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Océanie

2017 en souvenirs

By 11 janvier 2018 Daily Life, Océanie

Comme j’adore lire les bilans des autres…  et je me dis que j’aimerai me relire, moi aussi, dans quelques années. J’ai très peu publié cette année, ça donne une idée de notre parcours sur ce voyage au long cours qui se ralenti de plus en plus. Voici donc juste un récit « résumé » et des images (pour les visionner en plus grand, cliquez sur les vignettes).

Attention c’est long, rien ne vous oblige à vous lancer dans la lecture/visionnage de cet article. Vous pouvez encore renoncer !

Janvier-Février

Nous quittons notre famille Tasmanienne préférée, chez qui nous avons passé un mois merveilleux en woofing.
Nous partons en Road trip avec trois autres woofers de la communauté : Karen notre flamande pleine d’humour, Johannes l’allemand trappeur (qui se fera attaquer par un opossum au nouvel an, la nature se venge) et Romain, le français brindille et son accent à couper au couteau. Tous des petits jeunes. Deux voitures, trois tentes et en route !
La Tasmanie nous a ravit. Nous avons campé à la sublime Wineglass Bay pour le nouvel an et avons eu le privilège rare de voir des orques depuis la plage en face de Maria Island le lendemain. Nous avons exploré Maria Island et continué de descendre la côte est.
Nous avons été volontaires pour un festival de musique et danse folk à Cygnet. Nous y avons retrouvé notre petite famille chérie (Nick, Arana, Minnow et Bruni) et y avons fait de chouettes rencontres… Les tasmaniens sont vraiment accueillants et intéressants.
Suite à cela nous avons refait un mini road-trip, juste le Barbu et moi. On fini refaire un tour pendant quelques jours qui se transforment en une semaine dans le village de notre woofing. On joue avec les enfants, retrouvons les copains, nous trouvons embarqués dans la préparation d’un workshop de construction d’une maison en Cob, dormons sur le grand lit du balcon avec Amy sous plein de couches de duvet… avant que je trouve finalement un job : cueillir des cerises sur Bruni Island !
Un boulot répétitif mais avec une vue superbe et une compagnie de rêve qui me ferait presque oublier mon piteux salaire dû à la mauvaise année pour les cerises…
Nous campons sur une aire de repos donnant sur une baie et Bruni Island avec une sacrée équipe. La « raie area » comme nous la baptisons, est composée de Chtis (Thégoon & Frangoon) du super duo Cacu-Anacu, « Luc l’alpiniste », Jacopo l’italien, Maxime le belge, Carley l’américaine équilibriste et un drôle de trio… Malgré de longues journées de boulot ils ont rendu ces deux semaines et celles qui suivront inoubliables.
Entre deux, nous partons à nouveau en road-trip en duo vers le nord et la côte ouest. Nous rejoindrons ensuite le festival Fractangular où nous retrouverons quasi tous les copains rencontrés durant nos aventures tasmaniennes. Trois jours épiques, au fin fond du bush tasmanien coupés du monde extérieur.

Janvier 2017
Février 2017

Mars

J’ai commencé le mois en cherchant désespérément du travail. Puis un matin je me suis réveillée dans ma voiture à cinq heures comme à mon habitude et j’ai appris la disparition d’André, mon « ptit papi », mon grand père maternel. Ce fut un choc pour moi, c’était l’une de mes personnes préférées. Mon assurance voyage m’a pris un billet d’avion aller-retour. Le lendemain de la nouvelle, j’ai pris quatre avions, roulé pendant 3h et demies avec mon père et ma soeur Eloïse et nous sommes arrivés à l’enterrement avec 5mn de retard. Puis je me suis occupée pendant deux semaines à plein temps des démarches administratives suivant le décès, ma grand-mère étant en institution et sa fille unique (ma mère) travaillant et ne pouvant prendre de congés spéciaux. Néanmoins cela m’a permis de passer un peu de temps avec ma famille, un an et demi après mon départ de France. Et de revoir deux amies proches (M & J je vous aime !)(les autres aussi mais je n’avais ni le temps ni le cœur). Ma grand-mère l’a rejoint dans le mois qui a suivi.
Le retour en Tasmanie a été assez dur. Je cherchais du travail de façon acharnée mais sans succès, nous vivions dans notre voiture, parfois à dormir sur des parkings (la plage aux chiens de Kingston, et les douches chaudes de Sandy Bay à Hobart : merci !). Nous sommes accueillis pendant une semaine chez la famille étendue d’un ami pour du jardinage et repeindre les fenêtres. Un endroit magnifique à Hobart, une de nos villes préférées. Nous travaillons pour le frère puis la sœur de cette famille au destin singulier : leurs parents, français, ont décidé d’acheter un voilier un jour qu’ils se baladaient le long d’une marina sur la côte d’Azur alors qu’ils n’avaient aucune expérience de la navigation. Chose faite, le père embarque sa famille, apprend à naviguer sur le tas et une fois en route… Ils iront jusqu’en Australie où il re-scolarisent les enfants, puis s’installent en Tasmanie. Le père repartira en voilier par la suite et fera de la navigation et la construction de bateaux son métier.

Avril-Mai

J’ai posté une petite annonce sur Gumtree (« leboncoin » australien) pour faire du house/pet sitting (gardiennage de maison et animaux) et ça a cartonné ! Nous avons été bookés jusqu’à mai et avons même dû refuser à des gens. Une superbe expérience, qui nous a apporté des rencontres sympa et un peu de stabilité. La douceur d’un foyer, même provisoire, avec l’automne qui arrivait. Le bonheur d’avoir de l’électricité et un chat qui ronronne sur les genoux, de balader les chiens au coucher du soleil… Et je me suis enfin mise à faire du fromage végétal affiné, un grand succès !
Nous avons également continué à explorer la Tasmanie entre deux house sitting et avons enfin vu nos premiers ornithorynques après des mois d’essai… J’ai également fait ma première ascension de sommet en solo un beau matin. Juste moi, et une montagne dans un lieu très sauvage. Ça fait du bien.
On a également réparé le genou du Barbu, qui le faisait souffrir depuis des semaines, c’était épique mais on a finalement fini par arriver au bon médecin. D’où l’importance d’une assurance voyage…
Il a fallu vendre ma première voiture, « Mémère », une Holden commodore break de 1993 (3,7L, V6), qui nous a aussi fait office de maison, de taxi, de 4×4 comme de voiture de ville. Difficile de s’en séparer, mais on l’a vendu a une copine qui l’a emmenée dans l’ouest de l’Australie donc on était contents que notre Mémère continue ses aventures.

