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Daily Life

2017 en souvenirs

By 11 janvier 2018 Daily Life, Océanie

Comme j’adore lire les bilans des autres…  et je me dis que j’aimerai me relire, moi aussi, dans quelques années. J’ai très peu publié cette année, ça donne une idée de notre parcours sur ce voyage au long cours qui se ralenti de plus en plus. Voici donc juste un récit « résumé » et des images (pour les visionner en plus grand, cliquez sur les vignettes).

Attention c’est long, rien ne vous oblige à vous lancer dans la lecture/visionnage de cet article. Vous pouvez encore renoncer !

Janvier-Février

Nous quittons notre famille Tasmanienne préférée, chez qui nous avons passé un mois merveilleux en woofing.
Nous partons en Road trip avec trois autres woofers de la communauté : Karen notre flamande pleine d’humour, Johannes l’allemand trappeur (qui se fera attaquer par un opossum au nouvel an, la nature se venge) et Romain, le français brindille et son accent à couper au couteau. Tous des petits jeunes. Deux voitures, trois tentes et en route !
La Tasmanie nous a ravit. Nous avons campé à la sublime Wineglass Bay pour le nouvel an et avons eu le privilège rare de voir des orques depuis la plage en face de Maria Island le lendemain. Nous avons exploré Maria Island et continué de descendre la côte est.
Nous avons été volontaires pour un festival de musique et danse folk à Cygnet. Nous y avons retrouvé notre petite famille chérie (Nick, Arana, Minnow et Bruni) et y avons fait de chouettes rencontres… Les tasmaniens sont vraiment accueillants et intéressants.
Suite à cela nous avons refait un mini road-trip, juste le Barbu et moi. On fini refaire un tour pendant quelques jours qui se transforment en une semaine dans le village de notre woofing. On joue avec les enfants, retrouvons les copains, nous trouvons embarqués dans la préparation d’un workshop de construction d’une maison en Cob, dormons sur le grand lit du balcon avec Amy sous plein de couches de duvet… avant que je trouve finalement un job : cueillir des cerises sur Bruni Island !
Un boulot répétitif mais avec une vue superbe et une compagnie de rêve qui me ferait presque oublier mon piteux salaire dû à la mauvaise année pour les cerises…
Nous campons sur une aire de repos donnant sur une baie et Bruni Island avec une sacrée équipe. La « raie area » comme nous la baptisons, est composée de Chtis (Thégoon & Frangoon) du super duo Cacu-Anacu, « Luc l’alpiniste », Jacopo l’italien, Maxime le belge, Carley l’américaine équilibriste et un drôle de trio… Malgré de longues journées de boulot ils ont rendu ces deux semaines et celles qui suivront inoubliables.
Entre deux, nous partons à nouveau en road-trip en duo vers le nord et la côte ouest. Nous rejoindrons ensuite le festival Fractangular où nous retrouverons quasi tous les copains rencontrés durant nos aventures tasmaniennes. Trois jours épiques, au fin fond du bush tasmanien coupés du monde extérieur.

Janvier 2017
Février 2017

Mars

J’ai commencé le mois en cherchant désespérément du travail. Puis un matin je me suis réveillée dans ma voiture à cinq heures comme à mon habitude et j’ai appris la disparition d’André, mon « ptit papi », mon grand père maternel. Ce fut un choc pour moi, c’était l’une de mes personnes préférées. Mon assurance voyage m’a pris un billet d’avion aller-retour. Le lendemain de la nouvelle, j’ai pris quatre avions, roulé pendant 3h et demies avec mon père et ma soeur Eloïse et nous sommes arrivés à l’enterrement avec 5mn de retard. Puis je me suis occupée pendant deux semaines à plein temps des démarches administratives suivant le décès, ma grand-mère étant en institution et sa fille unique (ma mère) travaillant et ne pouvant prendre de congés spéciaux. Néanmoins cela m’a permis de passer un peu de temps avec ma famille, un an et demi après mon départ de France. Et de revoir deux amies proches (M & J je vous aime !)(les autres aussi mais je n’avais ni le temps ni le cœur). Ma grand-mère l’a rejoint dans le mois qui a suivi.
Le retour en Tasmanie a été assez dur. Je cherchais du travail de façon acharnée mais sans succès, nous vivions dans notre voiture, parfois à dormir sur des parkings (la plage aux chiens de Kingston, et les douches chaudes de Sandy Bay à Hobart : merci !). Nous sommes accueillis pendant une semaine chez la famille étendue d’un ami pour du jardinage et repeindre les fenêtres. Un endroit magnifique à Hobart, une de nos villes préférées. Nous travaillons pour le frère puis la sœur de cette famille au destin singulier : leurs parents, français, ont décidé d’acheter un voilier un jour qu’ils se baladaient le long d’une marina sur la côte d’Azur alors qu’ils n’avaient aucune expérience de la navigation. Chose faite, le père embarque sa famille, apprend à naviguer sur le tas et une fois en route… Ils iront jusqu’en Australie où il re-scolarisent les enfants, puis s’installent en Tasmanie. Le père repartira en voilier par la suite et fera de la navigation et la construction de bateaux son métier.

Avril-Mai

J’ai posté une petite annonce sur Gumtree (« leboncoin » australien) pour faire du house/pet sitting (gardiennage de maison et animaux) et ça a cartonné ! Nous avons été bookés jusqu’à mai et avons même dû refuser à des gens. Une superbe expérience, qui nous a apporté des rencontres sympa et un peu de stabilité. La douceur d’un foyer, même provisoire, avec l’automne qui arrivait. Le bonheur d’avoir de l’électricité et un chat qui ronronne sur les genoux, de balader les chiens au coucher du soleil… Et je me suis enfin mise à faire du fromage végétal affiné, un grand succès !
Nous avons également continué à explorer la Tasmanie entre deux house sitting et avons enfin vu nos premiers ornithorynques après des mois d’essai… J’ai également fait ma première ascension de sommet en solo un beau matin. Juste moi, et une montagne dans un lieu très sauvage. Ça fait du bien.
On a également réparé le genou du Barbu, qui le faisait souffrir depuis des semaines, c’était épique mais on a finalement fini par arriver au bon médecin. D’où l’importance d’une assurance voyage…
Il a fallu vendre ma première voiture, « Mémère », une Holden commodore break de 1993 (3,7L, V6), qui nous a aussi fait office de maison, de taxi, de 4×4 comme de voiture de ville. Difficile de s’en séparer, mais on l’a vendu a une copine qui l’a emmenée dans l’ouest de l’Australie donc on était contents que notre Mémère continue ses aventures.

Il était désormais temps de s’envoler pour la Nouvelle Zélande, après 11 mois magiques passés en Australie.

Avril 2017
Mai 2017

Juin

Nouvelle-Zélande. Drôle d’endroit pour y passer l’hiver mais on est comme ça nous !
Nous avons passé le mois de juin dans l’île du nord. Après avoir acheté une voiture à Auckland on s’est vite sauvés de la ville pour dix jours de road-trip glagla du « far north » jusqu’au milieu, à tester notre petite Subaru sur tous terrains. On a bien failli rester plantés dans la boue d’une mare aux cochons mais je suis un bon pilote de rallye. S’en sont suivi trois semaines de woofing dans une petite « ferme végane » où nous nourrissons toute une ménagerie matin et soir en plus entretenons les pâtures, réalisons pas mal d’aménagements du jardin, de gros travaux sur la propriété et cuisinons pour la famille. Le tout au milieu de nulle part. Formateur mais éreintant physiquement et psychologiquement.
Retour en ville. Contrairement à Auckland, nous avons adoré Wellington (Brasseries !).
Fin juin nous avons chargé la Subaru dans le ferry et nous sommes allés préparer le terrain pour accueillir ma mère sur l’île du sud (voyage prévu de longue date).

Juillet-Août

Nous vivons chez l’infatigable et rigolote Sarah non loin de Christchurch dans une propriété avec une vila ancienne en bois. Nous sommes logés dans l’annexe en échange de 2-4h de boulot par jour : nourrissage et soins des 7 chevaux, des poules, des alpagas et bien sur de Jeremy le gros chat, ainsi que des travaux d’entretien extérieur de la propriété. Le week-end, la famille débarque : nous accompagnons les filles et le garçon au tournois de foot, à leur compétition de cheval, faisons des feux dans le jardin, de gros dîners, je donne des cours de dressage à Freya, il y a de la vie ! Nous nous sentons adoptés par cette famille extraordinaire.

Et puis ma mère arrive !
S’en suit un mois de road trip dans l’île du sud. À 3 dans la Subaru et en plein hiver, pas question de camper. Nous alternons motel et woofing, et nous émerveillons ensemble de ces paysages si fameux. Ma mère fait du kayak pour la première fois à Milford Sound, le plus incroyable des endroits, en duo avec une guide venant d’Alaska. Nous aidons Fraser à retaper une petite maison pour sa fille à Manapouri, nous découvrons ce que veut dire le « black ice » des panneaux (verglas), nous randonnons jusqu’au mythique Mont Cook sur la neige, tombons en amour du coin de Glenorchy, de la côte ouest… Avant de se reposer une semaine dans la douceur de Golden Bay. Nous retournons chez Sarah et taillons ses rosiers (ma mère est une reine du jardin et particulièrement des fleurs) avant de la déposer à l’aéroport de Christchurch, le cœur réchauffé et plein de souvenirs. Une semaine après son retour ma mère retrouvera sa classe, c’est la rentrée.

