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randonnée à cheval

Kyzyl Oi la rouge et aventures dans la vallée de Suusamyr

By 29 septembre 2015 Asie Centrale, Kirghizistan

Nous poursuivons notre route après le trek jusqu’au lac Song Kol et décidons de traverser tranquillement en stop la vallée de Suusamyr réputée très belle. Notre objectif est de rejoindre la route principale reliant les deux grandes villes du pays : Osh au sud à Bishkek au nord. Nous avons une semaine avant que notre avion décolle, et nous souhaitons passer quelques jours au village de Kyzyl Oi qui signifie « cuvette rouge », un nom plutôt évocateur!

Carte Kyzart-Kyzyl oi

Kyzyl Oi

Samedi 5 septembre : De Kyzart à Kyzyl Oi

Kyzart 2 Au revoir Kyzart !Kyzart 1

Après un lavage de cheveux en règles au seau dans le jardin entre les patates et le poulailler, nous prenons le petit déjeuner avec Erjan et son fils avant de faire nos aux revoir à la petite famille et de reprendre la route. Un monsieur nous dépose du village à la route principale pour faire du stop. C’est un camion de charbon qui nous emmènera jusqu’au village de Bashkaingdy (pardon?).
Alors que nous marchons vers le centre du village, désert, nous entendons les plaintes d’un chien dans les arbres à côté de nous. Le Barbu passe en premier, de peur de tomber sur un animal à moitié charcuté… mais en fait c’est un chiot qui assit sur la souche d’un arbre, a la corde au cou. S’il saute du tronc pour essayer de s’échapper, il se pend. SYMPA. Il a l’air d’être sevré, nous coupons sa corde et lui donnons nos restes de fromage et de pain, sur lesquels il se jette goulument. Puis nous reprenons notre chemin, en espérant qu’il s’en sortira. C’est inadmissible de traiter un animal de la sorte. Quelques mètres plus loin nous sommes saisis par la vision d’un âne qui n’a plus d’oreille qui arrive au galop en poussant des grognements (oui oui des grognements) avant de se jeter sur une pauvre ânesse attachée à un arbre. La bougresse essaye de s’échapper en tournant en rond, mais elle finit juste par se ligoter. Finalement, découragé par les coups de pieds, l’animal fou fini par s’en aller. Au centre du village nous voyons une mashroutka arriver. Etant donné le peu de véhicule circulant sur cette route et la probabilité qu’ils ne nous prennent pas en stop nous décidons de la prendre jusqu’à Chaek, la prochaine petite ville. De là nous comptons faire à nouveau du stop jusqu’à Kyzyl Oi.

autostop 1Un cimetière musulman à l’entrée de Bashhkaingdyautostop 3Drôle de statue !autostop 2Notre petit rescapéautostop 4

Mais dans la ville il y a beaucoup de taxis et personne ne veut nous prendre en stop, on marche, on marche, cela n’en finit pas. Je commence à me décourager et me dire qu’on aurait peut-être du rester dans la mashroutka finalement… quand un petit pick-up rouge s’arrête et nous embarque dans la remorque : il va à Kyzyl Oi ! On ne pouvait rêver meilleur poste d’observation pour le paysage incroyable de cette route.autostop 5

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autostop 11OK ça commence à devenir sérieux les paysages là !autostop 12

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autostop 14Le coup de la panne !

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Une fois arrivés au village dont les alentours sont magnifiques, nous cherchons la guesthouse d’Elvira, qui parle anglais et dont nous avons entendu parler. Une fois négocié avec elle nous nous installons dans une chambre avec un immense lit. Nous prendrons juste un petit snack en guise de diner (moins cher) qui s’avère en fait être une délicieuse salade de chou et des mantis.

Dimanche 6 septembre : Repos & Pêche

Kyzyl Oi 1

Journée repos et montage vidéo pour moi pendant que le Barbu est parti pêcher à la rivière. Je vais également rencontrer le coordinateur du CBT pour louer deux chevaux sans guide pour la journée du lendemain (600 KGS/cheval pour la journée, 200 KGS/heure, le choix est vite fait !). Le soir nous reprenons un snack et discutons avec Elvira en anglais. Quel bonheur de pouvoir communiquer plus facilement avec ses hôtes, même si grâce à Erjan et notre nuit à Song-Kol nous avons fait de grands progrès en Kirghize !

Lundi 7 septembre : à la recherche de la cascade

Ce matin nous allons chercher nos chevaux pour notre journée de randonnée. Il y en a un grand bai et un plus petit alezan dont on ne retiendra évidement pas les noms kirghizes. Je laisse l’alezan (que nous surnommerons Chesnut) à mon Barbu, car s’il commence à être bien à l’aise et apprécier le cheval, il ne faut pas qu’ils soient trop grands non plus ! Je demande au coordinateur de me dessiner un plan pour se rendre à la cascade et nous enfourchons nos montures.

Kyzyl Oi 2Quelle allure !

La première étape est de traverser le pont de singe à pied avec sa monture derrière, mais avec le pas chaloupé des chevaux, ça tangue ! Une fois remontés en selle, nous nous trompons de chemin mais découvrons une magnifique vue. Une fois de retour sur le bon sentier, nous profitons du paysage à base de montagnes rouges, du torrent qui coule au milieu bordé de petits arbres et herbes colorées. Si la monture du Barbu avance d’un bon pas, la mienne trainasse. J’ai cru un moment que mon cheval boitait mais après une quinzaine de minutes son pas s’est amélioré et il ne rechignait pas à grimper dans les cailloux c’est donc que ça devait aller.

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Après avoir joué à la cow girl pour bouger le troupeau de vache de notre sentier dans le pierrier et chevauché une heure dans le cagnard nous apercevons la seconde rivière. La cascade doit être au bout logiquement. Le coordinateur nous a dit qu’à un moment il fallait attacher les chevaux et continuer à pied. Nous allons donc attacher nos montures sous arbre à l’ombre dans la petite forêt qui borde le ruisseau. Le Barbu profite de la pause pour se rafraîchir dans l’eau glaciale et nous pique-niquons de chips avant de se lancer à la recherche de la cascade.