Il était désormais temps de s’envoler pour la Nouvelle Zélande, après 11 mois magiques passés en Australie.

Avril 2017
Mai 2017

Juin

Nouvelle-Zélande. Drôle d’endroit pour y passer l’hiver mais on est comme ça nous !
Nous avons passé le mois de juin dans l’île du nord. Après avoir acheté une voiture à Auckland on s’est vite sauvés de la ville pour dix jours de road-trip glagla du « far north » jusqu’au milieu, à tester notre petite Subaru sur tous terrains. On a bien failli rester plantés dans la boue d’une mare aux cochons mais je suis un bon pilote de rallye. S’en sont suivi trois semaines de woofing dans une petite « ferme végane » où nous nourrissons toute une ménagerie matin et soir en plus entretenons les pâtures, réalisons pas mal d’aménagements du jardin, de gros travaux sur la propriété et cuisinons pour la famille. Le tout au milieu de nulle part. Formateur mais éreintant physiquement et psychologiquement.
Retour en ville. Contrairement à Auckland, nous avons adoré Wellington (Brasseries !).
Fin juin nous avons chargé la Subaru dans le ferry et nous sommes allés préparer le terrain pour accueillir ma mère sur l’île du sud (voyage prévu de longue date).

Juillet-Août

Nous vivons chez l’infatigable et rigolote Sarah non loin de Christchurch dans une propriété avec une vila ancienne en bois. Nous sommes logés dans l’annexe en échange de 2-4h de boulot par jour : nourrissage et soins des 7 chevaux, des poules, des alpagas et bien sur de Jeremy le gros chat, ainsi que des travaux d’entretien extérieur de la propriété. Le week-end, la famille débarque : nous accompagnons les filles et le garçon au tournois de foot, à leur compétition de cheval, faisons des feux dans le jardin, de gros dîners, je donne des cours de dressage à Freya, il y a de la vie ! Nous nous sentons adoptés par cette famille extraordinaire.

Et puis ma mère arrive !
S’en suit un mois de road trip dans l’île du sud. À 3 dans la Subaru et en plein hiver, pas question de camper. Nous alternons motel et woofing, et nous émerveillons ensemble de ces paysages si fameux. Ma mère fait du kayak pour la première fois à Milford Sound, le plus incroyable des endroits, en duo avec une guide venant d’Alaska. Nous aidons Fraser à retaper une petite maison pour sa fille à Manapouri, nous découvrons ce que veut dire le « black ice » des panneaux (verglas), nous randonnons jusqu’au mythique Mont Cook sur la neige, tombons en amour du coin de Glenorchy, de la côte ouest… Avant de se reposer une semaine dans la douceur de Golden Bay. Nous retournons chez Sarah et taillons ses rosiers (ma mère est une reine du jardin et particulièrement des fleurs) avant de la déposer à l’aéroport de Christchurch, le cœur réchauffé et plein de souvenirs. Une semaine après son retour ma mère retrouvera sa classe, c’est la rentrée.

Nous, on reste chez Sarah et préparons la suite.
Toujours passionnée par les tracteurs et « power tools » je passe des heures à tondre, débroussailler, karcheriser, déraciner…
Mais bientôt il faudra partir. En voulant étendre nos visa nous avons fait une erreur et nous allons devoir quitter le pays mi-septembre. Finalement on n’est pas mécontents car nous commençons à être fatigués des pays occidentaux et des joies de la société de consommation. Un jour alors que nous chargeons les courses du caddie au coffre de la voiture, on se regarde et nous disons : « mais qu’est ce qu’on fout, là ? Ce n’est pas pour cela qu’on est partis ».
Nous vendons la voiture plus vite que prévu et nous envolons aux Tonga !

Juillet 2017
Aout 2017

Septembre-Octobre

Nous découvrons les Tonga, prenons le rythme « Island time » et je me consolide ma santé mentale, qui a pris un sacré coup cette année. J’ai traversé une dépression assez sévère de mars à août. Ma mère m’a beaucoup aidée à aller mieux (bien que ce n’était pas le but premier de mon voyage), ainsi que Sarah, le Barbu bien sûr et aussi : les baleines tongiennes, voyager avec un groupe de copains, faire du camping sauvage et renouer avec la nature, découvrir une nouvelle culture. Et ma « renaissance » s’est finalement opérée à la barre de voiliers à Vava’u.
Cela faisait un moment que je pensais que vivre dans un voilier était une des solutions ultimes pour concilier vie nomade écolo et aventure. Tenir la barre de deux voiliers différents, les sensations du vent dans les voiles, se coller au vent et pencher le bateau, prendre de la vitesse, sentir la force qui s’exerce sur la barre, repérer les récifs sur le GPS, virer de bord, participer à une régate, passer une soirée à bord du bateau de Marc et retourner à terre entourés de plancton luminescent : je suis tombée amoureuse.
Nous avons aussi vécu une semaine dans l’école d’une petite île reculée avec le Peace Corp qui travaille là bas : je suis reconnaissante d’avoir pu rencontrer Ryan, une personne si inspirante malgré son jeune âge.
Puis nous avons vu nos copains quitter Vava’u les uns après les autres, et le 25 oct nous avons dit au revoir aux Tonga. N’ayant pas trouvé de bateau stop, la saison des cyclones du Pacifique Sud commençant, nous nous sommes envolés vers les Fidji.