Nous, on reste chez Sarah et préparons la suite.
Toujours passionnée par les tracteurs et « power tools » je passe des heures à tondre, débroussailler, karcheriser, déraciner…
Mais bientôt il faudra partir. En voulant étendre nos visa nous avons fait une erreur et nous allons devoir quitter le pays mi-septembre. Finalement on n’est pas mécontents car nous commençons à être fatigués des pays occidentaux et des joies de la société de consommation. Un jour alors que nous chargeons les courses du caddie au coffre de la voiture, on se regarde et nous disons : « mais qu’est ce qu’on fout, là ? Ce n’est pas pour cela qu’on est partis ».
Nous vendons la voiture plus vite que prévu et nous envolons aux Tonga !

Juillet 2017
Aout 2017

Septembre-Octobre

Nous découvrons les Tonga, prenons le rythme « Island time » et je me consolide ma santé mentale, qui a pris un sacré coup cette année. J’ai traversé une dépression assez sévère de mars à août. Ma mère m’a beaucoup aidée à aller mieux (bien que ce n’était pas le but premier de mon voyage), ainsi que Sarah, le Barbu bien sûr et aussi : les baleines tongiennes, voyager avec un groupe de copains, faire du camping sauvage et renouer avec la nature, découvrir une nouvelle culture. Et ma « renaissance » s’est finalement opérée à la barre de voiliers à Vava’u.
Cela faisait un moment que je pensais que vivre dans un voilier était une des solutions ultimes pour concilier vie nomade écolo et aventure. Tenir la barre de deux voiliers différents, les sensations du vent dans les voiles, se coller au vent et pencher le bateau, prendre de la vitesse, sentir la force qui s’exerce sur la barre, repérer les récifs sur le GPS, virer de bord, participer à une régate, passer une soirée à bord du bateau de Marc et retourner à terre entourés de plancton luminescent : je suis tombée amoureuse.
Nous avons aussi vécu une semaine dans l’école d’une petite île reculée avec le Peace Corp qui travaille là bas : je suis reconnaissante d’avoir pu rencontrer Ryan, une personne si inspirante malgré son jeune âge.
Puis nous avons vu nos copains quitter Vava’u les uns après les autres, et le 25 oct nous avons dit au revoir aux Tonga. N’ayant pas trouvé de bateau stop, la saison des cyclones du Pacifique Sud commençant, nous nous sommes envolés vers les Fidji.

Septembre 2017
Octobre 2017

Novembre-Décembre

Le retour des curry indiens est une grande joie pour nous (il y a une très forte communauté indienne aux Fidji déportée là par les anglais). Mais pas autant que la belle rencontre avec Tessa et sa famille, chez qui nous jardinons, trions le garage, promenons les chiens sur la plage, sortons en bateau avec Brad et les enfants… Grace à Tessa nous avons l’opportunité d’aller faire du « woofing » non officiel chez une famille vivant dans un village reculé de Taveuni, « l’île jardin des Fidji ».
C’est comme cela qu’après plusieurs jours de voyage, nous avons rencontré Ana, notre « mamie » Fidjienne.
Nous avons vécu un mois au village, à jardiner, cuisiner, lire, puis accueillir nos amies Camille (rencontrée en Tasmanie) et Sarah (anglaise rencontrée aux Tonga voyageant dans tout le Pacifique). Nous avons vraiment vécu une expérience, immergés dans la vie simple et la culture fidjienne au jour le jour. Un mois de déconnexion, sans électricité à la maison (parfois nous allions recharger le téléphone et la tablette qui me servait de liseuse chez des gens du village ayant un générateur). Nous nous sommes imprégnés de l’esprit fidjien lors d’un tournoi de rugby enflammé le premier jour (et sous une pluie diluvienne le second). A boire du Kava ou passer des heures à discuter tranquillement avec Setti, un jeune du village qui passait souvent nous voir. Cuisiner des dalh (presque) tous les jours…
Et puis un peu avant Noël, nous avons quitté le village.
Nous avons eu des soucis de transport : il nous aura fallu 6 jours pour arriver à notre destination. Après un bus, deux bus ratés, 3 ferry (entre 10h-17h de trajet à chaque fois) et un auto-stop.
Nous avons campé quelques jours chez Mele À Kadavu, une île qui n’est pas très adaptée au voyage backpacker… Et sommes remontés dans un ferry. Quelques jours à Suva et Levuka pour finir l’année et organiser la suite : nous souhaitons trouver du travail en Nouvelle-Calédonie pour renflouer les caisses, mais avant nous faisons une escale aux Vanuatu, pays de mes rêves depuis l’enfance…

Le 31 décembre, nous sommes dans l’avion pour Port Vila.

Novembre 2017
Décembre 2017

Conclusion

Puis ce que c’est un « bilan », j’écris donc une conclusion.

Ce fut une année très riche en expériences et rencontres, malgré un drame pour moi et des difficultés psychologiques (dépression et crises d’anxiété). Une envie commune de vie nomade plus durable. D’apprendre la voile via des rencontres et bateaux stop, de faire une pause en Nouvelle Calédonie…
J’ai toujours plein d’envies et d’idées, j’ai réalisé plusieurs de mes rêves cette année, désormais j’ai envie de prendre une route nous permettant de revoir nos familles et amis pour passer du temps avec eux. De rapprocher ces possibilités de « un jour »/ »bientôt ».

Le blog

J’ai très peu blogué cette année mais nous avons été très nomades. Et lorsque je ne l’étais plus je consacrais la majeure partie de mon énergie aux autres ou je n’étais pas bien et n’avait aucune envie d’écrire.
Malgré tout j’ai posté huit vidéos cette année sur ma chaine YouTube.

Nous avons fait une réorganisation dans notre matos photo. Après beaucoup de difficultés et échecs à continuer l’argentique pendant ce voyage au long cours, l’envie s’est tarie. L’acquisition d’un reflex numérique correct m’a permis d’améliorer la qualité de mes vidéos et de connaître une fraîcheur photographique. Je conserve bien sûr mon cher petit télémétrique argentique. Mais il fallait alléger le sac et l’esprit… Moins de matériel, plus de spontanéité et d’inspiration !

J’ai envie de continuer à partager mes carnets de voyage ici, et parfois des articles un peu différents. Mais je ne me mets pas la pression, à mon rythme, à l’envie… Et quand je le peux également ! (L’électricité et internet pour faire fonctionner ce blog ne sont pas des ressources assurées avec mon mode de vie actuel).

En tout cas je vous souhaite une excellente année 2018, j’espère que vous réalisez vos envies et rêves… Et que vous continuerez à venir me rendre visite ici à défaut d’un lieu physique !

Mes chers lecteurs, je vous embrasse.

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Wilderness et fougères arborescentes

By 2 novembre 2017 Australie, Daily Life, Océanie

Cette dernière année, vivant dans ces îles du bout du monde duquel je viens, je me suis découvert enfant sauvage. Isolée de la vie que j’avais déroulée des milliers de kilomètres de là, et des amitiés que j’avais noué, ainsi que du stress de « oh ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu(e), faut qu’on se voie! », je me suis terrée dans le moment présent, mais sans jamais m’enraciner.
C’est mon bonheur et une des causes de mon mal.
Moi qui pensais surtout à l’Australie comme à un pays de blancs riches (ce qu’elle est aussi en partie), je n’imaginais pas à quel point sa nature sauvage allait me bouleverser.
Déjà, la troisième fois que je suis entrée au Vietnam (que j’adore) lors de notre voyage en deux roues, j’ai été étouffé par la densité de l’homme, exploitant chaque centimètre carré de la terre inlassablement, l’aspergeant abondamment de produits chimiques. Le Laos et la Cambodge m’ont laissé le coeur lourd avec des visions de déforestation et de plantation d’arbres monotones en monoculture.
J’ai adoré l’Asie du sud-est pour sa culture, le mode de vie et les gens mais j’étais en manque de nature, cruellement.

Je n’ai pas encore connu l’Australie « remote » du fin fond de l’Outback (et en tant que végane je n’ai pas trop envie de m’aventurer dans ce monde de cattle stations aussi vastes que des pays d’Europe sur fond de rodéo et d’hélicoptères), mais j’ai touché des yeux la Tasmanie sauvage.
Et en 11 mois où j’ai eu la chance de vivre sur cette terre, je me suis habituée à la faible densité de population et ce que ça implique : beaucoup d’espaces où il n’y a « rien ». Et ça fait du bien.

Et puis il y a eu la Tasmanie, terre bien plus petite, oui, mais très peu peuplée. Et dont 20% du territoire est un espace sauvage préservé et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Bien sur, il y a encore des problèmes et certains humains essayent de faire toujours plus d’argent, de rogner la forêt pour y couper les arbres, mais les écologistes se battent bien. Et gagnent des combats.

Wilderness, premier choc

Bref, je me suis habitée. Rouler une heure sans traverser un village, avec quelques fermes mais rien d’extensif, traverser des montagnes sur des « highway » qui sont en fait des chemins de graviers, c’était mon pain quotidien. Les maisons autosuffisantes avec panneaux solaire et récupération d’eau de pluie, c’était ma normalité. Boire l’eau d’un lac sans craindre l’intoxication, camper ça et là et cuisiner sur un feu de bois, mon régime.

Et puis en mars, mon grand-père, vieillesse faisant, est décédé. Ce fut un choc pour moi dont j’ai toujours du mal à me remettre, encore aujourd’hui. Quelques heures après la nouvelle, informations prises, fuseaux horaires domptés, me voici à traverser le ciel en 4 avions, et presque deux ans plus tard, poser le pied sur ma terre natale très déboussolée.