Kyzyl Oi 14Imaginez moi derrière ces vaches en train de faire du bruit et m’agiter avec ma brindille de bois sur mon cheval.Kyzyl Oi 16

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Kyzyl Oi 17Siesta time.Kyzyl Oi 18Impossible d’avancer plus loin

Et c’est le cas de le dire car nous avons difficilement progressé dans la végétation dense le long du cours d’eau, devant le traverser à plusieurs reprise, parfois sur des troncs d’arbres et pour finir les pieds directement dans la flotte tant pis. Après une heure d’ascension nous voyons que nous touchons presque au but, mais impossible d’aller plus loin : des falaises rouges se dressent de chaque côté de la rivière. Nous rebroussons donc chemin car il commence à se faire tard et retrouvons nos chevaux qui faisaient tranquillement la sieste en nous attendant. Après avoir essoré les chaussettes nous échangeons de monture pour que je puisse profiter un peu d’un cheval qui a du jus au moins une fois avant de quitter le Kirghizistan ! Je profite de quelques replats pour me faire des petits galops, et il en a sous le capot, le Chesnut !

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Kyzyl Oi 21Ca descend sec ! Le barbu est fin prêt pour la rando désormais, le tout terrain ça le connait !Kyzyl Oi 22

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Lorsque nous ramenons les chevaux au CBT en fin d’après midi, le propriétaire les récupère et nous explique que l’alezan est son cheval perso (c’est pourquoi c’est un bon cheval punchy) et sur ce, il lui saute sur le dos en short / claquettes et part au triple galop au milieu de la route. Normal. Et le coordinateur nous explique qu’en fait il ne fallait pas suivre la rivière mais passer par le plateau en haut pour trouver la cascade mais que si on avait pris un guide on l’aurait trouvé (enfin, s’il m’avait mieux expliqué on aurait trouvé aussi ceci dit!).

Suite à cette bonne journée de rando, nous retournons chez Elvira récupérer nos affaires car nous voulons partir ce soir en stop pour Kojumkul, le village suivant. Elle nous a préparé la truite que le Barbu a pêché la veille, et nous dit que son mari va justement à Suusamyr emmener un enfant malade à l’hôpital et peut nous déposer à Kojumkul, qui est sur la route ! On est ravis, on a vraiment adoré nos deux nuit chez Elvira qui est une hôte remarquable, nous avons bien rigolé avec ses deux petites filles en faisant du hula hop et maintenant son mari, plein d’humour malgré la barrière de la langue, nous emmène.

Kyzyl Oi 26Avec Elvira et son mariKyzyl Oi 25Kyzyl Oi nous dis au revoir de la plus belle des manières qui soit…Kyzyl Oi 27

Nous atterrissons dans le seul homestay du village, pour 500KG par personne pour la nuit et les repas, c’est parfait car nous arrivons à cours de somonis… et le prochain distributeur est à Bichkek ! La mama de la maison est très sympathique et nous prépare un bon plov.

Vallée de Suusamyr

Mardi 8 septembre : « Karakol, Suusamyr ? » « Da, da ! »

Kojumkul 1 KojumkulKojumkul 2

Le lendemain matin, le Barbu retourne pêcher la truite dans le torrent pendant que je profite de la chaleur du poêle de la cuisine pour prendre un bon petit déjeuner et écrire au chaud, après que la mama m’aie sorti l’album photo de famille, bien sur ! Sa fille a épousé un Tchèque et habite à Prague, et elle même a pas mal voyagé en Europe en allant leur rendre visite. Lorsque le Barbu rentre tout content de sa pêche, il offre sa truite à la mama et nous pouvons reprendre le stop.

Nous avons envie de découvrir le petit village de Karakol, visiblement entre Kojomkul et Suusamyr, lui même le long de la rivière Karakol qui rejoint cellle de la vallée principale. Un jeune homme nous dépose à la jonction des deux rivière, il y a une route. Dans le guide ils disent que c’est environ à 6 km de Suusamyr. Nous marchons, et faisons des arrêts le bord de l’eau pour s’extasier devant les truites.

Suusamyr jailoo 1De la pisciculture à la kirghize. Dans cette rivière transparente on voit des dizaines et dizaines de grosse truite à l’oeil nu !

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Suusamyr jailoo 4Coucou jolie vachette !Suusamyr jailoo 5

Nous marchons, marchons, avant de finalement nous faire prendre en stop par une camionnette orange, qui nous dépose et nous dit de grimper dans une autre camionette bleue. Nous nos retrouvons donc dans la remorque avec des bergers. « Karakol ? Suusamyr ? » « Da, Da ! ». Nous avalons les kilomètres à travers la magnifique vallée de Suusamyr mais toujours pas de village, seules des yourtes posées ça et là. Je regarde à nouveau ma carte offline sur le téléphone et nous n’allons nul part. Juste une route perpendiculaire à la route principale qui fonce droit sur les montagnes. Pas moyen d’aller à Suusamyr par cette route, à moins de faire demi tour. On voit des chameaux, des aigles, des centaines de moutons, chevaux dans les alpages. Le camion s’arrête à une yourte et fait le plein de Kumys Puis reprends la piste. Mais toujours pas de village. Karakol ne doit pas être là. La rivière qui coule dans la vallée s’appelle aussi Karakol. Donc nous demandons si nous allons à Suusamyr « da da ! » qu’ils nous disent. Le temps passe. On attend mais je ne me demande bien où nous allons atterir à part au milieu de nul part. En zoomant bien je vois que la piste continue à travers les montagnes jusqu’à Kotchkor, d’où on vient. Mais on continue « on ne sait jamais » et puis de toutes façon on a pas vraiment le choix on ne croise aucun autre véhicule.

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Suusamyr jailoo 7Un chameau de Bactriane (!!!)