Septembre 2017
Octobre 2017

Novembre-Décembre

Le retour des curry indiens est une grande joie pour nous (il y a une très forte communauté indienne aux Fidji déportée là par les anglais). Mais pas autant que la belle rencontre avec Tessa et sa famille, chez qui nous jardinons, trions le garage, promenons les chiens sur la plage, sortons en bateau avec Brad et les enfants… Grace à Tessa nous avons l’opportunité d’aller faire du « woofing » non officiel chez une famille vivant dans un village reculé de Taveuni, « l’île jardin des Fidji ».
C’est comme cela qu’après plusieurs jours de voyage, nous avons rencontré Ana, notre « mamie » Fidjienne.
Nous avons vécu un mois au village, à jardiner, cuisiner, lire, puis accueillir nos amies Camille (rencontrée en Tasmanie) et Sarah (anglaise rencontrée aux Tonga voyageant dans tout le Pacifique). Nous avons vraiment vécu une expérience, immergés dans la vie simple et la culture fidjienne au jour le jour. Un mois de déconnexion, sans électricité à la maison (parfois nous allions recharger le téléphone et la tablette qui me servait de liseuse chez des gens du village ayant un générateur). Nous nous sommes imprégnés de l’esprit fidjien lors d’un tournoi de rugby enflammé le premier jour (et sous une pluie diluvienne le second). A boire du Kava ou passer des heures à discuter tranquillement avec Setti, un jeune du village qui passait souvent nous voir. Cuisiner des dalh (presque) tous les jours…
Et puis un peu avant Noël, nous avons quitté le village.
Nous avons eu des soucis de transport : il nous aura fallu 6 jours pour arriver à notre destination. Après un bus, deux bus ratés, 3 ferry (entre 10h-17h de trajet à chaque fois) et un auto-stop.
Nous avons campé quelques jours chez Mele À Kadavu, une île qui n’est pas très adaptée au voyage backpacker… Et sommes remontés dans un ferry. Quelques jours à Suva et Levuka pour finir l’année et organiser la suite : nous souhaitons trouver du travail en Nouvelle-Calédonie pour renflouer les caisses, mais avant nous faisons une escale aux Vanuatu, pays de mes rêves depuis l’enfance…

Le 31 décembre, nous sommes dans l’avion pour Port Vila.

Novembre 2017
Décembre 2017

Conclusion

Puis ce que c’est un « bilan », j’écris donc une conclusion.

Ce fut une année très riche en expériences et rencontres, malgré un drame pour moi et des difficultés psychologiques (dépression et crises d’anxiété). Une envie commune de vie nomade plus durable. D’apprendre la voile via des rencontres et bateaux stop, de faire une pause en Nouvelle Calédonie…
J’ai toujours plein d’envies et d’idées, j’ai réalisé plusieurs de mes rêves cette année, désormais j’ai envie de prendre une route nous permettant de revoir nos familles et amis pour passer du temps avec eux. De rapprocher ces possibilités de « un jour »/ »bientôt ».

Le blog

J’ai très peu blogué cette année mais nous avons été très nomades. Et lorsque je ne l’étais plus je consacrais la majeure partie de mon énergie aux autres ou je n’étais pas bien et n’avait aucune envie d’écrire.
Malgré tout j’ai posté huit vidéos cette année sur ma chaine YouTube.

Nous avons fait une réorganisation dans notre matos photo. Après beaucoup de difficultés et échecs à continuer l’argentique pendant ce voyage au long cours, l’envie s’est tarie. L’acquisition d’un reflex numérique correct m’a permis d’améliorer la qualité de mes vidéos et de connaître une fraîcheur photographique. Je conserve bien sûr mon cher petit télémétrique argentique. Mais il fallait alléger le sac et l’esprit… Moins de matériel, plus de spontanéité et d’inspiration !

J’ai envie de continuer à partager mes carnets de voyage ici, et parfois des articles un peu différents. Mais je ne me mets pas la pression, à mon rythme, à l’envie… Et quand je le peux également ! (L’électricité et internet pour faire fonctionner ce blog ne sont pas des ressources assurées avec mon mode de vie actuel).

En tout cas je vous souhaite une excellente année 2018, j’espère que vous réalisez vos envies et rêves… Et que vous continuerez à venir me rendre visite ici à défaut d’un lieu physique !

Mes chers lecteurs, je vous embrasse.

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Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua (2)

By 8 janvier 2018 Océanie, Tonga

Suite de l’article « Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua »

Partie II

Deuxième tentative de camping : plage de Ha’aluma

Suite à notre premier essai humide la météo se rétablit. Après quelques nuits à camper sous un toit du jardin de la guesthouse sur un sol dur comme du béton, nous sommes heureux de reprendre la route. Mais cette fois-ci c’est la bonne. Nous faisons des provisions : pâtes, riz, haricots rouges, tomates, pain, beurre de cacahuète et 3 ou 4 bouteilles d’eau. Nous laissons une partie de notre barda à l’auberge et marchons au bord de la route. La première voiture qui s’arrête nous fera traverser toute l’île jusqu’à ladite plage. Enfin on a quand même marché un petit peu !
Pour notre plus grand bonheur nous avons remarqué que plus l’on s’enfonçait vers le sud plus c’était paumé et inhabité. Au moins nous ne dérangerons pas de voisins !

Nous traversons une forêt luxuriante et la splendide plage de Ha’aluma nous apparait :

Le comité d’accueil

  

Notre campement

 Une bonne baignade (bien qu’un peu fraiche) Cuisiner le diner !

Le sud d’Eua : rock garden & chevaux sauvages

Nous marchons sur le bitume pendant six kilomètres, et pourtant, on ne s’ennuie pas, entourés par la végétation luxuriante.

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Enfin, nous entrons dans la réserve naturelle, fermée par une barrière (pour ne pas que les chevaux sauvages ne s’enfuient j’imagine).

Les falaises dramatiques au dessus de l’océan Pacifique nous permettent d’observer des oiseaux de mer : les « fous bruns » (Sula leucogaster, espèce des Sulidae) et leurs petits.

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Les chevaux (semi) sauvages au milieu du jardin de roches remontées à la surface lors de la formation de l’île. 

Nous gardons nos distances

Fluffytude absolue

Nous retournons à notre campement…

Talève australe (Porphyrio melanotus Temminck), semblable aux « Pukeko » de Nouvelle-Zélande

Ascension de la « montagne » au centre d’Eua

Nous passons une dernière nuit au campement puis le lendemain matin nos réserves en eaux s’épuisant nous marchons jusqu’à la civilisation, environ 6 km à pieds sous le cagnard avant le prochain village. Nous allons rendre visite à la lodge Taiana’s place qui malgré quelques commentaires assassins sur Tripadvisor est tout à fait charmante. Un des fils, très sympa, m’emmène faire le plein d’eau au réservoir de pluie chez sa famille, nous laisse recharger le téléphone et nous montre sa carte super complète de l’île! Nous voici parés pour trouver la « bat’s cave » ainsi que des piscines d’eau fraiche en bas de la montagne.