Nous traversons les campagnes jusqu’au village de mon grand-père, non loin des usines Peugeot où il a toujours travaillé. Je suis euphorique, puis triste, puis responsable.

Je me sens écrasée par le poids des normes, des traditions, par les maisons suréquipées aux larges murs. Les villages tristement gris dans la fin d’hiver franc-comtois un peu trop tiède. Je me sens comme l’adulte qui redécouvre la maison de son enfance des années plus tard et la trouve bien plus petite que dans ses souvenirs.

Heureuse en même temps de pouvoir passer un peu de temps avec ma famille, mais soulagée de savoir que je ne vais pas rester longtemps là. La France est si dense. Moi qui était heureuse en ville et naviguais dans les foules compactes de gare du nord me découvre agoraphobe. Je m’étonne de tout, comme en voyage dans le pays qui m’a vu grandir.

Puis l’épuisant ballet aérien reprend, quatre avions et 34 heures plus tard me revoici sur l’ile de Tasman. J’y retrouve mon Barbu, ma voiture, mes amis locaux, cette lumière, cette nature, ce calme.

Wilderness, second choc

Un jour, nous n’avons plus grand chose à faire en Australie, nous voici en Nouvelle-Zélande, où j’ai donné rendez-vous à ma mère pour son premier voyage « overseas » en 11 ans. C’était également censé être des retrouvailles après nos deux ans de voyage, mais la vie en a décidé autrement et je l’avais revu un peu plus tôt que prévu (cf paragraphe précédent).

Alors nous jouons le jeu, on achète une voiture, on fait un peu le tour de l’île du nord et trouvons un woofing dans un farmlet. Mais la colle ne prend pas. Effectivement il a quelques coins « beaux » de ci de là, comme des parcs dans un océan de béton, il s’agit là de petits patchs de parc nationaux ou régionaux dans des océans de pâtures à vaches sans forêts ou d’exploitations forestières privées qui occupent des collines entières. Et quand le coiffeur fut venu, la coupe est rase, laissant une vision apocalyptique de montagnes nues jonchées de restes de forêt broyées. Morbide.

Et ces pâtures infinies, omniprésentes, l’herbe verte fluo importée et les millions de vaches aux pis gonflés, pourtant sans progéniture à nourrir. La nausée devant cet exposition sans fin d’exploitation des vaches qui n’ont jamais demandé à naitre ni à se faire exploiter chaque jour de leur vie. Une vie programmée par l’homme, certains ne semblent pas pouvoir se sevrer. Les uns de lait maternel ne leur étant pas destiné, les autres de revenus confortables reposant sur l’exploitation de non-humains.

Notre malaise est profond.

Guérison

Les fougères arborescentes, mes guérisseuses.
Si certaines personnes sont inspirées et nourries par des marches infinies sur la plage, mon carburant, c’est la forêt. Et pas n’importe laquelle. Les forêts tempérées humides ou forêts tempérées ombrophiles sont mes lieux de choix. Je suis tombée en amour de ces forêts lors de mes pérégrinations dans les « cold rainforest » en Tasmanie et dans le nord de la Nouvelle-Zélande (enfin ce qu’il en reste).

La richesse et la diversité de la flore que l’on y trouve : arbres, mousses, fougères, champignons, hummus, bactéries, parasites ainsi que les matières, odeurs, couleurs et lumières que l’on trouve dans ces forêts sont des miraculeuses sources d’inspiration et de bien être pour moi.
Il y a tant à découvrir et à apprendre de ces écosystèmes. Si l’un des modèles fondamentaux de la permaculture est la forêt c’est bien car il y a tant à y apprendre.

Montagnes millénaires, ces génératrices d’humilité
Et puis, une autre chose qui m’avait manqué et ce depuis bien des années : les montagnes. Lieux hostiles et irrésistibles pour l’humain. Aimants dangereux et splendides. Rien de mieux pour moi que de m’en approcher et les admirer en hiver, sous leur manteau blanc. Si attirantes et photogéniques… mais on ne s’y enfonce pas à cette saison sans une radio, une pelle à avalanches, une paire de crampons et un guide expérimenté.
Mes expériences de montagnarde remontent surtout à la première partie de mon enfance dans les Pyrénées. Plus récemment, un volcan en Indonésie, des cols à 3 500m au Kirhizstan et un sommet tasmanien en solo. Bien moins que je le souhaiterais mais toujours des expériences inoubliables.

Sauvageonne

Le mal est fait. Comment puis-je désormais trouver de la saveur à la vie citadine alors que rien de m’enthousiasme plus que d’apercevoir un oiseau lors d’une randonnée dans la nature ?

Mes prochaines destinations s’annoncent également sauvages et reculés, bien que loin des montagnes et des rainforests. Je vous invite à m’y rejoindre, il vous suffira d’atterrir quelque part dans le pacifique sud. Après, on avisera!

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Et moi alors, suis-je vraiment une voyageuse écolo?

By 25 février 2017 Daily Life, Végane en voyage, Volontariat, Voyage

Mon article « Le paradoxe du voyageur écolo… mais carniste »  a récemment fait quelques vagues sur un groupe facebook où quelques commentaires agressifs m’ont réveillée de ma torpeur bloguesque… Beaucoup de gens me trouvaient moralisatrice. Ce qui arrive souvent lorsque l’on touche à un sujet aussi émotionnel que celui de l’alimentation, même si le propos était plutôt celui de l’information sur un impact écologique souvent oublié! Mais cette agitation m’a un peu fait bouillonner… puis réfléchir!

Mon meilleur avocat a finalement été ma soeur dont je me permets de recopier le commentaire :

« C’est marrant, dès qu’on parle du rapport à l’alimentation les esprits s’échauffent. Perso de ce que j’ai compris de l’article c’est que l’auteure dénonce l’absence d’information à propos de l’impact écologique de l’industrie animale sur les blogs voyages prônant le respect de l’environnement. Elle blâme l’information non relayée et non le lecteur carniste. Je vois plus une personne affectée personnellement par les questions environnementales au détriment de l’objectivité que quelqu’un de moralisateur et egocentré. Le sujet est source de débat, c’est bien la preuve d’un problème sous jacent.« .

Après deux jours à cogiter, voici que je vous ponds cet article, non pour me justifier de quoi que ce soit (même si c’est un peu ce que je fais au final, non?), mais plutôt dans un soucis de partager mon mode de vie actuel. C’est donc un article qui est plutôt personnel/mode de vie que « carnet de voyage »… même si je vis en voyage!

Pas mal de gens ont dans les commentaires relevé que le voyage était par essence pas « écolo » car, par définition, se déplacer par plaisir et non par nécessité c’était polluant etc… Si au début j’ai trouvé cette réflexion un peu ridicule « à ce moment là, on ne fait plus rien, hein »… cela m’a quand même remué les méninges.

Et j’ai réalisé qu’au cours du voyage, mon approche a évolué.

J’ai toujours aspiré à faire de cette épopée une découverte et un temps nous permettant de réfléchir, de découvrir d’autres cultures, de magnifiques paysages et animaux… et aussi des modes de vie plus respectueux de l’environnement et proches de la terre, notamment via des principes de permaculture appliqués par les familles chez lesquelles nous faisons régulièrement du volontariat.

Notre situation actuelle de voyageurs

Pour faire le point. Cela fait désormais un an et demi que l’on est partis, s’il fallait compter… D’abord du stop en Asie Centrale, puis des transports en commun, de la marche et du volontariat en Inde et au Népal, puis quelques mois en Asie du sud-est dont un road-trip en scooter.

Cela fait huit mois que nous sommes en Australie. Ce grand continent sur lequel on avait pas du tout prévu de passer nous aura enfin fait ralentir. Du « slow travel »? Je ne sais pas trop. En huit mois nous avons passé en gros quatre mois dans la zone de Byron Bay, un mois de « road-trip » jusqu’en Tasmanie et trois mois sur cette ile, dont un mois et demi dans des familles en volontariat. Plus quelques voyages d’environ une semaine chacun dans notre voiture convertible en lit sur l’île tasmane. J’ai d’ailleurs posté une vidéo sur ces road-trip si ça vous intéresse plus que mes élucubrations! 😉

 

Notre woofing dans une vallée reculée de Tasmanie

Au niveau du travail rémunéré en monnaie sonnante et trébuchante (il faut bien gagner sa croute, un peu), j’ai trouvé un peu au pied levé un job dans un verger de cerises sur la magnifique Bruny Island. La saison était catastrophique et on était tous payés au rendement… mais nous rencontrons un super groupe de français, belge, italien et une américaine avec lesquels nous campons dans une « rest area ». On a une routine rigolote, tous les matins : caravane de voitures jusqu’au ferry que l’on prend gratuitement en tant que piétons, puis le bus nous attend sur l’île pour nous emmener à la plantation. Comme à l’usine! Je gagne à peine 700$ en 8 jours, maigre consolation quand le prix de l’essence ne redescend toujours pas (environ 80$ le plein). « On n’est pas cher payés, mais qu’est-ce qu’on se marre ! »

Et depuis, nous sommes en woofing à côté de la capitale Tasmane… et je cherche à nouveau du travail pour financer la suite de nos aventures. Peu de déplacements, donc.

Yep

Une publication partagée par RORY (Travels Anywhere) (@roryofroom) le

Suis-je une voyageuse écolo ?