Cela fait bientôt deux heures que nous avons pris ce camion bleu. Je commence un peu à désespérer. On dépose les bergers à une tente militaire puis continuons, et le camion s’arrête à la tente suivante. Apparement on est arrivés. On leur demande « Karakol ? ». Ils nous disent de marcher, que c’est à 25 km d’ici. WTF. On leur explique que l’on veut aller à Suusamyr, leur faisons comprendre que nous avons un avion à Bishkek samedi. « Suusamyr Erteng ». Ah donc demain ils vont à Suusamyr. Je leur demande, en mimant un toit « Suusamyr huille ? » (maison). Ils me disent qu’ici, c’est Suusamyr Jailoo ! Les pâturages d’été de Suusamyr. Effectivement, on est bien au milieu de nul part. On leur dit que l’on a pas de tente, où va t-on dormir ? (en réalité on en a une, mais avec un seul matelas de sol, et le duvet pourri du Barbu, il risque de mourir de froid dans la nuit). Il nous invite donc gentiment à venir dormir dans la tente avec la famille. Un peu dépités, nous allons à la tente, la femme, Aijan, nous invite à boire le thé et manger la pastèque rapportée par le camion avec les deux petites filles, Adèle et Beutleco (?). On rediscute, et il nous dit de ne pas nous inquiéter, demain on prendra le camion pour aller à Suusamyr, il part vers 10h. En fait, c’est la dernière nuit de cette famille au jailoo, demain c’est fini ils rentrent à Bichkek ! Nous nous rendons compte finalement de la chance que nous avons de pouvoir partager la dernière soirée de cette famille après une saison d’alpage ! Nous nous détendons et discutons avec la famille. Ulan, le père, un jeune aux yeux bleus d’origine russe revient et nous propose d’aller pêcher pour ramener une truite pour le diner. Nous partons avec lui et sa chienne Zlaika qui court comme une dératée pour nous ramener les cailloux qu’on lui lance (pas de bouts de bois à cette altitude). Nous pêchons jusqu’au coucher du soleil, sans succès mais au milieu d’un paysage sauvage incroyable.

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De retour à la tente, bien chauffée par le petit poêle à bouse, nous nous voyons offrir du thé… puis de l’Arak, c’est le dernier soir, cela se fête ! Puis à notre grande surprise, c’est Aijan qui grimpe sur le cheval d’Ulan (en claquettes-chaussettes évidement) pour aller chercher le troupeau de moutons et chèvres pour la nuit. Puis après quelques verres nous refaisons le monde grâce à nos progrès en kirghize et mon petit dictionnaire sur le Smartphone. Ils sont amusés par le fait que Aijan signifie « lune » en Kirghize et mon prénom signifie le lever du soleil. Ulan et son oncle qui était avec nous dans le camion et nous a invité à la tente vont demain ramener le troupeau de mouton jusqu’à Bichkek en passant tout droit à travers les montagnes. Ils y vont à cheval et en auront pour trois jours. Quand on leur demande comment il vont faire pour dormir, ils nous montrent de grandes parkas… et de l’Arak ! Forcément quand ils voient mon bon duvet en plume ils sont un peu jaloux, mais pas question de leur vendre, c’est un bien de famille vintage, cadeau de mon père. Nous nous couchons tous en rang d’oignon dans la tente, je me mets au bord pour isoler mon Barbu et son piteux sac de couchage du froid.

Suusamyr jailoo 17La fine équipe

Suusamyr jailoo 16Ulan et le Barbu

Mercredi 9 septembre : ça déménage

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Au petit matin, après un petit déjeuner de beignets préparés par Aijan, nous aidons la petite famille à faire un tas avec les affaires de l’autre coté du ruisseau pour les charger dans le camion. L’oncle attrape une jument pour le préparer, mais décidemment celle-ci n’est pas d’accord, j’aide donc Ulan à la rattraper, il a une technique bien à lui a base de « brrrr brrrr » qui fonctionne vraiment bien. On a vraiment l’impression qu’il communique avec la jument. Après quelques essais infructueux, il finit par s’en rapprocher et l’attraper fermement par la crinière pour la ramener. En grimpant sur une colline je peux apercevoir l’autre tente plus bas où ils ont fini de plier et charger le camion bleu, et le voici qui arrive pour déménager la petite famille. Ils chargent tout et enlèvent la toile de tente, ne laissant sur place que la structure en bois. Puis vient le moment de charger des moutons. Une chèvre, puis un, deux trois moutons dans la petite place restante. Dans la cabine, il y a le conducteur, Aijan et les deux filles.

Little jailoo friends. #kirghizistan #kyrghyzstan #nature #suusamyr #jailoo

Une photo publiée par RORYYYY (@roryofroom) le

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Suusamyr jailoo 22Les filles n’arrêtent jamais de jouer !Suusamyr jailoo 23

 

Finalement un camion blanc arrive et on nous dit de grimper dedans, que lui aussi va à Suusamyr. Vers 11h, c’est parti, nous voici sur la route. Après une heure de route, nous nous arrêtons à une yourte. On nous dit de venir manger. Nous somme chez Talent, et il y a toute une bande de bergers rassemblés là. A un moment, on doit enlever nos affaires du camion blanc, qui s’en va, apparemment on fini la route avec le bleu. Nous pénétrons dans la yourte où l’on nous somme gentiment de manger. A peine la coupe de chai vide que l’on nous ressert, et si l’on arrête de manger on nous dit « eat eat ». Nous prenons donc un copieux repas avec Aijain et les deux filles ainsi que Talent et sa femme, puis nous laissons nos places aux bergers pour la deuxième tournée.

Talent fixe nos sacs à dos sur le tas dans le camion, et nous dit de monter avec les moutons. On ne voit pas où l’on va mettre nos pieds entre ces pauvres bête mais l’on fini par trouver des trous. Et c’est parti, me voici avec une tête de chèvre entre les jambes et un gros mouton noir qui n’arrête pas de me marcher sur les pieds. Même si au début c’est rigolo cela en devient vite pénible, d’autant plus que nous savons qu’il reste pas mal de route. Nous nous arrêtons à nouveau à la yourte à Kumys pour qu’ils fassent le plein (même les fillettes en raffolent et pour l’avoir gouté, je peux moi même dire qu’il est bon, rien à voir avec celui de Song Kol et son fameux gout de cendres pourries. Oui, J’AI TROUVÉ DU BON KUMYS !). Ils déchargent la chèvre et nous reprenons la piste. Je n’ose penser au sort de ces pauvres bêtes. Finalement après une seconde heure de route nous voici à l’intersection où l’on avait été déposé la veille et cette fois nous allons vraiment à Suusamyr.