Nous commençons à grimper sous le soleil de midi, sur des pistes forestières défoncées. La forêt est décidément très exploitée, la réserve naturelle doit être plus loin…

Sur la route, captures de GoPro

Vue depuis la « bat’s cave » (grotte de la chauve souris)

On se rafraîchi dans une piscine d’eau douce créée par les locaux… bain bien mérité après tant de kilomètres à randonner sous le soleil de plomb avec tout notre barda et quelques nuits dans la tente !

Puis nous revoici au contact de la civilisation : un village

Nous faisons du stop pour retourner au port

Puis nous partons camper pour notre dernière nuit sur ‘Eua à la plage de ‘Ufilei Beach, la première que nous avions visitée en arrivant !

 Au matin…

Il est déjà tant de repartir… le Barbu a fait un petit reportage sur la jetée du ferry, que je vous livre comme ça, brute de décoffrage :

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Et une dernière baleine a salué notre départ.

Pour la suite, direction Ha’apai : une nuit en ferry pour se rendre à cet archipel isolé et paradisiaque et de nouvelles nuits sur les plages tongiennes !

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Falaises, camping et chevaux sauvages dans le Pacifique : bienvenue à ‘Eua (1)

By 8 janvier 2018 Carnets de Voyage, Océanie, Tonga

Plus ancienne îles des Tonga, Eua est encore sauvage et il y a tant à découvrir. Entre falaises abruptes et plages de rêves, perroquets rares, baleines et chevaux sauvages.

Ah ‘Eua… la description qu’en avait fait le Lonely Planet m’avait fait rêver. L’une des plus anciennes îles du Pacifique (40 millions d’années tout de même) découpée de falaises et de grottes, d’arches de calcaire et protégée des hauts fonds par un reef de pierre. Et pour moi, cerise sur le gâteau : des espèces de plantes et d’animaux endémiques dont un splendide perroquet coloré. L’île est une destination Ecotourisme, loin des resorts de luxe.

J’ai publié cet article en deux parties car les pages seraient trop longues à charger autrement (au secours, trop de photos !)

Partie I

Nous avons embarqué sur le vieux ferry qui, malgré sa réputation de rendre ses passagers verts, nous a offert une traversée des plus tranquilles. Nous avons même pu admirer quelques baleines curieuses sortant une tête non loin du gros bateau.

Voyage en ferry depuis Nuku’Alofa

Quelques heures plus tard nous débarquons et allons élire domicile non loin du quai, au Ovava Tree Lodge. Notre copain Portuguais résidant à Sydney ayant visité l’île nous l’avait conseillé (merci Pedro !). Si le lieu est très charmant, le bruit des machines chargeant et déchargeant les containeurs/grumes de bois du ferry est quelque peu incommodant. Mais la salle à manger en plein air est charmante, on y fait de chouettes rencontres et le Barbu est redevenu un as du billard ! Il s’est même improvisé entraineur de la petite fille de la famille tenant la guesthouse, une vraie passionnée de ce jeu.

L’un de mes buts pour ce voyage au Tonga est de profiter de la bonne saison pour réaliser un rêve de gosse : nager avec les baleines. Ni une ni deux, nous appelons Kiko dont nous avions eu de bon retour et le lundi même, c’est parti!
J’ai consacré un article entier sur la nage avec les baleines où je relate cette expérience : « nager avec les baleines aux Tonga : guide éthique« .

Un dimanche à ‘Eua

Nous faisons la connaissance de Flavio, un italien charmant vivant au Mali. Cheveux bouclés et grisonnants, toujours une blague ou un éclat de rire au coin du bec, il s’entend comme cul et chemise avec notre Barbu (Chti-italo-polonais rappelons-le). Après la messe dans un premier village, nous marchons en direction d’une église que le barbu a repéré lors de sa dernière mission « auto-stop pour aller chercher des bières dans le seul bottle shop de l’île… Qui est en fait le garage d’une dame ». Pas très catholique tout ça.
Arrivés à l’église en question après une bonne heure de marche, c’est bien calme : les fidèles ont déserté. Nous restons tout de même dans le coin au cas où il se passe quelque chose. Et sur le muret encerclant l’église nous apercevons quelques personnes qui s’activent près d’une annexe. Quelques voitures font des allers-retours. Au bout d’un moment on se retrouve naturellement invités pour le repas de clôture d’un séminaire roman Catholic des jeunes du coin. On se voit distribuer de généreuses barquettes plastiques pleines de victuailles et les jeunes prennent la parole tour à tour. Tout le monde mange en même temps, et une mamie qui parle un peu anglais nous explique vaguement ce qu’il se passe. On mange, on écoute même si l’on ne comprend rien au langage, nous distinguons un schéma qui se répète : l’orateur commence à parler, puis il pleure, continue son discours en sanglotant ou d’une voix chargée d’émotion pendant environ 5 à 10 minutes. Le récit se termine toujours par un trait d’humour qui fait rire l’assemblée. Puis rebelote.
À un moment les filles chantent. Lorsque c’est fini nous les aidons à débarrasser, les remercions et Silvio fait un discours en tant qu’italien chrétien (voisin du pape attention !). Nous descendons jusqu’à une jolie plage où nous passerons un moment avant de marcher les 6 km du retour et de se faire prendre en stop par un tongien bourré.

 

Première tentative de camping

Nous ressortons notre fidèle petite tente vietnamienne (celle de Bécane et Pétrolette) pour une nouvelle aventure.
Nous partons en stop et à pied vers cette plage tout au nord de l’île afin d’y camper quelques jours. Dans le Pacifique chaque bout de terrain appartient à quelqu’un, il faut donc demander l’autorisation avant de planter la tente quelque part. Nous avons fait part de notre projet à la Guesthouse qui nous a dit que cela ne posait aucun problème.
Nous voilà donc en bord de route le bras tendu. Le premier véhicule qui s’arrête est… Le bus scolaire ! Et bien cela fera l’affaire. Nous nous installons au milieu des écoliers en uniforme blanc et rouge. Une demoiselle téméraire nous fait la conversation durant tout le trajet. Les plus petits se contentent de glousser en nous jetant des coups d’œil d’un air amusé. Arrivés à destination, c’est à dire au bout de la route, nous payons le chauffeur la modeste somme de deux TOP. Nous cheminerons désormais à pied. Nous nous guidons dans les chemins entre les plantations grâce à maps.me, incroyable application qui liste des autoroutes jusqu’aux chemins perdus du Kirghizistan et des Tonga.
Arrivés en haut de la colline nous avons enfin la plage convoitée en visuel. Le chemin indiqué par Maps.me, cette fois, n’existe pas. À moins d’avoir deux ailes et de pouvoir sauter une falaise haute de plusieurs centaines de mètres. Nous nous délectons de cette vue panoramique, ouverte sur l’immensité du Pacifique…