Pour en revenir aux questionnements posés en début d’article je me suis interrogée sur mes pratiques de voyage qui pouvaient faire de moi une voyageuse plus écologiste et moins « consommatrice ». J’aime bien l’expression « consommateur de paysage », c’est un peu ce que l’on fait lors de road-trips! Je suis certainement un peu des deux, mais je trouve intéressant de prendre un peu de recul et me poser des questions. Même si pour moi, de longue date, les véritables progrès écologiques se feront par des changements de société et de législation et non par les comportements individuels (stigmatisés d’ailleurs). Je dois nuancer et reconnaitre malgré tout que l’un ne va pas sans l’autre…

Quels gestes je fais au quotidien?

J’ai un peu listé mes gestes « quotidiens » liés à mon mode de vie actuel. C’est marrant de faire des listes des fois, allez avouez vous aussi vous aimez bien!

Alimentation

  • Je consomme au maximum local, par exemple les légumes dans des petits magasins/marché et veille à ce que la provenance soit locale et bien sûr de saison. En grande surface je vais acheter des produits venant autant que possible d’Australie (ce pays produit tellement de choses, dont le meilleur beurre de cacahuètes ever), et si possible non transformés.
  • Je ne mange toujours pas de viande ni autres produits animaux, d’abord pour des raisons éthiques (#antispécisme) mais aussi écologiques (cf article)
  • Dès que possible, nous cuisinons au feu de bois lorsque l’on campe (dans les lieux où c’est autorisé, on ne plaisante pas avec les feux de forêt en Tasmanie) et ainsi éviter d’utiliser le « gas stove » et ses bouteilles jetables. A savoir pour les prochains (nous on a découvert ça que récemment #boulets) : en Australie on peut acheter des petites bouteilles de gaz rechargeables pour le camping avec un bruleur, un peu plus lourd mais si vous voyagez en voiture/van c’est quand même mieux que les cartouches qui vont à la poubelle.

Transports

  • J’essaie de limiter un maximum les aller-retour en voiture, et, dès que je le peux, je prends des passagers (même si lorsque notre voiture est installée en mode « nuit », il est très galère de caser des gens). Mais l’Australie reste tout de même un pays de voiture. Je n’ai pas encore sauté le pas de voyager en vélo ou à pieds, un jour peut-être! Mes démarches évoluent.
  • Je fais du « slow travel » : plutôt que de faire trois fois le tour de l’Australie, je m’implante plus durablement dans des coins, en travaillant et/ou faisant du woofing/house sitting.
  • En 2016 j’ai pris un avion pour faire Inde-Thailande car je souhaitais passer la frontière Inde-Myanmar a pied mais celle-ci a fermé pour les étrangers pile une semaine avant ma date de passage prévue. Et il a bien fallu que je m’extracte de l’Inde alors que mon visa expirait! Puis j’ai pris un avion Vietnam-Australie mi-2016.
  • En 2017 nous souhaitons également éviter un maximum l’avion. Nous avons pour projet d’essayer de rejoindre la Nouvelle-Zélande en voilier… mais si nous échouons, ça sera par les voies aériennes que nous nous y rendrons bien sûr (je ne suis pas si bonne nageuse 😉 ). Et pour la suite, pareil : nous tenterons le voilier selon les opportunités et saisons, et sinon nous nous rabattrons sur un avion si nous sommes vraiment coincés par des visas.

Logement

  • Lorsque je dors dans la voiture ou dans la tente : pas de chauffage, mais plein de couvertures!
  • Lorsque nous dormons en woofing : en général les habitations sont des constructions écologiques au possible, et c’est intéressant de voir ce qu’ont fabriqué les gens pour s’intégrer à leur environnement. En Tasmanie (et en Australie d’ailleurs) dans les coins reculés quasiment tout le monde a des panneaux solaires, récolte l’eau de pluie/des ruisseaux pour boire, la vaisselle etc, des toilettes sèches dont le compost sert au jardin ainsi que des douches au chauffage solaire (super efficace!). Les maisons sont souvent « passives » et bien isolées, chauffées en complément au bois l’hiver.

Hygiène (même si pour moi cela a peu d’impact global sur la planète, je le répète)

  • Je me lave peu : une à deux fois par semaine environ, et avec du savon solide, local, éthique et tout le tralala. En road-trip on se trempe dans la mer et les rivières et parfois il y a des douches (chaudes) gratuites (<3 Australie).
    Du coup je n’ai pas besoin de m’hydrater car ma peau est moins agressée et je ne me sens pas « sale » pour autant (malgré le fait que je fasse souvent du travail physique). Je lave mes cheveux aussi au savon à la noix de coco, et ils ne me dérangent pas alors qu’à Paris ils étaient toujours gras au bout de deux jours.
  • J’utilise peu de « produits de beauté« . Après des années j’ai fini par trouver le combo parfait pour ma peau mixte : protection du soleil  (crème solaire, chapeau et manches longues, comme les bébés) et huile de jojoba qui est bien plus efficace que n’importe quelle crème que j’ai pu avoir. J’avais vu un jour une vidéo marrante sur la ressemblance cellulaire de cette huile avec le sébum produit par la peau et le fonctionnement du derme et depuis je ne jure que par cela. Lorsque j’en rachète (tous les 6 mois environ) je privilégie le local et le cruelty free.
    Et du dentifrice, puis c’est tout! J’ai aussi fait l’acquisition d’une brosse à dent en bois hahaha !! (La « environmental toothbrush » australienne, trouvée en magasin bio, lien non sponsorisé, of course).

Habillement

  • Quasiment tous mes vêtements sont « recyclés », c’est à dire de seconde main. En arrivant en Australie en hiver nous avons dû nous équiper, nous nous sommes donc rués sur les « second-hand shops » tels que Vinnies (l’équivalent de notre Emmaus français) et autres. Bravo l’Autralie pour cette culture du second hand (et vive les vide-grenier en France!). Nous avons également trouvé des vêtements laissés par des backpackers dans une auberge de jeunesse à Brisbane, dont mon jean de travail que j’ai bien « rentabilisé ». Le dernier vêtement neuf que j’ai acheté ce sont peut-être des chaussettes en vrac… ou encore une robe d’une créatrice locale en Thailande. Je suis loin de soutenir les grands groupes industriels de mode. Il est bien sur hors de question pour moi d’acheter des vêtements neufs contenant de la laine/ du cuir, mais il peut m’arriver d’acheter des produits « de seconde main » en contenant. Comme par exemple une paire de Vans superbes, modèle vintage avec peut-être un peu de cuir (mais même pas sûr) tout à fait à ma taille dans un « Opportunity shop » au fin fond de la Tasmanie pour… 5$. La non-accro au shopping que je suis n’a pourtant pas pu résister.

Dans cette société de data, quantifions! Mon empreinte écologique.

Par curiosité j’ai aussi eu l’idée de calculer mon empreinte écologique sur plusieurs outils* pour croiser les sources. Les résultat sont quantifiables en nombre de planètes qu’il faudrait pour soutenir mon mode de vie si tout le monde vivait comme moi. J’ai répondu de la façon la plus proche et honnête possible. Je me suis dit que cela pouvait être intéressant pour compléter l’article.

Les résultats sont entre 1.1 à 1.7 planètes*, ce qui est beaucoup moins que  lorsque je vivais en appartement à Paris et avais une alimentation non végéta*ienne .Mon résultat pour mon mode de vie alors était de 2,3 planètes environ, et pourtant je n’avais pas de voiture et recyclais abondamment. La moyenne mondiale est de 1.6. Pas si mal pour une « occidentale ».

Il faut aussi noter que l’alimentation est un facteur présent dans tous les tests.

 

Je ne sais pas si ces questionnements peuvent vous intéresser où vous touchent un peu, mais j’avais envie de les partager et d’avoir votre avis sur la question, mes chers lecteurs (qui que vous soyez 😉 )

 

La bise des buissons connectés en wifi.

 

*Outils utilisés : e-graine (résultat 1.1), le calculateur d’empreinte du WWF (résulat 1.7), celui du Global Footprint Network (résultat 1.7).

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Rory en Australie #jeRaconteMaVie

By 24 septembre 2016 Carnets de Voyage, Daily Life, Océanie

Les jours s’écoulent, j’inonde instagram et twitter mais je n’ai pas vraiment raconté comment ce-fait-ce que nous nous soyons retrouvés en Australie, c’est donc l’occasion de faire un point sur notre « voyage au long cours ».

Le 5 aout, cela faisait un an que nous étions partis, notre voyage ayant pris une tournure que nous espérions : nous devons bien l’avouer maintenant qu’on est totalement à l’autre bout du monde, non, jamais nous n’avions prévu de rentrer au bout d’un an… ou au bout d’une durée quelconque. Nous sommes enfin libérés de notre vie en société et de nos obligations (loyer & travail en priorité) et je dois l’avouer (car c’est on dirait qu’en France on a pas trop le droit de crier cela sur les toits) : nous sommes heureux. Après notre road-trip Bécane et Pétrolette, à scooter à travers 3 pays d’Asie du Sud-Est, nous avons eu le luxe de pouvoir vivre un mois en appartement à Ho Chi Minh chez un copain. Un lit, une douche, du wi-fi pour s’organiser et binge watcher des séries TV (The Leftovers notamment, je recommande !), nos scooters pour vadrouiller en ville et tester tous les resto végétariens… et puis préparer la suite.

C’est la mousson. #rain #rainseason #rainyseason #hochiminhcity #hcmc #vietnam #asia #southeastasia #travel

Une vidéo publiée par RORY (Travels Anywhere) (@roryofroom) le

 

Le Vietnam, et après ?

On fait quoi après l’Asie ? Au début on pensait aller aux Philippines ou en Indonésie (c’est encore en Asie nunuche) mais bof, pas trop motivés. Et puis on a rencontré quelques personnes sur la route qui nous ont parlé de l’aspect lucratif de l’Australie (oui on ne fait pas que dépenser tous ses sous là-bas, on peut aussi travailler !) qui permettait au backpacker fauché de se refaire une santé financière afin de continuer ses pérégrinations.