Voici la carte :

plan entierOn en a fait de la route, à l’arrière de ce camion bleu ! (environ 60 bornes… soit 120 bornes l’aller-retour)

Une fois arrivés au village, ils nous déposent à la guesthouse et continuent leur route jusqu’à Bichkek. Couverts de poussière, nous posons les sacs et partons à la recherche de la rivière pour prendre un bain. Malgré l’eau glaciale j’y parviendrais ! Quelle jolie baignoire. De retour à la guesthouse, la femme m’a préparé un sauna kirghize, donc je retourne me laver, mais à l’eau chaude cette fois (je devais vraiment faire peur !). Je suis épuisée et un peu malade, je me coucherai avec seulement un thé dans l’estomac, maudissant ce chien qui ne cesse d’aboyer à la fenêtre (cette fois je les ai utilisées, les boules kies ;)).

 

La rivière à Suusamyr :

Jeudi 10 septembre : En route pour la capitale

Le lendemain nous marchons jusqu’à la sortie du village (c’est à dire plusieurs kilomètres) pour faire du stop. Après beaucoup de tentatives infructueuses alors que nous ne sommes qu’à 13 kilomètre de la route principale pour Bichkek, ce sont encore des routiers qui viendront à notre rescousse ! Nous voici embarqués avec les sympathiques Ramsès et Sergei l’immense russe pour des heuuuures de route. Nous retrouvons l’asphalte sur la route principale, et le camion commence sa lente ascension sur les lacets menant au col. Une fois arrivé à l’entrée du tunnel, il doivent se mettre sur le côté pour attendre l’ouverture du tunnel aux camion (à double sens ils ne passent pas). Nous tuons le temps avec de délicieuses fèves salées qu’ils nous offrent et attendons plus d’une heure avant d’enfin nous pouvons rouler ! Une fois de l’autre côté, le camion, très chargé, descendra à 30 km. Ce qui fait qu’à midi nous n’avons toujours pas fini de descendre. Nos deux compères font une pause et partagent leur pique nique avec nous (mais quand les gens arrêteront d’être aussi gentils ? <3). Vers 16h, ils nous déposent à une intersection, un peu avant Bichkek : ils tournent ici. Nous les remercions chaleureusement et finirons notre trajet en Mashroutkas jusqu’à l’auberge de jeunesse où nous étions précédemment.

Quelques photos de BishkekBishkek-40-2

Bishkek-41

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Nous y ferons la connaissance des sympathiques Bernard et Emeline qui voyagent aussi pour un bout de temps et tiennent le blog du plov au bobun (j’adore le nom !) ainsi que deux de nos compagnons de chambre, un couple de jeunes israéliens, Dani et Noemi qui

  • Sont trop sympa
  • cuisinent trop bien (la pâte de sésame avec les aubergines aka « Rastylicious » OMG)
  • prennent le même avion que nous pour New Delhi.

Nous passerons donc les jours à venir avec eux et ne nous séparerons que le dimanche, après un merveilleux vol au dessus de l’Himalaya et notre premier restaurant indien, tellement content de retrouver de la bonne nourriture (et végétarienne !). Peut-être les croiserons nous à nouveau durant nos périples indiens respectifs.

ENFIIIIINNNNN (#indianfood)Bishkek-40-3

Et pour la suite, c’est désormais en Inde que cela se passe !

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Kirghizistan : à cheval jusqu’au lac d’altitude Kol Ukok

By 26 septembre 2015 Asie Centrale, Carnets de Voyage, Kirghizistan
Kol Ukok

Après notre rendez-vous manqué avec le lac Issy Kul, nous voici à Kochkor où nous allons expérimenter la randonnée à cheval au Kirghizistan jusqu’au lac Kok Ukok et ses eaux d’un bleu turquoise, le tout entouré de hautes montagnes avec un glacier en toile de fond.

carte pays kirghizistan kochkor

Dimanche 30 aout : on s’organise

Après une nuit au jailoo, nous faisons le tour des agences pour organiser une randonnée à cheval soit au lac Song-Kol (le plus connu) soit au plus petit lac Kol Ukok à côté de Kochkor. C’est Jailoo que l’on choisira, elle reste la moins chère et la gérante nous semble sérieuse. Nous avons choisi une randonnée à cheval de deux jours jusqu’au lac Kol Ukok, avec guide, nuit en yourte, diner et taxi aller-retour jusqu’au village de départ (environ 60€ pour deux personnes… contre les environ 200€ pour les trois jours au lac Song-Kol, hors budget pour nous). J’en profite également pour m’acheter un pull au bazar, n’ayant que des T-shirts, une polaire et un K-Way, cela semble un peu léger pour les lacs étant donné les altitudes et ce que d’autres voyageurs nous ont raconté.

Lundi 31 aout : Hue dada, on grimpe au lac Kok Ukok

A peine levés, direction le bazar pour s’acheter des délicieux nans frais ainsi que des provisions en fromage, tomates, chocolat et eau, car nous n’avons pris que le diner pour notre rando et il faudra bien que l’on mange le reste du temps.

carte kol ukok

A 8h30, notre taxi nous attend pour rejoindre le petit village d’où se fera le départ. La route est plutôt sympa, on traverse des petits villages et fonçons tout droit sur les contreforts montagneux que l’on apercevait depuis la plaine de Kochkor. Une fois arrivée au début de la rando, notre guide arrive avec deux chevaux. Il fixe nos deux sacs à dos un peu n’importe comment sur ma monture. Un des sacs pèsera sur ma jambe en permanence ce qui fera que je ferai les parties qui grimpent moins sans étrier pour soulager mes genoux… Il ne prend pas non plus la peine de régler nos étrier (des bouts de ficelles en guide d’étrivières) si bien que l’on ressemble à des jockeys en goguettes ou des crapauds sur des boites d’allumettes.

Mais c’est parti, notre petite troupe commence l’ascension en coupant à travers champs, les chevaux avancent de bon cœur. Les paysages qui se déroulent devant nous sont de plus en plus beaux au fur et à mesure que l’on monte. On traverse des rivières et les arbres sont rares. A partir d’une certaine altitude, on commence à croiser nos premiers troupeaux : nous devons être arrivés au jailoo (les hauts pâturages d’été). Nous croisons des yourtes et notre guide descend de cheval et commence à papoter avec la tenancière et nous fait signe d’avancer tout droit avec les chevaux (il ne parle pas anglais, baragouine juste quelques rares mots). Nous continuons donc, mais sans sa présence (et sans les cravaches kirghizes que l’on voit partout) nos chevaux avancent à deux à l’heure. Je donne de la jambe et du « tcho tcho » mais cela n’est efficace que quelques minutes avant que ma monture ne ralentisse inexorablement sans son patron derrière. Il finit par nous rattraper et nous arrivons à la seconde yourte après un petit trot sur un replat herbeux. C’est ici que nous dormirons.