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La nuit ne va pas tarder à tomber. Nous plantons donc la tente sous quelques arbres protecteurs. Un bon stir-fry au chou et nouilles cuisiné au feu de bois plus tard et nous sommes prêts pour le lit.
Le matin cependant, le réveil est pour le moins… Humide, très humide. Et le point faible de notre tente est qu’elle n’est pas spécialement imperméable. La pluie diluvienne ne semblant pas s’apaiser nous déplaçons la tente à travers le champs des vaches jusque sous un autre bosquet. L’endroit est légèrement moins mouillé. Nous replions et repaquetons notre bazar à la hâte et nous lançons sur le chemin du retour, trempé jusqu’aux os. Mon jean n’a jamais pesé aussi lourd.
De retour au village, nous nous abritons sous l’auvent d’un petit magasin fermé, je me change vite fait et la chance nous sourit. Un 4×4 qui passait par là accepte de nous prendre en stop, et nous revoici penauds à la Guesthouse. Nous avions prévu de partir plus d’une nuit…
Il pleuvra pendant quelques jours que nous occuperons à déambuler dans les rues presque désertes des villages de ‘Eua…. et le Barbu à jouer au billard !

Pour lire la suite de l’article c’est par ici : partie II

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Nager avec les baleines aux Tonga : guide éthique

By 21 décembre 2017 Océanie, Tonga, Végane en voyage
nager avec les baleines tonga ethique

Nager avec les baleines.

C’est un rêve que je portais en moi et pensait irréalisable, de l’ordre de l’imaginaire.

C’est en Australie, seulement quelques jours après avoir atterri en juin 2016 que j’ai vu mes premières baleines à bosses. On pouvait facilement les observer depuis la terre, à Ballina ou Byron Bay où nous vivions à ce moment là. Chacune de leurs apparitions lointaines nous scotchait. On pouvait passer un temps inouï à les observer, leurs souffles, le claquement de leurs nageoires ou leurs sauts spectaculaires hors de l’eau.

Plus tôt dans ma vie j’avais été énormément touchée par le film Maori « the whale rider » (« Paï : l’élue d’un peuple nouveau » en français) une sorte de conte des temps modernes et avais toujours dans un coin de la tête le rêve de côtoyer ce majestueux mammifère marin dans son environnement naturel.

Et puis, j’ai appris qu’il était possible de nager avec les baleines dans ce pays du pacifique qui ne m’évoquait pas grand chose de plus qu’un nom : les Tonga.

Après nos quatre mois en Nouvelle-Zélande et une erreur faite dans la prolongation de nos visas qui nous poussait dehors un peu plus tôt que prévu, c’était décidé : nous allions revoir les baleines… au Royaume de Tonga!

Le roi des Tonga a interdit la pêche à la baleine en 1978, après qu’une pêche intensive mondiale ait fait chuter drastiquement le nombre d’individus (il restait environ 10% du nombre originel de ces grandes cétacées dans les eaux tongiennes).
Les baleines à bosses ont un caractère très curieux et allaient facilement au contact des bateaux ce qui en fait des proies faciles. Le gouvernement tongien délivre des licences d’observation et nage avec les baleines afin de développer l’écotourisme depuis 1993.
J’ai un peu hésité avant de publier cet article car une augmentation du tourisme sur l’activité whale watching est un facteur menaçant les bonnes pratiques. Mais j’ai décidé de faire confiance à mes lecteurs qui, armés de bon sens et de mes conseils sauront faire la part des choses pour rencontrer ces magnifiques créatures dans le respect, en choisissant leurs opérateurs de façon responsable et éclairée.

 

Index

De quelle baleine parle t-on ici?

La baleine présente dans les eaux chaudes des Tonga de juin à mi-octobre est la baleine à bosse.

Baleine à bosse, Megaptera novaeangliae. (https://www.britannica.com/animal/humpback-whale, Encyclopédie Britanica, téléchargé le 1 novembre 2017)

Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) mesure entre 13 à 14 mètres de long et pèsent dans les 25 tonnes. Que cela soit dans l’hémisphère nord ou sud, elles migrent des eaux froides du nord de la planète ou de l’Antarctique où elles se nourrissent vers les zones tropicales et chaudes où elles s’accouplent ou mettent bas… parcourant jusqu’à plus de 25 000 km par an c’est la recordwoman des baleines ! On reconnait celle de l’hémisphère sur à leur ventre blanc comparé à celle de l’hémisphère nord qui sont toutes noires. Ce sont des animaux très curieux qui vont volontiers voir ce qu’il se passe et rencontrent les bateaux, ce qui a cause leur perte lorsqu’elles sont chassées (malgré les interdictions les japonais continuent de tuer des baleines).

Migrations des baleines à bosse entre leurs zones de nourrissage et leurs zones de reproduction (https://www.britannica.com/animal/humpback-whale, Encyclopédie Britanica, téléchargé le 1 novembre 2017)

Les baleines et les hommes, ce que la science nous dit…

La baleine moderne à très peu de chances de n’être jamais exposée à la présence humaine. Lors de ses migrations entre Antarctique et Tonga ou Australie, ou entre arctique et Mexique, elle va forcément croiser des bateaux, ressent les vibrations des moteurs sous l’eau. De nombreuses études existent sur les perturbations sonores causées par l’homme et leurs impacts sur les mammifères marins, mais peu sur l’impact des rencontres hommes/baleines. Il est évidemment important que ces interaction qui ont lieu dans le cadre d’une activité touristique et non scientifique soient encadrées et surveillées afin de ne pas déranger les individus observés et leurs comportements.
Je cite ce papier (que je traduis de l’anglais) « Les effets de l’interaction humaine pour une gestion réussie d’une zone de reproduction des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) à Turk et Caicos (mer des Caraïbes) » :

« Il est important de mesurer les stratégies d’évitement localement et être capable d’estimer le cout énergétique et la sensibilité des baleines. Les paires mère-baleineau sont le groupe rencontré le plus facilement car ils bougent plus lentement et sont donc plus faciles à trouver. Ils sont clairement les plus vulnérables aux effets des dérangements causés par les humains à cause des énormes besoins énergétiques du baleineau. En 2006, plus de 9 800 whale watchers ont visité les Tonga avec la possibilité de nager avec une baleine à bosse (…)

Ces recherches suggèrent toutes qu’il y a un besoin de mesures de précaution ainsi que de stratégies de gestion pratique pour minimiser les impacts négatifs que pourraient avoir le tourisme basé sur les cétacés tout en faisant la promotion de conservation future des animaux sur leur zone de reproduction. La International Whaling Commission (52eme rendez-vous, juin 2000) a commenté que les programme de nage avec les baleines peuvent être considérés comme hautement envahissants et devraient être surveillés quand à leurs impacts. »

Cette même commission a également émis des guidelines pour les pratiques de nage avec les baleines que je détaillerai plus tard dans mon article.