A là base moi j’étais surtout attirée par la Nouvelle-Zélande et ses paysages sauvages, MAIS (attention faut suivre) la rencontre du boyfriend australien de notre amie Allemande avec qui nous avons voyagé au Cambodge a un peu tout changé ! Et oui il nous offrait de nous prêter son appartement en Australie pendant qu’il travaillerait dans les mines à l’autre bout du pays, ce qui me permettrais, armée d’un Working Holliday visa (visa Vacances-Travail) de trouver un job et remettre des sous de côté afin de pouvoir nous assurer un futur dans notre vie nomade.

Et nous voici à Ho Chi Minh, donc, à faire les demandes de visa, aller à l’hôpital vérifier qu’on est bien portant (les Australiens ne veulent pas de gens malades sur leur grande île), trouver des billets d’avion et enfin… vendre nos scooters bien aimés !

Ma bécane appartient désormais à une expat espagnole qui ne savait pas conduire et l’essai fut épique : elle a failli foncer dans un mur et se gaméler. Je lui ai donc fait jurer d’apprendre à conduire le week-end suivant avec des amis dans son quartier avant de s’aventurer dans le trafic sauvage d’Ho Chi Minh avec une Bécane qui pèse 100kg.

Pour la Pétrolette du Barbu ça a pris plus de temps… si des locaux n’arrêtaient pas d’essayer de lui négocier pour des prix un peu trop serrés (mais ils étaient intéressés, c’est le principal), c’est finalement un Belge flamant qui avait revendu sa moto Honda Win –trop de problèmes mécaniques- pour enfourcher la petite Pétrolette… il paraît qu’ils sont allés jusqu’en Thaïlande tous les deux !

 

« G’Day mate ! »

Le 20 juin et deux avions plus tard, nous passons de l’Asie à l’Océanie et atterrissons à Sydney en plein hiver australien – ça caille mais le ciel est, comme l’océan, d’un bleu éclatant et nous nous faisons accueillir par un agent des douanes barbu et notre premier « G’Day mate ».

sydneyBleu « Sydney en hiver »…

On ne le sait pas encore, mais on va adorer l’Australie, pour laquelle on n’était pas enthousiastes au premier abord. C’est remplis d’idées préconçues du genre : c’est surfait, c’est trop cher, c’est rempli de backpackers français et de surfeurs blonds peroxydés, tout le monde le fait… que l’on pose le pied dans le pays.

Trois mois plus tard, on est fan de chez archifan, et plus heureux que jamais ! La nature ne cesse de nous surprendre et nous émerveiller. Même si les terres sont très exploitées par l’agriculture, la nature est quand même partout, que ce soit dans les parcs naturels hyper nombreux jusque dans les villes où l’on croise multitude d’oiseaux. Lorsque l’on arrive à Ballina, là où l’on nous prête l’appartement, on se fait accueillir par la vue des baleines qui font leur migration que l’on peut observer depuis les côtes, bientôt suivie de celles de dauphins dans la rivière, pélicans, perroquets colorés de toutes sortes, chants de Magpie tous les jours… il n’y a pas à dire, c’est dépaysant. Le tout dans un pays très occidental mais où l’on accueille avec le sourire « how are you mate ? » même à la caisse du Aldi, où les gens ont beau rouler dans des 4×4 énormes ils mangent local et bio et où l’on trouve des options végéta*iennes partout !

Le premier mois est passé entre découverte des us et coutumes locales si l’on peut dire, et ce grâce à notre couple d’amis qui nous a fait la surprise d’être à l’appartement (ils étaient censés aller en Europe après leur voyage en Asie mais fauchés, il sont retournés en Australie). J’ai pu me familiariser avec la conduite à gauche grâce à « Burito » la petite voiture de notre copain Dan, on a passé des journées entières à chercher du boulot à la bibliothèque car on avait pas le wifi à l’appart, aller à la plage, faire les courses, découvrir les alentours…

ballina-1Une des plages de notre petite ville, bon point pour l’observation des baleines

byron-bayUn coucher de soleil sur les montagnes dans la baie de Byronballina-8Avis de tempêteballina-7

ballina-6Drôle de météo à Ballinaballina-5Coucher de soleil sur la Richmond river à Ballinaballina-4

ballina-2Les minion falls ! (un nom pareil ça ne s’invente pas)

Après avoir passé un diplôme me permettant de servir de l’alcool dans l’état du New South Wales, j’ai décroché un job comme bar girl dans un gros festival de musique, Splendour in the Grass, non loin de Byron Bay. Ca jette dans le bain direct, de se retrouver en rush de 7 à 11h par jour derrière un bar à servir la jeunesse Australienne « intoxicated » mais pas trop (bein oui il y a des règles comme je l’ai appris dans mon petit diplôme). Il y a des accents, des gens rigolos, des looks improbables mais bon globalement rien de très original, mais une super équipe au bar, bonne ambiance et lieu de travail, et l’apothéose du truc, c’est que j’ai réussi à voir la fin du concert des Strokes, un de mes groupes préféré depuis que j’ai 11 ans, premier album CD acheté de ma vie (à Londres en plus).

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Le dernier jour où j’ai bossé 11h d’affilée j’ai été envoyée en renfort sur un deuxième bar avec une carte trois fois plus longue que celle de mon bar initial… et après un temps d’adaptation j’ai fini par comprendre ce qu’étais un « Bundaberg » ou leur marque de cidre, à faire plein de cocktails en un temps record… et c’était cool. Si un jour quelqu’un m’avait dit que je ferai bargirl et que j’aimerai bien ça je lui aurai bien rigolé au nez. Après je ne me vois pas bosser non plus dans un bar dans un bled au fin fond du bush, l’ambiance festival et le rush constant ont rendu la chose intéressante je pense ! Et puis on y a retrouvé notre copain Pierrick, avec qui on avait voyagé en Thaïlande, et ça, c’est cool aussi.

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Bye bye Bécane, salut Mémère #passionVéhiculesCouleurBordeaux

Et puis on a acheté notre voiture. Comme finalement nos amis étaient là pour rester, que l’on ne trouvait pas de job dans le coin on s’est dit qu’on allait partir à la recherche d’un job en ferme, et pour cela il faut un véhicule. Achetée par un couple de backpacker italo-anglais à une grand-mère un peu plus au sud de l’état, notre nouveau véhicule, un break Holden de 1993 a très vite eu un nom tout trouvé « Mémère » ! Mais notre mamie en a sous le capot (un V6 – 3,7L tout de même, eh oui on est en Australie) et équipée de technologie de pointe des années 90 (elle a un régulateur de vitesse qu’on a baptisé « Bender », le robot de Futurama) elle nous permet de faire des économies d’essence. C’est donc ce gros break avec matelas et matos de camping qui est désormais notre maison, et c’est super chouette.

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Pour l’instant tout roule, on a juste eu une grosse frayeur le jour où une durite s’est détachée du radiateur et tout le liquide de refroidissement s’est barré… on s’est donc retrouvé avec le moteur fumant (nous « yaaaa l’feuuuuu !!!! ») à balancer notre bidon de 10L d’eau dessus pour le refroidir, craignant fort pour le joint de culasse –head gasket en anglais pour votre culture personnelle. Heureusement notre copain australien, qui était mécano avant est venu à la rescousse et depuis la dame est bien hydratée du radiateur. Moi au final je suis super contente de continuer mon apprentissage en mécanique après le scooter et les réparations de Pétrolette je passe au niveau supérieur !

Et puis après un tour d’une dizaine de jour dans le Queensland, de Brisbane où l’on a retrouvé encore une fois Pierrick en passant par plusieurs coins pour trouver du boulot – un contractor véreux qui nous laisse tomber pour du pruning de vignes puis un « presque » aux mandarines dans la charmante bourgade de Gayndah, finalement le Barbu me trouve du boulot… à Byron Bay ! En une journée, nous parcourons les 650 km retour à la case départ et me voilà dans les pêches et les nectarines. Cela fait plus d’un mois que nous y sommes, entre ferme, wallabies et Kookabaras avec pour programme les jours de repos : plages vierges avec dauphins surfeurs de vagues, on est loin d’être malheureux.

peach-1Un bébé pêche peach-11Une nectarinepeach-10Un collègue de boulotpeach-9
peach-8Aux aurorespeach-7

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peach-2Les autres collègues

peach-13Bed with a view

Les jours de congés:

peach-beach-1

peach-beach-7Sandwiches et bodyboard peach-beach-5à Yambapeach-beach-4 Angourie beachpeach-beach-3 Shark baypeach-beach-2

Et ensuite ?

Maintenant on a plein de projets, d’abord la Tasmanie cet été (hiver français, donc), puis peut-être la Nouvelle-Zélande à pieds par la suite, puis chercher un voilier en bateau-stop pour les îles (Vanuatu, Fidji et/ou Polynésie) dans le but de traverser le Pacifique… et de parcourir les Amériques !

Je n’ai pas vraiment envie de bloguer l’Australie parce que j’ai plus l’impression d’y vivre plutôt que d’y voyager, que je n’ai pas touché à une pellicule depuis que je suis arrivée et que l’appareil numérique est vraiment en train de décéder. Mais j’ai encore plein d’aventures asiatiques à raconter donc je continuerai d’écrire par ici !