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Nous déposons nos sacs dans la yourte où nous passerons la nuit et commençons notre pique nique dans l’herbe, mais le propriétaire de la yourte insiste pour que nous venions prendre le chai (et le pain et la confiture qui vont avec!). Nous faisons donc connaissance avec la petite famille qui va nous accueillir pour la soirée.

Après cela, c’est reparti nous nous remettons en selle et continuons l’ascension jusqu’au lac. Un peu au-dessus des yourtes il y a une maisonnette de berger et bien entendu notre guide n’a pas manqué s’y arrêter (pour boire du koumys ?) et nous indiquant vaguement la direction. Nous prenons le chemin à flan de montagne, en poussant nos chevaux tant bien que mal (cela demande beaucoup d’efforts pour juste avancer au pas). Au bout d’un moment, nous sommes vraiment haut et la pente est abrupte et nous voyons un autre sentier en bas, nous nous demandons donc si nous avons bien pris le bon chemin. Nous décidons donc de nous arrêter et d’attendre notre « guide » pour qu’il fasse un peu son boulot. Après une attente broutting, le voici qui arrive, tout sourire. On continue sur ce chemin qui se transforme en tout petit sentier qui descend à flan de montagne, cette fois il passe devant car c’est assez dangereux. Le Barbu n’en revient pas que les chevaux passent là avec des cavaliers sur le dos… et il n’a pas encore vu le mur que nous allons franchir après.

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Une fois le mur franchi, nous nous arrêtons en haut de la crête pour admirer la vue… et le lac apparaît enfin, de l’autre côté. Il est d’un bleu turquoise contrastant avec le vert vif de l’herbe et les teintes rougeoyantes des rochers. Mon cheval qui soufflait un peu, va pouvoir se reposer lorsque nous arrivons au lac nous mettons pied-à-terre et le guide desselle et entrave les antérieurs des chevaux afin qu’ils puissent brouter en liberté relative. Il nous dit qu’il va faire un tour voir s’il ne voit pas des animaux sauvages avec ses jumelles et qu’il revient dans une heure. Je lui fais bien répéter une heure pour être sûrs que l’on s’est bien compris. Il acquiesce et part à cheval vers les sommets aux nuages menaçants.

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Le Barbu joue un peu avec sa canne à pêche et au bout d’un moment, un geste malheureux et il casse le bout de sa canne sur les rochers. Moi je me balade à droite à gauche. Au bout d’une heure nous commençons à nous ennuyer. Et le temps se gâte : vent, pluie, grêle… la totale. On se réfugie du vent dans un pierrier qui sent bien la charogne. Après avoir escaladé quelques cailloux j’aperçois une dépouille assez fraiche de mouton et un peu plus loin, un chien écrasé. Mais bon ça pèle alors c’est mieux que rien. Au bout de trois heures et demie d’attente, on commence à s’inquiéter : et si il lui était arrivé quelque chose ? Après tout il s’est dirigé tout droit vers le glacier et ses nuages menaçants. Des israéliens qui ont installé leur tente au bord du lac nous prennent en pitié et nous invitent à nous abriter et réchauffer sous leur tente. En discutant on se rend compte que la nuit ne va pas tarder et que si l’on ne veut pas se retrouver coincés au lac ou finir la marche de nuit il faut que l’on déguerpisse maintenant. C’est donc à 19h, quatre heures plus tard donc, que nous repartons à pied du lac.

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Une fois passé le col, nous nous retrouvons baignés d’une douce lumière dorée qui sublime la vallée. C’est magnifique, on en oublie presque nos déboires!

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On arrive à la yourte après une heure de descente et racontons nos déboires au chef de famille et à un petit groupe d’israéliens qui dort dans la seconde yourte (ils ont abandonné l’idée de la tente, de peur du froid). Notre guide arrive une demi-heure après nous, grand sourire aux lèvres du genre « tout baigne? ». On essaye de lui expliquer comme on peut que l’on s’est inquiétés et qu’il avait dit une heure, mais il ne comprend pas/s’en fout royalement et vient diner avec nous. On profite malgré tout du diner pour discuter avec la famille, sympathique. Nous allons nous coucher dans la yourte qui chauffe grâce au petit poêle à la bouse et sommes rejoints par le guide qui… dort avec nous. Why not.

Mardi 1 septembre : On redescend !

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Levés de bon matin, on déjeune de nan et chocolat. Les israéliens nous offrent un petit café et c’est reparti, en selle ! Cette fois c’est le cheval du Barbu qui porte les sacs, ce qui soulage grandement mes jambes. On se refait un trot dans la prairie plate, au milieu des moutons, mais mon cheval ne veut décidément pas galoper. Peu importe, nous profitons de la vue tout en essayant d’oublier nos postérieurs meurtris !

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De retour à l’agence, nous racontons nos mésaventures avec notre guide et les chevaux (j’avais précisé à la patronne que j’aurais bien aimé avoir un cheval avec un peu de jus en plus) et notre interlocutrice s’en trouve fort désolée. Elle essaye d’appeler le guide qui ne répond pas et parle avec un de ses contacts au village. En fait le guide qui aurait dû nous accompagner a envoyé son neveu à sa place… elle nous fera un petit geste commercial, mais son désarroi suffira à nous réconforter de nos mésaventures. Voilà pourquoi il bâclait tant son travail : parce qu’il n’était pas guide, en fait.

Nous finissons la journée à nous reposer et le lendemain, après avoir pris des nouvelles de notre plan de volontariat au Kirghizistan dont nous apprenons certaines modalités ne nous convenant pas, nous appelons la compagnie aérienne et avançons les billets d’avion pour l’Inde puis annulons ce volontariat (ce qui ne fait ni chaud ni froid à la personne en charge).

Le lendemain c’est décidé, nous partons en stop jusqu’à Kyzart afin d’aller voir le légendaire lac Song Kol à pied (notre virée équestre ayant bien puisé dans le budget) et de continuer tranquillement notre route en stop en remontant la vallée de Suusamyr jusqu’à Bishkek avec un arrêt à Kyzyl-Oi (« Cuvette rouge »).