Une étude sur les interactions baleines à bosses/bateaux au large de l’Australie arrive à cette observation : certains individus vont éviter les bateaux de whales watching mais certains vont au contraire chercher l’interaction et se rapprocher des bateaux et nager autour. (« Behavioral responses of humpback whales (Megaptera novaeangliae) to whale-watching vessels on the southeastern coast of Australia« , Kasey A. Stamation, David B. Croft, Peter D. Shaughnessy, Kelly A. Waples, Sue V. Briggs, 27 august 2009)

Il ne s’agit pas de tirer de conclusions, je n’ai pas lu toutes les études possibles et inimaginables, mais il s’agit de s’informer et de prendre des décisions en bonne âme et conscience. Militant pour les droits des animaux et végane j’essaye d’agir au mieux et d’éviter les paradoxes. Il ne s’agit pas d’être parfait mais au moins d’être informé sur les conséquences de ses actes et agir de la façon la plus éthique possible !

Mes expériences de rencontres avec les baleines

Mon premier contact avec les baleines fut sur la côte est Australienne durant l’été 2016 (l’hiver là-bas, donc). Je les ai observées, chaque jour où j’allais sur la côte : sauter hors de l’eau, claquer les nageoires ou la queue, ou tout simplement apercevoir leur souffle au dessus de la surface de l’eau. Des observations depuis la terre, toujours lointaines mais toujours émouvantes et intenses pour moi.

Un an après (septembre 2017), l’occasion se présente de me rendre aux Tonga durant la saison des baleines et de pouvoir les observer depuis les îles/ferry… mais aussi de nager avec elles. Ce que j’ai fait à deux occasions, dans deux archipels différents.

La première fois était à ‘Eua, la splendide île sauvage occupée seulement par quelques villages, non loin de l’île principale de Tongatapu. Deux opérateurs locaux sont licenciés : Kiko avec le Hideway Resort ainsi que Deep Blue Diving avec le Ovava Tree Lodge. Donc seulement deux bateaux pratiquent cette activité au large d’une île de 87 km2. Et il y a ÉNORMÉMENT de baleines à bosse, mâles, femelles et jeunes qui évoluent dans les eaux profondes entre ‘Eua et Tongatapu.

Nous avons choisi de faire cette session avec Kiko, réputé pour sa connaissance de l’approche des baleines. Il fait ce métier depuis quinze ans. Il était accompagné de Martha, la guide dans l’eau, qui recevait cette semaine là, sa famille du Chili, présente également sur le bateau. C’était l’une de ses dernières sorties après plusieurs saisons passées à travailler comme guide pour nager avec les baleines aux Tonga. Martha nous a donné les consignes sur la sécurité et le comportement à adopter alors que nous enfilons nos combinaisons (wetsuit) sur le bateau, puis nous avons ouvert grand les yeux pour apercevoir des souffles de baleines et ainsi se rapprocher d’elles.

Après plusieurs tentatives manquées, la première moitié de notre équipée glisse à l’eau avec trois baleines puis remonte avec le sourire jusqu’aux oreilles !

Durant toute la matinée nous irons à l’eau un grand nombre de fois, rencontrant beaucoup d’adultes différents.

Ce qui nous a marqué c’est d’abord la taille des baleines, c’est vraiment très intimidant au début. Il suffisait de se mettre à l’eau ce jour là et nous voyons passer des groupes d’adultes sous nous, tu tournes la tête tu en as trois autres qui te passent à côté tout en chantant. Intense, plein de vie!

Un mélange d’excitation, de fascination et d’adrénaline. La vision sous marine avec le masque + l’étrangeté d’être dans le grand bleu où il n’y a aucun repère physique, la perception des distances est très étrange… et les baleines qui bougent de façon très lente se déplacent pourtant à bonne vitesse et on a parfois l’impression qu’elles nous foncent dessus!

Que ce soit dans l’eau ou depuis le bateau où nous avons eu le droit à des spectacle d’exhibition de bidon ou de claquage de nageoires, ou encore des petits sauts comme des dauphins. C’était la saison des amours il n’y avait pas photo 😉

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En tous cas cela nous aura laissé un souvenir impérissable.

OMG! Sorry for the bad filming the beardy cameraman got a bit afraid haha 😂🐳🐋

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La seconde fois, j’y suis allée sans le Barbu. J’ai accompagné quatre de mes compagnons d’aventures avec lesquels nous campions sur l’Île de Uoleva, dans l’archipel d’Ha’apaï. Nous l’avons fait avec la fille de Taïana au resort Taïana’s place, qui a la licence pour opérer une activité de nage avec les baleines et qui a sept ans d’expérience. Nous sommes partis sur un petit bateau tongien et rebelote: wetsuit et instructions très complètes.

Cette fois, l’activité des baleines est moins frénétique, nous faisons des rencontres très calmes, paisibles et longues. Chacune de ces rencontres était avec une mère et son baleineau. La première, avec un baleineau très jeune et joueur. Nous resterons quasiment une heure dans l’eau avant qu’ils ne s’éloignent de nous.

La seconde rencontre nous offrira des interactions extraordinaires. Les deux baleines restent avec nous vraiment longtemps. La mère plonge puis reviens là où nous sommes. Le petit, qui doit respirer plus fréquemment, fait des navettes entre sa mère et nous qui flottons à la surface. Il est très joueur, parfois un peu trop et nous devons faire attention à bien l’éviter. J’ai eu quelques moments avec lui où nous nagions ensemble côte à côte avant qu’il ne se remette à tournoyer et faire des acrobaties sous marines !