Du coup, Maman, Papa, mes chères sœurettes, mon cher frérot, les copains…on n’est pas rentrés. Et si vous voulez nous rejoindre sur les routes, amis ou inconnus : le plus rapide sera l’Océanie dans l’année à venir, le moins onéreux le continent américain, donc, plus tard. Voilà vous savez tout !

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Chronique Kolkatienne : mardi dix-sept novembre

By 18 novembre 2015 Daily Life, Inde du nord

On peut faire plus sexy comme titre, mais j’avais juste envie de raconter ma journée d’hier.

Il est six heures et demi. La lumière commence à filtrer dans la chambre d’hôtel et je suis tirée de mon sommeil par le son joyeux des tambours dans la rue, comme les autres matins. Je scrole pinterest à l’infini et met des repères sur mon appli mobile maps.me aidée par google : l’ambassade du Myanmar, notre nouvel hôtel, le magasin de photo pour faire développer mes films… et puis on commande le petit dej’, profitons de cette superbe chambre avec le lit immense et la douche chaude avant de fourrer dans les sacs nos vêtements qui ne sentent pas les roses des champs. Oups, panne d’électricité, tant pis pour l’ascenseur. On fait les photocopies des passeports en bas, le Barbu avait gentiment demandé. Pour imprimer les mails des agences birmanes on va au cybercafé à côté. Les deux monsieurs présents là sont sympa. Pendant ce temps, dehors, le Barbu fume sa clope. Alors que je m’apprête à payer, j’entends qu’il se fait accoster « Hello, I recognise you ! I saw you on TV ! And you were at the pastry shop ! ». Un monsieur, apparemment du quartier a dû voir l’une de nos interview lors de l’hommage aux victimes françaises de la veille sur le parvis de l’académie des arts.

Effectivement, nous passions par là, le 15 novembre, pour la deuxième fois de la journée pour retrouver Pankanj qui a défaut de pouvoir nous héberger sur Couchsurfing a proposé de nous retrouver au Festival du Film International de Kolkata (en VO, le KIFF éhé). Et donc devant l’Académie des Arts il y a un petit parvis sur lequel des gens installent des bougies. C’est alors qu’un dénommé Emanul nous saute dessus et apprenant que nous sommes français tient absolument que nous assistions à l’hommage aux victimes. Ce que l’on fera, nous retrouvant sur la scène. Moi qui aime plutôt me fondre dans la masse c’est raté. Emanul fait un discours, on allume les bougies en face d’une ligne de caméras et appareils photos, ils chantent de jolies chansons. On demande à notre voisin qui sont les organisateurs, il nous dit que c’est pour la paix, mais on ne sait pas trop si c’est de « l’art ou du cochon » car certains tiennent des pancartes écrites en Bengali, et d’autres des inscriptions « ISIS, RSS, NATO, US ». C’est en fait l’association All India Anti-Terrorist Front (AIATF) qui souhaite délivrer un message de paix et d’espoir, sur fond anticapitaliste.  Un photographe prend quinze mille photos d’une petite fille des rues qui a joint la manifestation, allumait des bougies et chantait en coeur avec les autres.

Kolkata Calcutta-13

L’hommage n’est pas fini que déjà des journalistes calepins à la main nous tirent de l’estrade pour nous poser des questions. Comme souvent en Inde, on se retrouve entouré très vite de toute une horde de personnes. Ici des journalistes avec caméras, grosses lampes, micros et tout le tintouin. Mais on s’en sort, on nous pose des questions plutôt simples sur nos ressentis sur les évènements, l’hommage à Calcutta, qu’est ce qu’on fait là et rien sur la politique, on est rassurés. Moi qui suis plutôt à l’aise en anglais, je me suis retrouvée à parfois ne pas trouver de mots pour exprimer mon ressenti quand à cette crise. Le Barbu s’en est bien tiré, mais on se sent peu légitime de parler de cela. Donc du coup voilà comment on s’est retrouvés à passer sur des télé locales et dans certaines feuilles de choux (certaines en ligne – j’ai mis le moins pire, quasiment toutes les autres que j’ai pu trouver ont déformé nos propos).

Kolkata Calcutta-12

Enfin bref malgré tout c’était marrant quand même ce monsieur qui, le sur-lendemain nous reconnait dans la rue et nous salue !

Retournons à notre mardi. Une fois nos impressions pour le visa faites, nous partons à pieds avec nos gros sacs à dos jusqu’au Consulat du Myanmar : après tout Google ne me l’a indiqué qu’à deux kilomètres, pas de quoi fouetter un chat (quelle drôle d’expression). Donc voilà, on marche, c’est un peu long, et finalement, on arrive à mon repère sur la carte et ce n’est pas du tout le bon numéro de rue. On demande aux gens et en fait, il faut rebrousser chemin. Le numéro 62 de la Ballygun Circular Road est le plus long numéro 62 que je n’ai jamais vu avec au moins 19 « bis ». Et finalement après avoir rebroussé l’intégralité de notre chemin et se faire confirmer la route par bon nombre de personnes croisées, nous avons fini par trouver… et c’était à 200 m de notre hôtel. Maudissant Google, nous pénétrons dans le bureau de demande de visa. Il est 11h30 et normalement le bureau ferme à midi.

Problème : il faut une photo d’identité. Pourtant, j’avais appelé la veille pour demander les pièces à apporter et avais fait confirmer par trois fois à mon interlocutrice qu’il ne fallait pas de photo d’identité… Mais bon. Il reste une photo au Barbu, mais pas à moi. Désespérée, je farfouille les poches de mon sac à dos, et fini par y dégoter ma carte jeune de la SNCF (BEN QUOI? Ça peut servir pour les trains kirghizes, on ne sait jamais ?!). Je lui montre la photo (mais il y a le scotch SNCF dessus) et rien à faire elle me dit qu’il faut que j’aille en faire une. Il y a un photographe, pas loin genre 550 m selon elle. Ses explications n’ont ni queue ni tête et son « plan » est juste inutile, mais elle est très gentille et y met de la bonne volonté (Nota du Barbu, l’accent anglais à Calcutta est infernal). Épuisés de nos 4 km à pieds avec mon gros sac qui a fini par me scier une hanche en deux, je me met néanmoins en route avec l’énergie du désespoir. Évidemment, elle m’a dit d’aller à droite, mais mon petit doigt me disait que c’était l’inverse qu’il fallait faire, mais trop tard, j’ai déjà bien marché. Je demande où est le « Law College » (un point de repère donné par la dame) aux passants, finis par le localiser avec mon téléphone et me fais confirmer que c’est bien dans l’autre sens… Il me faut donc retourner dans la rue de notre hôtel. Ce qui me demande un effort surhumain, car je déteste retourner sur mes pas. Je suis une pro de l’optimisation d’itinéraire. Par paresse, par logique, par principe, pour l’amour du geste. Je demande à un monsieur sur la route « hazra law college? » trois fois, il ne comprend pas… il finit par me dire « aah law college? »  (Barbu : Accent !) avec exactement la même prononciation que moi et me confirme que je vais bien dans le bon sens. Il me reste alors 15 mn pour trouver le magasin, faire les photos et retourner à l’ambassade. Les doigts dans l’nez. Je dépasse la fac, fais demi-tour, repaire le magasin photo qui est… fermé ! M’engage dans une petite rue où il y a un placard shop Xerox-photocopies-« lamination » (mais qu’est-ce que c’est, un endroit où l’on se fait laminer ?) et demande à l’aide. Ces petits monsieurs bien gentils disent qu’ils ont une solution miracle et vont me scanner une photo. Or je n’ai que celle de mon passeport sur moi, voyant qu’il y a des filigranes, ils se rendent compte que non en fait ce n’est pas une bonne idée. Je les remercie chaudement pour leur aide, et repars bredouille mais EN OPTIMISANT MON ITINERAIRE.

J’arrive donc à 11h59 (c’est vrai, je suis aussi une folle de la ponctualité) au bureau pour leur annoncer la nouvelle. Finalement, je décide de ressortir ma photo de ma carte jeune et miracle, j’arrive à enlever le scotch SNCF sans abîmer la photo. La petite dame voit bien tout le mal que je me donne et après concertation avec ses collègues, elle accepte ma photo SNCF. J’ai des chatons qui brillent dans les yeux. On apprend que leur pause dej est à 12h30 donc il me reste quelques minutes pour remplir mon formulaire et finir d’écrire la lettre avec notre trajet (totalement improvisé sur ce bureau avec ma carte sur le portable et les noms de lieux/villes que j’ai repérés) ainsi que les infos que j’ai eu grâce aux agences de voyages pour le permis spécial qui permet de passer la frontière terrestre. Nous rendons nos copies à 12h28, la madame lit la lettre sans faire de gros yeux donc on a bon espoir. Nous versons monnaie sonnante et trébuchante (et tirons la chevillette et la bobinette cherra).

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Notre voyage au long cours

By 15 juillet 2015 Daily Life, Voyage
Indonésie gunung rinjani

(Article sujet à modifications)

Nous y voilà. Il y a deux semaines, nous vidions notre appartement puis rendions les clés à la propriétaire. J’ai pu utiliser mon permis de conduire tout neuf assorti du permis international pour conduire les affaires que nous souhaitions conserver en Franche-Comté, cheveux aux vent, remorque brinquebalante plus grosse que la Clio qui la tractait. La semaine dernière, le Barbu a effectué son dernier jour de travail… mon tour viendra vendredi prochain. Dans moins d’un mois, nous embarquons pour Istanbul-Bishkek-Osh. Cela fait des mois que nous en parlons, que cela anime les discussions avec les amis, voisins, collègues, et même nouvelles rencontres, mais je n’ai toujours pas réussi à en parler ici.