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By 3 février 2015 Asie Centrale, Daily Life, Inspiration, Kirghizistan

Dans mon article sur les aventuriers, je vous avais évoqué deux livres que je venais d’acheter :

  • « La chevauchée des steppes : 3000 kms à cheval à travers l’Asie centrale » de Priscilla TELMON et Sylvain TESSON, ainsi que
  • « Cavalier des Steppes, à travers les montagnes d’Asie Centrale » de Nicolas DUCRET.

Les deux premiers ont voyagé entre l’été et l’hiver 1999 et le second quasiment dix années plus tard, en 2007. Ils parcourent chacun environ 3 000 km sur leurs chevaux, entres steppes et montagnes d’Asie centrale. J’ai choisi de vous présenter les deux livres avec un résumé (un peu exhaustifs, mais je pense que c’est vraiment important pour saisir l’idée des livres) ainsi qu’une citation de mon choix, puis des photographies, avant de vous donner mon avis. Et pour terminer, je vous présente deux portraits de voyageurs à cheval : en France… et également en Asie Centrale.

Le pitch de La chevauchée des steppes:

La chevauchée des steppes

Partis du Kazakhstan sur les routes de la soie, avec un étalon et deux hongres, Priscilla Telmon et Sylvain Tesson, à vingt-trois et vingt-sept ans, ont affronté, durant six mois, trois mille kilomètres de steppes, de montagnes et de désert : vallées arides du Tadjikistan, oasis de Samarkand et de Boukhara, Sables rouges d’Ouzbékistan, marais de la Karakalpakie… Une cavalcade qui n’est pas de tout repos. Il faut échapper aux voleurs de chevaux, faire le gros dos quand un orage vous surprend à quatre mille mètres d’altitude, sortir du marais un cheval qui se noie, passer entre les mailles d’une guérilla islamique, dénicher chaque jour l’alpage ou le fourrage goûteux pour leurs compagnons, et négocier aux frontières avec des fonctionnaires bornés tout droit sortis d’un album d’Hergé…
Ils ont de bons guides, heureusement : les récits de grands voyageurs, comme Guillaume de Rubrouck ou Ella Maillart – lesquels à leurs époques ont subi les mêmes avanies -, et par chance tous ces peuples cavaliers, descendants des hordes qui derrière Gengis Khan faisaient trembler la steppe, sont merveilleux d’hospitalité. Même s’ils vous gavent de lait fermenté agrémenté de vodka. Et même si sous toutes les yourtes de laine et dans toutes les maisons de terre on regrette le bon vieux temps de Brejnev… la bolchevita !
C’est au seuil de l’hiver que la caravane atteint la mer d’Aral, pauvre flaque épuisée par les pompages agricoles. Et là que « La petite fleur » et « L’homme que l’on pleure quand il part » lèguent, le cœur serré, Ouroz, Boris et Bucéphale, leurs meilleurs compagnons d’aventures. (source)

Livre de poche d’environ 300 pages.

Une citation (p. 94) :

Au fond du Thalweg affleure une veine de marbre. Parfois la nature dispose aussi des pavements du luxe. […] Le sentier accroché à des versants très raides disparait parfois dans une saignée d’éboulements. Les chevaux passent lentement, au bord de l’équilibre, avec cette sûreté des machines que leur poids rive à la pente. Depuis la selle, la vue est vertigineuse sur le filet d’eau qui s’inscrit sous l’étrier, à des centaines de mètres en contrebas.

Photos de Pricilla TELMON et Sylvain TESSON

Photos de Pricilla TELMON et Sylvain TESSON

Le pitch de Cavalier des steppes :

cavalier des steppes couverture Cavalier émérite amateur de voltige cosaque, Nicolas Ducret s’est lancé le défi de traverser l’Asie centrale à cheval. Parti seul des contreforts de l’Altaï avec un étalon et un hongre de bât, il chemine sur plus de 3 000 kilomètres, franchissant les monts Célestes et les chaînes du Pamir et de l’Hindu Kush. De l’aridité des steppes kazakhes aux riantes montagnes kirghizes, des plateaux tadjiks balayés par le vent aux vallées afghanes baignées de soleil, il s’aventure sur des terres mythiques marquées par les conquêtes successives, et découvre des peuples à la fois généreux, aguerris et libres
En mai 2007, le printemps s’annonce tardivement. Les grandes transhumances ont repris, entraînant familles et troupeaux dans les alpages. Nicolas Ducret, pas encore trentenaire, s’installe chez un Russe dans un petit village à quelques heures d’Oust-Kamenogorsk, au pied des montagnes de l’Altaï, dans le nord du Kazakhstan. En quelques semaines, il rassemble deux chevaux : Tsigane et Musicien des steppes, puis part sur les pistes en direction de Kaboul avec l’ambition de se lancer dans une longue dérive dans laquelle il côtoiera des hommes, traversera des steppes et des montagnes, et peut-être découvrira-t-il alors le cœur de l’empire des steppes.
Il parcourt d’abord les vastes steppes du Kazakhstan, couvertes de folle avoine aux reflets argent qui ondoie et scintille à l’infini. Ensuite la caravane s’enfonce dans les Tian Shan. À plusieurs reprises, elle est arrêtée et contrainte de prendre des voies parallèles. Au son des joueurs de dumbra et du chant des conteurs, sous les cascades de thé et les litres de vodka, le cavalier des steppes partage la vie de ces peuples et écoute leurs histoires mouvementées.
À la fin de l’été, il arrive sur les hauts plateaux du Pamir tadjik qu’il parcourt dans la solitude la plus complète. Ses chevaux intriguent : certains villageois en voient pour la première fois.
Après trois jours de négociation avec les douaniers, il entre en Afghanistan. Le pays n’est pas sûr. Depuis l’été, il a de nouveau plongé dans le chaos, et les enlèvements d’étrangers se multiplient. Les seigneurs de guerre lui délivrent un laissez-passer et un berger accepte de le guider jusqu’à Kaboul. La caravane s’agrandit et reprend la route à travers les vallées isolées de l’Hindu Kush. Les chevaux peinent sur les sentiers de muletiers. La nourriture est rare. Dans les villages où ils se réfugient la nuit, ils rencontrent des hommes, comme sortis d’une autre époque. Au seuil de l’hiver, après six mois de marche, la caravane descend la vallée du Panjshir et entre dans Kaboul. Dans quelques jours, se tient le premier bouzkachi de la saison. Le cavalier venu du Kazakhstan y participe. Et le hurlement des tchopendoz résonne de nouveau dans la plaine de Chamali, là où Ouroz, le tchopendoz
des Cavaliers de Joseph Kessel, disputa le « jeu du Roi ». (source)