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A un certain moment, probablement au bout d’une heure, la mère commence à allaiter mini baleine et nous leur laissons leur intimité. Nous retournons au bateau, qui se maintenait à distance de nous, ne rallumant le moteur que lorsque nous étions éloignés. Certains de mes camarades placé vers l’arrière de la mère avant que nous partions ont vu du lait de baleine, un liquide verdâtre extrêmement gras apparemment !

Après notre pause déjeuner sur le bateau, nos deux compères aquatiques sont toujours juste à côté. Nous retournons donc les rejoindre pour une dernière nage et finissons encore par rester une heure à l’eau avec eux… Cette fois ils sont plus proches de récifs de coraux et l’eau est peu profonde, nous voyons même le fond! Nous prenons alors toute la dimension et la magnificence de ces superbes créatures.

Alors que nous amorçons notre retour vers la côte, le petit nous offre un saut d’au revoir, le corps totalement hors de l’eau… suivi par sa mère ! Quel spectacle ! Mais ils ne s’arrêtent pas là et nous suivent pendant de longues minutes tout en sautant hors de l’eau. L’émotion me submerge et je dois avouer que des larmes de joie coulaient le long de mes joues…

(La vidéo a été prise par Allan, notre comparse australien. Mention spéciale à ses commentaires et nos rires)
Vraiment une expérience de vie que je ne suis pas prête d’oublier.

Et ma vidéo de la nage… à regarder en plein écran!

Mais venons en à vous !

Mes conseils pour nager avec les baleines aux Tonga de façon éthique

Voici ce que je vous recommande, au regard de mes expériences personnelles, que les lectures d’études sur les baleines, la chartes de la International Whaling Commission (IWC qui a depuis 1966 pour objectif de faire de la recherche sur les cétacés dans un but de protection, des menaces sur les habitats aux filets étrangleurs, etc.), la charte du World Cetacean Alliance ainsi que ma rencontre avec Lorenzo Fiori qui étudie les interactions des baleines avec les humains lors des activités de whale watching à Vava’u dans le cadre de sa thèse pendant trois années de suite. (Ce qui s’applique à Vava’u ne s’applique pas forcément aux autres archipel, s’agissant d’un cas particulier où de trop nombreux opérateurs se partagent le marché). Il m’a appris de nouvelles choses sur les baleines à bosse et d’autres fascinantes connaissances sur la vie marine (je ne savais pas qu’il y a des baleines dans la mer méditerranée!). Ce que je publie ici est mon avis et n’engage que moi!

– vous n’êtes pas obligés de nager avec les baleines !

Vous pouvez très bien les observer depuis un bateau (nous en avons vu énormément depuis le ferry lent entre Tongatapu et ‘Eua) et également depuis la terre. A ‘Eua en pleine saison nous voyons des baleines depuis la plage tous les jours régulièrement, parfois très près des terres car après le récif rocheux l’eau est tout de suite profonde.

Mais il est vrai que vous n’aurez pas la même intensité. Rencontrer une baleine, c’est rencontrer une personne, et c’est réciproque pour elle. Croiser le regard de l’un de nos grands cousins aquatiques est une expérience bouleversante et inoubliable.

– préférer le faire depuis des petites îles où il n’y a pas trop d’opérateurs.

Sur l’archipel de Vava’u, il y a plus de 19 opérateurs, chacun d’eux étant autorisés à posséder deux bateaux. J’ai eu des retours de clients m’expliquant que ceux-ci se « relaient » parfois lorsqu’ils trouvent une baleine en se contactant par radio et en faisant passer leurs groupes les uns après les autres. Pas très paisible et respectueux de l’animal !

Depuis Tongatapu, j’ai également eu des retours de sorties en très gros groupes (jusqu’à 15 à 20 personnes).

Sur les petites îles où il y a peu d’opérateurs, vous sortirez en petit groupe (max 5 personnes) et ne serez pas « poussifs » sur les baleines. De toutes façons si elles ne sont pas enclines à voir nos têtes d’humains, elles plongent et donnent deux coups de queue et se tirent ailleurs !

Je vous conseille l’île d’Eua non loin de Tongapatu (l’île de la capitale) où deux opérateurs locaux se partagent le large : Kiko avec Hideaway resort et Deep Blue Dive de Ovava tree lodge. Ils connaissent et respectent les baleines.

De même sur Uoleva dans l’archipel de Ha’Apai où il y a un petit nombre d’opérateurs et où les baleines sont visibles depuis la terre donc moins de temps passé à se déplacer en bâteau.

Il y a également Whales Discoveries qui est situé au sud de Ha’Apai dans un coin encore plus isolé et ils se targuent de faire du responsible whale watching.

– nager avec un opérateur local expérimenté et licencié.

La licence stipule que lorsque le bateau s’approche des baleines il doit aller à faible allure puis couper le moteur. Le bateau ne doit pas venir sur les baleines de face ni essayer de les doubler pour s’en rapprocher mais toujours venir par les côtés. On ne chasse pas les baleines, on ne sépare pas un pod mais  on se rapproche d’elle et les laissons venir… Ou non (des fois elles s’en vont).

On n’approche pas les baleines avec des jet-ski, on ne plonge pas avec des bouteilles (à cause des bulles), ce qui est accepté est la nage avec masque et tuba.

Lorsque le bateau est proche des baleines, le moteur coupé, on attend l’observation du guide et son go. Les baleines doivent être les décisionnaires de la rencontre. Le guide saura interpréter les comportements des mammifères marins et dire si oui ou non on peut les rejoindre à l’eau.

Lorsque vous allez à l’eau, il ne faut pas sauter mais se laisser glisser du bateau les palmes en premier et surtout on ouvre les yeux (et les oreilles !). Il est de mise de nager grouper et toujours proche de son guide, qui aura établi les signaux de communication au préalable. Autre chose : il faut bouger lentement, ne pas paniquer, respirer calmement et ne pas crier! Le guide indiquera lorsqu’il est temps de retourner sur le bateau : on a plus la même sensation du temps lorsque l’on est dans l’eau avec les baleines !

– gardez vos distances

nager avec les baleines tonga ethiqueEntre 5 à 10 mètres… voir plus si vous êtes un peu effrayé, il y a de quoi les premières fois! N’essayez pas de toucher les baleines. Si une baleine vous touche c’est qu’elle l’aura voulu, elles sont en contrôle de leur corps et leur espace. Les baleineaux un peu moins. Méfiez vous tout de même. Si vous embêtez la baleine elle peut donner un coup de queue et cela peut-être très dangereux, il y a déjà eu des accidents à Vava’u. Mais si vous respectez les distances (ce sont des animaux sauvages!) vous pouvez avoir de merveilleuses interactions. Le respect est la clé! Vous n’iriez pas essayer de caresser un buffle dans une réserve en Afrique.