Nous partons en voyage au long cours.

Vous avez-tout quitté du coup ?

On a laissé notre appartement chéri, nos boulots : fin de CDD pour moi et mise en dispo pour le Barbu. Le chat à la campagne chez ma maman, les meubles vendus ou placés chez des amis. Les bouquins et fringues dans des cartons chez nos mères respectives. Ya plus qu’à !

Pourquoi partir comme ça ?

Pour moi c’est une envie depuis tout le temps, un rêve de liberté à la suite de mes études et mes expériences pro. La petite fille en moi qui voulait devenir exploratrice va quelque part se réaliser, même s’il ne s’agit pas d’une expédition à but scientifique. Pour le Barbu c’est une rupture après ses 10 premières années de boulot, une envie d’ailleurs, d’autre chose.

Et c’est quand qu’vous partez ?

Début aout 2015.

Vous commencez par quels pays ?

Kirghizistan, Tajikistan (en Asie Centrale), Inde.

inde gokarna

C’est tout, vous ne faites pas un tour du monde ?

Non on a pas prévu de faire un tour du monde. Pour les autres pays, nous verrons bien selon les opportunités. Mais nous pensons aux Philippines, à l’Indonésie (Sulawesi, Papouasie), à l’Asie du Sud-est peut-être (Birmanie, nord de la Thaïlande, Vietnam), et à finir en Nouvelle Zélande pour profiter du visa « Working Hollidays ». J’ai fait une petite carte, en rose les personnes que nous prévoyons pour le moment de retrouver en cours de route, en vert les choses prévues ou désirées.

Et vous partez combien de temps ?

Nous aimerions bien un an, voire un an et demi…

Vous êtes riches ?

Heu pas spécialement. Mais nous avons mis un peu de sous de côté, moi lors de mes deux années de contrat d’apprentissage (car mon petit job actuel étant au SMIC, cela ne m’a pas permis de faire des économies mirobolantes, surtout que j’ai passé mon permis de conduire !) et le Barbu est devenu fonctionnaire (comme quoi tout arrive !). Notre souhait étant surtout « vivre » en voyage en effectuant des petits boulots contre hébergement et nourriture, grâce à Workaway, Woofing, HelpX et non de faire du tourisme à tout prix et découvrir « l’incontournable » et ratisser chaque pays comme il est plus de coutume de faire lorsque l’on a moins de temps. Nous comptons également faire du stop, comme au Portugal et sur les belles rencontres fortuites, une des raisons même de notre voyage !

Vous faites comment avec les banques ?

Nous avons chacun pris un compte en ligne tout en conservant notre banque française uniquement pour faire les virements ainsi que les livrets d’épargne. J’ai choisi le compte Nickel, un compte sans banque proposant la Mastercard pour 20€ par an et les retraits à l’international au prix fixe de 1€. Le Barbu lui, sera chez Hello Bank, également très avantageuse pour les voyages au long cours… et avec une carte Visa bien sûr ! Il est important d’avoir toujours deux cartes bancaires différentes, même si cela ne nous a pas aidé lors de nos précédents déboires à Bornéo et Lombok en Indonésie. Mais là c’est plutôt une histoire de plafonnement de retraits !

Tavira

Vous partez en sac à dos ?

Oui tout à fait. Moi personnellement je n’ai toujours voyagé que comme cela, même avec mes parents ! Nous souhaitons emporter du matériel pour camper au Kirghizistan car nous resterons deux mois en Asie centrale. Mais le but étant d’avoir un sac le plus léger possible, un poids inférieur à 10 kg ça serait l’idéal. Mais à l’heure qu’il est nous n’avons pas encore préparé nos sacs et avons encore des achats à faire, des duvets à récupérer à droite à gauche, une tente à troquer. Et comme nous prévoyons des destinations tropicales (pantalon en lin reprezent’) mais également de la montagne (aglagla) cela va être un peu compliqué de s’équiper sans ressembler à une pub pour Quechua (Mais on va y arriver !! – je n’ai rien contre Quechua mais l’excès de matos Quechua fluo nuit aux yeux de vos compagnons de voyage – Déso décath!).

Et pour les photos tu vas faire comment avec tes pellicules ?

Pour l’instant j’ai prévu un stock conséquent de bonnes pellicules pro que j’aurai du mal à trouver partout. Nous compléterons cette base avec des pellicules plus basique trouvables partout (type Kodak gold ou Fuji Supéria). Pour ce qui est du développement j’ai un ami photographe en Pologne qui s’est proposé pour développer et scanner moins cher, par contre je n’aurai pas mes photos immédiatement, cela partira par lot, inutile d’envoyer les pellicules unes par unes (et il y a des pays où les services postaux sont plus ou moins réputés, à prendre en compte !). Si jamais je me renseignerai sur des compagnies internationales type UPS, ou si vous avez des conseils à ce niveau là, je suis preneuse.

Ah d’accord… tu ne prends pas tous tes appareils photos quand même ?

Si bien sur ! J’aurais une mule pour m’accompagner qui portera mon matériel ! Evidemment non, je prendrais mon reflex argentique Minolta, mon télémétrique Ricoh qui tient dans la poche (j’ai du le racheter car il m’avait lâché juste avant le départ et hors de question de partir sans lui), ainsi que mon moyen format Lubitel. Le barbu aura son merveilleux Vivitar ainsi que l’appareil numérique Fuji x20 qui nous sert  majoritairement à filmer… et prendre des photos d’animaux meugnons.

Des petites astuces à partager ?

J’ai des astuces « hygiène » ! Cela fait un moment que je n’utilise plus que du savon et shampooing solide, plus économique ET écolo (souvent un shampoing solide équivaut à au moins 3 bouteilles de shampoing liquide). Pour le moment j’ai testé les Lush (vegan), ceux de la marque « Douce Nature », les Fleur de Shampoing (bio – très agréable et léger mais diminue vite quand même) et je teste actuellement le Lamazuna en forme de canelés, il parait qu’ils durent longtemps (également vegan). Pour le savon je suis accro au Savon d’Alep depuis des années, j’ai testé le savon à la menthe poivrée du Dr Bronner (une tuerie mais maigrit vite!) et j’emporte également un gros pain de savon de Marseille, pratique pour la lessive également.

Sinon une autre astuce pour limiter le poids du sac c’est de télécharger les guides de voyage sur le smartphone : le Lonely Planet par exemple est moins cher en version numérique, et on peut choisir des chapitres à l’unité ! Par exemple pour l’Asie Centrale, nous n’avons pris que les chapitres Tadjikistan et Kirghizistan, que nous pouvons consulter sur mon smartphone android (j’utilise l’appli UB Reader, très bien !) ainsi que sur l’ordinateur. Le site Voyage-Forum est également une mine d’informations pour les destinations peu documentées.

Je ne sais pas trop quoi rajouter à cet article « fleuve » mais si vous avez des contacts, questions, conseil, n’hésitez pas, c’est le moment d’en discuter ! 🙂

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Analog Paris

By 30 avril 2015 Daily Life, France, Paris, Photographie argentique

L’automne dernier, j’ai eu la visite de ma correspondante tchèque du lycée avec qui j’étais restée en contact, de mon ami polonais Karol pour Paris Photo, de ma chère Sam (aka Vagabondanse) ainsi que de notre « Chill » national. L’occasion pour moi de me balader dans Paris sans oublier d’emmener mes appareils photos.

Fin de l’été avec Sam & Chill

Promenade sur le canal Saint Martin

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La petite maison du canalF1010016

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Promenades automnales

On embarque à Jaurès

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Direction Barbès, Montmartre, le Marché Saint-Pierre et le sacré coeurF1000018

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On redescend par  les petites ruelles et leurs commerces éclairésF1000024

Avant d’aller boire la traditionnelle pinte au Folies à BelvilleF1000025

Cette fois ci, ce sont les tchèques qui m’entrainent vers les quartiers de Notre Dame puis du Panthéon. Nous allons nous perdre dans les ruelles du 5ème arrondissement

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Une autre balade, de Chatelet à Concorde en traversant le jardin des Tuileries

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Cavaliers au long cours

By 3 février 2015 Asie Centrale, Daily Life, Inspiration, Kirghizistan

Dans mon article sur les aventuriers, je vous avais évoqué deux livres que je venais d’acheter :

  • « La chevauchée des steppes : 3000 kms à cheval à travers l’Asie centrale » de Priscilla TELMON et Sylvain TESSON, ainsi que
  • « Cavalier des Steppes, à travers les montagnes d’Asie Centrale » de Nicolas DUCRET.

Les deux premiers ont voyagé entre l’été et l’hiver 1999 et le second quasiment dix années plus tard, en 2007. Ils parcourent chacun environ 3 000 km sur leurs chevaux, entres steppes et montagnes d’Asie centrale. J’ai choisi de vous présenter les deux livres avec un résumé (un peu exhaustifs, mais je pense que c’est vraiment important pour saisir l’idée des livres) ainsi qu’une citation de mon choix, puis des photographies, avant de vous donner mon avis. Et pour terminer, je vous présente deux portraits de voyageurs à cheval : en France… et également en Asie Centrale.