Une citation (p.257) :

Je laisse mes chevaux boire un peu d’eau saumâtre puis nous quittons les rives du lac. Le plateau est sec, désolé. Le sol caillouteux se fragmente en poussière. Sable, terre et roc se mêlent. Je contourne pendant des heures une montagne épaisse, ocre, géante, dont la base s’étire sur des kilomètres. N’est-elle pas en mouvement ? À chaque regard que je jette en arrière, l’impression que je n’ai pas bougé me décourage. Marche lente sur le tapis des pierres. Comment des hommes peuvent-ils vivre ici ? Quel chef a pu un jour avoir l’idée de mener son peuple dans un tel territoire ? Dans ce pays de la démesure, les hommes ne sont que poussières offertes aux caprices et à la rudesse du climat. L’humain s’efforce d’y trouver une place qu’il n’a pas, d’y maintenir coûte que coûte sa présence.

cavalier des steppes

Photos de Nicolas DUCRET

Pour voir plus d’images, ce diaporama. Vous pouvez également lire un interview de l’auteur a propos de ce voyage;

Mon avis :

J’ai lu ces deux livres à peu près en même temps, en commençant par celui de Sylvain & Priscilla, pour des raisons chronologiques principalement. Je me disais qu’ainsi je pourrais voir l’évolution des pays traversés par les deux équipées à huit années d’intervalles. Mais je dois avouer que j’ai eu un peu de mal parfois avec le style de Sylvain TESSON, un peu trop « riche » à mon gout. Beaucoup de références historiques, sur des personnages, des œuvres non expliquées clairement et comme je lisais principalement dans le RER je n’avais pas spécialement envie d’ouvrir Wikipédia tous les trois pages. (à moins d’être un pro sur la géopolitique du Turkménistan dans les années 60 ou à l’ère d’Alexandre le Grand). Là où la lecture de la situation géopolitique était expliquée de manière très fluide, sans nuire au récit de voyage chez Nicolas DUCRET.

itinéraires

Cliquez pour voir en plus grand (cartes par mes soins)

On est très vite embarqué dans ses descriptions de paysages, on a peur avec lui lorsque, seul avec ses deux chevaux, au milieu de nul part il se fait parfois alpaguer par des groupes d’hommes louches et alcoolisés, on savoure la solitude d’un désert, s’émerveille de ces chevaux qui bravent tout, malgré quelques coups de déprime, on vit avec lui ces soirées où l’on se moque de ces occidentaux qui « referment les bouteilles pour les finir plus tard ». Par contre les trajets ne sont pas tout à fait les mêmes, et l’on découvre d’autre choses avec Priscilla et Sylvain, comme leurs déceptions de ces villes modernisées, là où ils avaient projeté une image mentale nourrie des descriptions lues dans des livres. Dans leur livre, ils s’effacent beaucoup plus : ils parlent du voyage en soi, des rencontres, des paysages, de leurs chevaux, mais on manque un peu de leur opinion, leur propre ressenti, c’est comme si le narrateur s’était caché. Ce qui peut plaire à certain, mais qui m’a un peu déstabilisée dans ce récit. La partie sur la découverte de la mer d’Aral qui recule inéluctablement, déshydratée par les cultures intensives m’a vraiment bouleversée, aussi bien par leur rencontre avec cet ancien pêcheur que la description de leur avancée qui semble sans fin avant qu’enfin, apparaisse cette eau.

Vous l’aurez compris, j’ai préféré « Cavalier des steppes », que j’ai dévoré à toute vitesse, riant parfois aux situations cocasses, étant effayée avec ce jeune homme voyageant seul qui se retrouve parfois dans des situations un peu craignos, rêvant avec lui, les yeux perdus dans ce paysage que j’entrevois à travers ses mots. Un vrai coup de cœur !

Les voyageurs à cheval

Après lecture de ces deux ouvrages, il m’est venu à l’idée d’écrire un article plus global sur le voyage à cheval et pourquoi pas dresser le portrait de quelques cavaliers au long cours « actuels ».

J’ai réalisé que malgré la profusion de randonnées « all inclusive » partout dans le monde ou en France que l’on réserve sur internet (je n’ai rien contre, mais ça coûte une fortune), il y a également pas mal de gens qui font ça « à leur sauce », qui vont voyager en autonomie et c’est plutôt cela qui m’inspire. En voici quelques exemple de ma connaissance : une liste qui n’a pas pour but d’être exhaustive, mais si ce genre de petit portrait vous plaît je pourrais développer cela de façon plus fournie.

Sur les routes de France

Photos de Irwin Zenatti

Photos de Irwin Zenatti

A l’image d’Irwin & Mirha, leur chienne Canelle et leurs trois chevaux Olga, Razel & Jeki qui ont fabriqué eux-même leurs selles et leurs bats qui sont partis sur les routes avec le projet d’aller des Pyrénées jusqu’en en Europe de l’Est, dans les Carpates… mais il sont eu une surprise en route. Leur jument Olga était pleine sans qu’ils sans soient rendus compte et a donné naissance à un poulain au bout de deux mois de voyage. Ils ont donc rebroussé chemin et terminé leur équipée en France avec ce nouveau petit voyageur. Ils ont remis ça en 2014 avec un nouveau voyage vers le sud : les Pyrénées avec pour ligne de mire la péninsule Ibérique… et vous pouvez les suivre sur Facebook où ils postent leurs magnifiques photos régulièrement. J’ai beaucoup aimé le fait qu’ils aie fabriqué eux même leur matériel comme les selles et les bâts et aie expliqué cela sur leur site (moi qui suis très sensible au bricollage/bidouillage/Do It Yourself), même si évidemment, on ne s’impose pas bourrelier. Le fameux Emile Brager qui a écrit la Bible du voyageur à cheval propose d’ailleurs des stages sur le bâtage.