– nager avec une mère et son petit ou pas?

Il n’y a pas de réponse absolue des scientifiques sur ce sujet. Certains recommandent de ne pas nager du tout ni venir déranger des baleines en présence du baleineau. Aux Tonga peu d’opérateurs respectent cette règle. Mais certains sont extrêmement respectueux dans l’interaction. Je n’ai pas trouvé d’étude observant le comportement des baleineaux ayant rencontré des humains à plusieurs reprise dans leur jeunesse.

– à quel prix ?

Le coût d’une sortie en whale watching-swimming était en septembre 2017 d’environ 200 TOP (80€) à ‘Eua, 250 TOP (92€) à Nuku’alofa, entre 250 TOP (92€) et 400 NZ$ (230€) à Ha’apai et 400 TOP (150€) à Vava’u.

 

Je conclus mon article là-dessus, encore une fois, il s’agit d’une expérience incroyable dans une vie, le tout est de savoir prendre le temps et les informations afin qu’elle se fasse dans le respect de l’animal. Il faut rester ouvert d’esprit, lire ce que les scientifiques ont à dire sur la question et se faire sa propre opinion.

Une telle expérience ouvre parfois les yeux à certain sur l’importance du respect des océans, donc pourquoi pas s’engager auprès des associations qui se battent pour sa sauvegarde (Sea Sheperd, Bloom, American Cetacean Society, Whale and Dolphin Conservation, etc…).

 

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Atterrissage au Royaume de Tonga : Tongatapu

By 10 décembre 2017 Carnets de Voyage, Océanie, Tonga

.Nos premiers pas au Royaume de Tonga, sur l’île principale où vit le roi, où l’on mange des algues, faisons du scooter, admirons les blowholes, nageons dans une grotte et voyons nos premières baleines du Pacifique.

Me revoici après si longtemps sans poster! J’ai eu une année très intense, entre moments incroyablement durs personnellement et bonheur, paix intérieure. Nous sommes déjà en décembre, et depuis que nous avons quitté l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la « civilisation » (on en pouvait plus de se retrouver à vider un caddie dans le coffre de la voiture sur des parkings de supermarchés) nous revoilà sur la route! Enfin si l’on peut dire car cela fait depuis septembre que nous divaguons doucement dans les îles du Pacifique.

Et pour commencer notre initiation en ce qui concerne la chose îlienne perdue au milieu du plus grand océan terrestre -parce qu’il faut bien commencer quelque part- c’est au Royaume de Tonga que nous avons posé les pieds.

D’abord, je me permet de vous présenter une carte pour situer, car avant de m’y rendre je n’avais qu’une idée très vague de la location de ce pays…

 

Après avoir quitté ma chère maman qui m’avait rejoint pour faire un tour en Nouvelle-Zélande ainsi que notre famille Kiwi préférée*, nous embarquons pour Auckland puis Nuku’Alofa, la capitale du royaume de Tonga. Je pose donc le pied dans une île du Pacifique sud avec un bonnet péruvien dans le sac à dos. Celui qui m’a tant servi à braver l’hiver Néo Zélandais va très vite squatter le fond de mon sac à dos et mes tongs** refont leur apparition.

  • chez qui nous avons house-sitté leur maison de campagne pendant presque deux mois en tout
    ** ou Jendalls comme disent les Kiwi, allez comprendre…

A peine débarqués en ce 16 septembre 2017, nous faisons la queue dans un tout petit hall ouvert aux quatre vents afin qu’un agent des douanes nous tamponne, puis je saute à l’arrière du pick-up qui nous a récupéré pour nous amener à l’hostel. Le Barbu passe à l’avant faire la conversation à Nani, le chauffeur-livreur de glaçons de Village Backpackers.

 

Nous restons quelques jours à la capitale, le temps de nous acclimater et de faire un tour de l’île avant d’aller découvrir l’île voisine qui m’intéresse un petit peu plus : ‘Eua. Mais commençons par le commencement, je vous fais le tour du propriétaire de Tongatapu, à dos de scooter :

Ce rocher est un rock de corail ayant été déplacé jusqu’à terre par un tsunami passé. Ca refroidit…

 

Les blowholes

Une des curiosité de Tongatapu, ce sont les « blowholes ». Ces trous dans la barrières de rochers qui protège l’île, et dans lequel l’eau s’engouffre pour ressortir en geyser lorsque les vagues s’y abattent. Pas de lagon ici mais cette barrière protectrice et cette zone tampon qui se remplit d’eau lorsque la marée monte. Mais derrière la barrière, c’est directement le large. C’est une des raisons pour lesquelles les baleines à bosse passent si près lors de leurs migrations.

On évite de marcher sur le corail, bien sur…

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Mieux qu’à Las Vegas! (pas de fric ici)

On reprend la charmante route sur notre bolide à deux roues et nous émerveillons devant la végétation, si… île du Pacifique comme on se l’imagine !

Les Tongiens sont très religieux (chrétiens) les missionnaires ont bossé comme des petits fous ici. Les écoles sont « fournies » par les églises. Il y en a tout un tas : Free Wesleyan church, « The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints », les adventistes, baptiste, évangélistes, catholiques, mormons etc… et les uniformes ont une couleur correspondant à une école/église.

D’autres blowholes  

Et la végétation des alentours, un peu différenteUn  fruit de pandanus, bien que je n’ai vu personne aux Tonga en manger c’est comestible. 

Quelques détails d’un village

 

Nous continuons notre explorations des chemins de terre de Tongatapu. Deux dames qui vont récolter des algues pour manger nous les font découvrir. Elles nous montrent où les cueillir et nous offrent en casse croute nos premières bananes vertes cuites. Ces dernières goutent un peu comme de la patate. Quant aux algues sont des petites grappes de bulles de la taille d’oeufs de poisson. A la sensation des petites billes salées qui éclatent dans la bouche cela rappelle les oeufs de poissons. (Les trucs oranges ou le caviar). Sauf que là c’est gratuit… et cruelty free 😉

Une de nos guides improvisées  « es algae » de Tongatapu

 Le chic, en toutes circonstances… (hmmm)