup de dégâts à l’atterrissage. Si nous sommes hypnotisés par la lucarne cinématographiques du pare brise et de la route éclairée des seuls phares de notre véhicule, fonçant à toute allure (notre chauffeur doit être un fan de Schumarer), nos compagnons de l’arrière succombent un à uns à la succession de virages droite gauche droite re-droite etc. Les vitres s’ouvrent, les estomacs se soulagent et nous nous agrippons. Le jour se lève au moment où nous quittons les hauts sommets, mais pas les routes à virages. Des hommes montent, d’autres descendent, nous devons désormais partager notre banquette avec quatre autres paires de fesses. Les heures défilent, trois pauses, des chips Magic Masala, un vieux qui ne veut pas bouger, notre famille de Brahmane qui prend soin de l’ainé qui sera malade pendant TOUT le trajet (soit 9h, thanks to notre Schumi indien), le mec pas sympa devant nous, celui qui voulait nous vendre du shit avant d’aller à l’école, un costaud qui dort sur l’épaule du Barbu… et puis nous voyons notre torrent soudain se mêler au mythique Gange, formant pendant une centaine de mètres une rivière bicolore et ça y est, nous longeons désormais le Gange. Les virages sont toujours là, les glissières de sécurité ponctuelles mais le vide entre la route et le fleuve toujours plus vertigineux.

bus rishikesh-4La jonction qui crée le Gange à gauche de l’image… depuis la vitre.bus rishikesh-3

bus rishikesh-5Le copain qui dort sur l’épaule et nos têtes de 10 h de bus

Et puis, vers 14h, nous arrivons à Rishikesh. Il y a des panneaux partout, yoga/hotel/rafting/blablibah et puis de la circulation. Une fois à la gare de bus nous prenons un rickshaw pour l’hôtel que j’ai repéré mais les chambres pas chères sont toutes prises, un des employés nous conduit un peu plus loin dans la rue à une guesthouse sans enseigne qui semble appartenir à sa tante. Une fois nettoyés (on était mais tellement crados !) nous partons découvrir d’un peu plus près la ville en traversant le fameux pont suspendu au dessus du Gange. Il y a foule, plein de singes qui essaient de chiper de la nourriture, des gens qui passent le pont en moto… pas très rassurant. Et une fois de l’autre côté, on prend la rue à droite et c’est la fête à neuneu version yoga/fringues de babos/ magasins « d’artisanat tibétain », restaurants cuisine israelienne-tibétaine-indienne-occidentale et j’en passe, des hordes d’occidentaux sur leurs scooter ou à pied, les filles toutes en robe longue, les hommes en dread ou barbe. Et quelques groupes de pèlerins indiens. On est vraiment dépités et pour nous qui venons de passer trois semaines au fond des terres dans des coins vraiment authentiques (ça fait un peu connasse de dire ça mais c’est vrai), on prend vraiment une baffe. Finalement après une pause sur des marches à filer des cigarettes à un mec dont les jambes ne marchent plus (aha) qui est plutôt sympatique et se faire entourer de chiens qui viennent se coucher autour de nous, nous partons en quête du Pyramyd café, où il est dit avoir internet. En effet dans le bus j’expliquais à mon cher Barbu que notre idée d’aller en Inde du Sud avant de remonter au Bengale occidental pour ensuite essayer de passer la frontière Indo-Birmane en visitant les états du Nord-est me semblait impossible avec le temps de visa qui nous restait (ou alors vraiment en passant trop de temps dans les transports…). Du coup on pensait à notre changement de plan. Pour rejoindre le Bengale depuis l’Uttarakhand, il nous faudrait traverser l’Uttar Pradesh, un des états les plus pauvres de l’Inde mais où se trouvent le Taj Mahal et la ville sacrée de Varanasi où les hindous viennent bruler leurs morts pour stopper les cycles de réincarnation. Et parait-il, on y mange bien. Mais nous sommes plus dans un trip « nature » et petits villages, encore plus depuis le Kirghizistan et le Tadjikistan… et bien sur notre émerveillement à propos de l’Uttarakhand. Ou alors, il y a le Népal ! Il était dans nos plans au départ, et nous avons un visa indien multiples entrées. Une fois au pyramyd café, on fait quelques recherche avec les 8% de batterie qu’il nous reste sur la tablette, et on demande au patron s’il n’aurait pas des infos sur le passage des frontières népalaise. Il nous prête une carte de l’Inde et ça tombe bien, nous dit-il, il y a un français qui connaît bien le Népal à l’hotel. Après un chai et un examen approfondi de la carte, le voici qui arrive : c’est un vieux monsieur petit et fin, qui porte juste un pantacourt, un gilet à la Aladin sur son torse nu et un collier avec un œil qui change de couleur selon la lumière et il a vécu 20 ans au Népal, cela fait 40 ans qu’il habite en Inde. Il n’est « pas vraiment français », mais en tous cas il nous renseignera bien sur des coins sympas à aller voir, nous montrera des photos et nous confirmera notre intention de choisir le Népal… mais ne s’adressera à aucun moment à moi, ni me regardera. Aurait-il également intégré le machisme des indiens après tellement d’années ? En tous cas les hommes indiens en général que nous avons rencontré dans le nord s’adressent autant à moi qu’au Barbu, je peux avoir des conversations avec des hommes sans problèmes, ils me serrent la main, me regardent quand ils me parlent… ils sont finalement moins maschistes en société (après chez eux je n’en sais rien) que les hommes Kirgizes. Nous allons manger un morceau (nous n’avons finalement rien mangé de la journée à part des chips, des bananes et du chocolat et au lit.

(bon le lendemain il y avait moins de monde à Rishikesh, et on a eu le droit à un chouette coucher de soleil après que je me sois ablutionnée dans le Gange (juste la tête mais je l’ai fait éhé)

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En tous cas c’est décidé, on va au Népal !

Rory, digital native et fouineuse du web, éparpillée mais organisée. Aime beaucoup les jolies choses, quand ça ne dégouline pas. Vagabonde depuis l’âge de 8 mois. Fait des frasques avec ses fidèles réflex argentique et numérique Konika Minolta depuis quelques années, rejoint il y a peu par un polaroid 600 et un lomo La Sardina de Moëbius.
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3 commentaires pour “Uttarakhand : monts et merveilles

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