Le pitch de La chevauchée des steppes:

La chevauchée des steppes

Partis du Kazakhstan sur les routes de la soie, avec un étalon et deux hongres, Priscilla Telmon et Sylvain Tesson, à vingt-trois et vingt-sept ans, ont affronté, durant six mois, trois mille kilomètres de steppes, de montagnes et de désert : vallées arides du Tadjikistan, oasis de Samarkand et de Boukhara, Sables rouges d’Ouzbékistan, marais de la Karakalpakie… Une cavalcade qui n’est pas de tout repos. Il faut échapper aux voleurs de chevaux, faire le gros dos quand un orage vous surprend à quatre mille mètres d’altitude, sortir du marais un cheval qui se noie, passer entre les mailles d’une guérilla islamique, dénicher chaque jour l’alpage ou le fourrage goûteux pour leurs compagnons, et négocier aux frontières avec des fonctionnaires bornés tout droit sortis d’un album d’Hergé…
Ils ont de bons guides, heureusement : les récits de grands voyageurs, comme Guillaume de Rubrouck ou Ella Maillart – lesquels à leurs époques ont subi les mêmes avanies -, et par chance tous ces peuples cavaliers, descendants des hordes qui derrière Gengis Khan faisaient trembler la steppe, sont merveilleux d’hospitalité. Même s’ils vous gavent de lait fermenté agrémenté de vodka. Et même si sous toutes les yourtes de laine et dans toutes les maisons de terre on regrette le bon vieux temps de Brejnev… la bolchevita !
C’est au seuil de l’hiver que la caravane atteint la mer d’Aral, pauvre flaque épuisée par les pompages agricoles. Et là que « La petite fleur » et « L’homme que l’on pleure quand il part » lèguent, le cœur serré, Ouroz, Boris et Bucéphale, leurs meilleurs compagnons d’aventures. (source)

Livre de poche d’environ 300 pages.

Une citation (p. 94) :

Au fond du Thalweg affleure une veine de marbre. Parfois la nature dispose aussi des pavements du luxe. […] Le sentier accroché à des versants très raides disparait parfois dans une saignée d’éboulements. Les chevaux passent lentement, au bord de l’équilibre, avec cette sûreté des machines que leur poids rive à la pente. Depuis la selle, la vue est vertigineuse sur le filet d’eau qui s’inscrit sous l’étrier, à des centaines de mètres en contrebas.

Photos de Pricilla TELMON et Sylvain TESSON

Photos de Pricilla TELMON et Sylvain TESSON

Le pitch de Cavalier des steppes :

cavalier des steppes couverture Cavalier émérite amateur de voltige cosaque, Nicolas Ducret s’est lancé le défi de traverser l’Asie centrale à cheval. Parti seul des contreforts de l’Altaï avec un étalon et un hongre de bât, il chemine sur plus de 3 000 kilomètres, franchissant les monts Célestes et les chaînes du Pamir et de l’Hindu Kush. De l’aridité des steppes kazakhes aux riantes montagnes kirghizes, des plateaux tadjiks balayés par le vent aux vallées afghanes baignées de soleil, il s’aventure sur des terres mythiques marquées par les conquêtes successives, et découvre des peuples à la fois généreux, aguerris et libres
En mai 2007, le printemps s’annonce tardivement. Les grandes transhumances ont repris, entraînant familles et troupeaux dans les alpages. Nicolas Ducret, pas encore trentenaire, s’installe chez un Russe dans un petit village à quelques heures d’Oust-Kamenogorsk, au pied des montagnes de l’Altaï, dans le nord du Kazakhstan. En quelques semaines, il rassemble deux chevaux : Tsigane et Musicien des steppes, puis part sur les pistes en direction de Kaboul avec l’ambition de se lancer dans une longue dérive dans laquelle il côtoiera des hommes, traversera des steppes et des montagnes, et peut-être découvrira-t-il alors le cœur de l’empire des steppes.
Il parcourt d’abord les vastes steppes du Kazakhstan, couvertes de folle avoine aux reflets argent qui ondoie et scintille à l’infini. Ensuite la caravane s’enfonce dans les Tian Shan. À plusieurs reprises, elle est arrêtée et contrainte de prendre des voies parallèles. Au son des joueurs de dumbra et du chant des conteurs, sous les cascades de thé et les litres de vodka, le cavalier des steppes partage la vie de ces peuples et écoute leurs histoires mouvementées.
À la fin de l’été, il arrive sur les hauts plateaux du Pamir tadjik qu’il parcourt dans la solitude la plus complète. Ses chevaux intriguent : certains villageois en voient pour la première fois.
Après trois jours de négociation avec les douaniers, il entre en Afghanistan. Le pays n’est pas sûr. Depuis l’été, il a de nouveau plongé dans le chaos, et les enlèvements d’étrangers se multiplient. Les seigneurs de guerre lui délivrent un laissez-passer et un berger accepte de le guider jusqu’à Kaboul. La caravane s’agrandit et reprend la route à travers les vallées isolées de l’Hindu Kush. Les chevaux peinent sur les sentiers de muletiers. La nourriture est rare. Dans les villages où ils se réfugient la nuit, ils rencontrent des hommes, comme sortis d’une autre époque. Au seuil de l’hiver, après six mois de marche, la caravane descend la vallée du Panjshir et entre dans Kaboul. Dans quelques jours, se tient le premier bouzkachi de la saison. Le cavalier venu du Kazakhstan y participe. Et le hurlement des tchopendoz résonne de nouveau dans la plaine de Chamali, là où Ouroz, le tchopendoz
des Cavaliers de Joseph Kessel, disputa le « jeu du Roi ». (source)

Une citation (p.257) :

Je laisse mes chevaux boire un peu d’eau saumâtre puis nous quittons les rives du lac. Le plateau est sec, désolé. Le sol caillouteux se fragmente en poussière. Sable, terre et roc se mêlent. Je contourne pendant des heures une montagne épaisse, ocre, géante, dont la base s’étire sur des kilomètres. N’est-elle pas en mouvement ? À chaque regard que je jette en arrière, l’impression que je n’ai pas bougé me décourage. Marche lente sur le tapis des pierres. Comment des hommes peuvent-ils vivre ici ? Quel chef a pu un jour avoir l’idée de mener son peuple dans un tel territoire ? Dans ce pays de la démesure, les hommes ne sont que poussières offertes aux caprices et à la rudesse du climat. L’humain s’efforce d’y trouver une place qu’il n’a pas, d’y maintenir coûte que coûte sa présence.

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Photos de Nicolas DUCRET

Pour voir plus d’images, ce diaporama. Vous pouvez également lire un interview de l’auteur a propos de ce voyage;

Mon avis :

J’ai lu ces deux livres à peu près en même temps, en commençant par celui de Sylvain & Priscilla, pour des raisons chronologiques principalement. Je me disais qu’ainsi je pourrais voir l’évolution des pays traversés par les deux équipées à huit années d’intervalles. Mais je dois avouer que j’ai eu un peu de mal parfois avec le style de Sylvain TESSON, un peu trop « riche » à mon gout. Beaucoup de références historiques, sur des personnages, des œuvres non expliquées clairement et comme je lisais principalement dans le RER je n’avais pas spécialement envie d’ouvrir Wikipédia tous les trois pages. (à moins d’être un pro sur la géopolitique du Turkménistan dans les années 60 ou à l’ère d’Alexandre le Grand). Là où la lecture de la situation géopolitique était expliquée de manière très fluide, sans nuire au récit de voyage chez Nicolas DUCRET.

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Cliquez pour voir en plus grand (cartes par mes soins)

On est très vite embarqué dans ses descriptions de paysages, on a peur avec lui lorsque, seul avec ses deux chevaux, au milieu de nul part il se fait parfois alpaguer par des groupes d’hommes louches et alcoolisés, on savoure la solitude d’un désert, s’émerveille de ces chevaux qui bravent tout, malgré quelques coups de déprime, on vit avec lui ces soirées où l’on se moque de ces occidentaux qui « referment les bouteilles pour les finir plus tard ». Par contre les trajets ne sont pas tout à fait les mêmes, et l’on découvre d’autre choses avec Priscilla et Sylvain, comme leurs déceptions de ces villes modernisées, là où ils avaient projeté une image mentale nourrie des descriptions lues dans des livres. Dans leur livre, ils s’effacent beaucoup plus : ils parlent du voyage en soi, des rencontres, des paysages, de leurs chevaux, mais on manque un peu de leur opinion, leur propre ressenti, c’est comme si le narrateur s’était caché. Ce qui peut plaire à certain, mais qui m’a un peu déstabilisée dans ce récit. La partie sur la découverte de la mer d’Aral qui recule inéluctablement, déshydratée par les cultures intensives m’a vraiment bouleversée, aussi bien par leur rencontre avec cet ancien pêcheur que la description de leur avancée qui semble sans fin avant qu’enfin, apparaisse cette eau.

Vous l’aurez compris, j’ai préféré « Cavalier des steppes », que j’ai dévoré à toute vitesse, riant parfois aux situations cocasses, étant effayée avec ce jeune homme voyageant seul qui se retrouve parfois dans des situations un peu craignos, rêvant avec lui, les yeux perdus dans ce paysage que j’entrevois à travers ses mots. Un vrai coup de cœur !

Les voyageurs à cheval

Après lecture de ces deux ouvrages, il m’est venu à l’idée d’écrire un article plus global sur le voyage à cheval et pourquoi pas dresser le portrait de quelques cavaliers au long cours « actuels ».

J’ai réalisé que malgré la profusion de randonnées « all inclusive » partout dans le monde ou en France que l’on réserve sur internet (je n’ai rien contre, mais ça coûte une fortune), il y a également pas mal de gens qui font ça « à leur sauce », qui vont voyager en autonomie et c’est plutôt cela qui m’inspire. En voici quelques exemple de ma connaissance : une liste qui n’a pas pour but d’être exhaustive, mais si ce genre de petit portrait vous plaît je pourrais développer cela de façon plus fournie.

Sur les routes de France