Step by Steppe : la chevauchée initiatique d’un père et son fils au Kirghistan

stepbysteppe

Renaud décide d’emmener son fils Tom, qui « tourne mal » au Kirghizistan pour trois mois de vie nomade en totale autonomie… Le jeune homme aurait gâché son temps à « perturber, provoquer, chercher la bagarre jusque dans le sport où il excellait auparavant, à s’anesthésier au cannabis dans les fêtes de copains, et même le matin, en partant au lycée. Et encore le soir, seul dans sa chambre… » (Article du Monde)

Tous deux, ils commencent en France par se préparer au voyage à cheval chez Pierre Maupas, dans l’Aveyron. Et puis c’est le grand départ. A l’aide d’un contact sur place, ils achètent leurs chevaux au bazar, puis mettent trois semaines à achever leur préparations : confection des sacs, sacoches, selles, intendance… et c’est parti !

Je n’en dis pas plus, et vous laisse rêver avec cette vidéo présentant leur voyage :

Vous pouvez voir les photos et vidéos de l’aventure sur leur page Facebook.

 

 

 Et vous,  avez-vous des idées d’aventures équestres ? Cela vous plairait-il que je vous parle d’autres expéditions du même acabit ici ?

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By 24 septembre 2014 Inspiration
Mongolian Steppes by Linh Vien Thai

(image : Mongolian Steppes by Linh Vien Thai)

Quand j’étais petite, j’avais envie d’être « fermière ». A l’école primaire, après avoir fini la classe, je prenais mon vélo et descendais ma rue pleine de trous à toute vitesse pour aller à la ferme des frères Guyot. Pendant qu’ils procédaient à la traite des vaches Montbéliardes, ils me donnaient les « biberons » : des gros cubis de plastiques remplis de lait avec une tétine plantée en bas, avec lesquels j’allais nourrir les jeunes veaux. Les cubis étaient lourds. Les box des veaux étaient construits en bottes de paille avec une palette en guise de porte. Parfois ils étaient dans des sortes de grandes niches. Après les avoir abreuvés, je leur faisais téter ma main pour sentir le contact de leur petite langue rugueuse qui allait plus tard arracher la bonne herbe des prés francs-comtois. Après ça, j’essuyait cette bave de veau toute laiteuse sur un revers de mon pantalon, et allait jouer dans les bottes de foin avec Roxy, la chienne de la ferme. Parfois j’allais observer les gestes des deux frères en train de traire. Puis on prenait un bâton, on appelait Roxy, et on ramenait les vaches aux mamelles allégées au pré, en prenant garde de ne pas glisser sur une bouse. Un jour j’ai assisté à la mise bas d’un veau. Et puis est arrivé le collège, dans la ville d’à côté. J’ai arrêté d’aller à la ferme après l’école.

Quand j’étais encore plus petite, je voulais être « exploratrice ». J’habitais alors au pied des Pyrénées, cette chaîne de montagne peuplée d’animaux sauvages et parcourue par les troupeaux d’estive et leurs bergers en été. J’adorais marcher, découvrir. Et puis j’ai découvert les collections de « Terre Sauvage » et de « des Pays et des Hommes » de mes parents. Les reportages sur les tribus africaines qui se teignaient les cheveux avec de la paille de riz, les papous dans la jungle, la danse balinaise… j’étais fascinée par tout ce monde inconnu qui semblait en tous points différent de mon quotidien. Je me rêvais donc en costume d’exploratrice beige comme dans les bandes dessinées, en train de naviguer sur le fleuve Amazone sur une pirogue, évitant les piranhas et en étant persuadée qu’on allait découvrir une nouvelle espèce de marsupilami.

des pays et des hommes magazine sur l'argentine

Si le film « The Truman Show » m’a fait descendre de mon nuage avec une phrase du type « mais Truman toute la terre a déjà été explorée il n’y a plus rien à déccouvrir » (casseur d’ambiance), j’ai pu me rendre compte qu’heureusement, il existait encore des explorateurs du XXIe siècle. Il  a quelques temps déjà que j’avais découvert l’existence d’une société des explorateurs français.

Mais aujourd’hui, en tombant par hasard sur un épisode de « Le grand trec – en république Dominicaine » sur Campagne TV (ça ne s’invente pas), j’ai découvert Priscilla Telmon, qui participait à cette émission. En me renseignant sur elle, j’ai tout de suite voulu lire son livre sur sa traversée des steppes d’Asie centrale à cheval en compagnie de Sylvain Tesson… Selon wikipédia, elle est « photographe, écrivain voyageur, documentariste et membre de la Société des explorateurs français (SEF) » : tout un programme!
Pour la découvrir, vous pouvez commencer par regarder ce film documentaire « Au Tibet interdit » où elle nous emmène à pied de Hanoï (Vietnam) à Lhassa (Tibet) avant de rejoindre Calcutta (Inde). Elle suivra ainsi les traces de l’exploratrice Alexandra David-Néel, la première occidentale à pénétrer au Tibet interdit et gagner sa capitale Lhassa en 1924 en marchant six mois.

Pochette dvd voyage au tibet interdit priscilla telmon

Le documentaire dure une heure, la BO est composée par Wax Tailor et je dois avouer que j’ai un petit faible pour la voix de Priscilla, et tellement d’admiration  quand je la vois marcher sans relâche, manger de la tsampa tous les jours et parler si bien tibétain !
(Pour lire la vidéo, il faut attendre environ 15 secondes puis vous verrez apparaitre en dessous de la pub la mention « start video » en rouge. Ensuite vous pourrez visionner la vidéo en plein écran) 

Après avoir visionné le film, je me suis empressée d’acheter son livre sur sa chevauchée des steppes effectuée en 1999, ainsi que celui de Nicolas Ducret qui a lui aussi traversé les montagnes d’Asie Centrale à cheval et en solitaire en 2007. Si cela vous intéresse j’écrirais peut-être un article après la lecture de ces deux ouvrages 🙂

Aujourd’hui, je viens de finir mes études supérieures. Mais je ne rêve pas de CDI. Je rêve toujours d’oser être exploratrice, ou fermière. Et le moment est peut-être enfin venu…

Et vous, vous avez déjà rêvé d’être explorateur/trice ?

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